{"id":444,"date":"2024-03-13T11:46:46","date_gmt":"2024-03-13T10:46:46","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/jeffchampo\/?p=444"},"modified":"2024-03-14T13:34:15","modified_gmt":"2024-03-14T12:34:15","slug":"eau-de-h2o-parfum-de-paco-astro","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/jeffchampo\/2024\/03\/13\/eau-de-h2o-parfum-de-paco-astro\/","title":{"rendered":"Eau de H2O, parfum de Paco Astro"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">Plus haut que moi, toujours plus haut que moi se trouve <a href=\"https:\/\/www.wikipoemes.com\/poemes\/francis-ponge\/de-leau.php\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.wikipoemes.com\/poemes\/francis-ponge\/de-leau.php\">de l\u2019eau<\/a> en constante suspension. C&rsquo;est toujours le regard lev\u00e9 que je la vois. Telle qu\u2019elle advient au nuage puis en tombe goutte par goutte, devenue une entit\u00e9 \u00e0 part enti\u00e8re de ce nimbus, comme une alt\u00e9ration de celui-ci.<\/p>\n\n\n\n<p>A la fois ruisselante, brumeuse et cl\u00e9mente sur le miroir quand elle est chaleureuse (d\u00e9licieuse b\u00e9n\u00e9diction, croyez-le), douce, immacul\u00e9e et glac\u00e9e \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, mais aussi givr\u00e9e, impr\u00e9visible et grin\u00e7ante de temps \u00e0 autre.<\/p>\n\n\n\n<p>A l&rsquo;int\u00e9rieur <em>imbutus<\/em>, se m\u00eale l\u2019atome d&rsquo;oxyg\u00e8ne aux deux atomes d&rsquo;hydrog\u00e8ne, s&rsquo;unissant, tournoyant et ne formant plus qu\u2019une mol\u00e9cule : se caressant comme deux amants, tourbillonnant, dansant, n\u2019\u00e9tant plus \u00e0 chaque instant qu\u2019un seul corpuscule \u00e0 deux c\u0153urs embras\u00e9s, enivr\u00e9s dans un flot d\u2019ivresse, ne faisant d\u00e9sormais plus qu\u2019un. \u00c0 jamais unis. Telle est leur n\u00e9cessit\u00e9 absolue : \u00e0 jamais n&rsquo;\u00eatre plus qu\u2019un.<\/p>\n\n\n\n<p>On pourrait penser que cette fusion est insens\u00e9e, \u00e0 cause du processus de l\u2019union imp\u00e9rieuse des deux noyaux atomiques qui l&rsquo;obs\u00e8de imp\u00e9rativement pour \u00eatre et devenir H2O.<\/p>\n\n\n\n<p>Certes, chacun doit conna\u00eetre cette formule chimique, qui toujours et de toutes parts, est la mol\u00e9cule d\u2019eau quel que soit son \u00e9tat. Cette glace, \u00e0 la forme solide, par exemple, se montre salutaire, bienfaitrice, miraculeusement rafra\u00eechissante, dans son d\u00e9sir de d\u00e9salt\u00e9rer et s\u00e9duire le buveur bien pensif, absorb\u00e9, fascin\u00e9 par la translucidit\u00e9 de ce simple gla\u00e7on au fond de son verre, et si elle s\u2019y trouve en un jour d&rsquo;\u00e9t\u00e9 chaud, elle pr\u00e9f\u00e9rera changer sa forme, se transformer en \u00e9tat liquide plut\u00f4t que de changer sa formule H2O. Mais notons qu\u2019elle joue, dans une certaine objectivit\u00e9 et quelque d\u00e9sinvolture, avec sa formule, elle s\u2019amuse de son \u00e9tat : elle ne se perd pas, elle ne se cr\u00e9e pas, elle se transforme.<\/p>\n\n\n\n<p>Il existe en elle cette propension \u00e0 se distraire, \u00e0 se changer, \u00e0 se camoufler avec une grande autod\u00e9rision.