{"id":1197,"date":"2014-03-20T09:30:12","date_gmt":"2014-03-20T08:30:12","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/?page_id=1197"},"modified":"2014-05-27T14:09:16","modified_gmt":"2014-05-27T13:09:16","slug":"se-nourrir","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/naviguer-au-xviiie-siecle\/la-vie-au-long-cours\/se-nourrir\/","title":{"rendered":"Se nourrir"},"content":{"rendered":"<p><strong><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Pr\u00e9paration et conservation des aliments<\/span><\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Avant toute chose, avant de commencer un voyage d&rsquo;une telle ampleur, il faut s&rsquo;occuper des aliments \u00e0 embarquer mais aussi de la question de leur conservation \u00e0 bord.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Beaucoup d&rsquo;aliments ont une capacit\u00e9 de conservation tr\u00e8s faible comme le pain : c&rsquo;est pourquoi Lap\u00e9rouse fait le choix d&#8217;embarquer essentiellement du grain et c&rsquo;est durant le trajet jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Alaska que Paul Fleuriot de Langle va construire un moulin exp\u00e9rimental pour moudre le grain, ce qui va all\u00e9ger les marins d&rsquo;une corv\u00e9e importante pour disposer de cette nourriture essentielle.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Entre les escales, les aliments \u00e9taient conserv\u00e9s dans du sel mais celui-ci \u00e9tait nuisible aux dents et \u00e0 l\u2019intestin car l\u2019eau douce \u00e9tait un bien rare et tr\u00e8s pr\u00e9cieux, notamment lors d\u2019un voyage au long cours comme celui-ci.<a href=\"#sdfootnote1sym\"><sup>1<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">C\u2019est pour cela qu\u2019il faut, pour les explorateurs, trouver des moyens pour conserver la nourriture plus longtemps : avant de commencer son voyage, Lap\u00e9rouse a pris en priorit\u00e9 des aliments qui ont une bonne conservation. Pour cela, il embarque \u00e0 bord beaucoup de produits secs comme les biscuits.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Avant lui, le capitaine <a title=\"Les exp\u00e9ditions de Cook\" href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/la-decouverte-du-pacifique\/bougainville-et-cook\/les-expeditions-de-cook\/\">Cook<\/a> avait choisi des vivres pour un an avec un grand soin et privil\u00e9gi\u00e9 les aliments antiscorbutiques (qui \u00e9vitent l\u2019apparition de la maladie du scorbut) comme le citron, la choucroute, les oignons et le jus de fruit.<\/span><\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_2080\" style=\"width: 318px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/03\/Albi-mus\u00e9e-Laperouse-1.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2080\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-2080  \" title=\"Moulin de Fleuriot De Langle\" alt=\"\" src=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/03\/Albi-mus\u00e9e-Laperouse-1.jpg\" width=\"308\" height=\"231\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2080\" class=\"wp-caption-text\">Partie d&rsquo;un des moulins exp\u00e9rimental de Fleuriot De Langle, la meule tournante. Source : mus\u00e9e Laperouse d&rsquo;Albi<\/p><\/div>\n<p style=\"margin-bottom: 0cm;background: transparent;line-height: 150%\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">On va \u00e9galement embarquer \u00e0 bord des animaux vivants (ce qui permettait d&rsquo;avoir de la viande fra\u00eeche pendant un certain moment). De la volaille, mais aussi bovins, ovins et porcins sont log\u00e9s la plupart du temps dans l&rsquo;entrepont, au m\u00eame niveau que les hommes, ce qui aggrave consid\u00e9rablement la mauvaise <a title=\"Hygi\u00e8ne et sant\u00e9\" href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/naviguer-au-xviiie-siecle\/la-vie-au-long-cours\/hygiene-et-sante\/\" target=\"_blank\"><span style=\"color: #3333ff\"><span style=\"text-decoration: underline\">hygi\u00e8ne du bord<\/span><\/span><\/a>.<\/span><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Se nourrir pendant un voyage au long cours<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Au cours de voyages d\u2019une telle ampleur, le menu des repas est strict. A titre indicatif, le menu type d&rsquo;une semaine \u00e0 bord \u00e9tait : quatre repas de viande, trois repas de poisson et sept repas de l\u00e9gumes (quand tout cela \u00e9tait disponible). Mais si l\u2019alimentation est abondante, les rations am\u00e8nent souvent \u00e0 la monotonie et au d\u00e9s\u00e9quilibre en glucides et prot\u00e9ines et \u00e0 la carence en vitamines. La principale portion de calorie vient du pain et des biscuits qui sont pr\u00e9sent\u00e9s en galettes. Le grand avantage du biscuit de mer est qu&rsquo;il peut se conserver pendant un an. De plus, il permet de pallier le risque d&rsquo;incendies li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;utilisation des fours sur le navire. Un bon biscuit de mer doit \u00eatre sec, blanc \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, sonore et tr\u00e8s dur. Une fois tremp\u00e9 dans l&rsquo;eau le biscuit ne doit pas se casser. Les biscuits de mer sont donc pr\u00e9sent\u00e9s sous forme de galette ronde ou carr\u00e9e d&rsquo;une dizaine de centim\u00e8tres et pesant 150 \u00e0 180 grammes. Le d\u00e9savantage avec ces biscuits de mer c&rsquo;est qu&rsquo;il faut avoir la capacit\u00e9 de les stocker car on embarque des proportions colossales. