{"id":2013,"date":"2021-06-18T10:57:36","date_gmt":"2021-06-18T09:57:36","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/?page_id=2013"},"modified":"2021-06-20T10:48:35","modified_gmt":"2021-06-20T09:48:35","slug":"les-carnets-de-guerre-de-gustave-folcher-paysan-languedocien-1939-1945","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/les-carnets-de-guerre-de-gustave-folcher-paysan-languedocien-1939-1945\/","title":{"rendered":"Les Carnets de guerre de Gustave Folcher, paysan languedocien 1939-1945"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\">Par R\u00e9my Cazals, professeur \u00e9m\u00e9rite d\u2019histoire contemporaine \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Toulouse II Jean Jaur\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><span class=\"has-inline-color has-red-color\"><em>\u201cA l\u2019\u00e9cole, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de douze ans, j\u2019\u00e9tais un des premiers pour la r\u00e9daction. Pas pour les dict\u00e9es, pas pour l\u2019orthographe quoi, mais pour la r\u00e9daction, j\u2019avais une des meilleures notes. Alors, \u00e7a m\u2019\u00e9tait quand m\u00eame un peu rest\u00e9.\u201d (Gustave Folcher)<\/em><\/span><\/p>\n\n\n\n<p><strong><span class=\"has-inline-color has-red-color\"><\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je viens (juin 2021) de lire un courrier de la petite-fille d\u2019un prisonnier de guerre fran\u00e7ais au stalag XI-A d\u2019Altengrabow o\u00f9 se trouvait aussi Gustave Folcher. Cela m\u2019a conduit \u00e0 effectuer une recherche dans mes dossiers et \u00e0 la r\u00e9daction de cette histoire d\u2019un livre et de ses suites parfois \u00e9tonnantes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><span class=\"has-inline-color has-red-color\">Comment j\u2019ai re\u00e7u le manuscrit&nbsp;?<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, il est n\u00e9cessaire de faire un bref rappel. La FAOL (F\u00e9d\u00e9ration audoise des \u0153uvres la\u00efques, section de la Ligue de l\u2019enseignement) avait jou\u00e9 un r\u00f4le important dans l\u2019\u00e9dition de deux livres parus en 1978&nbsp;: <em>Les \u00c9coliers de Tournissan<\/em> (Privat) et <em>Les Carnets de guerre de Louis Barthas tonnelier 1914-1918<\/em> (Maspero). C\u2019est la lecture de ce dernier livre et le contact avec les productions de la FAOL qui donna \u00e0 Marius Averseng, ancien instituteur \u00e0 Aigues-Vives (Gard), l\u2019id\u00e9e de nous signaler le manuscrit 1939-1945 de Gustave Folcher (lettre du 11\/10\/1980). Contact \u00e9tabli directement avec l\u2019auteur, j\u2019ai pu \u00e9tudier ledit manuscrit.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/img698.jpg\"><img loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/img698.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2021\" width=\"487\" height=\"351\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/img698.jpg 648w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/img698-300x217.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 487px) 100vw, 487px\" \/><\/a><figcaption><span class=\"has-inline-color has-white-color\">Le support de la derni\u00e8re partie du t\u00e9moignage de Gustave Folcher est un cahier ayant appartenu \u00e0 une \u00e9coli\u00e8re de Schorstedt, Gisela Steindecker.<\/span><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong><span class=\"has-inline-color has-red-color\">\u00c9valuer l\u2019int\u00e9r\u00eat historique du texte<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La lecture permet de distinguer trois grandes parties&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; 1939-40&nbsp;: la description de la dr\u00f4le de guerre, puis des combats intenses malgr\u00e9 la d\u00e9sorganisation de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Ces pages sont vivantes et int\u00e9ressantes.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; 1940-44&nbsp;: la vie en kommando agricole dans un village du centre de l\u2019Allemagne. Lui-m\u00eame jardinier, Folcher s\u2019adapte \u00e0 la culture des vastes champs de pommes de terre et de betteraves. Les quelques PG fran\u00e7ais du kommando sont (presque) comme chez eux \u00e0 Schorstedt. Ces pages sont tr\u00e8s int\u00e9ressantes.