{"id":91,"date":"2015-05-21T14:57:58","date_gmt":"2015-05-21T12:57:58","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/papyrus\/sci-le-monde-metait-conte-laurent-et-la-onda-chilena\/"},"modified":"2017-05-05T11:42:51","modified_gmt":"2017-05-05T09:42:51","slug":"sci-le-monde-metait-conte-laurent-et-la-onda-chilena","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/papyrus\/2015\/05\/21\/sci-le-monde-metait-conte-laurent-et-la-onda-chilena\/","title":{"rendered":"[SCI le monde m&rsquo;\u00e9tait cont\u00e9]  Laurent et la Onda Chilena"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00ab SCI le monde m&rsquo;\u00e9tait cont\u00e9 \u00bb, c&rsquo;est le nom de code du projet web des \u00e9tudiants du master Strat\u00e9gies Culturelles Internationales, actuellement en stage aux quatre coins du monde. On traverse les Andes pour retrouver Laurent qui fait son stage \u00e0 Santiago dans le centre de cr\u00e9ation artistique Balmaceda Arte Joven.<\/em><\/p>\n<h3><em><br \/>\n<!--more--><\/p>\n<p><em>\u00ab SCI le monde m&rsquo;\u00e9tait cont\u00e9 \u00bb, c&rsquo;est le nom de code du projet web des \u00e9tudiants du master Strat\u00e9gies Culturelles Internationales, actuellement en stage aux quatre coins du monde. On traverse les Andes pour retrouver Laurent qui fait son stage \u00e0 Santiago dans le centre de cr\u00e9ation artistique Balmaceda Arte Joven.<\/em><\/p>\n<h3><em><!--break--><\/em>Laurent et la Onda Chilena<\/h3>\n<p>Pourquoi le Chili, pourquoi Santiago ? Titulaire d&rsquo;une licence d&rsquo;anglais et ayant \u00e9tudi\u00e9 un an au Royaume-Uni, je souhaitais avant tout profiter de cette opportunit\u00e9 de stage pour acqu\u00e9rir une exp\u00e9rience dans un pays hispanophone et hors Europe. Le hasard a fait que je me suis retrouv\u00e9 \u00e0 Santiago, et ce n&rsquo;est pas pour me d\u00e9plaire, car le Chili reste un pays m\u00e9connu en France o\u00f9 l&rsquo;on se souvient surtout d&rsquo;Allende et de Pinochet.<\/p>\n<h3>Se perdre dans Santiago pour mieux la conna\u00eetre<\/h3>\n<p>Des 4&#215;4 \u00e0 foison, des enseignes lumineuses bordant des routes \u00e0 quatre voies dans un paysage de montagnes sableuses : la premi\u00e8re impression que l&rsquo;on a quand on sort de l&rsquo;a\u00e9roport est celle d&rsquo;\u00eatre quelque part en Arizona. Arriv\u00e9 au centre, c&rsquo;est une autre image qui nous frappe: une ville pas tr\u00e8s belle pour \u00eatre honn\u00eate, beaucoup de quartiers r\u00e9sidentiels bien rang\u00e9s, des immeubles d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;\u00e9tages qui poussent comme des champignons et qui remplacent d&rsquo;anciens \u00e9difices coloniaux, une ville plut\u00f4t grise et b\u00e9tonn\u00e9e o\u00f9 les palmiers rajoutent une touche de couleur. Ce sera mon excuse pour partir \u00e0 la d\u00e9couverte des tr\u00e9sors plus ou moins bien cach\u00e9s de la ville !<\/p>\n<p>Il est vrai que le d\u00e9paysement n&rsquo;est pas soudain, ni total. Santiago a des airs europ\u00e9ens et nord-am\u00e9ricains tr\u00e8s prononc\u00e9s ; sans les Chiliens, on se croirait dans une ville quelconque. M\u00eame faire ses courses ne rel\u00e8ve pas de l&rsquo;enchantement ou de la d\u00e9couverte ! A part quelques produits typiques chiliens, donc le manjar (miam !), la crema de leche et le merk\u00e9n, et des choses surprenantes comme la confiture et les \u00e9pices dans de petits sacs plastiques, les produits sont les m\u00eames &#8211; autres marques, bien souvent am\u00e9ricaines, et parfois les m\u00eames qu&rsquo;en France. Il faut alors sortir des sentiers battus et aller dans les petites galeries commerciales traditionnelles, dans les petits boliches bon march\u00e9 o\u00f9 la comida est meilleure et les parts plus g\u00e9n\u00e9reuses pour avoir un go\u00fbt du Chili traditionnel.<\/p>\n<p>S&rsquo;il n&rsquo;y a peut-\u00eatre pas grand chose \u00e0 voir \u00e0 Santiago, beaucoup de choses sont \u00e0 faire, m\u00eame si sa rivale traditionnelle Buenos Aires la bat \u00e0 plate couture. Se cultiver reste moins cher que de se nourrir, et beaucoup d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements sont gratuits. La ville d\u00e9gage une \u00e9nergie particuli\u00e8re. La nuit, le vacarme des automobiles et l&rsquo;odeur des pots d&rsquo;\u00e9chappement laissent place au son des batucadas et du raggaeton et aux effluves de marijuana (vide juridique au sujet de sa consommation, les Chiliens en profitent). Pas de place pour Cendrillon, la f\u00eate commence \u00e0 minuit minimum et ne semble jamais se terminer, m\u00eame si elle reste localis\u00e9e. Les centaines de chiens abandonn\u00e9s en seront les seuls t\u00e9moins.