{"id":1523,"date":"2014-03-21T07:41:34","date_gmt":"2014-03-21T06:41:34","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/?page_id=1523"},"modified":"2014-05-25T10:28:40","modified_gmt":"2014-05-25T09:28:40","slug":"les-britanniques-et-le-pacifique","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/la-decouverte-du-pacifique\/bougainville-et-cook\/les-britanniques-et-le-pacifique\/","title":{"rendered":"Les britanniques et le Pacifique avant Cook"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Au milieu du XVIII\u00e8me si\u00e8cle, except\u00e9s les oc\u00e9ans Arctique et Antarctique, l&rsquo;oc\u00e9an Pacifique est le dernier espace maritime inexplor\u00e9. \u00c0 la suite de la guerre de Sept Ans entre les puissances europ\u00e9ennes, la France et l&rsquo;Angleterre vont se lancer dans une rivalit\u00e9 pacifique pour la connaissance : l&rsquo;exploration m\u00e9thodique des Mers du Sud.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Les \u00eeles britanniques : la vocation d&rsquo;une expansion<\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Le Premier Empire Britannique, de 1583 \u00e0 1783, est caract\u00e9ris\u00e9 par une v\u00e9ritable politique d\u2019expansion maritime et coloniale. Les britanniques, excellents marins, vont progressivement faire de l&rsquo;espace maritime un v\u00e9ritable empire, reflet de leurs ambitions politiques, commerciales et coloniales. S&rsquo;opposant \u00e0 la supr\u00e9matie maritime ib\u00e9rique et principalement \u00e0 l&rsquo;Espagne, les marins anglais vont d\u00e9montrer leurs comp\u00e9tences navales et commerciales et entrer dans l&rsquo;exploration et la conqu\u00eate du globe.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Dans un premier temps, au cours des XV\u00e8me et XVI\u00e8me si\u00e8cles, la d\u00e9couverte et l&rsquo;exploration du nouveau monde est domin\u00e9e par les puissances ib\u00e9riques : l&rsquo;Espagne et le Portugal. En 1494, le trait\u00e9 de Tordesillas organise un partage du monde entre ces deux puissances coloniales. \u00c0 la fin du XVI\u00e8me, avec le soutien officieux d&rsquo;\u00c9lisabeth I\u00e8re, de nombreux corsaires britanniques participent \u00e0 des campagnes de pillages de navires et possessions espagnols couplant ainsi exploration maritime, enrichissement personnel et rayonnement politique de l\u2019Angleterre. Celle-ci illustre alors son ambition de ma\u00eetriser ces \u00e9tendues maritimes, portes d&rsquo;entr\u00e9es des colonies et seuls territoires d\u2019expansion envisageables pour les \u00eeles britanniques.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">De 1577 \u00e0 1580, Francis Drake, corsaire exp\u00e9riment\u00e9 dans le pillage de colonies et bateaux espagnols, r\u00e9alise pour le compte de la reine \u00c9lisabeth une exp\u00e9dition afin de mettre fin au monopole commercial hispanique dans les Mers du Sud. Il r\u00e9alise \u00e0 cette occasion la seconde circumnavigation de son temps, (il sera suivi par Thomas Cavendish entre 1586 \u00e0 1588, puis par Lancaster de 1590 \u00e0 1594) et contribue comme nombre de ses pairs \u00e0 l\u2019\u00e9clat naissant de la puissance maritime britannique.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;ambition britannique est d\u00e9sormais d&rsquo;explorer de nouvelles voies oc\u00e9aniques, s\u00e9same d\u2019acc\u00e8s aux richesses coloniales, et ainsi rayonner tant par sa ma\u00eetrise de la navigation que par le commerce qu&rsquo;elle peut en tirer.<\/p>\n<div id=\"attachment_4202\" style=\"width: 502px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/03\/IncincibleArmada.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4202\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-4202  \" title=\"D\u00e9faite de l'Invincible Armada Espagnole\" alt=\"Incincible Armada\" src=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/03\/IncincibleArmada.jpg\" width=\"492\" height=\"383\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-4202\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9faite de l&rsquo;Invincible Armada Espagnole, par Jacques Philippe de Loutherbourg, 1796. Peinture sur toile, 214 x 278 cm, Londres, National Maritime Museum, (source : http:\/\/utpictura18.univ-tlse2.fr)<\/p><\/div>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Deux moteurs : le commerce et la guerre<br \/>\n<\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Poss\u00e9dant une partie des Indes, les britanniques se lancent \u00e0 l&rsquo;instar de Christophe Colomb, \u00e0 la recherche d&rsquo;une route maritime permettant d&rsquo;atteindre la Chine et l&rsquo;oc\u00e9an Pacifique par le Nord\u00a0&#8211;\u00a0Ouest de