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; 1944-45&nbsp;: les PG fran\u00e7ais t\u00e9moins, de l\u2019int\u00e9rieur, de la d\u00e9b\u00e2cle allemande. C\u2019est un final extraordinaire. Les anciens PG font eux-m\u00eames prisonniers des SS et leur ancien gardien croit qu\u2019ils ont captur\u00e9 des Am\u00e9ricains. Ces pages sont remarquables.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Conclusion&nbsp;: le livre doit \u00eatre publi\u00e9 et son niveau est tel qu\u2019il faut passer par un \u00e9diteur national. Pourquoi pas Maspero avec qui j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 deux livres&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong><span class=\"has-inline-color has-red-color\">D\u00e9marches en vue de la publication<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un contrat provisoire est pass\u00e9 avec Gustave Folcher. Celui-ci confie \u00e0 la FAOL le soin de faire \u00e9diter son texte&nbsp;; il n\u2019aura aucune d\u00e9pense \u00e0 effectuer&nbsp;; si la FAOL r\u00e9ussit, il recevra l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des droits d\u2019auteur. Un point particulier concerne les modifications \u00e0 apporter au manuscrit&nbsp;: \u00ab&nbsp;R\u00e9my Cazals est charg\u00e9 de revoir le texte du manuscrit. Par rapport \u00e0 l\u2019original, les modifications se limiteront \u00e0 corriger l\u2019orthographe et la ponctuation, a\u00e9rer le texte en d\u00e9coupant des paragraphes, d\u00e9terminer quelques chapitres. Le style de l\u2019auteur sera enti\u00e8rement respect\u00e9. Les modifications ci-dessus ne seront faites qu\u2019avec le consentement de l\u2019auteur.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 14 novembre 1980, j\u2019\u00e9cris \u00e0 Jean-Philippe Bernigaud et \u00e0 Fran\u00e7ois Maspero. (Ma lettre \u00e9tait \u00e9galement adress\u00e9e \u00e0 Louis Constant, directeur de la collection \u00ab&nbsp;Actes et M\u00e9moires du peuple&nbsp;\u00bb, car j\u2019ignorais encore \u00e0 ce moment-l\u00e0 que Constant n\u2019\u00e9tait qu\u2019un pseudonyme de Maspero lui-m\u00eame.) Extraits de ma lettre&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>Chers Amis,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je viens de d\u00e9couvrir un autre manuscrit in\u00e9dit pouvant prendre place dans la collection \u00ab&nbsp;M\u00e9moire du Peuple&nbsp;\u00bb. Je l\u2019ai lu avec beaucoup d\u2019int\u00e9r\u00eat et je pense qu\u2019il d\u00e9passe le niveau des simples productions FAOL. Il s\u2019agit des souvenirs de 1939-1945 d\u2019un cultivateur du Gard, M. Gustave Folcher, toujours vivant, qui m\u2019a confi\u00e9 ses dix cahiers ou carnets. L\u2019ensemble parait faire la moiti\u00e9 environ du \u00ab&nbsp;Barthas&nbsp;\u00bb. Ce n\u2019est pas un ouvrage aussi \u00ab&nbsp;partisan&nbsp;\u00bb mais il en a tous les autres caract\u00e8res. Il s\u2019agit bien de m\u00e9moire du peuple. Le r\u00e9cit est tr\u00e8s vivant, concret, riche en anecdotes. Le sens de l\u2019observation de l\u2019auteur est toujours en \u00e9veil, notamment pour tout ce qui est li\u00e9 \u00e0 la terre&nbsp;: paysage, cultures, techniques, saisons, animaux\u2026 D\u2019abord, c\u2019est le contact du viticulteur m\u00e9diterran\u00e9en avec les villages et les paysages du Nord-Est. Puis, en plein combat, il \u00e9voque les souffrances des b\u00eates, il d\u00e9crit un troupeau d\u2019oies traversant le champ de bataille\u2026 Prisonnier, c\u2019est la d\u00e9couverte, en kommando, du rythme paysan en Saxe, pr\u00e8s de l\u2019Elbe, la pomme de terre, la betterave\u2026 Enfin, lors de la lib\u00e9ration, le kommando de prisonniers se transforme en troupe d\u2019occupation. Il faut faire des patrouilles et notre auteur remarque qu\u2019il connait les moindres recoins du village, aussi bien que s\u2019il s\u2019agissait d\u2019Aigues-Vives.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Fran\u00e7ois Maspero accepte de lire le manuscrit qui lui est envoy\u00e9. D\u00e8s le 2 d\u00e9cembre 1980, il donne son accord pour publier le livre, qu\u2019il trouve \u00ab&nbsp;remarquable et passionnant&nbsp;\u00bb, et envisage sa sortie en mai-juin 1981. Se posent alors divers probl\u00e8mes techniques.