La résistance en Midi-Pyrénées [2017]

En novembre 1942, trois ans après le début de la seconde Guerre Mondiale, la zone libre devient occupé par l’Allemagne nazis. Le mouvement de résistance s’accélère alors. La radio de Londres attire de plus en plus d’auditeurs malgré son interdiction. C’est à partir du printemps de l’année 1943 que la formation des premiers maquis dans la région prend forme. Dès lors, les réseaux se multiplient, ainsi que leurs actions et la dangerosité de leurs opérations. Mais les résistants doivent se former au maniement des armes et des explosifs se qui rend l’intégration de nouveau maquisard longue. L’engagement dans la résistance n’est également pas unanime pour les opposants au régime nazi et au gouvernement de Vichy. Longtemps occulté par le résistancialisme, le faible taux de résistant en France est une réalité. En 1943, moins de 10 % des réfracteurs prennent le maquis, parfois dans le seul but de s’y cacher dans des maquis-refuges. Il faut donc bien définir le terme de « Résistant » comme une personne qui s’opposait à l’occupation allemande en s’engagent dans un combat actif et direct contre elle. En 1944, le terrible hiver rend la vie dans les maquis encore plus difficile. Il refroidis bon nombre de combattants. On assiste alors a une forte baisse de maquisard. Mais malgré le faible nombre de résistants actifs, la guerre entre les réseaux de résistances et l’occupant avec les forces du gouvernement de Vichy s’amplifie et devient de plus en plus totale. Londres envoie des agents sur place pour aider à l’unification et la coordination des mouvements résistants, qui ont souvent été crée de manière indépendante. Nous pouvons alors nous demander si les groupes de résistants étaient disparate, aux actions et aux idées différentes ?

I/ Des résistants aux idées divergentes :

a) La frange communiste

Concernant les mouvements de résistance communiste dans la région, on peut premièrement citer Libération, structure paramilitaire comme à Toulouse avec J-P. Vernant qui est un ancien responsable des Étudiants communistes de Paris. Cette organisation est donc très proche de la vision résistante communiste qui veut une révolution marxiste et non pas une simple libération de l’emprise du régime de Vichy et de l’ennemi Nazi. Autre grand mouvement, Front National sera

aussi très actif dans les actes de sabotages et de guérilla tout comme le mouvement Partisans français.En fait, on constate que contrairement aux autres mouvements résistants, ceux communistes ont toujours eu un effectif plus important et ont toujours été plus actifs sur la scène combattante, on peut l’expliquer par sa nature révolutionnaire. De fait à l ‘été 1941 l’opération Barbarossa, galvanisera les forces communistes qui voient les forces allemandes attaquer l’URSS. Il n’y a alors plus d’ambiguïté dû au pacte entre l’Allemagne Nazis et L’URSS , la politique de renforcement à la clandestiné s’accélère. On augmente les tracts et la propagande en général en ciblant les ouvriers, l’objectif est de les rallier à leur cause les ouvriers dans les usines, notamment d’armement comme à Tarbes.

b) Les démocrates-catholiques

Titre du journal Combat, Décembre 1942, numéro 38

Les démocrates-catholiques sont favorables à Londres, ils veulent que la France retrouve sa souveraineté tel qu’elle l’avait sous la troisième république. Ils ont comme objectif faire réfléchir les français et les faire rejoindre la cause résistante grâce aux journaux clandestins. Leur voie se fera entendre mais toujours à une échelle résistante, elle reste donc limitée.Des hommes tels que P-H. Teitgen ou F. de Menthon dans différentes grandes villes du Sud de la France créeront le journal Liberté. Ce journal clandestin est la première forme de résistance que l’on peut constater par les démocrates-catholiques,c’est un journal très bien fait et écrit par des universitaires, il se garde de critiquer ouvertement le maréchal Pétain ce qui révolterai le peuple qui lui est attaché, mais critique le nazisme et les positions du nouveau gouvernement. Autour de ce journal va se former la naissance de Combat, un nouveau journal qui s’organisera dans le sud et la région 4 de l’époque, celle de Toulouse. Le credo de ce nouveau journal est de s’accentuer sur la propagande, le recrutement et l’organisation, ce seront ces maîtres mots. Les démocrates-catholiques seront pendant l’unification des réseaux de résistants français, favorables à Jean Moulin.