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Pour arriver \u00e0 les conserver jusqu&rsquo;\u00e0 un an, les biscuits \u00e9taient stock\u00e9s dans les soutes bien closes plac\u00e9es \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re du navire, au dessus des soutes \u00e0 poudre qui avaient l&rsquo;avantage d&rsquo;\u00eatre s\u00e8ches. En effet, le biscuit de mer craint beaucoup l&rsquo;humidit\u00e9. Mais ce type de biscuit est souvent tr\u00e8s dur et il pose de gros probl\u00e8mes de dents aux matelots, mais pas aux officiers vu que ces biscuits sont r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9quipage.<a href=\"#sdfootnote2sym\"><sup>2<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Le liquide \u00e0 bord est tr\u00e8s restreint : tous les matelots disposent d\u2019une ration d&rsquo;eau potable de trois litres par jour et par personne : un litre pour se laver, un autre pour boire et un dernier pour faire la cuisine. De plus, l\u2019eau est tr\u00e8s difficile \u00e0 conserver\u00a0: on la stocke dans des tonneaux mais elle croupit tr\u00e8s vite, ce qui la rend imbuvable et porteuse de nombreuses maladies. Pour cette raison, De Langle va mettre au point un dispositif permettant la transformation de l&rsquo;eau de mer sal\u00e9e en eau potable. Mais cette m\u00e9thode comprend tout de m\u00eame quelques d\u00e9savantages : notamment celui de devoir faire bouillir l&rsquo;eau de mer, ce qui d\u00e9pensait des combustibles suppl\u00e9mentaires ainsi qu&rsquo;une augmentation du risque d&rsquo;incendie.<a href=\"#sdfootnote3sym\"><sup>3<\/sup><\/a> En plus de l\u2019eau, les marins emportent de grandes quantit\u00e9s de vin \u00e0 bord. En effet, il est tr\u00e8s important pour le moral des matelots, surtout quand il est compl\u00e9t\u00e9 d\u2019eau de vie (donn\u00e9e comme r\u00e9compense). Plus le degr\u00e9 d\u2019alcool est important et plus sa conservation est bonne.<a href=\"#sdfootnote4sym\"><sup>4<\/sup><\/a> <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Gr\u00e2ce aux repas, nous pouvons observer une certaine hi\u00e9rarchie \u00e0 bord du navire. En effet, l\u2019\u00e9quipage et les officiers ne mangent pas la m\u00eame chose : Le repas journalier pour l\u2019\u00e9quipage se composait de pain, de biscuit, de lard ou de b\u0153uf sal\u00e9, de morue (mais \u00e0 la fin du si\u00e8cle la morue dessal\u00e9e est rendue responsable par les matelots d\u2018intoxication et elle est retir\u00e9e des rations), de l\u00e9gumes, de fromage ou de riz avec 69 centilitres de vin par jour et par personne. La consommation de poisson frais \u00e0 bord est occasionnelle.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Les officiers avaient droit, eux, \u00e0 de la volaille et de la viande \u00e0 chaque repas, ainsi que du pain frais et du caf\u00e9. En g\u00e9n\u00e9ral, les animaux sont le privil\u00e8ge exclusif des officiers de bord (b\u0153ufs, porcs, moutons, dindes et poules). <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">La cuisine est, dans un sens g\u00e9n\u00e9ral, plus soign\u00e9e pour les officiers. A contrario des matelots qui mangent la plupart du temps autour d\u2019une \u00ab gamelle \u00bb et souvent directement \u00e0 m\u00eame le sol<a href=\"#sdfootnote5sym\"><sup>5<\/sup><\/a>, les officiers mangent dans leurs cabines, \u00e0 table, avec de la vaisselle plus ou moins pr\u00e9cieuse suivant les occasions.<a href=\"#sdfootnote6sym\"><sup>6<\/sup><\/a> <\/span><\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_2113\" style=\"width: 241px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/03\/Albi-mus\u00e9e-Laperouse-2.