{"id":1212,"date":"2014-03-20T09:31:16","date_gmt":"2014-03-20T08:31:16","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/?page_id=1212"},"modified":"2014-05-28T08:06:38","modified_gmt":"2014-05-28T07:06:38","slug":"vivre-ensemble","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/naviguer-au-xviiie-siecle\/la-vie-au-long-cours\/vivre-ensemble\/","title":{"rendered":"Vivre ensemble"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\"><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><strong>Quotidien et rituels<\/strong><b> <\/b><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p lang=\"en-US\" align=\"justify\"><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">La vie quotidienne lors d&rsquo;une navigation au long cours se d\u00e9finit comme l\u2019ensemble des pratiques journali\u00e8res de l&rsquo;\u00e9quipage. Le quotidien s&rsquo;articule notamment autour\u00a0 d&rsquo;horaires et de r\u00e8gles de conduite ritualis\u00e9es, domin\u00e9es par le travail. <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Celui-ci est l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment central, structurant le long cours : il se pr\u00e9sente comme la colonne vert\u00e9brale autour de laquelle s&rsquo;organise le quotidien de l&rsquo;\u00e9quipage. Alors que les scientifiques ont des journ\u00e9es vides dues \u00e0 l&rsquo;attente du d\u00e9barquement leur permettant de faire leurs analyses<a href=\"#sdfootnote1sym\"><sup>1<\/sup><\/a>, les matelots eux doivent s&rsquo;occuper du <span style=\"color: #000000\">gr\u00e9ement et de la man\u0153uvre du navire<\/span>. Le travail est rude<a href=\"#sdfootnote2sym\"><sup>2<\/sup><\/a> et laisse peu d\u2019occasions pour se reposer et se distraire. <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Ces besognes sont source d\u2019\u00e9puisement \u00e0 la fois physique et moral. <\/span><\/span>L&rsquo;\u00e9quipage subit en outre des conditions souvent d\u00e9favorables \u00e0 l&rsquo;image de la houle, du brouillard et des temp\u00eates. Le labeur des marins reste donc dangereux, ce qui entra\u00eene des accidents fr\u00e9quents. Chaque mauvaise d\u00e9cision peut s&rsquo;av\u00e9rer n\u00e9faste, comme en t\u00e9moigne l&rsquo;exemple du naufrage au port aux fran\u00e7ais<a href=\"#sdfootnote3sym\"><sup>3<\/sup><\/a>.\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">L&rsquo;organisation du travail se fait aux \u00ab\u00a0trois-quarts\u00a0\u00bb<a href=\"#sdfootnote4sym\"><sup>4<\/sup><\/a> : quatre heures de travail correspondent \u00e0 8 heures de repos. Celui-ci peut s\u2019adapter \u00e0 la d\u00e9gradation des conditions de la navigation par l&rsquo;instauration des \u00ab\u00a0deux-quarts\u00a0\u00bb<a href=\"#sdfootnote5sym\"><sup>5<\/sup><\/a>. Ce syst\u00e8me est \u00e9galement applicable chez les officiers. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Outre le travail, les prises de collations ponctuent la journ\u00e9e\u00a0: ces moments de convivialit\u00e9 sont n\u00e9cessaires \u00e0 la restauration de l&rsquo;\u00e9quipage. Elles sont codifi\u00e9es et correspondent \u00e0 un ensemble de normes et valeurs \u00e9voluant en fonction du r\u00f4le et de la place des individus. Les matelots font au quotidien trois repas n\u00e9cessaires \u00e0 la restauration de leur force de travail. Ils d\u00e9jeunent \u00e0 09h00, \u00e0 11h00 on leur distribue des rations et enfin \u00e0 17h30, ils d\u00eenent<a href=\"#sdfootnote6sym\"><sup>6<\/sup><\/a>. Quant aux scientifiques, ils disposent de deux prises de repas \u00e0 09h00 et \u00e0 16h00, avec les officiers<a href=\"#sdfootnote7sym\"><sup>7<\/sup><\/a>. Il faut rappeler qu&rsquo;officiers et matelots sont s\u00e9par\u00e9s. Quant aux capitaines, ils doivent en principe manger isol\u00e9s.