c) Les persécutés par le régime de Vichy et Reich

La région a été infectée par l’antisémitisme malgré la présence de familles juives depuis des générations qui se sont très bien intégrées dans la région Toulousaine. La population juive à alors le choix de faire face ou bien de fuir. À partir de 1942 les juifs se munissent de véritable structure résistante malgré une attitude largement légaliste. Les éclaireurs israélites juifs ( EIF) créés en 1923 se voient en 1940 présents dans de nombreux départements comme le Tarn et Garonne ou l’Aveyron. Après l’interdiction de ce mouvement, en 1943 elle sera à l’origine du scoutisme juif dans la résistance. Cela va alors préparer à la futur clandestinité. Les juifs étaient alors soit cachés, comme à Lautrec dans le Tarn ou encore dans les fermes du Tarn et Garonne. D’autres forment des groupes de combat comme l’AJ, l’Armée Juive. Les franc-maçon, sont eux aussi persécutés avec la fermeture des loges, on les chasse de la fonction publique. Cependant nombre d’entre eux rejoindront la résistance comme Pierre Vendeven dans le Tarn ou encore Maurice Fonvielle et Paul Verdier à Toulouse. Dans le Tarn les syndicalistes ouvriers et les mineurs de Carmaux, ou dans les usines des hautes Pyrénées et celles de Toulouse, forment des groupes de résistants. Les protestants quant à eux rentrent aussi en résistance à l’image de ceux à Vabre dans le Tarn.

II/ Les différentes formes de résistances

a) Les chefs et coordinateurs de la résistance

On peut parler dans les premiers temps de la résistance d’instigateurs idéologiques, avant les actes il y a une réflexion « résistance », une façon de penser de la résistance propre à chacun. Parmi les coordinateurs de la résistance, il est indispensable de parler des agents du SOE (Special Opérations Exécutive) anglais. Leur objectif est de faire remonter à Londres la situation en France ainsi que des informations sur l’état de l’armée allemande et sur quelles forces de résistances ils pourront compter pour un débarquement futur. Logiquement, ces agents vont travailler avec des mouvements résistants. En ce qui concerne l’unification des mouvements de résistance, celle-elle a été difficile on le sait par les méfiances que chaque mouvement porte sur un autre, pour certain d’entre on peut parler de mépris. Cette unification se fait au prix de discutions compliquées et serrées. Henry Freney le chef du mouvement Combat l’a par ailleurs expliqué à Jean Moulin, l’instigateur de cette volonté d’unification.

b) Vie civile doublée d’une vie dans la résistance

Une partie de la population prend par à l’effort de toutes les manières possibles, cela passe par chaque actes faits dans l’ idée de résistance. Ces actions sont telles que : le ravitaillement des maquis, cacher des personnes persécutées par les deux régimes, distribuer des tractes ou encore donner des informations. Les informateurs sont recrutés jusque dans l’administration de Vichy et dans la police. On peut même voir que les services Allemands sont noyautés, tel qu’avec Gerhard Leo, infiltré dans les services allemands à Toulouse et à Castres. Pour relayer la propagande résistante, il faut bien sûr des hommes pour distribuer les tracts, ainsi que des hommes pour les écrire et pour les imprimer. Dans un rôle d’imprimeur résistant à Albi on trouve Mr Pezous, qui imprimait tracts et journaux résistants. Entre autre grande activité résistante dans le Midi toulousain est celle des passeurs. Nombreux seront les passages par les Pyrénées vers l’Espagne. Leurs origines sont variées, des prêtres, instituteurs ou encore des hôteliers prendront ce rôle. Les évadés par ces réseaux de passage se compte à près de 30 000 personnes, on y retrouve des français désireux de rejoindre les Forces françaises libres, des militaire belges ou encore des résistants menacés.

c) Les maquisards

Carte des maquis du Tarn en 1943 (Site du Maquis de Vabre).

Pour commencer, donnons quelques informations sur l’évolution des maquisards dans les campagnes du Sud de la France, en prenant l’exemple d’un de ses maquis. Celui de Vabre.