l&rsquo;Am\u00e9rique et ainsi les richesses qui s&rsquo;y trouvent. En effet, conscients des possibilit\u00e9s d\u2019expansion commerciale que repr\u00e9sentent les colonies, leurs plantations et populations, les britanniques ont l&rsquo;ambition d\u2019\u00e9tendre leur r\u00e9seaux de production et d&rsquo;\u00e9changes. Cette nouvelle voie maritime pouvait leur permettre de contourner les territoires sous contr\u00f4le espagnol et les taxes qui s&rsquo;en suivent. La couronne, mais aussi des aristocrates et des compagnies commerciales financeront ce dessein dans lequel chacun trouvera un gain financier et politique. Les rivalit\u00e9s commerciales sont d\u00e8s lors les moteurs de l&rsquo;exploration maritime en g\u00e9n\u00e9rale et, bient\u00f4t, des Mers du Sud en particulier.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Au XVIIe si\u00e8cle, diff\u00e9rentes mesures politiques et \u00e9conomiques donnent une impulsion nouvelle au commerce et \u00e0 la puissance navale de l&rsquo;Angleterre. Le <em>Navigation Act<\/em> (1651) d&rsquo;Olivier Cromwell, met en place une politique protectionniste. Cette loi pose les fondements de l&rsquo;expansion du commerce maritime et de l&rsquo;industrie britannique. Le Pacte colonial qui en d\u00e9coule prot\u00e8ge l&rsquo;\u00e9conomie de la m\u00e9tropole, en interdisant le d\u00e9veloppement dans les colonies de toute production que celle-ci pourrait lui fournir. D&rsquo;autre part, en 1696, est cr\u00e9\u00e9 l\u2019\u00e9quivalent d&rsquo;un minist\u00e8re du Commerce et des Colonies : le <em>Board of Trade<\/em>. Enfin le trait\u00e9 d&rsquo;Utrecht de 1713, mettant fin \u00e0 la guerre de succession d&rsquo;Espagne, affaiblit politiquement cette derni\u00e8re, et permet \u00e0 l&rsquo;Angleterre de parachever les bases de son Premier Empire Colonial.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Les \u00eeles britanniques constituent d\u00e9sormais le principal port d&rsquo;entr\u00e9e des marchandises coloniales en Europe, ce qui qui leur assure en plus de la supr\u00e9matie maritime et politique, des ressources consid\u00e9rables et une source de financement durable des entreprises d&rsquo;exploration maritime. <\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Pour d\u00e9fendre et accroitre son emprise sur les mers, la Grande-Bretagne n&rsquo;h\u00e9sitera pas \u00e0 mener des guerres lointaines contre ses adversaires. La guerre de Sept ans, premier conflit d&rsquo;envergure mondiale, oppose principalement l&rsquo;Angleterre et la France lors de combats pouvant se d\u00e9rouler en Europe, en Inde ou en Am\u00e9rique. Ses enjeux sont d&rsquo;ordre \u00e9conomique (droits de p\u00eache au large de Terre-Neuve, commerce de peaux et de m\u00e9taux pr\u00e9cieux\u00a0), g\u00e9ostrat\u00e9giques (possession de l&rsquo;immense territoire de Louisiane et de l&rsquo;Ohio\u00a0), politiques avec la crainte de l&rsquo;influence catholique (le \u00ab\u00a0Grand D\u00e9rangement\u00a0\u00bb des Acadiens). C&rsquo;est notamment au cours de ce conflit que James Cook put \u00e0 la fois se perfectionner dans la ma\u00eetrise de la cartographie et de la navigation\u00a0: en 1759, il cartographie le fleuve Saint-Laurent et permet aux anglais de prendre la ville de Qu\u00e9bec. Cette guerre illustrant les diff\u00e9rents enjeux de la conqu\u00eate de nouveaux territoires se termine par le trait\u00e9 de Paris en 1763 qui conforte la Grande Bretagne dans sa position de ma\u00eetresse des mers. Le conflit a permis aux marins britanniques de parachever leur d\u00e9j\u00e0 solide exp\u00e9rience dans la ma\u00eetrise de tous les aspects de la vie maritime. La paix revenue, une certaine stabilit\u00e9 politique pr\u00e9vaut entre les diff\u00e9rentes puissances europ\u00e9ennes. La France et l&rsquo;Angleterre vont alors se lancer dans une rivalit\u00e9 pacifique pour la connaissance et enverront respectivement les navigateurs Louis-Antoine de Bougainville en 1767 et James Cook en 1768 explorer les Mers du Sud.