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Malgr\u00e9 les conditions rudes de la navigation, les mauvaises conditions de vie et de travail, le quotidien se pr\u00e9sente comme monotone pendant de longues p\u00e9riodes, notamment quand des conditions d\u00e9favorables immobilisent les navires. Certains, quand les conditions le permettent, se prom\u00e8nent sur le pont, jouent aux jeux de soci\u00e9t\u00e9 tels les jeux de d\u00e9s, \u00e9checs, voire cartes, alors que d&rsquo;autres chantent ou \u00e9crivent<a href=\"#sdfootnote8sym\"><sup>8<\/sup><\/a>\u00a0: c&rsquo;est notamment le cas de correspondances lettr\u00e9es qui permettent l&rsquo;\u00e9vasion d&rsquo;un quotidien difficile.<span style=\"color: #000000\">\u00a0<\/span>\u00c0 noter la pratique de la danse au sein des navires de Lap\u00e9rouse\u00a0: l&rsquo;\u00e9quipage danse le soir entre 20h00 et 22h00<a href=\"#sdfootnote9sym\"><sup>9<\/sup><\/a>, ce qui permet d&rsquo;am\u00e9liorer le moral de l&rsquo;\u00e9quipage.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">La religion rythme \u00e9galement la vie au long cours : c&rsquo;est un r\u00e9confort essentiel pour le marin qui vit avec des p\u00e9rils omnipr\u00e9sents. On sait que g\u00e9n\u00e9ralement la pri\u00e8re est pratiqu\u00e9e matin et soir \u00e0 voix haute dans les navires<a href=\"#sdfootnote10sym\"><sup>10<\/sup><\/a>. Comme sur terre, on organise les c\u00e9l\u00e9brations dominicales. On sait que dans le voyage de Lap\u00e9rouse, il y avait un cur\u00e9. Le r\u00f4le de celui-ci est important : garantissant le salut aux marins, il permet aussi de faire les pri\u00e8res, de donner des c\u00e9r\u00e9monies religieuses. Le pr\u00eatre pouvait, quand il \u00e9tait pr\u00e9sent, faire \u00e9galement des c\u00e9r\u00e9monies auxquelles le mourant\u00a0\u00e0 droit \u00e0 terre. Malgr\u00e9 l&rsquo;\u00e9loignement, le calendrier liturgique d\u00e9finit les jours de f\u00eate\u00a0: on peut citer la f\u00eate de Saint Louis le 20 ao\u00fbt, ou celle de P\u00e2ques<a href=\"#sdfootnote11sym\"><sup>11<\/sup><\/a>. La pr\u00e9sence du cur\u00e9 et l&rsquo;application du calendrier liturgique\u00a0sont la marque de\u00a0la persistance de l&rsquo;influence terrestre. L&rsquo;\u00e9quipage b\u00e9n\u00e9ficie des m\u00eames pratiques qu&rsquo;\u00e0 terre. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Le coucher est un moment important dans la journ\u00e9e de l&rsquo;\u00e9quipage, il permet le repos ainsi que la revigoration des marins apr\u00e8s un dur labeur. L&rsquo;horaire de la pause est d\u00e9fini par le syst\u00e8me des quarts (voir plus haut). Les matelots dorment dans des hamacs en commun<a href=\"#sdfootnote12sym\"><sup>12<\/sup><\/a>, alors que les officiers et capitaines disposent de couchettes. Les scientifiques logent dans la grande chambre (lieu de r\u00e9union) organis\u00e9e par des cubicules de tissu. Certains scientifiques ont m\u00eame d\u00fb dormir avec les matelots<a href=\"#sdfootnote13sym\"><sup>13<\/sup><\/a>. Le confort est r\u00e9serv\u00e9 aux officiers. Les scientifiques se voient\u00a0r\u00e9server la grande chambre pour pouvoir ranger les livres et pour disposer du calme n\u00e9cessaire \u00e0 la production intellectuelle ainsi que scientifique.<\/span><\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_909\" style=\"width: 710px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2013\/06\/5.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-909\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-909   \" title=\"Mise en sc\u00e8ne de la vie \u00e0 bord\" alt=\"\" src=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2013\/06\/5.jpg\" width=\"700\" height=\"542\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2013\/06\/5.jpg 700w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2013\/06\/5-387x300.jpg 387w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-909\" class=\"wp-caption-text\">William Hogarth, Captain Lord George Graham, 1745. Huile sur toile, 69 cm \u00d7 89 cm, Mus\u00e9e national de la marine de Londres. Cette peinture est une illustration id\u00e9alis\u00e9e de la vie \u00e0 bord d&rsquo;un navire. Le Capitaine George Graham y est repr\u00e9sent\u00e9 avec ses serviteurs, proches et chiens.