{"id":1254,"date":"2014-03-20T09:41:17","date_gmt":"2014-03-20T08:41:17","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/?page_id=1254"},"modified":"2014-05-27T09:50:37","modified_gmt":"2014-05-27T08:50:37","slug":"les-types-de-navire-au-xviiie-siecle","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/naviguer-au-xviiie-siecle\/officiers-et-matelots\/les-types-de-navire-au-xviiie-siecle\/","title":{"rendered":"Les types de navire au XVIIIe si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"<p style=\"line-height: 150%;text-align: justify\" align=\"justify\">La marine au XVIIIe si\u00e8cle, en plein \u00e2ge d&rsquo;or, se caract\u00e9rise par sa diversit\u00e9 au niveau des types de navires, et par la normalisation dans leur construction. Un navire en particulier, la fl\u00fbte, joue un r\u00f4le essentiel dans les explorations oc\u00e9aniques de ce temps. C&rsquo;est celui choisi par Lap\u00e9rouse pour son voyage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>La marine \u00e0 voile au XVIIIe si\u00e8cle<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Pour comprendre comment la marine \u00e0 voile est arriv\u00e9e \u00e0 son niveau d&rsquo;excellence durant le XVIIIe si\u00e8cle, il faut savoir comment elle l&rsquo;a atteint. En effet, au milieu du XVIe si\u00e8cle, de nombreuses nations (Espagne et Portugal, entre autres) se lancent \u00e0 la recherche de nouvelles terres \u00e0 explorer et, si cela est possible, \u00e0 coloniser ou conqu\u00e9rir. Pour que ces exp\u00e9ditions soient des succ\u00e8s, les puissances europ\u00e9ennes doivent se doter de navires capables de r\u00e9sister aux nombreux obstacles qu&rsquo;opposent les mers. Dans le m\u00eame temps, ces pays cherchent \u00e0 s&rsquo;\u00e9quiper de marines puissantes et importantes pour dominer les flots et assurer leur supr\u00e9matie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Au XVIIIe si\u00e8cle, la marine \u00e0 voile h\u00e9rite donc des acquis des deux si\u00e8cles pr\u00e9c\u00e9dents et ce si\u00e8cle, dit des Lumi\u00e8res, voit appara\u00eetre de nouvelles mani\u00e8res de penser les navires, avec, entre autres, de nouvelles th\u00e9ories qui seront la base de l&rsquo;architecture navale, en particulier gr\u00e2ce aux travaux du math\u00e9maticien <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Leonhard_Euler\" target=\"_blank\">Leonhard Euler<\/a>, qui pose les bases de l&rsquo;hydrostatique et d\u00e9crit les principes de construction d&rsquo;un navire stable. Malgr\u00e9 les progr\u00e8s accomplis, ces navires restent tout m\u00eame sensibles aux al\u00e9as climatiques puisqu&rsquo;ils h\u00e9ritent en partie de la conception des si\u00e8cles pr\u00e9c\u00e9dents. En effet, les mat\u00e9riaux sont toujours les m\u00eames, c&rsquo;est-\u00e0-dire en bois pour la coque et les m\u00e2ts, le lin pour les voiles et le chanvre pour le cordage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Les parties d&rsquo;un navire au XVIIIe si\u00e8cle : le gr\u00e9ement et les voiles<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Comme aux si\u00e8cles pr\u00e9c\u00e9dents, les navires au XVIIIe si\u00e8cle se composent de plusieurs parties bien d\u00e9finies. On peut notamment distinguer deux \u00e9l\u00e9ments primordiaux : la coque, avec, de part et d&rsquo;autre, la poupe et la proue. Le gr\u00e9ement, auquel nous allons nous\u00a0int\u00e9resser en particulier avant de nous arr\u00eater sur un type particulier de voilures, celles \u00e0 voiles carr\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #000000\">L<\/span><span style=\"color: #000000\">a partie permettant de man\u0153uvrer et utiliser la force des vents forme un ensemble, appel\u00e9 gr\u00e9ement et constitu\u00e9 par les espars (m\u00e2ts, b\u00f4mes, tangons et de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale l&rsquo;ensemble des pi\u00e8ces de bois rigides), les man\u0153uvres courantes (drisses, \u00e9coutes, etc&#8230;), et les man\u0153uvres dormantes, ou <\/span><span style=\"color: #000000\">haubanage<\/span><span style=\"color: #000000\"> (\u00e9tais, haubans, etc&#8230;). <\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_2377\" style=\"width: 195px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/03\/espar.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2377\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-2377         \" title=\"Un type d'espar : le m\u00e2t \" alt=\"espar\" src=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/03\/espar.png\" width=\"185\" height=\"436\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2377\" class=\"wp-caption-text\">Partie du haubanage d&rsquo;un m\u00e2t.