{"id":1525,"date":"2014-03-21T07:42:15","date_gmt":"2014-03-21T06:42:15","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/?page_id=1525"},"modified":"2014-05-25T10:49:47","modified_gmt":"2014-05-25T09:49:47","slug":"les-expeditions-de-cook","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/la-decouverte-du-pacifique\/bougainville-et-cook\/les-expeditions-de-cook\/","title":{"rendered":"Les exp\u00e9ditions de Cook"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_2053\" style=\"width: 370px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2013\/06\/3-voyages-de-Cook.png\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2053\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-2053  \" title=\"Les  voyages de James Cook entre 1768 et 1779\" alt=\"3 voyages de Cook\" src=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2013\/06\/3-voyages-de-Cook.png\" width=\"360\" height=\"181\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2053\" class=\"wp-caption-text\">Les voyages de Cook : le premier voyage est en rouge, le second en vert, le troisi\u00e8me en bleu. La route de l&rsquo;\u00e9quipage de Cook apr\u00e8s sa mort est repr\u00e9sent\u00e9e par une ligne bleue en pointill\u00e9s. (source\u00a0: www.voyage-australie-nz.com)<\/p><\/div>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><span style=\"font-size: medium\"><strong>Pourquoi entreprendre ces voyages ?<br \/>\n<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">En 1763,\u00a0\u00e0 la\u00a0fin\u00a0de la guerre\u00a0de Sept ans, dynamis\u00e9es par leur expansion \u00e9conomique et d\u00e9mographique, les \u00eeles britanniques reprennent en main l\u2019organisation et le financement des exp\u00e9ditions vers le Pacifique. Ce dernier est rest\u00e9 longtemps une tache blanche sur la carte. C&rsquo;est pour les Europ\u00e9ens l&rsquo;endroit de tous les dangers, des plus grandes curiosit\u00e9s et de tous les espoirs. Son immensit\u00e9, qui couvre pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de la surface totale des mers, la diversit\u00e9 de ses climats, la complexit\u00e9 de sa g\u00e9ographie, sont autant d\u2019obstacles \u00e0 la curiosit\u00e9 des navigateurs et des savants.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">En 1768, la <em>Royal Society<\/em> charge James Cook d\u2019explorer l\u2019oc\u00e9an Pacifique Sud avec pour principales missions l\u2019observation du transit de V\u00e9nus du 3 juin 1769 et la recherche d\u2019un hypoth\u00e9tique continent austral. Il s&rsquo;agit de partir \u00e0 \u00ab la d\u00e9couverte de pays inconnus\u00a0\u00bb et de d\u00e9velopper \u00ab\u00a0la connaissance de contr\u00e9es lointaines d\u00e9j\u00e0 d\u00e9couvertes mais imparfaitement explor\u00e9es \u00bb car \u00ab il y a des raisons de penser qu\u2019un continent ou une terre tr\u00e8s \u00e9tendue existe au sud \u00bb. Selon les savants, ce continent se serait trouv\u00e9 dans les hautes latitudes au sud de cet oc\u00e9an. La <em>Royal Society<\/em>, et particuli\u00e8rement Alexander Dalrymple, sont persuad\u00e9s de son existence et entendaient bien y faire flotter l\u2019<em>Union Jack<\/em> avant tout autre drapeau europ\u00e9en.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Des exp\u00e9ditions soigneusement pr\u00e9par\u00e9es<br \/>\n<\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Pendant la guerre de sept ans, les exploits d&rsquo;un capitaine cartographe, un certain James Cook, permirent \u00e0 celui-ci de se forger une excellente r\u00e9putation qui lui permit de se faire remarquer par la <em>Royal Society<\/em> qui souhaita alors l&rsquo;engager pour un voyage d&rsquo;exploration \u00e0 objectif scientifique.<\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_2535\" style=\"width: 336px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/03\/navire.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-2535\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-2535    \" title=\"Evocation de la R\u00e9solution, un des navires de Cook.\" alt=\"navire\" src=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/03\/navire.jpg\" width=\"326\" height=\"450\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-2535\" class=\"wp-caption-text\">Le R\u00e9solution, navire de James Cook, lors de son deuxi\u00e8me voyage entre 1772 et 1775. Aquarelle de Henry Roberts (1790) 20,3 x 31,5 Mitchell Library, Sydney. (source : gallica.bnf.fr)<\/p><\/div>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Cook se distingue de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs par le fait qu&rsquo;il mit tout en \u0153uvre pour \u00e9viter l&rsquo;impr\u00e9vu. Ses voyages ont un but purement scientifique, qu&rsquo;il d\u00e9cida de privil\u00e9gier au d\u00e9triment du c\u00f4t\u00e9 aventure. Il pr\u00e9para soigneusement une logistique des \u00e9tapes, ainsi que tout le mat\u00e9riel n\u00e9cessaire \u00e0 ces p\u00e9riples.