<\/p><\/div>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Hi\u00e9rarchie et conflits<\/span><\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">La socialisation au long cours est un processus sp\u00e9cifique. L&rsquo;\u00e9quipage forme une agglom\u00e9ration d&rsquo;individus que l&rsquo;on peut qualifier de soci\u00e9t\u00e9, avec des r\u00e8gles, mais aussi un environnement caract\u00e9ristique. L&rsquo;\u00e9quipage doit faire face \u00e0 des conditions de vie difficiles, caus\u00e9es par les contraintes induites par la navigation, dans un milieu de vie satur\u00e9 en vivres et autres objets (tonneaux, aliments, cordages&#8230;). Face \u00e0 un milieu contraignant, on voit l\u2019\u00e9mergence de normes et de valeurs d\u00e9finies dont certaines d\u00e9finies dans l\u2019ordonnance de la marine du 25 mars 1765.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">La hi\u00e9rarchie est l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment essentiel de l&rsquo;organisation de l&rsquo;\u00e9quipage : elle permet d&rsquo;instaurer la subordination n\u00e9cessaire au maintien de l&rsquo;ordre<a href=\"#sdfootnote14sym\"><sup>14<\/sup><\/a>, mais aussi de poser les cadres de la socialisation. Celle-ci conf\u00e8re aux individus, une place, un r\u00f4le, ainsi que du prestige, qui peut se traduire par des avantages telle la priorit\u00e9 au logement des officiers. La hi\u00e9rarchie donne des r\u00f4les, des pouvoirs et le contr\u00f4le sur les \u00e9chelons hi\u00e9rarchiques inf\u00e9rieurs : ainsi, les officiers dirigent les matelots en division<a href=\"#sdfootnote15sym\"><sup>15<\/sup><\/a>. L&rsquo;organisation rassemble et s\u00e9pare les diff\u00e9rentes strates\u00a0: par exemple, les matelots mangent et dorment en commun<a href=\"#sdfootnote16sym\"><sup>16<\/sup><\/a>, alors que les scientifiques et officiers mangent ensemble. L&rsquo;isolement est aussi une caract\u00e9ristique hi\u00e9rarchique, car seuls les officiers et les scientifiques disposent d&rsquo;une couchette. <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Ceci n&#8217;emp\u00eache pas Lap\u00e9rouse d&rsquo;avoir du respect et de la courtoisie pour ses matelots.\u00a0<\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"> La culture et les mentalit\u00e9s sont aussi des aspects essentiels et peuvent \u00eatre source de d\u00e9calage : d<\/span><\/span>ans l&rsquo;exp\u00e9dition de Lap\u00e9rouse, les matelots sont majoritairement bretons, ils partagent et v\u00e9hiculent une culture singuli\u00e8re, ce qui <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">renforce les liens entre membres du groupe et participe \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration d&rsquo;une identit\u00e9 commune propice \u00e0 la camaraderie.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Les liens sociaux ont de multiples formes\u00a0: ils se traduisent par un rapprochement mais aussi parfois par des conflits : la cohabitation entre officiers et scientifiques s&rsquo;av\u00e8re parfois tendue comme en t\u00e9moigne le conflit entre Lammanon et Lap\u00e9rouse, qui a atteint son paroxysme \u00e0 Macao. Lammanon a en effet plusieurs fois outrepass\u00e9 les r\u00e8gles qu&rsquo;on lui a impos\u00e9es, ce qui s&rsquo;est traduit par un conflit<a href=\"#sdfootnote17sym\"><sup>17 <\/sup><\/a>et sa mise aux arr\u00eats \u00e0 Macao. L&rsquo;intimit\u00e9 est une notion quasiment inexistante au long cours : tout devient collectif, ce qui peut entra\u00eener l&rsquo;\u00e9chauffement des esprits, donc de possibles conflits. La gestion de ces conflits est d&rsquo;une grande importance : apr\u00e8s le massacre des \u00eeles Samoa, Lap\u00e9rouse a d\u00fb instaurer le calme et interdire toute vengeance. Une action vindicative aurait pu s\u2019av\u00e9rer p\u00e9rilleuse pour la progression du voyage. Cette gestion passe par la prise en compte des relations, mais aussi l&rsquo;instauration de mesures propres \u00e0 remonter le moral. L&rsquo;utilisation d\u2019alcool telles que liqueurs, ou vin est le moyen de garder un capital de bonne humeur. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">\u00c9v\u00e9nements exceptionnels et relation avec le reste du monde<\/span><\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Malgr\u00e9 un quotidien pesant, l&rsquo;exp\u00e9dition de long cours est jalonn\u00e9e d\u2019\u00e9v\u00e9nements exceptionnels qui rompent la monotonie g\u00e9n\u00e9rale ; ces \u00e9v\u00e9nements ont leur importance puisqu&rsquo;ils participent \u00e0 la vie communautaire de l&rsquo;\u00e9quipage et participent au vivre ensemble. Les c\u00e9r\u00e9monies exceptionnelles sont r\u00e9serv\u00e9es aux grandes occasions, comme la mort.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">La mort est un enjeu dans la navigation\u00a0: les maladies, les accidents, voire les assassinats perp\u00e9tr\u00e9s par les populations rencontr\u00e9es sont des \u00e9v\u00e9nements redout\u00e9s parmi les marins. Les c\u00e9r\u00e9monies associ\u00e9es \u00e0 la mort sont codifi\u00e9es en fonction du grade\u00a0: les hommages varient en fonction de la place de l&rsquo;individu dans la hi\u00e9rarchie : seuls les hauts grad\u00e9s b\u00e9n\u00e9ficient de tirs des coups de canon. L&rsquo;\u00e9quipage peut \u00eatre amen\u00e9 \u00e0 porter les armes<a href=\"#sdfootnote19sym\"><sup>19<\/sup><\/a>. Alors que les matelots sont envelopp\u00e9s d&rsquo;un simple linceul, lest\u00e9s, puis jet\u00e9s \u00e0 la mer<a href=\"#sdfootnote20sym\"><sup>20<\/sup><\/a>.<\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Les moments de joie sont aussi pr\u00e9sents lors de grandes exp\u00e9ditions comme celle de Lap\u00e9rouse. <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Le passage d&rsquo;une zone \u00e0 risques, mais surtout la vue d&rsquo;une terre et l\u2019atterrissage sont aussi source de r\u00e9jouissance. <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">L<\/span><\/span>\u2019arriv\u00e9e de l&rsquo;\u00e9quipage au Chili \u00e0 la Conception<a href=\"#sdfootnote21sym\"><sup>21<\/sup><\/a> et au Kamtchatka a \u00e9t\u00e9 ainsi marqu\u00e9e par des festivit\u00e9s. Dans ces moments de grande convivialit\u00e9, le moral des marins s\u2019am\u00e9liore, le quotidien lourd et les conditions de vie difficiles sont mis entre parenth\u00e8ses.\u00a0 Ces entractes sont aussi appr\u00e9ci\u00e9s par les scientifiques qui peuvent s&rsquo;adonner \u00e0 leurs travaux et recherches. Les contacts avec les indig\u00e8nes et les populations rencontr\u00e9es sont \u00e9galement d&rsquo;importance\u00a0: ils permettent \u00e0 l&rsquo;\u00e9quipage de participer \u00e0 l&rsquo;exploration, mais aussi de nouer des liens avec d&rsquo;autres peuples. Ils donnent lieu \u00e0 des f\u00eates, qui sont autant de moyens de rencontre et d&rsquo;\u00e9change (de connaissances, graines, plantes et valeurs occidentales)<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">. Les marins assistent \u00e0 des spectacles, notamment avec la danse traditionnelle au Kamchatka, mais aussi \u00e0 des c\u00e9r\u00e9monies beaucoup plus spirituelles avec les chants et danses du chef des indiens du Port aux Fran\u00e7ais<a href=\"#sdfootnote22sym\"><sup>22<\/sup><\/a>. <\/span><\/span>Face \u00e0 des \u00e9trangers qui ont des langues et dialectes diff\u00e9rents, la communication est capitale : elle passe par des cadeaux, des mimes, voire l&rsquo;utilisation de vocabulaires d\u00e9couverts par d&rsquo;autres explorateurs. <\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Communiquer au long cours est chose difficile : il faut des mois pour que les nouvelles arrivent.