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Trouver un titre. Gustave Folcher proposait&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019an 40 par un zouave du 12<sup>e<\/sup>&nbsp;\u00bb. Pour lui, il s\u2019agissait d\u2019attirer sur le livre le regard des anciens du r\u00e9giment. Je lui ai expliqu\u00e9 qu\u2019on pourrait attirer cette attention par d\u2019autres moyens et que ce titre \u00e9tait trop partiel. Je proposais&nbsp;: \u00ab&nbsp;39-45. Le grand voyage du cultivateur languedocien&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;39-45. Le Languedocien d\u00e9pays\u00e9&nbsp;\u00bb. Le 20 janvier 1981, Maspero estimait que le titre \u00ab&nbsp;Un zouave du 12<sup>e&nbsp;<\/sup>\u00bb n\u2019\u00e9tait pas mauvais avec en sous-titre \u00ab&nbsp;Un paysan languedocien dans la guerre de 1940-1945&nbsp;\u00bb. Le 26 janvier, je r\u00e9pondais&nbsp;: \u00ab&nbsp;Titre&nbsp;: Je ne suis pas d\u2019accord avec vous. Mes raisons&nbsp;: ce titre fait trop militaire et ne correspond pas \u00e0 ce qui est l\u2019originalit\u00e9 du livre&nbsp;: le regard d\u2019un paysan languedocien sur la guerre et sur les r\u00e9gions (paysages, cultures) qu\u2019il est amen\u00e9 \u00e0 traverser ou \u00e0 habiter. D\u2019autre part il ne me semble pas que ce titre puisse vraiment donner envie de lire le livre. Toutefois, donnez-moi vos arguments et, en derni\u00e8re analyse, vous l\u2019emporterez puisque vous \u00eates d\u2019accord avec la premi\u00e8re proposition de l\u2019auteur.&nbsp;\u00bb Le 27 janvier, Fran\u00e7ois Maspero abandonnait le zouave avec humour&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pour le titre, je ne me battrai pas pour imposer ce pauvre zouave du 12<sup>e<\/sup> qui m\u2019a valu effectivement ici quelques sarcasmes divers, du genre allusion au pont de l\u2019Alma, etc.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2026\" width=\"281\" height=\"503\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image-2.jpg 484w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image-2-167x300.jpg 167w\" sizes=\"(max-width: 281px) 100vw, 281px\" \/><\/a><figcaption><span class=\"has-inline-color has-white-color\">Gustave Folcher en tenue de zouave<\/span><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>&#8211; R\u00e9aliser une couverture. Les photos dont GF dispose sont de qualit\u00e9 moyenne et aucune n\u2019a suffisamment de force pour illustrer la couverture. Maspero avait sorti trois livres dont la couverture \u00e9tait constitu\u00e9e de bandes horizontales de dessins inspir\u00e9s par des documents d\u2019\u00e9poque. Je propose de choisir cette solution \u00e0 partir de trois des photos de GF.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Finalement on d\u00e9cide de s\u2019aligner sur le livre de Barthas paru dans la m\u00eame collection. Le titre sera&nbsp;: <em>Les Carnets de guerre de Gustave Folcher, paysan languedocien 1939-1945<\/em>. Le fond de la couverture sera bleu (et non rouge)&nbsp;; la photo de Folcher en uniforme de zouave sera plac\u00e9e dans un ovale entour\u00e9 d\u2019un liser\u00e9 rouge (et non bleu comme pour Barthas). Le prix sera de 65 francs, le tirage de six mille exemplaires. Comme pour le Barthas, la FAOL organise une souscription (je n\u2019ai pas conserv\u00e9 le r\u00e9sultat pr\u00e9cis de celle-ci, mais, au tournant du si\u00e8cle, la FAOL avait vendu par elle-m\u00eame, en tout, plus de 1500 Folcher et plus de 2500 Barthas).<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Entre temps, je suis revenu \u00e0 Aigues-Vives avec un magn\u00e9tophone et un questionnaire pour obtenir quelques pr\u00e9cisions et explications utiles pour ma pr\u00e9sentation et pour quelques notes de bas de page.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><span class=\"has-inline-color has-red-color\">Les r\u00e9actions \u00e0 l\u2019\u00e9dition<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Celle de l\u2019auteur est enthousiaste (lettre du 13 mai 1981).