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Il est \u00e9galement le premier, lors de son deuxi\u00e8me voyage, \u00e0 emporter des montres, des chronom\u00e8tres (horloge marine de John Harisson en 1759), afin de savoir l&rsquo;heure qu&rsquo;il \u00e9tait en Angleterre \u00e0 tout endroit ainsi que son fuseau horaire. Des progr\u00e8s sont aussi accomplis sous son impulsion en mati\u00e8re d&rsquo;hygi\u00e8ne navale et de protection de la sant\u00e9 des \u00e9quipages : gr\u00e2ce \u00e0 des provisions de fruits, choucroute, de l\u00e9gumes confits dans le vinaigre, et en particulier de choux.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Il se fit accompagner d&rsquo;une importante \u00e9quipe d&rsquo;artistes et de savants parmi lesquels le naturaliste et botaniste Joseph Banks, ainsi que les botanistes Daniel Solander et Herman Sp\u00f6ring. Leur pr\u00e9sence \u00e9tait r\u00e9ellement le but du voyage : les r\u00e9sultats et conclusions auxquels ils parviendraient devaient en effet d\u00e9terminer la r\u00e9ussite ou non de l&rsquo;exp\u00e9dition.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Pour d\u00e9couvrir le continent austral, Cook choisit de recourir \u00e0 un bateau qui ne risquait gu\u00e8re d\u2019\u00e9veiller les soup\u00e7ons, et \u00e0 une mission d\u2019observation astronomique comme couverture. Cook doutait cependant de l\u2019existence m\u00eame de ce continent. Il ne changea pas d&rsquo;avis lors du deuxi\u00e8me voyage, car Cook appareilla cette fois encore \u00e0 la t\u00eate de deux charbonniers, le <i>R\u00e9solution<\/i> qu&rsquo;il commandait, accompagn\u00e9 de Tobias Furneaux \u00e0 bord de l<i>&lsquo;Adventure<\/i>. Il \u00e9tait \u00e9quip\u00e9 d\u2019un nouveau chronom\u00e8tre de type K1, qui permettra un calcul pr\u00e9cis de la longitude.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><strong><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Les principales \u00e9tapes des deux premiers voyages<br \/>\n<\/span><\/strong><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><i>L\u2019Endeavour<\/i> quitte le port de Plymouth en ao\u00fbt 1768. Il traverse l\u2019Atlantique et passe le cap Horn, pour entrer dans les eaux du Pacifique le 27 janvier 1769. Le navire jette l\u2019ancre \u00e0 Tahiti en juin 1769. Pendant les trois mois suivants, il effectue un relev\u00e9 cartographique des c\u00f4tes tahitiennes et d\u00e9crit, par la m\u00eame occasion, la faune et la flore.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Le passage de la plan\u00e8te V\u00e9nus observ\u00e9 avec succ\u00e8s le 3 juin 1769, et donc la premi\u00e8re partie de son mandat \u00e9tant accomplie, Cook quitte Tahiti le 9 ao\u00fbt 1769 et se met en qu\u00eate du continent austral. Mais les mauvaises conditions climatiques contraignent l\u2019\u00e9quipage \u00e0 obliquer vers le Sud-Ouest. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019aide d\u2019un Tahitien nomm\u00e9 Tupaia, qui poss\u00e9dait des connaissances pointues de la g\u00e9ographie du Pacifique, Cook atteint la Nouvelle-Z\u00e9lande le 6 octobre 1769. Le navire accoste \u00e0 <em>Poverty Bay<\/em>, et James Cook devient le premier Europ\u00e9en \u00e0 visiter cet archipel d&rsquo;\u00eeles, qu&rsquo;il d\u00e9clare possession britannique. <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Apr\u00e8s l\u2019exploration de l\u2019Est de l\u2019Australie, Cook reprend la direction de l\u2019Angleterre le 12 juin 1771 et fait escale \u00e0 divers endroits sur sa route : Nouvelle-Guin\u00e9e, Java et cap de Bonne-Esp\u00e9rance. Plusieurs marins sont victimes du scorbut et c&rsquo;est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que Cook instaure le r\u00e9gime alimentaire \u00e0 base de fruits et de choucroute, qui sera par la suite prescrit pour tous les voyages en mer. A son retour, la <em>Royal Society<\/em> lui d\u00e9cerna la M\u00e9daille Copley pour avoir r\u00e9ussi \u00e0 pr\u00e9server la sant\u00e9 de son \u00e9quipage. Cette premi\u00e8re exp\u00e9dition dirig\u00e9e par James Cook se termina toutefois sur un bilan mitig\u00e9\u00a0 puisqu\u2019il n\u2019avait pu ni confirmer ni infirmer l\u2019existence d\u2019un continent au sud du Pacifique. <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Au cours de son deuxi\u00e8me voyage, en 1773, Cook navigua pendant 171 jours \u00e0 la recherche des glaces du Sud, mais ne rencontra pas le continent. Les temp\u00e9ratures n\u00e9gatives, les icebergs et les vents mordants qu\u2019il endure pendant plusieurs mois le convainquirent que l\u2019\u00e9nigmatique continent austral r\u00eav\u00e9 par les g\u00e9ographes n\u2019existait pas. Son \u00e9quipage, \u00e9puis\u00e9, fut heureux de quitter les mers glac\u00e9es pour retourner \u00e0 Tahiti.