<\/p>\n<h3>Stage \u00e0 Balmaceda Arte Joven<\/h3>\n<p>C&rsquo;est dans le tumulte des coups de klaxons, des crissements de pneus et des bruits de chocs que se d\u00e9roule mon stage. Dans un quartier plut\u00f4t populaire, Balmaceda Arte Joven offre des espaces pour que les jeunes talents, souvent de milieux d\u00e9favoris\u00e9s, puissent y d\u00e9velopper leur potentiel cr\u00e9atif \u00e0 travers des ateliers pour la modique somme de 1000 pesos symboliques (1,40 \u20ac environ), et \u00e0 terme encourager une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration d&rsquo;artistes chiliens. La plupart ont entre 20 et 25 ans et certains commencent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 faire leur petit bout de chemin. Dans les bureaux, je n&rsquo;ai pas la chance de les rencontrer souvent, puisque mes missions consistent \u00e0 assister l&rsquo;\u00e9quipe de direction en participant \u00e0 la mise en place de certains \u00e9v\u00e9nements culturels, \u00e0 la strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement de l&rsquo;organisme qui est en adaptation constante au niveau national et \u00e0 engager le d\u00e9veloppement de partenariats internationaux.<\/p>\n<p>On s&rsquo;aper\u00e7oit vite que le but de BAJ est louable : la sc\u00e8ne culturelle chilienne est plut\u00f4t pauvre mais se d\u00e9veloppe \u00e0 travers des initiatives comme celles-ci. Tout est fait pour encourager les arts. Ce stage est l&rsquo;opportunit\u00e9 de voir un pays en pleine r\u00e9flexion au niveau de la culture et de sa gestion, de rencontrer les directeurs et le personnel des centres culturels de la ville avec lesquels BAJ est partenaire, et aussi de d\u00e9couvrir une autre fa\u00e7on de travailler &#8211; et \u00e0 l&rsquo;inverse des pr\u00e9jug\u00e9s sur le monde latino-am\u00e9ricain, le rythme est soutenu; s&rsquo;il y a quelque chose \u00e0 faire, on le fait de suite. Le r\u00e9seautage est ce qui marche le mieux au Chili pour trouver du travail, et ce dans n&rsquo;importe quel secteur. A voir si mes contacts seront profitables !<\/p>\n<p>C&rsquo;est une \u00e9quipe super accueillante, plut\u00f4t jeune et tr\u00e8s patiente qui partage mon quotidien de stagiaire. Patiente, en effet, car s&rsquo;adapter \u00e0 l&rsquo;espagnol du Chili n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s simple&#8230; Chilenismos, modismos, anglicismes, des mots inarticul\u00e9s, autant dire que mon \u00ab\u00a0espagnol d&rsquo;Espagne\u00a0\u00bb n&rsquo;a pas servi \u00e0 grand chose ici ! Tous les Chiliens s&rsquo;accorderont \u00e0 dire que leur espagnol est le pire de tous, mais au moins la d\u00e9couverte est au rendez-vous ! De toute mani\u00e8re, la rue et les conversations autour d&rsquo;un terremoto resteront les meilleures fa\u00e7ons de progresser (et j&rsquo;en profite pour embrasser Irene, Tanja et Morgan !).<\/p>\n<h3>Santiago, le reflet de l&rsquo;Am\u00e9rique (latine) ?<\/h3>\n<p>Sous ses airs de pays d\u00e9velopp\u00e9, on se rend vite compte au fil des rencontres que tout n&rsquo;est pas comme on le croit au Chili.<\/p>\n<p>Ici, il n&rsquo;est pas rare de voir des personnes cumuler trois boulots. Environ la moiti\u00e9 des travailleurs gagne environ 300 euros mensuels. Dans une ville (et un pays) o\u00f9 le co\u00fbt de la vie est aussi cher &#8211; voire plus &#8211; qu&rsquo;en France, on a recours au syst\u00e8me D. Faire ses courses dans un quartier plut\u00f4t qu&rsquo;un autre, par exemple. D&rsquo;ailleurs, certaines rues se sont sp\u00e9cialis\u00e9es dans un type de boutique. Au supermarch\u00e9, il est toujours bien vu de donner une propina \u00e0 la personne (dont vous n&rsquo;avez pas forc\u00e9ment besoin) qui met vos courses dans les sacs plastiques. Et pour se garer, ce sera une personne qui gardera les voitures &#8211; pas d&rsquo;horodateur &#8211; et si votre r\u00e9tro est cass\u00e9 c&rsquo;est parce que vous n&rsquo;aurez pas pay\u00e9. Tout est fait pour cr\u00e9er des petits jobs qui sont pay\u00e9s au lance-pierres, le pourboire de 10% au resto est donc justifi\u00e9. L&rsquo;universit\u00e9 reste le graal qui permet d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 un (tr\u00e8s) bon rythme de vie, mais reste difficilement accessible de par son co\u00fbt. Tout comme la sant\u00e9, rel\u00e9gu\u00e9e au secteur priv\u00e9.