<br \/>Source : www.lexiquedelamarine.net<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #000000\">Les man\u0153uvres courantes, sur un navire \u00e0 voile, d\u00e9signe<\/span><span style=\"color: #000000\">nt<\/span><span style=\"color: #000000\"> les cordages dont on peut faire \u00e0 volont\u00e9 varier la longueur pour \u00e9tablir ou orienter les vergues et les voiles comme par exemple, l&rsquo;\u00e9coute, qui est un cordage servant \u00e0 r\u00e9gler l&rsquo;angle de la voile par rapport \u00e0 l&rsquo;angle d&rsquo;incidence du vent. En g\u00e9n\u00e9ral, il y a deux \u00e9coutes d\u00e9di\u00e9es \u00e0 chaque voile hiss\u00e9e. Elles sont fix\u00e9es aux \u00ab\u00a0points d&rsquo;\u00e9coute\u00a0\u00bb de la voile qu&rsquo;elles sont destin\u00e9es \u00e0 r\u00e9gler. Pour modifier l&rsquo;angle de la voile, l&rsquo;\u00e9quipage \u00ab\u00a0borde\u00a0\u00bb (c&rsquo;est-\u00e0-dire tend) ou \u00ab\u00a0choque\u00a0\u00bb (donne du mou) le bout libre de l&rsquo;\u00e9coute plac\u00e9e \u00ab\u00a0sous le vent\u00a0\u00bb, ce qui rapproche ou \u00e9carte l&rsquo;axe de la voile de celui du bateau.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Quant aux man\u0153uvres dormantes, ou haubanages, elles soutiennent et raidissent les m\u00e2ts. Le haubanage inclut donc les haubans proprement dits, les \u00e9tais, etc&#8230;, dont le principe est de soutenir le m\u00e2t en convertissant les efforts de flexions lat\u00e9raux et longitudinaux en efforts de tractions et de compressions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #000000\">La voilure du navire permet de man\u0153uvrer \u00e0 travers les vents. On peut diff\u00e9rencier plusieurs types de voilures, qui, en fonction des \u00e9poques et des lieux, ont eu des formes variant significativement. La voile carr\u00e9e a jou\u00e9 le plus grand r\u00f4le dans les explorations du XVIIIe si\u00e8cle. <\/span>C&rsquo;est avant tout le premier type de voile connu dans les pays europ\u00e9ens. Bien que remplac\u00e9e en M\u00e9diterran\u00e9e par la voile latine, elle se perfectionna sur l&rsquo;Atlantique et la Mer du Nord.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les navires furent peu \u00e0 peu munis de plusieurs voiles carr\u00e9es se r\u00e9partissant sur plusieurs m\u00e2ts. Cela permit de mieux tenir la route en \u00e9quilibrant les voiles de l&rsquo;avant et de l&rsquo;arri\u00e8re, puis d&rsquo;amener cette route plus pr\u00e8s du vent. Pour pouvoir man\u0153uvrer ces voiles qui grandissaient en m\u00eame temps que les navires, il fallut les diviser. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;on disposa, au-dessus de la misaine et de la grand-voile, des huniers port\u00e9s par des m\u00e2ts de hune. Bient\u00f4t trop importants eux aussi, ils furent plus tard divis\u00e9s en deux, le hunier fixe et le hunier volant. Au-dessus, on adapta les perroquets, sur des m\u00e2ts de perroquet, puis les cacatois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Les navires de Lap\u00e9rouse<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Lap\u00e9rouse, comme Cook avant lui, pr\u00e9f\u00e9ra utiliser pour son voyage des navires pr\u00e9vus pour le transport de marchandises, plut\u00f4t que des fr\u00e9gates, rapides mais peu adapt\u00e9es \u00e0 l&#8217;emport d&rsquo;une grande quantit\u00e9 de mat\u00e9riel, indispensable pour un voyage au long-cours. Il choisit des fl\u00fbtes, navires de conception hollandaise, qui formaient le gros de la flotte marchande des Provinces-Unies et constituaient le type de navire marchand le plus r\u00e9pandu en Europe, depuis que l&rsquo;essor commercial de ces derni\u00e8res avait mis en \u00e9vidence leurs nombreux avantages. Les fl\u00fbtes parcoururent les routes maritimes europ\u00e9ennes pendant plus de 200 ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La fl\u00fbte disposait de cales spacieuses, plus grandes que celles des navires marchands de l&rsquo;\u00e9poque, et d&rsquo;un faible tirant d&rsquo;eau, ce qui lui permettait de remonter les fleuves et de mouiller dans les petits ports. Peu d\u00e9cor\u00e9, le bateau \u00e9tait con\u00e7u pour transporter de grandes cargaisons \u00e0 moindre co\u00fbt\u00a0: ses cales pouvaient accueillir tout type de fret.