{"id":4400,"date":"2016-04-07T07:52:49","date_gmt":"2016-04-07T06:52:49","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/campsdusudouest\/?page_id=4400"},"modified":"2016-04-14T01:24:34","modified_gmt":"2016-04-14T00:24:34","slug":"la-genese-du-camp-de-brens","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/campsdusudouest\/mongraphies-de-camps\/brens\/la-genese-du-camp-de-brens\/","title":{"rendered":"La gen\u00e8se du camp de Brens"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Le Tarn fut d\u00e9clar\u00e9 d\u00e9partement d&rsquo;accueil par une instruction du 18 juin 1935. Ses capacit\u00e9s d&rsquo;accueil furent \u00e9valu\u00e9es par une enqu\u00eate gouvernementale qui les d\u00e9termina \u00e0 180.000 r\u00e9fugi\u00e9s. Ces plans de repliement ne demeur\u00e8rent en r\u00e9alit\u00e9 que tr\u00e8s th\u00e9oriques. <\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">L&rsquo;exode du 10 au 24 juin 1940 a contraint les populations \u00e0 s&rsquo;exiler de leurs pays pour venir trouver refuge dans le Tarn. Ils \u00e9taient 57.900 personnes, en grande majorit\u00e9 des femmes et des enfants, \u00e0 stationner dans le Tarn en attente d&rsquo;\u00eatre log\u00e9s. A partir des donn\u00e9es collect\u00e9es apr\u00e8s enqu\u00eate, le pr\u00e9fet dressait la carte des communes les plus adapt\u00e9es pour rassembler les r\u00e9fugi\u00e9s. La commune de Brens accueillit 1.900 r\u00e9fugi\u00e9s, soit deux fois la population brensole, qui furent log\u00e9s soit chez l&rsquo;habitant, soit dans des immeubles r\u00e9quisitionn\u00e9s et pr\u00e9alablement am\u00e9nag\u00e9s. Cependant, les logements disponibles ne suffirent pas \u00e0 h\u00e9berger l&rsquo;ensemble des r\u00e9fugi\u00e9s et ont alors n\u00e9cessit\u00e9 la construction de centres d&rsquo;accueil \u00e0 Brens et \u00e0 Saint-Sulpice. Le terrain des Rives, bordant la route nationale D-87, l&rsquo;un des principaux axes de communication du d\u00e9partement, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9quisitionn\u00e9 par une demande pr\u00e9fectorale le 19 octobre 1939.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">L&rsquo;entreprise Fraisse fut charg\u00e9e de la mise en \u0153uvre du camp, dont les plans furent dessin\u00e9s par l&rsquo;architecte d\u00e9partemental L\u00e9on Daur\u00e8s. Le chantier fut achev\u00e9 le 10 mai 1940. D\u00e8s le 15 mai, le centre accueillit 1000 r\u00e9fugi\u00e9s Belges, une trentaine d&rsquo;Espagnols ainsi que des familles polonaises. Le centre \u00e9tait un lieu de transit , les personnes qui y \u00e9taient h\u00e9berg\u00e9es n&rsquo;y demeuraient en g\u00e9n\u00e9ral que quelques jours. En attendant de trouver une place disponible dans les locaux r\u00e9quisitionn\u00e9s ou de trouver une pension chez l&rsquo;habitant. Le camp se vide \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1940 mais d\u00e8s le mois de septembre, un afflux de trois cents Espagnols arrivent et la fonction du camp change. Le centre d&rsquo;accueil est devenu un centre d&rsquo;h\u00e9bergement.<\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">\u00a0<span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Durant la p\u00e9riode d&rsquo;octobre-novembre 1940, pour faire face \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e de nombreux r\u00e9fugi\u00e9s juifs \u00e9trangers \u00e0 Toulouse et l&rsquo;impossibilit\u00e9 de les loger dans des conditions mat\u00e9rielles d\u00e9centes. Le Comit\u00e9 juif \u00ab\u00a0de bienfaisance\u00a0\u00bb de Toulouse d\u00e9cide avec les autorit\u00e9s pr\u00e9fectorales de la Haute-Garonne, d&rsquo;h\u00e9berger ces r\u00e9fugi\u00e9s au camp de Brens. Progressivement, un glissement concentrationnaire s&rsquo;op\u00e8re \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du camp. Le statut des r\u00e9fugi\u00e9s des pays vaincus par l&rsquo;Allemagne nazie change avec la