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2113\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-2113 \" title=\"Le repas des officiers\" alt=\"\" src=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/03\/Albi-mus\u00e9e-Laperouse-2.jpg\" width=\"231\" height=\"308\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2113\" class=\"wp-caption-text\">Vaisselle en \u00e9tain retrouv\u00e9e sur les \u00e9paves des bateaux de Laperouse \u00e0 Vanikoro. Source : mus\u00e9e Laperouse d&rsquo;Albi<\/p><\/div>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Pour ce qui est des responsables de la pr\u00e9paration des repas, ce sont les chirurgiens qui doivent avant le d\u00e9part s\u2019occuper, avec les officiers responsables, de l\u2019alimentation (ration et stockage) et de l&rsquo;hygi\u00e8ne du bord. Beaucoup de marins sont choisis en raison de leurs sp\u00e9cificit\u00e9s<a href=\"#sdfootnote7sym\"><sup>7<\/sup><\/a> : pour la cuisine, par exemple, on pouvait trouver \u00e0 bord des boulangers, des bouchers&#8230;. Beaucoup d\u2019apprentis cuisiniers apprenaient durant la dur\u00e9e du voyage et ils devaient, en cas de maladie de certains cuisiniers, savoir les remplacer. <\/span><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #ffffff\">0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: left\" align=\"JUSTIFY\"><strong><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Escales et ravitaillements<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Les escales sont d\u2019une tr\u00e8s grande importance dans des voyages d\u2019une telle longueur, au niveau du moral des matelots mais principalement au niveau du ravitaillement. Par exemple, lors de son voyage en 1768, Bougainville ne peut pas faire d\u2019escale et son \u00e9quipage conna\u00eet une terrible famine : les provisions pourrissent et l\u2019eau croupit<a href=\"#sdfootnote8sym\"><sup>8<\/sup><\/a>. Nous pouvons d\u2019ailleurs le citer : \u00ab Huit jours de plus pass\u00e9s en mer eussent assur\u00e9ment co\u00fbt\u00e9 la vie \u00e0 un grand nombre et la sant\u00e9 de presque tous. Les viviers qui nous restaient \u00e9taient si pourris que les moments les plus durs dans nos tristes journ\u00e9es \u00e9taient ceux o\u00f9 la cloche nous avertissait de prendre ces aliments d\u00e9go\u00fbtants et malsains.\u00bb<a href=\"#sdfootnote9sym\"><sup>9<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Pour \u00e9viter cela, Lap\u00e9rouse essaye de r\u00e9cup\u00e9rer le plus de choses lors de ses escales. Par exemple, sur l&rsquo;\u00eele de Mad\u00e8re, il se ravitaille en produits frais ; sur celle de Monterey \u00e9galement avec en plus de l&rsquo;eau potable, du bois et des animaux vivants. <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Les \u00e9changes et les trocs avec les indig\u00e8nes \u00e9taient majoritairement privil\u00e9gi\u00e9s. Pour cette raison, o<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">n<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"> embarque d\u00e8s le d\u00e9part une importante quantit\u00e9 de cadeaux destin\u00e9s aux peuples rencontr\u00e9s pour pouvoir les \u00e9changer contre des vivres : perles de verre, outils de m\u00e9tal, mais aussi toutes sortes d&rsquo;\u00e9toffes de mati\u00e8res nobles comme de la mousseline ou de la soie<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">. <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">C&rsquo;est l&rsquo;occasion de r\u00e9cup\u00e9rer des fruits, majoritairement des bananes et des noix de coco, mais \u00e9galement des cochons de lait.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Les relations \u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement bonnes et permirent un continuel approvisionnement en vivres frais. <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Malgr\u00e9 <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">cela<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">, il arrivait qu<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">e certaines rencontres <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">soient plus conflictuelles, comme sur l\u2019\u00cele de P\u00e2ques en 1786 o\u00f9 les Indiens volent tout ce qu\u2019ils peuvent et chassent les marins \u00e0 coups de pierres<\/span><\/span><sup><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote11sym\"><sup>11<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/sup><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">, ou bien encore dans les \u00eeles Samoa, le 11 d\u00e9cembre 1787, o\u00f9 les indig\u00e8nes lapident \u00e0 mort douze membres de l&rsquo;\u00e9quipage.