<\/p>\n<div id=\"attachment_3608\" style=\"width: 522px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/04\/800px-Wenceslas_Hollar_-_A_Flute_State_2.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-3608\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-3608     \" title=\"Une fl\u00fbte du XVIIe si\u00e8cle\" alt=\"800px-Wenceslas_Hollar_-_A_Flute_(State_2)\" src=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/04\/800px-Wenceslas_Hollar_-_A_Flute_State_2.jpg\" width=\"512\" height=\"320\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-3608\" class=\"wp-caption-text\">Une fl\u00fbte du XVIIe si\u00e8cle. Gravure de Wenceslas Hollar.<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: justify\">C&rsquo;\u00e9tait un b\u00e2timent relativement long et \u00e9troit, caract\u00e9ris\u00e9 par un fond plat. Ronde et ventrue sous la ligne de flottaison, la coque s&rsquo;amincissait au-dessus de l&rsquo;eau, de sorte que le bateau pr\u00e9sentait un pont \u00e9troit et une proue effil\u00e9e\u00a0; le ch\u00e2teau arri\u00e8re \u00e9tait \u00e9galement haut et \u00e9troit. L&rsquo;objectif de cette forme particuli\u00e8re \u00e9tait de diminuer les taxes de p\u00e9age dans les ports ou les d\u00e9troits, qui d\u00e9pendaient des dimensions du bateau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La construction des fl\u00fbtes fut largement standardis\u00e9e avec la m\u00e9canisation des scieries utilisant l&rsquo;\u00e9nergie du vent. Elles \u00e9taient faites en pin, car c&rsquo;est un bois abondant, \u00e9conomique et facile \u00e0 travailler. La fl\u00fbte \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e pour ses qualit\u00e9s marines, bien qu&rsquo;elle ne f\u00fbt pas tr\u00e8s rapide. Elle gr\u00e9ait trois m\u00e2ts portant g\u00e9n\u00e9ralement deux voiles carr\u00e9es, et, comme son gr\u00e9ement \u00e9tait relativement sommaire, elle \u00e9tait simple \u00e0 man\u0153uvrer et pouvait naviguer avec un \u00e9quipage r\u00e9duit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les plus grandes fl\u00fbtes naviguant sur des routes dangereuses disposaient d&rsquo;un pont de batterie, mais la pr\u00e9sence de canons supposait un \u00e9quipage plus important et une cargaison r\u00e9duite. La plupart n&rsquo;\u00e9taient pas arm\u00e9es, ce qui en faisaient des cibles recherch\u00e9es par les pirates.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pour l&rsquo;exp\u00e9dition de Lap\u00e9rouse, le choix de la fl\u00fbte se r\u00e9v\u00e9la crucial. Lap\u00e9rouse \u00e9tant contemporain des exp\u00e9ditions de <a title=\"Le voyage de Bougainville\" href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/la-decouverte-du-pacifique\/bougainville-et-cook\/le-voyage-de-bougainville\/\">Bougainville<\/a> et de <a title=\"Les exp\u00e9ditions de Cook\" href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/la-decouverte-du-pacifique\/bougainville-et-cook\/les-expeditions-de-cook\/\">Cook<\/a>, il avait eu vent des navires choisis par ces derniers (une fr\u00e9gate et une fl\u00fbte pour Bougainville et des charbonniers pour Cook). Il choisit des fl\u00fbtes pour leurs qualit\u00e9s de stockage tr\u00e8s important et en connaissant les capacit\u00e9s marines de celles-ci.<\/p>\n<p><strong>\u00a0R\u00e9dacteur<\/strong> : Cubaynes Arnaud<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La marine au XVIIIe si\u00e8cle, en plein \u00e2ge d&rsquo;or, se caract\u00e9rise par sa diversit\u00e9 au niveau des types de navires, et par la normalisation dans leur construction. Un navire en particulier, la fl\u00fbte, joue un r\u00f4le essentiel dans les explorations &hellip; <a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/naviguer-au-xviiie-siecle\/officiers-et-matelots\/les-types-de-navire-au-xviiie-siecle\/\">Lire la suite <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":15,"featured_media":0,"parent":185,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"sidebar-page.php","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1254"}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/users\/15"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1254"}],"version-history":[{"count":27,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1254\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4548,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1254\/revisions\/4548"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/185"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1254"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}