<\/p>\n\n\n\n<p>Solide, liquide, gazeuse, l\u2019eau pr\u00e9f\u00e8re n\u2019ob\u00e9ir qu\u2019\u00e0 son compos\u00e9 immuable plut\u00f4t que maintenir sa forme. Elle qui perd toute biens\u00e9ance \u00e0 cause de ce comportement farfelu, de cette attitude extravagante, joyeuse, fantasque et pu\u00e9rile. Paradoxe qui la rend bizarre, sa conscience morale : devoir servir le Monde. <em>Exit<\/em> la d\u00e9sinvolture, telle une obsession maladive quasi schizophr\u00e9nique, avec son <em>alter ego<\/em> ; bipolarit\u00e9 ou dissociation, d\u00e9personnalisation et d\u00e9tachement, f\u00e9roces hallucinations auditives, par exemple ; obs\u00e9dantes ou inconstantes, inconstantes et obs\u00e9dantes, obs\u00e9dantes et obsessions, obsessions diaboliques ; tourments qui font de l\u2019eau ce qu\u2019ils veulent, mesquins supplices ; si bien qu\u2019ils peuvent faire d\u2019elle ce qu\u2019ils veulent et conduisent l\u2019eau \u00e0 servir, subissant son \u00e9tat afin que le Monde en profite : une captive.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2026 Cependant son exclusivit\u00e9, son besoin vital pour l&rsquo;humanit\u00e9 toute enti\u00e8re rendent fous de jalousie d\u2019autres astres, notamment le Soleil qui voulant toujours luire de toute sa splendeur et garder la lumi\u00e8re sur lui, s\u2019emploie \u00e0 torturer et pers\u00e9cuter l\u2019eau. Quoi de plus jouissif pour lui que de ridiculiser l\u2019eau lorsqu\u2019elle est au plus mal et affaiblie par le r\u00e9chauffement climatique ? Le Soleil peut donc jouer \u00e9galement et lui faire ressentir sa force, son autorit\u00e9. Il la condamne \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer sur la p\u00e9dale, \u00e0 aller toujours plus vite pour remplir les nappes phr\u00e9atiques, car il fait r\u00e9guli\u00e8rement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019horloge de l\u2019Apocalypse pour l\u2019affoler, il la traite comme une marathonienne qui serait \u00e0 sa merci.<\/p>\n\n\n\n<p>Je sors de l\u2019appartement et la neige, dans toute sa d\u00e9licatesse, m&rsquo;\u00e9chappe&#8230; glisse entre mes mains. Et encore ! Il se produit, perp\u00e9tuellement, continuellement, la m\u00eame cons\u00e9quence : il n\u2019en reste aux mains qu\u2019une perle luisante, une pr\u00e9cieuse chose qui, dans son \u00e9ph\u00e9m\u00e9rit\u00e9, laisse place dor\u00e9navant \u00e0 un printemps naissant.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle m&rsquo;\u00e9chappe et cependant m\u2019a marqu\u00e9e comme \u00e0 son habitude, toujours \u00e9merveill\u00e9e par ce ph\u00e9nom\u00e8ne, sans que j&rsquo;y puisse mais : la nature fait de si belles merveilles.<\/p>\n\n\n\n<p>Id\u00e9ologiquement, c&rsquo;est le m\u00eame principe : elle m&rsquo;\u00e9chappe, \u00e9chappe \u00e0 toute limite, mais laisse toujours une trace ind\u00e9l\u00e9bile, inoubliable.<\/p>\n\n\n\n<p>Inqui\u00e9tude de l\u2019eau vis-\u00e0-vis de l\u2019Homme : fid\u00e9lit\u00e9 na\u00efve, respect in\u00e9gal et loyaut\u00e9 non r\u00e9ciproque. D\u2019un premier abord, l\u2019eau semble espi\u00e8gle et amusante \u00e0 sa vue ou \u00e0 son contact ; tout un chacun a ador\u00e9, un jour, sauter \u00e0 pieds joints dans une flaque d\u2019eau : nous avons bien ri, elle et moi! Que de souvenirs plaisants \u00e0 lancer des boules de neige et que de moments agr\u00e9ables et ludiques pass\u00e9s avec toi. Toi, eau, qui suis l\u2019Homme et qui le suis \u00e0 travers les \u00e2ges. \u00cates-vous les meilleurs amis ou \u00eates-vous les deux amants, tels les atomes, qui constituent la mol\u00e9cule de H2O ? Cet amour est-il partag\u00e9 avec sinc\u00e9rit\u00e9 ? Toi, docile, qui vas o\u00f9 l\u2019on t\u2019am\u00e8ne, qui t&rsquo;adaptes et changes, ob\u00e9issante, ta trajectoire selon la d\u00e9nivellation.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Aliz\u00e9<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Plus haut que moi, toujours plus haut que moi se trouve de l\u2019eau en constante suspension. 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