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Plus rarement, les deux fr\u00e9gates avaient enfin l\u2019occasion de se voir offrir des vivres, comme durant leur escale au Chili o\u00f9 Lap\u00e9rouse \u00e9crivit dans son journal en parlant de M. Postigo, capitaine de la fr\u00e9gate de la marine d\u2019Espagne\u00a0: <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">\u00ab [\u2026]<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"> il envoya \u00e0 bord de la viande fra\u00eeche, des fruits, des l\u00e9gumes en plus grande abondance que nous n\u2019en avions besoin pour tout l\u2019\u00e9quipage, dont la bonne sant\u00e9 parut le surprendre<\/span><\/span><sup><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote12sym\"><sup>12<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/sup><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Lap\u00e9rouse et son \u00e9quipage<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"> vendaient \u00e9galement le trop plein de vivres qu\u2019ils avaient et qui leur rapportait un compl\u00e9ment de type financier, comme une vente de peaux de loutres \u00e0 Macao qui leur fit gagner 10 000 piastres. Ils achet\u00e8rent \u00e9galement des produits lors des escales sur des \u00eeles tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9es par les navires de commerces comme \u00e0 Sainte-Croix o\u00f9 ils purent acheter en abondance des fruits et l\u00e9gumes frais d&rsquo;origine europ\u00e9enne<a href=\"#sdfootnote13sym\"><sup>13<\/sup><\/a>.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Lap\u00e9rouse organisait aussi des missions de chasse ou de p\u00eache, des pratiques bien moins on\u00e9reuses et bien plus divertissantes pour les hommes des deux fr\u00e9gates. La p\u00eache permettait de s&rsquo;alimenter en poisson frais et en plut\u00f4t grande quantit\u00e9, comme par exemple en Sib\u00e9rie dans la Baie d&rsquo;Estaing et de Castries o\u00f9 l&rsquo;on pr\u00eet en tout 3200 saumons en 48 heures ! Il arrivait aux \u00e9quipages d&rsquo;\u00e9tablir une cuisine de fortune pr\u00e8s des ruisseaux trouv\u00e9s pour pouvoir p\u00eacher le poisson dans le filet et le faire cuire directement dans les marmites mais aussi de reprendre certaines pratiques que mettaient en place les indig\u00e8nes, comme ceux du Port des Fran\u00e7ais o\u00f9 Lap\u00e9rouse \u00e9crit : \u00ab\u00a0ils attachent \u00e0 chaque ligne une grosse vessie de loup marin, et ils l&rsquo;abandonnent ainsi sur l&rsquo;eau\u00a0; \u00e0 mesure que le poisson est pris, il entra\u00eene la vessie, et la pirogue court apr\u00e8s\u00a0: ainsi deux hommes peuvent surveiller douze \u00e0 quinze lignes sans avoir l&rsquo;ennui de les tenir \u00e0 leur main<a href=\"#sdfootnote14sym\"><sup>14<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">La chasse, par rapport \u00e0 la p\u00eache, \u00e9tait beaucoup plus fatigante et beaucoup moins fructueuse. Lap\u00e9rouse organisait des missions dans des canots pour chasser des oiseaux, comme par exemple durant la descente vers le Cap Horn o\u00f9 le temps calme permi<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">t<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"> aux officiers de chasser des oiseaux de mer qu&rsquo;ils firent cuire \u00e0 la sauce piquante. Ils chassaient \u00e9galement durant leurs escales comme sur la baie de Ternay : <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">\u00ab n<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">ous aper\u00e7\u00fbmes des cerfs et des ours qui passaient tranquillement sur le bord de la mer. Sur-le-champ nos armes de chasse furent pr\u00e9par\u00e9es<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote15sym\"><sup>15<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Pendant le<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">s<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"> escales, Lap\u00e9rouse organisait des missions de ravitaillement en eau puisqu&rsquo;elle est <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">un besoin essentiel pour permettre la bonne sant\u00e9 de tous les membres de l\u2019\u00e9quipage. <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Les deux fr\u00e9gates<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"> r\u00e9cup\u00e9raient g\u00e9n\u00e9ralement de l&rsquo;eau dans des barriques d&rsquo;eau juste apr\u00e8s un rep\u00e9rage des ruisseaux dans l&rsquo;\u00eele pr\u00e8s de laquelle elles mouillaient. Cependant, les hommes devaient faire attention \u00e0 l\u2019eau qu\u2019ils prenaient car, dans certains cas, elle pouvait \u00eatre de mauvaise qualit\u00e9 comme \u00e0 Macao o\u00f9 l\u2019eau r\u00e9colt\u00e9e provoqua la dysenterie. Le bois est \u00e9galement un produit pr\u00e9cieux. Il permet de r\u00e9parer les navires, de faire cuire les aliments impossibles \u00e0 manger cru<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">s,<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"> comme la viande, mais sert \u00e9galement \u00e0 la distillation de l\u2019eau de mer.