{"id":70,"date":"2018-12-07T13:40:48","date_gmt":"2018-12-07T12:40:48","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/dynamiquesurbaines\/?page_id=70"},"modified":"2018-12-07T13:40:48","modified_gmt":"2018-12-07T12:40:48","slug":"caroline-de-barrau","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/dynamiquesurbaines\/caroline-de-barrau\/","title":{"rendered":"Caroline de Barrau"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">Pr\u00e8s de la T\u00eat et du littoral, la ville de Perpignan se trouve au centre de la plaine alluviale du Roussillon. Les ressources imm\u00e9diates en mat\u00e9riaux de construction d\u00e9pendent donc des apports du fleuve sous forme de galets, de sable et d\u2019argile, alors que les calcaires n\u00e9cessaires pour produire la chaux, tout comme les roches pouvant se tailler, se polir et se sculpter pour servir le b\u00e2ti, font ici d\u00e9faut et se trouvent \u2013 en particulier pour les marbres \u2013 \u00e9loign\u00e9es dans les contreforts montagneux qui encadrent la plaine.<\/p>\n<p align=\"justify\">Tout autant que les qualit\u00e9s intrins\u00e8ques du mat\u00e9riau et que l\u2019existence ou pas d\u2019une longue tradition d\u2019ateliers associ\u00e9s aux carri\u00e8res (meules), le surco\u00fbt du transport est ici particuli\u00e8rement significatif du choix des commanditaires par rapport \u00e0 ces contraintes, en particulier lorsque la roche provient de sites plus \u00e9loign\u00e9s (Narbonne, Palma de Majorque, G\u00e9rone ou Barcelone). Mais une grande partie des \u00e9l\u00e9vations de la cit\u00e9 d\u00e9pendait de ressources imm\u00e9diates du substrat, soit combin\u00e9es aux pr\u00e9c\u00e9dentes (remparts faits de galets de la T\u00eat et de mortier de chaux), soit tir\u00e9e des argiles et sables du sous-sol pour r\u00e9aliser les murs des maisons en terre crue, typiques de l\u2019habitat urbain m\u00e9di\u00e9val dans cette ville. L\u2019importance grandissante et pr\u00e9coce prise par la brique, d\u2019abord dans les murs des remparts, puis dans le reste du b\u00e2ti, est \u00e9galement signifiante.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pendant la br\u00e8ve p\u00e9riode qui, du XIIIe si\u00e8cle \u00e0 la moiti\u00e9 du suivant, est marqu\u00e9e par un notable essor \u00e9conomique fond\u00e9 sur le commerce, mais aussi par les conflits qui pr\u00e9sident \u00e0 la naissance et \u00e0 la disparition du royaume majorquin, la cit\u00e9 s\u2019agrandit. L\u2019extension exponentielle des ses faubourgs aux murs en terre crue, bient\u00f4t rejoints par de nouveaux remparts, la fondation de nombreuses \u00e9glises et couvents, la cr\u00e9ation d\u2019un grand palais sur une butte qui domine la ville, font que l\u2019usage de la pierre \u00e0 b\u00e2tir et la sculpture de roches co\u00fbteuses s\u2019inscrivent banalement dans une vis\u00e9e d\u2019ordre politique et symbolique pour les parties les plus visibles, les plus nobles ou les plus sacr\u00e9es des \u00e9difices du pouvoir. Mais plusieurs contraintes, surtout li\u00e9es \u00e0 la rapidit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution, imp\u00e9rative pour le palais de Majorque au moment de la croisade d\u2019Aragon, ou encore \u00e0 la concurrence entre les diff\u00e9rents acteurs, en particulier les ordres mendiants pour l\u2019acc\u00e8s aux marbres les plus blancs, aboutissent \u00e0 une rar\u00e9faction rapide de la mati\u00e8re premi\u00e8re en carri\u00e8re et \u00e0 des substituts. Mieux encore que pour les roches marbri\u00e8res, nous avons aussi pu montrer que la rar\u00e9faction de la ressource en galets de la T\u00eat avait abouti, dans le dernier tiers du XIIIe si\u00e8cle, \u00e0 la recherche d\u2019autres sources en galets siliceux sur les vieilles terrasses perch\u00e9es sur l\u2019aspre et \u00e0 l\u2019introduction pr\u00e9coce des argiles silteuses qui les accompagnent sous forme de cha\u00eenage de briques dans les murs, cela au moment m\u00eame o\u00f9 la sculpture des pierres monumentales battait son plein.<\/p>\n<p align=\"justify\">Apr\u00e8s la chute du royaume de Majorque, suivie de la crise d\u00e9mographique de la grande peste, la reprise des programmes architecturaux intervient avec la construction de plusieurs \u00e9difices publics de prestige (Le Castillet, la Loge de mer, le Palau dels Corts et celui de la Diputaci\u00f3). Ils t\u00e9moignent d\u2019un profond renouvellement des sources en roches monumentales dures ainsi que d\u2019un emploi plus important de la brique \u00e0 partir du derniers tiers du XIVe s. Ces changements importants dans le b\u00e2ti tardo-gothique, y compris dans les demeures de riches marchands (Casa Juli\u00e0 et Casa Sanxo), pourraient \u00eatre mis au compte d\u2019ouvriers et d\u2019architectes venus de Majorque (Guillem Sagrera) ou de Barcelone (Marc Safont). Mais ils s\u2019inscrivent surtout dans une tradition \u00e9tablie au XIVe si\u00e8cle par les marchants perpignanais et barcelonais pour l&rsquo;importation des meules de moulins en gr\u00e8s, ou encore dans les co\u00fbts tr\u00e8s comp\u00e9titifs des fines colonnades en marbre bleu produites en s\u00e9rie dans les ateliers de G\u00e9rone. Malgr\u00e9 les lacunes de la documentation et la faiblesse de l\u2019intervention arch\u00e9ologique concernant un b\u00e2ti urbain longtemps rest\u00e9 corset\u00e9 dans les fortifications, souvent remani\u00e9 sur place donc, et de nos jours encore tr\u00e8s menac\u00e9 de destructions radicales, l\u2019importance prise par les \u00e9lites bourgeoises et le march\u00e9 dans les r\u00e9alisations architecturales est surtout \u00e9vidente pour le choix des mat\u00e9riaux \u00e0 partir de la deuxi\u00e8me moiti\u00e9 du XIVe si\u00e8cle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00e8s de la T\u00eat et du littoral, la ville de Perpignan se trouve au centre de la plaine alluviale du Roussillon. 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