<\/span><\/span><\/span> <\/span><\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">L&rsquo;attente des nouvelles, notamment familiales est ainsi une source majeure de baisse de moral et les d\u00e9ceptions dans ce domaine rendent le voyage \u00e9prouvant.<span style=\"font-size: medium\"> C<\/span><\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">ela n&#8217;emp\u00eache pas les lettr\u00e9<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">s<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"> de rester en contact avec leur famille via des <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">correspondances mais cela reste l&rsquo;apanage d&rsquo;une minorit\u00e9. <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Celles-ci<\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"> permettent l&rsquo;obtention de nouvelles pour l&rsquo;\u00e9quipage. Aussi les escales jouent-elles dans ce domaine un r\u00f4le essentiel : a<\/span><\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">fin de transmettre son r\u00e9cit de voyage, Lap\u00e9rouse a demand\u00e9 \u00e0 <\/span><\/span><\/span><a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jean-Nicolas_Dufresne\"><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Jean-Nicolas Dufresne<\/span><\/span><\/span><\/a><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"> \u00e0 Macao, \u00e0 <\/span><\/span><\/span><a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Barth\u00e9lemy_de_Lesseps\"><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Barth\u00e9lemy de Lesseps<\/span><\/span><\/span><\/a><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"> au Kamtchatka et aux Anglais en Australie de transmettre <\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">les donn\u00e9es de l&rsquo;exp\u00e9dition<\/span><\/span><\/span><span style=\"color: #000000\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote23sym\"><sup>23<\/sup><\/a>. <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_1361\" style=\"width: 810px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/03\/Sans-titre-11.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-1361\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-1361 \" title=\"La rencontre de l'Autre\" alt=\"\" src=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/03\/Sans-titre-11.jpg\" width=\"800\" height=\"476\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1361\" class=\"wp-caption-text\">Costumes des habitants de la baie de Langle, grav\u00e9 par Cathelin d\u2019apr\u00e8s un lavis de Duch\u00e9 de Vancy, dessinateur sur La Boussole, Paris,\u00a0Mus\u00e9e national de la Marine (source\u00a0: http:\/\/www.marine-marchande.net\/FM\/Laperouse_Expo-2008\/Laperouse_H.jpg).<\/p><\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote1anc\">1 <\/a>Ferloni J., Pernoud G., <i>Lap\u00e9rouse\u202f: voyage autour du monde<\/i>. Paris, Ed. de Conti, 2005 (Collection Thalassa), p. 26.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a href=\"#sdfootnote2anc\">2 <\/a>Goubert P., Roche D., <i>Les Fran\u00e7ais et l\u2019Ancien R\u00e9gime,<\/i> 2e \u00e9dition, Paris, Armand Colin, 2001, p. 316.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote3anc\">3 <\/a><span style=\"color: #000000\">La P\u00e9rouse J.-F., Patris H. (\u00e9d.) <\/span><span style=\"color: #000000\"><i>Voyage autour du monde sur l\u2019 \u00abAstrolabe\u00bb et la \u00ab\u00a0Boussole\u00a0\u00bb\u202f(1785-1788), <\/i><\/span><span style=\"color: #000000\">R\u00e9\u00e9d., Paris, La D\u00e9couverte, 2005 (La D\u00e9couverte\/Poche),<\/span> pp. 110-111.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote4anc\">4 <\/a><span style=\"color: #000000\"><em>Ibid.<\/em>, <\/span>p. 33. <\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a href=\"#sdfootnote5anc\">5<\/a> Ferloni J., Pernoud G., <em>op cit<\/em>., p.32.