<\/p>\n<p>Pourtant ici tout est fait pour consommer et beaucoup vivent au dessus de leurs moyens. Il y a de fortes chances qu&rsquo;une promenade avec des amis ou une visite au mus\u00e9e finisse par un passage \u00e0 una helader\u00eda pour manger une glace ou boire des jugos naturales faits devant vos yeux (et se laisser agr\u00e9ablement surprendre par un jus d&rsquo;artichaut) ou go\u00fbter un mote con huesillo. Passer le week-end al mall est aussi devenu un sport national. Consommer est compulsif, tant tout est fait pour acheter, n&rsquo;en t\u00e9moignent les fast-foods \u00e0 chaque coin de rue. D&rsquo;ailleurs, manger dehors co\u00fbte souvent moins cher. En cons\u00e9quence, le taux d&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9 est assez \u00e9lev\u00e9 et se faire taxer de franchute flaquito  est devenu presque quotidien !<\/p>\n<p>A tout cela, il faut rajouter le discours d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 de la droite. Santiago est une ville tr\u00e8s tranquille &#8211; le vol existe mais est \u00ab\u00a0tol\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb \u00e9tant donn\u00e9 les salaires, et les gens n&rsquo;h\u00e9sitent pas \u00e0 se faire justice eux-m\u00eame s&rsquo;ils en sont victimes sous le regard des passants. Mais la premi\u00e8re chose qui surprend quand on s&rsquo;installe ici est d&rsquo;avoir une conciergerie dans son immeuble. Quartiers ais\u00e9s ou plus populaires, elles sont partout. Sortez vos papiers : pour aller rendre visite \u00e0 quelqu&rsquo;un, il faut laisser ses informations personnelles \u00e0 la r\u00e9ception qui appelle puis donne l&rsquo;accord pour monter. Pour certains \u00e9difices, c&rsquo;est moins formel, ou on esquive, et plus rarement, il n&rsquo;y en a pas. Pour rentrer chez soi \u00e0 une heure indicible, il faut attendre que le gentil monsieur de l&rsquo;immeuble o\u00f9 vous habitez ouvre le portail de chez vous.<\/p>\n<p>Au final, c&rsquo;est une ville sectoris\u00e9e que je d\u00e9couvre. Chaque quartier ou comuna concentrera une activit\u00e9 en particulier. Certains quartiers ne sont accessibles qu&rsquo;en voiture o\u00f9 les villas \u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricaine d\u00e9filent sans qu&rsquo;il y ait de trottoir. D&rsquo;autres ont leurs maisons avec des toits en t\u00f4le. Le centre et l&rsquo;Est tr\u00e8s propres laissent place a des quartiers moins soign\u00e9s et leurs maisons d\u00e9labr\u00e9es et o\u00f9 parfois les d\u00e9tritus jonchent le sol. Ces quartiers l\u00e0, le touriste de base ne les verra pas. Par contre, bien loin des amoureux des bancs publics de Brassens, il verra que le Chili n&rsquo;est pas un pays ultra catho et conservateur comme tout le monde le pense mais verra surtout des d\u00e9monstrations d&rsquo;affection sans retenue sur les pelouses de n&rsquo;importe quel parc de la ville, par des personnes de tout \u00e2ge.<\/p>\n<p>Il y a tant d&rsquo;anecdotes \u00e0 raconter comme toute personne qui vit \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, surtout dans un pays aussi complexe que le Chili, diff\u00e9rent sans l&rsquo;\u00eatre vraiment. En attendant, j&rsquo;essaie de m&rsquo;\u00e9loigner de Santiago et respirer autre chose que el esmog pour continuer ma d\u00e9couverte du vrai Chili et de ses paysages \u00e0 couper le souffle !<\/p>\n<p>Plus d&rsquo;infos sur Balmaceda Arte Joven:<br \/><a href=\"http:\/\/www.balmacedartejoven.cl\/\" target=\"_blank\">Site web <\/a><br \/><a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/balmacedartejoven\" target=\"_blank\">Page Facebook <\/a><br \/><a href=\"https:\/\/twitter.com\/intent\/user?screen_name=balm_artejoven\" target=\"_blank\">Twitter <\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab SCI le monde m&rsquo;\u00e9tait cont\u00e9 \u00bb, c&rsquo;est le nom de code du projet web des \u00e9tudiants du master Strat\u00e9gies Culturelles Internationales, actuellement en stage aux quatre coins du monde. 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