Après l’occupation de la zone libre par les nazis en 1942, ils sont 25 à prendre le maquis, rejoint par 37 résistants de plus entre janvier et mai 1944. Après le débarquement en Normandie des troupes alliées le 6 juin 1944, le mouvement s’accélère avec près de 270 personnes supplémentaires qui viennent renforcer la clandestinité. L’affaiblissement des Allemands et l’entrée des Américains sur le sol français donne un vent nouveau à la rébellion. Sentant le vent tourner, beaucoup de personnes rallient le mouvement de résistance pour rejoindre le camp des futurs vainqueurs. Enfin, après le débarquement des alliés en Provence le 15 août 1944 qui leur assure la victoire, 135 hommes supplémentaires rejoignent l’opposition active à Vichy. Les maquis se remplissent. En mai 1944, c’est même trois SS qui déserteront pour rejoindre le maquis de Vabre, près de Castres.

Qui sont réellement les maquisards ? Les premiers maquis sont surtout des maquis d’attente, formé par des jeunes qui fuient le Service de Travail Obligatoire et les Chantiers Jeunes, organisé par l’Allemagne nazis pour envoyer des milliers de jeunes travailleurs français dans leurs usines.

Puis, ils seront rejoints par des patriotes de tous bords, des immigrais espagnol fuyant la dictature de Castro, des communistes…

Ces résistants ne sont donc pas pour la plupart des combattants, des militaires. Ils prennent le maquis avec de faibles moyens et souvent avec peur. La célèbre résistante du mouvement Libération Sud, Lucie Aubrac disait:

« Prendre le maquis, c’est comme aller à un examen. […] On a peur mais on y va et on fait du mieux qu’on peut ».

III/ La vie difficile des maquisards

a) Les conditions de vie dans le maquis

Photo d’un groupe de résistant dans le maquis du Mont Aigoual. (Photo Musée de la Résistance).

Les lieux, appelés maquis, ne sont pas forcément représentatifs de la situation. Très reculé, isolé, caché par la végétation, souvent dans des forets denses, le maquis est loin de son sens premier, une végétation caractéristique du climat méditerranéen.

 

 

Dans ces forets, la vie y est difficile. Le terrain est abrupt, la végétation dense et le climat rude. L’hiver difficile en découragea plus d’un.

L’autre difficulté, c’est l’alimentation. En ces temps de guerre, les ressources de première nécessité sont distribuées lors des ravitaillements qui constituent la préoccupation première des maquisards.

 

b) Une pression constante de l’ennemi

L’affiche rouge : réalisée par les allemands en 1944 sous l’occupation pour dénoncer la Résistance comme un mouvement terroriste, composé essentiellement de résistants immigrés.

Après 1944 et la mise en place des premiers réseaux de résistance, les combats entre maquisard et Allemand nazis entrent dans une guerre de plus en plus totale. Traque, arrestation, torture, exécution, la répression des nazis est forte.

Mais d’autres moyens de pression sont utilisés, comme les affiches de propagande contre les maquisards qui les font passer aux yeux de la population comme des terroristes.

L’ennemi peut être donc partout, parmi les villageois, ou même directement dans le maquis avec des espions allemands infiltrés.

 

c) Des actions difficiles à mettre en place

Les actions des résistants sont plus rares que ce qu’on peut penser. Plusieurs raisons à cela.

La première, est le manque de formation des maquisards. Simple citoyen, ils n’ont pour la plupart aucune expérience dans le maniement des armes. Il faut donc former longuement les nouveaux venus. Cet apprentissage se fait souvent par des anciens combattants de la Première Guerre mondiale (1914-1918) qui les entraînent avec de faibles moyens, des armes de chasse ou de collection. La faiblesse des moyens est une réalité qui constitue la seconde raison pour laquelle les actions sont difficiles à mener. La dernière raison est le manque de renseignements. Les informations stratégiques de l’ennemi sont difficiles à obtenir, donnant que peu de possibilités aux maquisards d’agir. Leurs actions sont donc le plus souvent des sabotages ou des réceptions de colis parachutés par l’aviation anglaise.

Pour aller plus loin, voici la bibliographie