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote6anc\">6<\/a> <em>Ibid<\/em>.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a href=\"#sdfootnote7anc\">7 <\/a><span style=\"font-size: medium\">B\u00e9rard P., <\/span><span style=\"font-size: medium\"><i>Le voyage de La P\u00e9rouse\u202f: itin\u00e9raire et aspects singuliers, <\/i><\/span><span style=\"font-size: medium\">Albi, Un autre reg\u2019art, 2010, p. <\/span><span style=\"font-size: medium\">147.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a href=\"#sdfootnote8anc\">8<\/a> Commission Franco-qu\u00e9b\u00e9coise sur les lieux de m\u00e9moires communs, \u00ab\u00a0La travers\u00e9e de l\u2019Atlantique aux XVIIe et XVIIIe si\u00e8cles.\u00a0\u00bb, <i>M\u00e9moires Vives,<\/i> bulletin n\u00b022, octobre 2007 <a href=\"http:\/\/www.cfqlmc.org\/bulletin-memoires-vives\/bulletins-anterieurs\/bulletin-nd22-octobre-2007\/210\"><span style=\"text-decoration: underline\">http:\/\/www.cfqlmc.org\/bulletin-memoires-vives\/bulletins-anterieurs\/bulletin-nd22-octobre-2007\/210<\/span>.<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote9anc\">9 <\/a><span style=\"color: #000000\">La P\u00e9rouse J.-F., Patris H. <\/span><span style=\"color: #000000\"><i>Voyage autour du monde, op. cit., <\/i><\/span>p. 38.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a href=\"#sdfootnote10anc\">10<\/a>\u00a0<a href=\"http:\/\/www.musee-marine.fr\/programmes_multimedia\/vieabord\/vieABord_fr.html\">http:\/\/www.musee-marine.fr\/programmes_multimedia\/vieabord\/vieABord_fr.html<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote11anc\">11<\/a> <em>Ibid<\/em>., p. 239.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote12anc\">12<\/a> B\u00e9rard P., <em>op cit.<\/em>, p. 45.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote13anc\">13 <\/a>Ferloni J., Pernoud G., <em>op. cit.<\/em>, p. 26.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote14anc\">14<\/a> <i>Ordonnances et r\u00e8glements concernant la marine<\/i>. Imprimerie royale, 1786.<br \/>\n<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote15anc\">15<\/a> <em>Ibid.<\/em>, pp. 362-364<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote16anc\">16<\/a> B\u00e9rard P., <em>op. cit., <\/em>p. 47.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a href=\"#sdfootnote17anc\">17<\/a> <span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">Ferloni J., Pernoud G., <em>op. cit<\/em><\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">., p. <\/span><\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\">26. <\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote19anc\">19<\/a> <i>Ordonnances et r\u00e8glements concernant la marine,<\/i> Imprimerie royale, 1786, pp. 36- 38.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote20anc\">20<\/a> Cabantous A., <i>Le ciel dans la mer\u202f: christianisme et civilisation maritime (XVIe-XIXe si\u00e8cle),<\/i> Paris, Fayard, 1990 (Nouvelles \u00e9tudes historiques), p. 112.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote21anc\">21<\/a> <span style=\"color: #000000\">La P\u00e9rouse J.-F., Patris H. (\u00e9d.), <\/span><span style=\"color: #000000\"><em>op cit<\/em>.<\/span><span style=\"color: #000000\">, pp. 5-657.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote22anc\">22<\/a>\u00a0<em>Ibid<\/em><span style=\"color: #000000\">.,<\/span><span style=\"color: #000000\"> pp. 112-113.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><a href=\"#sdfootnote23anc\">23<\/a> Ferloni J., Pernoud G., <em>op.cit.<\/em>, p. 32. <\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quotidien et rituels La vie quotidienne lors d&rsquo;une navigation au long cours se d\u00e9finit comme l\u2019ensemble des pratiques journali\u00e8res de l&rsquo;\u00e9quipage. 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