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Cook d\u00e9cida alors d&rsquo;aller explorer les mers du Sud encore peu connues et mit le cap sur les pr\u00e9tendues terres de Juan Fernandez dans l&rsquo;Ouest du Pacifique Sud. Il aborde successivement \u00e0 l\u2019\u00eele de P\u00e2ques, aux \u00eeles Marquises, \u00e0 la Nouvelle-Cal\u00e9donie et aux \u00eeles Sandwich. Il d\u00e9crit ces \u00eeles comme un lieu de paix. Il renomme l&rsquo;Archipel des Grandes Cyclades, ainsi nomm\u00e9 par Bougainville, lui donnant le nom de Nouvelles-H\u00e9brides apr\u00e8s en avoir fait le relev\u00e9 complet et en avoir d\u00e9couvert plusieurs autres.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">En 1775, son rapport conclut clairement sur la non existence de la mythique <em>Terra Australis<\/em>. D&rsquo;apr\u00e8s lui, il n&rsquo;existait pas de continent m\u00e9ridional de la taille de l&rsquo;Asie mais seulement la grande masse glac\u00e9e de la r\u00e9gion antarctique. Bien que n&rsquo;y ayant jamais d\u00e9barqu\u00e9, il comprit probablement en observant les fragments de roche contenus dans les icebergs qu&rsquo;il y avait une masse terrestre plus au sud.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\"><strong>Un impact consid\u00e9rable<br \/>\n<\/strong><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-family: Arial,sans-serif\">Les douze ann\u00e9es que Cook consacra \u00e0 naviguer dans le Pacifique apport\u00e8rent \u00e9norm\u00e9ment de connaissances de la r\u00e9gion aux Europ\u00e9ens. Il d\u00e9couvrit plusieurs \u00eeles et cartographia avec pr\u00e9cision de larges portions de c\u00f4te. D\u00e8s son premier voyage, il fut capable de calculer pr\u00e9cis\u00e9ment sa longitude, ce qui n\u2019\u00e9tait pas du tout \u00e9vident \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque car cela n\u00e9cessitait de conna\u00eetre l\u2019heure avec exactitude non seulement \u00e0 l&rsquo;endroit occup\u00e9 mais aussi \u00e0 une longitude d&rsquo;origine. Il se distingua de Bougainville et de Lap\u00e9rouse par le fait qu&rsquo;il n&rsquo;accomplit pas un, mais trois voyages. Ses d\u00e9couvertes les plus marquantes furent la c\u00f4te Est de l&rsquo;Australie 20 avril 1770, et l&rsquo;\u00eele de la Possession le 22 ao\u00fbt qu&rsquo;il revendique pour la couronne britannique pendant le premier voyage, ou la G\u00e9orgie du sud et les \u00eeles Sandwichs du sud, en 1773, pour le deuxi\u00e8me. Sa contribution \u00e0 la connaissance du vivant fut \u00e9galement consid\u00e9rable : au total, trente mille sp\u00e9cimens de la flore et la faune pacifiques furent ramen\u00e9s en Angleterre, sans compter tous les objets divers comme les armes et les v\u00eatements, t\u00e9moignage du mode de vie des populations des antipodes. Son influence sur Lap\u00e9rouse, qui lui vouait une grande admiration, d\u00e9coule directement de ce bilan exceptionnel, encore magnifi\u00e9 par <a title=\"La derni\u00e8re aventure\" href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/la-decouverte-du-pacifique\/bougainville-et-cook\/la-derniere-aventure\/\">sa mort tragique<\/a>.<br \/>\n<\/span><\/p>\n<div id=\"attachment_4155\" style=\"width: 400px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/03\/Merveilles-du-Pacifiques-faune.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-4155\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-4155  \" title=\"Planche zoologique tir\u00e9e du journal de voyage de James Cook\" alt=\"Merveilles du Pacifiques (faune)\" src=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/projetlaperouse\/wp-content\/uploads\/sites\/9\/2014\/03\/Merveilles-du-Pacifiques-faune.jpg\" width=\"390\" height=\"623\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-4155\" class=\"wp-caption-text\">D\u00e9couverte des merveilles du Pacifique [Tome I. Pl. en reg. p.ccxxii : premi\u00e8re page du journal de Cook, conserv\u00e9 \u00e0 la Commonwealth National Library de Canberra.] (source : gallica.bnf.fr)<\/p><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pourquoi entreprendre ces voyages ? En 1763,\u00a0\u00e0 la\u00a0fin\u00a0de la guerre\u00a0de Sept ans, dynamis\u00e9es par leur expansion \u00e9conomique et d\u00e9mographique, les \u00eeles britanniques reprennent en main l\u2019organisation et le financement des exp\u00e9ditions vers le Pacifique. 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