d\u00e9faite militaire et l&rsquo;av\u00e8nement de Vichy, ils passent du statut de r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 la condition d&rsquo;intern\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Le camp est d\u00e9sormais un centre d&rsquo;h\u00e9bergement pour juifs \u00e9trangers jusqu&rsquo;en mars 1941. La situation morale et sanitaire des 1500 \u00ab\u00a0h\u00e9berg\u00e9s\u00a0\u00bb se d\u00e9grade rapidement malgr\u00e9 les associations d&rsquo;entraide pr\u00e9sentes au camp. Ces r\u00e9fugi\u00e9s sont d\u00e9munis de toute ressources et subissent d&rsquo;autant plus les p\u00e9nuries. Etant d\u00e9pourvus de toute ressource, ils manquent de v\u00eatements, de chaussures et de tous les objets du quotidien. Plus de quatre cents enfants sont pr\u00e9sents au camp et d\u00e9veloppent des maladies parfois graves sans que la moindre infirmerie soit install\u00e9e. Le moral chute avec la nomination d&rsquo;un directeur de camp par la Pr\u00e9fecture, qui, d\u00e8s sa prise de fonctions interdit les sorties en dehors des heures d\u00e9termin\u00e9es. On envisage \u00e9galement d&rsquo;installer une cl\u00f4ture de fils de fer barbel\u00e9s et \u00e0 la mi-janvier 1941, le directeur exige la remise des papiers d&rsquo;identit\u00e9. Le 11 f\u00e9vrier 1941, le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat \u00e0 l&rsquo;Int\u00e9rieur prescrit le transf\u00e8rement des populations des camps non cl\u00f4tur\u00e9s vers des camps surveill\u00e9s. Les soixante vieillards et les tuberculeux pr\u00e9sents au camp sont transf\u00e9r\u00e9s le 18 f\u00e9vrier vers le \u00ab\u00a0camp-h\u00f4pital\u00a0\u00bb de No\u00e9\u00a0; le 25 f\u00e9vrier, les 793 enfants de moins de 18 ans et leurs parents sont transf\u00e9r\u00e9s vers le centre de regroupement familial de Rivesaltes. Et enfin le 4 mars c&rsquo;est les 445 hommes et femmes veufs et c\u00e9libataires qui sont transf\u00e9r\u00e9s vers le camp de Gurs. Ces trois camps seront des foyers de d\u00e9portations en 1942. Apr\u00e8s le d\u00e9part vers d&rsquo;autres camps cl\u00f4tur\u00e9s le 23 juin 1941 d&rsquo;une centaine de vieillards juifs \u00e9trangers provenant de No\u00e9 et du R\u00e9c\u00e9b\u00e9dou, en surnombre, le camp de Brens est ferm\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">\u00a0<span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Le camp de Brens devient un v\u00e9ritable camp de concentration avec la fermeture du camp de Rieucros le 31 d\u00e9cembre 1941, jug\u00e9 insalubre et trop exgigu. Rieucros \u00e9tait un camp de femmes \u00e9tabli depuis octobre 1939 pr\u00e8s de Mende (Loz\u00e8re) qui concentrait les \u00ab\u00a0\u00e9trang\u00e8res et fran\u00e7aises ind\u00e9sirables\u00a0\u00bb, des prostitu\u00e9es arr\u00eat\u00e9es dans diff\u00e9rentes villes et quelques prisonni\u00e8res de droit commun . Le 14 f\u00e9vrier 1942, les 315 intern\u00e9es et 26 enfants, de nationalit\u00e9s tr\u00e8s diverses ont \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9s par train et par camion au camp de Brens. Ces femmes d\u00e9couvrent un espace clos de deux hectares avec des gu\u00e9rites et des postes de surveillance, cern\u00e9 d&rsquo;une cl\u00f4ture de fil de fer barbel\u00e9s. La promiscuit\u00e9 entre les intern\u00e9es de nationalit\u00e9s, d&rsquo;opinions et de motifs d&rsquo;internement tr\u00e8s diff\u00e9rents entra\u00eene des relations entre elles tr\u00e8s conflictuelles.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Tarn fut d\u00e9clar\u00e9 d\u00e9partement d&rsquo;accueil par une instruction du 18 juin 1935. Ses capacit\u00e9s d&rsquo;accueil furent \u00e9valu\u00e9es par une enqu\u00eate gouvernementale qui les d\u00e9termina \u00e0 180.000 r\u00e9fugi\u00e9s. Ces plans de repliement ne demeur\u00e8rent en r\u00e9alit\u00e9 que tr\u00e8s th\u00e9oriques. 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