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Plus g\u00e9n\u00e9ralement, ces ravitaillements posent quand m\u00eame des soucis aux marins : en effet, il faut pr\u00e9voir \u00e0 l&rsquo;avance ce que l\u2019on va prendre sur le bateau et en quelle quantit\u00e9 pour pouvoir tenir jusqu\u2019au prochain ravitaillement, en sachant que la dur\u00e9e moyenne entre chaque ravitaillement est d&rsquo;environ 70 jours. Mais se pose \u00e9galement la question du prix : en effet, dans certains pays les produits sont tr\u00e8s chers. <\/span><\/span><\/p>\n<div>\n<p><a href=\"#sdfootnote1anc\">1<\/a> <span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">B\u00e9rard P., <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><i>Le voyage de La P\u00e9rouse\u202f: itin\u00e9raire et aspects singuliers<\/i><\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">. <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Albi, U<\/span><\/span>n autre reg\u2019art, 2010, p. 48. <\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote2anc\">2<\/a> Lutton C., <i>Sur les traces de Lap\u00e9rouse au large de Vanikoro : apport de l&rsquo;odontologie l\u00e9gale aux fouilles arch\u00e9ologiques<\/i>, Nantes, 2007, Universit\u00e9 de Nantes, pp. 161-170. <\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote3anc\">3 <\/a>Marge J-F., <i>Apparition des chirurgiens dentistes dans la Marine, XVIIIe-XIXe si\u00e8cle<\/i>, Th\u00e8se d&rsquo;exercice, chirurgie de Nantes, 1993.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote4anc\">4<\/a> B\u00e9rard P., <i>Le voyage de La P\u00e9rouse\u202f: itin\u00e9raire et aspects singuliers<\/i>. <em>op. cit.<\/em><br \/>\n<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote5anc\">5 <\/a>Association Salomon, <i>\u2026 A-t-on des nouvelles de Monsieurs de Lap\u00e9rouse ? <\/i>p. 164<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote6anc\">6<\/a> Association Lap\u00e9rouse, <em>Le myst\u00e8re Lap\u00e9rouse, ou le r\u00eave inachev\u00e9 d\u2019un roi<\/em>, Paris, Ed. De Conti, 2008, p. 70. <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Times New Roman,serif\"><span style=\"font-size: small\"><a href=\"#sdfootnote7anc\">7<\/a> <span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Houzel G.,<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Vayssi\u00e8res J.-J.<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">, <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><i>Des nouvelles de Monsieur Lap\u00e9rouse, <\/i><\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Grand Sud, 2011, p. 11. <\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a href=\"#sdfootnote8anc\">8<\/a> <span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Taillemite \u00c9., <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><i>Les d\u00e9couvreurs du Pacifique\u202f: Bougainville, Cook, Lap\u00e9rouse<\/i><\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">. Paris, Gallimard, 1987, p. 78. <\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote9anc\">9<\/a> Bougainville L.-A., <i>Voyage autour du monde<\/i>, Gallimard, Folio Classique, 2006. <\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a href=\"#sdfootnote12anc\">12 <\/a><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Lap\u00e9rouse, <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><i>Voyage autour du monde sur l&rsquo;Astrolabe et la Boussole (1785-1788)<\/i><\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">, p. 48.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote13anc\">13 <\/a>Labillardi\u00e8re, <em>Relation du voyage \u00e0 la recherche de Lap\u00e9rouse<\/em>, volume 1, p. 31.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a href=\"#sdfootnote14anc\">14<\/a><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"> Lap\u00e9rouse, <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><i>op. cit., <\/i><\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">p. 128.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote15anc\">15<\/a> Lesseps, <i>Voyage de Lap\u00e9rouse,<\/i>1831.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pr\u00e9paration et conservation des aliments Avant toute chose, avant de commencer un voyage d&rsquo;une telle ampleur, il faut s&rsquo;occuper des aliments \u00e0 embarquer mais aussi de la question de leur conservation \u00e0 bord. Beaucoup d&rsquo;aliments ont une capacit\u00e9 de conservation &hellip; <a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/naviguer-au-xviiie-siecle\/la-vie-au-long-cours\/se-nourrir\/\">Lire la suite <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":15,"featured_media":0,"parent":183,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"sidebar-page.php","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1197"}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/users\/15"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1197"}],"version-history":[{"count":55,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1197\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4576,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1197\/revisions\/4576"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/183"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1197"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}