{"id":516,"date":"2024-11-09T18:16:49","date_gmt":"2024-11-09T17:16:49","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/jeffchampo\/?p=516"},"modified":"2024-11-09T18:16:49","modified_gmt":"2024-11-09T17:16:49","slug":"preambule","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/jeffchampo\/2024\/11\/09\/preambule\/","title":{"rendered":"Pr\u00e9ambule"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">Son radio-r\u00e9veil poussi\u00e9reux, d\u2019une lumi\u00e8re fluorescente, affiche 15:32. Vincent sort p\u00e9niblement de son sommeil, d\u00e9pit\u00e9 de voir une heure si tardive, mais toutefois habitu\u00e9. Seule la caf\u00e9ine pourrait peut-\u00eatre encore le faire tenir. Le temps o\u00f9 il se r\u00e9veillait \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 les oiseaux gazouillent, o\u00f9 le givre cristallis\u00e9 sur les fen\u00eatres laisse p\u00e9n\u00e9trer une lumi\u00e8re froide, mais puissante, est r\u00e9volue depuis\u2026 il ne compte m\u00eame plus.<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant qu\u2019il se fait couler son tout premier caf\u00e9 de la journ\u00e9e, celui qui r\u00e9veille son corps tout comme sa lucidit\u00e9, ou ce qu\u2019il en reste, il regarde par sa petite fen\u00eatre. La ville est toujours en mouvement : les passants sont press\u00e9s, le parking de sa r\u00e9sidence est plein, la journ\u00e9e de labeur est presque achev\u00e9e pour certains. Il s\u2019installe \u00e0 son poste de travail, c\u2019est-\u00e0-dire sa table de salon dont il ne se rappelle plus la couleur d\u2019origine, tant des piles de magazines, de prospectus et de feuilles en tout genre la jonchent depuis son emm\u00e9nagement. Pour enfin se mettre au travail, il part \u00e0 la recherche de son crayon, s\u00fbrement cach\u00e9 quelque part dans son \u00e9troit studio de dix-neuf m\u00e8tres carr\u00e9s. Inutile de pr\u00e9ciser que Vincent abandonne au bout de deux minutes d\u2019intenses recherches. La transpiration perle d\u00e9j\u00e0 sur son front, entre l\u2019effort et la chaleur subsaharienne.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est d\u00e9cid\u00e9, il ne peut travailler dans de telles conditions. Ouvrir la fen\u00eatre serait s\u2019exposer aux klaxons, cris, youyous de la voisine et musiques en tout genre qui n\u2019aideraient pas \u00e0 la concentration. Il enfile la premi\u00e8re chose qu\u2019il trouve : le T-shirt d\u2019un groupe de rock qu\u2019il n\u2019\u00e9coute pas, et une salopette un peu grande. Salopette dans laquelle il retrouve son crayon, le seul qu\u2019il poss\u00e8de, et qu\u2019il consid\u00e8re comme son bien le plus pr\u00e9cieux \u00e0 ce jour. Au vu de la couleur des nuages, il \u00e9tait plus prudent de se munir d\u2019un manteau, de remplir sa gourde de ses cinq prochains caf\u00e9s de la journ\u00e9e, et de ne pas oublier son mat\u00e9riel de travail. \u00c7a y est, il est temps de s\u2019aventurer dans le monde ext\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p>Les visages sont serr\u00e9s, les pas rapides. Vincent n\u2019a jamais aim\u00e9 vivre en ville, mais il n\u2019a jamais gagn\u00e9 assez pour quitter son appartement \u00e9tudiant. Le semblant de nature que lui offre le parc d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9 rend cette situation moins am\u00e8re. Tout comme lui, une pl\u00e9thore de citadins veulent profiter de \u00ab l\u2019air frais \u00bb du parc, qui se situe \u00e0 deux pas de l\u2019autoroute pollu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u2019ayant plus de place nulle part, il s\u2019assoit pr\u00e8s du lac, dans sa salopette qui lui donne une allure grenouillesque. Au printemps, cet emplacement est peupl\u00e9 par diverses esp\u00e8ces qui inspirent beaucoup Vincent dans ses productions ; tel un paparazzi avec l\u2019appareil photo argentique de sa grand-m\u00e8re, il les capture alors pour ensuite les afficher dans son appartement, ce qui constitue au final sa seule et unique touche d\u00e9corative. Des cygnes, des m\u00e9sanges cohabitent avec les pigeons et les rats. Un hybride parfait entre la beaut\u00e9 \u00e9nigmatique de la nature et le rappel \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de la ville. En hiver, la seule chose que l\u2019on retrouve pr\u00e8s de ce lac sont les galets froids, qui rendent la situation plus triste et inconfortable pour l\u2019homme oblig\u00e9 de s&rsquo;asseoir \u00e0 m\u00eame le sol.<\/p>\n\n\n\n<p>Il reste assis, sans rien faire, pendant plus d\u2019une heure. Son manteau ab\u00eem\u00e9 lui gratte la fosse cubitale, ce qui l\u2019incite \u00e0 rentrer chez lui. Sur son carnet, l\u2019auteur ne r\u00e9ussit \u00e0 \u00e9crire qu\u2019un mot :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Pr\u00e9ambule \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Luna<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Son radio-r\u00e9veil poussi\u00e9reux, d\u2019une lumi\u00e8re fluorescente, affiche 15:32. Vincent sort p\u00e9niblement de son sommeil, d\u00e9pit\u00e9 de voir une heure si tardive, mais toutefois habitu\u00e9. Seule la caf\u00e9ine pourrait peut-\u00eatre encore le faire tenir. 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