La résistance dans le Tarn [2022]

Contexte

En 1939, la Seconde Guerre mondiale éclate. Très vite, les Allemands progressent et mettent à sac de nombreux pays, la France ne fait pas exception et, après avoir perdu la guerre et signé un armistice, subit une période d’occupation partielle. Un régime dictatorial est mis en place, dirigé par le maréchal Pétain. Celui-ci met en place une politique de collaboration. La France est séparée en trois : les attentistes (la grande majorité), les personnes qui vont collaborer avec les Allemands et de l’autre les résistants qui sont en minorité. Le Tarn n’échappe pas à cette division de la population en trois catégories. On retrouve la même diversité dans les mouvements de résistance.

Les divers mouvements

C’est en 1942 que le Tarn voit son territoire occupé par les Allemands. Cependant les actes de résistance s’opèrent dès l’armistice à travers des actions civiles par exemple en accueillant des individus de confession juive. La résistance dans le Tarn est en réalité assez diversifiée.

Parmi tous ces mouvements on retrouve celui organisé par le Parti communiste. Composé d’une grande diversité d’acteurs (des femmes, des enfants, des étrangers, des juifs, des ouvriers ou même des intellectuels), ce mouvement utilise surtout, comme méthode, la propagande antifasciste, confiée aux étrangers (les MOI). Il recourt aussi à la grève générale comme celle organisée dans le Tarn et l’Aveyron, le 14 juillet 1944.

1 : Carte des camps du Corps Franc de la Montagne Noire, Société d’Histoire de Revel Saint Ferréol.

Une autre organisation est celle liée aux maquis. Ce terme désigne un groupe de résistance armée mais aussi le lieu dans lequel il opère. Dans le Tarn, les maquis, se situent surtout dans les régions montagneuses au Sud-Est. Il y a deux maquis principaux : celui de la Montagne noire et le maquis de Vabre. Le premier émerge le 22 avril 1944 lors d’une réunion entre résistants à Castres. Il s’organise autour de cinq camps fixes situés dans la Montagne noire, où on trouve les maquisards, leurs équipements et leurs chaînes de commandement. Le maquis lance plusieurs opérations d’envergure comme le combat des Rousses.

Le maquis de Vabre se base sur des mouvements de jeunesse tels que le Club Athlétique Vabrais ou le Scoutisme protestant et est composé de 450 hommes dispersés à travers trois compagnies. Son chef est Guy de Rouville, un industriel castrais qui cache des communautés juives à travers les mouvements de jeunesse notamment grâce au scoutisme protestant. Le chef du maquis ne veut pas qu’il devienne un mouvement politique comme le gaullisme ou le communisme, mais il rejoint les FFI à partir du 1er décembre 1943.

2 : Les F.F.I Vers l’armée nouvelle, Commission militaire nationale du C.N.R., 1945.

Les FFI doivent aider les troupes alliées, grâce à leur connaissance du terrain et vont combattre à leurs côtés. Dans le Tarn, le chef départemental, Maurice Redon a permis l’unification de la résistance. En effet, les communistes et les gaullistes travaillent ensemble. Parmi leurs opérations les plus importantes on retrouve la libération d’Albi le 19 août 1944 et la libération de Castres le 20 août.

L’évolution des organisations

Les divers groupes changent souvent leur chaîne de commandement, par exemple, le chef départemental de la section R4 de l’Armée Secrète, Robert Rossi, arrivé dans le Tarn en 1941, se voit nommé chef régional FFI de la région R2. La plupart du temps, les chefs adoptent des noms de code afin de garder un certain secret. Ainsi, dans le maquis de la Montagne noire, le Commandant Roger Monpezat est surnommé “ Quercy”.

Les groupes combattants possèdent une organisation dynamique pour ce qui concerne les lieux de ravitaillement. Le maquis de Vabre se voit d’ailleurs contraint de changer de lieu pour une question de discrétion.

Les actions sont propres à chaque compagnie. Le maquis de Vabre en possède trois principales : sécuriser les convois de ravitaillement, sécuriser les postes de commandement résistant et gérer l’embuscade de miliciens et soldats allemands.

3 : Organigramme de la Résistance extrait de Bernard de Boisfleury, L’Armée en Résistance. France, 1940-1944, Paris, L’Esprit du Livre éditions, 2005.

Au fil des mois, grâce à la presse clandestine et à l’engagement de quelques hommes, des groupes se ramifient, devenant des « mouvements ». La résistance va cependant considérablement évoluer pour pencher vers des actions militaires en 1944 en prévision des débarquements de Normandie et de Provence. Les maquis sont chargés de faire le maximum pour ralentir les renforts allemands.

Les forces de la résistance françaises sont assez divisées, ce qui cause des soucis de coordination et sème la discorde au sein des résistants. Cela se constante dans le Tarn. Le maquis de la Montagne noire, par exemple, monte ses propres opérations sans en référer aux forces FFI et prend ses ordres directement de Londres, ce qui lui vaut d’être qualifié de maquis anglais.

Une résistance de plus en plus importante

Les formes de résistance sont variées. Il y a d’abord des actions individuelles :  avec des familles qui cachent des juifs chez eux ou dans des dépendances, avec la création de faux papiers. Cette aide n’est pas sans danger car les familles œuvrant pour la résistance peuvent être soumises à des dénonciations.

4 : Les 35 jeunes juives à la jasse (au fond) de Renne, en 1942.source photo : Arch. Maquis de Vabre crédit photo : D.R.

On repère ensuite des formes plus collectives, des individus s’appuyant sur leurs institutions. Prêtres, pasteurs, abbés, enseignants peuvent s’appuyer sur des monastères, des couvents, des collèges (de Barral ou d’Alban) ou des écoles. Leurs modes d’action sont divers : création de camp d’accueil pour les communautés juives par les pasteurs Robert Cook et Haering ou mise en place de systèmes de ravitaillement par le père Gilbert Cugnasse

Comment réagissent les autorités ? Dans le Tarn, on constate un affaiblissement des forces de police en raison des abandons de postes, qui s’accroissent avec les débarquements anglo-américains en Normandie et Provence. Certains policiers rejoignent les maquis. La police souffre également de son manque d’équipement qui peut être détourné pour servir les résistants. La police souffre aussi des attaques des résistants et de la géographie du Tarn difficile à contrer. Dans la Montagne noire, les conditions climatiques sont rudes, il y a de grandes forêts de conifères et des vents forts. C’est dans ce climat que vivent les maquis tarnais qui ont su jouer de leur terrain.

La diversité des modes d’actions et des acteurs de la Résistance a donc constitué un atout comme un inconvénient, mais a cependant permis de faire de la Résistance un mouvement complexe à contrer. Cette diversité a été très présente dans le département du Tarn où une grande mobilisation est observée. Ce qui nous permet d’affirmer que ce département a à son échelle joué un rôle dans la Libération.

Pour en savoir plus

Etudiants :

Amélie Pagès (L1) et Emilie Vialade (L1)
  L1 : Aurèle Chatelin, Vincent Chevalaria, Maëva Ranvier