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">D\u00e9couvertes scientifiques et ambitions encyclop\u00e9diques<\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Suite aux ambitions avort\u00e9es de relier la m\u00e9tropole aux Indes et \u00e0 la Chine par un passage Nord-Ouest, les britanniques s&rsquo;\u00e9taient report\u00e9s sur l&rsquo;exploration m\u00e9thodique des Mers du Sud. D\u00e8s le XVIIe si\u00e8cle, des voyages dans le Grand Oc\u00e9an leur ont permis d&rsquo;avoir une relative connaissance du Pacifique. Cet acquis se retrouve notamment dans les journaux de navigation mais aussi dans les relations de voyage et les cartographies laiss\u00e9s par les explorateurs. Parmi ceux-ci, William Dampier, qui, apr\u00e8s avoir combattu les hollandais de 1672 \u00e0 1674, parcourut le Pacifique \u00e0 plusieurs reprises entre 1683 et 1706. Il sera remarqu\u00e9 pour ses talents d&rsquo;hydrographe et de g\u00e9ographe dont il fait part dans son r\u00e9cit \u00ab<em>New Voyage around the World<\/em> \u00bb et son trait\u00e9 sur les vents\u00a0: \u00ab <em>A Discours of the Winds <\/em>\u00bb. Bien qu&rsquo;elles r\u00e9pondent \u00e0 des missions commerciales et hydrographiques, ces exp\u00e9ditions rel\u00e8vent d\u00e9j\u00e0 d&rsquo;ambitions philosophiques et anthropologiques, illustr\u00e9es par les voyages de Samuel Wallis et Philip Carteret au si\u00e8cle suivant. Les anglais ainsi <\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">parmi les premiers \u00e0 r\u00e9pondre aux aspirations du Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res et \u00e0 organiser des exp\u00e9ditions d&rsquo;exploration hydrographique, alli\u00e9es \u00e0 la volont\u00e9 d&rsquo;\u00e9tablir des contacts avec les populations autochtones.<\/span><\/p>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">La seconde r\u00e9volution anglaise ou \u00ab\u00a0R\u00e9volution Glorieuse\u00a0\u00bb de 1688, avait permis \u00e0 l&rsquo;Angleterre de rentrer dans Le Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res <\/span><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">(1670\u00a0&#8211;\u00a01820). De nouveaux enjeux d&rsquo;ordre intellectuels et scientifiques sont progressivement apparus. Au si\u00e8cle suivant, il ne s&rsquo;agit plus seulement de rayonner par le commerce et l&#8217;empire colonial, mais de s&rsquo;illustrer par les d\u00e9couvertes scientifiques : g\u00e9ographie, cartographie, botanique, civilisation&#8230; <\/span>Ces ambitions s&rsquo;articulent autour d&rsquo;un nouvel \u00e9tat d&rsquo;esprit entre les puissances europ\u00e9ennes : la coop\u00e9ration entres les nations. Cette volont\u00e9 commune constitue la \u00ab g\u00e9ographie des philosophes \u00bb et place les explorations scientifiques au coeur d&rsquo;une volont\u00e9 europ\u00e9enne partag\u00e9e. D&rsquo;autre part, de nombreux progr\u00e8s scientifiques sont r\u00e9alis\u00e9s, notamment dans les instruments de navigation avec des sextants de plus en plus fiables mais aussi le chronom\u00e8tre de John Harrison, en 1733, ou l\u2019horloge marine du fran\u00e7ais Pierre Le Roy de Ferdiand, par exemple. Les nations acceptent ainsi de partager leur techniques et leur moyens et \u00e9tablissent la premi\u00e8re coop\u00e9ration internationale. C&rsquo;est dans ce contexte particulier et favorable qu&rsquo;interviennent les voyages de Cook, dont le retentissement va \u00eatre consid\u00e9rable aussi bien en Angleterre que dans le reste de l&rsquo;Europe de son temps.<\/p>\n<div id=\"attachment_4212\" style=\"width: 408px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/03\/le_roy-ba6a6.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4212\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-4212 \" title=\"Chronom\u00e8tre de marine de Le Roy, 1766\" alt=\"le_roy-ba6a6\" src=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/03\/le_roy-ba6a6.jpg\" width=\"398\" height=\"282\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-4212\" class=\"wp-caption-text\">Chronom\u00e8tre de marine de Le Roy, 1766 (source : ac-noumea.nc)<\/p><\/div>\n<p align=\"justify\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au milieu du XVIII\u00e8me si\u00e8cle, except\u00e9s les oc\u00e9ans Arctique et Antarctique, l&rsquo;oc\u00e9an Pacifique est le dernier espace maritime inexplor\u00e9. \u00c0 la suite de la guerre de Sept Ans entre les puissances europ\u00e9ennes, la France et l&rsquo;Angleterre vont se lancer dans &hellip; <a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/la-decouverte-du-pacifique\/bougainville-et-cook\/les-britanniques-et-le-pacifique\/\">Lire la suite <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":15,"featured_media":0,"parent":180,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"sidebar-page.php","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1523"}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/users\/15"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1523"}],"version-history":[{"count":28,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1523\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3486,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1523\/revisions\/3486"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/180"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1523"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}