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En ce qui concerne la presse, les trois quotidiens r\u00e9gionaux (<em>La D\u00e9p\u00eache du Midi<\/em>, <em>Midi Libre<\/em> et <em>L\u2019Ind\u00e9pendant<\/em>) ont fait rapidement de bons papiers. Pour la presse nationale, c\u2019est l\u2019\u00e9diteur qui m\u2019a envoy\u00e9 les coupures trouv\u00e9es par l\u2019Argus de la presse. Les recensions ont paru dans les feuilles les plus diverses, ici par ordre chronologique&nbsp;: <em>La Croix<\/em>, <em>La Charente libre<\/em>, <em>Croissance des jeunes nations<\/em>, <em>Le PG<\/em>, <em>T\u00e9moignage chr\u00e9tien<\/em>, <em>Le Camarigo<\/em>, <em>Le Mutualiste de la RATP<\/em>, <em>Bulletin critique du livre fran\u00e7ais<\/em>, <em>Les Nouvelles litt\u00e9raires<\/em>, <em>Nord-Matin<\/em>, <em>L\u2019histoire<\/em>, <em>Le R\u00e9veil des combattants<\/em>, <em>Historiens et G\u00e9ographes<\/em>, <em>Annales du Midi<\/em>, <em>Connaissance du Pays d\u2019Oc<\/em>, <em>La Vie du Rail<\/em>. Mentionnons aussi les deux pages de compte rendu dans <em>La Libert\u00e9-dimanche<\/em> de Fribourg, Suisse, le 2 ao\u00fbt 1981.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Des anciens soldats ou PG de 1940 ont \u00e9crit \u00e0 Gustave Folcher. J\u2019ai pris connaissance de ces lettres avant la publication de l\u2019\u00e9dition de poche et je les ai utilis\u00e9es dans ma nouvelle pr\u00e9face&nbsp;: voir plus loin.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quand ils ont connu la publication du livre, des cr\u00e9tins locaux ont sci\u00e9 dans la nuit deux ou trois pieds de la vigne de Folcher en le traitant de \u00ab&nbsp;cumulard&nbsp;\u00bb. Oui, cela aussi fait partie de l\u2019histoire du livre.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un extrait sur \u00ab&nbsp;La d\u00e9b\u00e2cle allemande en 1945&nbsp;\u00bb figure parmi les documents retenus dans le manuel des classes terminales des \u00e9ditions Bordas en 1983. En juillet 1987, le livre est largement utilis\u00e9 dans un article de Jean-Marie d\u2019Hoop, \u00ab&nbsp;Les prisonniers fran\u00e7ais et la communaut\u00e9 rurale allemande (1940-1945)&nbsp;\u00bb dans <em>Guerres mondiales et conflits contemporains<\/em>. L\u2019auteur de l\u2019article consid\u00e8re le livre de Gustave Folcher comme un des t\u00e9moignages les plus riches sur la captivit\u00e9. Du m\u00eame auteur, dans la m\u00eame revue, en mars 1988, l\u2019article \u00ab&nbsp;Prisonniers de guerre fran\u00e7ais t\u00e9moins de la d\u00e9faite allemande (1945)&nbsp;\u00bb reconnait tout ce qu\u2019il doit \u00e0 Folcher&nbsp;: \u00ab&nbsp;On entend rarement la voix d\u2019un simple ouvrier, d\u2019un paysan&nbsp;; d\u2019o\u00f9 l\u2019importance attach\u00e9e ici au t\u00e9moignage de Folcher, si souvent cit\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong><span class=\"has-inline-color has-red-color\">Deux lettres de Jacques Godechot<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1986, des drapeaux de syndicats ouvriers de Mazamet (Tarn) ayant \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s en mauvais \u00e9tat, ils ont \u00e9t\u00e9 class\u00e9s parmi les monuments historiques et une op\u00e9ration de restauration a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e. Pour en couvrir le co\u00fbt assez \u00e9lev\u00e9, des subventions ont \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9es, et la FAOL a propos\u00e9 \u00e0 des historiens d\u2019acheter les livres qu\u2019elle avait publi\u00e9s ou qu\u2019elle avait fait publier, par Maspero par exemple. Tous les b\u00e9n\u00e9fices seraient vers\u00e9s \u00e0 la caisse de la restauration des drapeaux. Plusieurs historiens de renom ont jou\u00e9 le jeu, Jacques Godechot a pass\u00e9 sa commande puis a \u00e9crit deux lettres qui r\u00e9v\u00e8lent une facette peu connue de cet universitaire toulousain.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>Toulouse, le 16 avril 1986<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mon cher ami,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je vous remercie de votre lettre du 30 mars et de vos quatre volumes qui me sont bien parvenus. Je me r\u00e9jouis de les lire. Tous me paraissent fort int\u00e9ressants. Je vais commencer par les carnets de Gustave Folcher parce que, moi aussi, j\u2019ai tenu des carnets. Mais je ne veux pas les publier. Mes petits-enfants et arri\u00e8re-petits-enfants en feront ce qu\u2019ils voudront. Toutefois, en feuilletant Folcher, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par l\u2019incident arriv\u00e9 \u00e0 Paray-le-Monial (p. 24-25)&nbsp;: des r\u00e9fugi\u00e9s alsaciens portant des couvertures \u00e0 croix gamm\u00e9e. Je penche pour des troph\u00e9es ou des pillages. Je poss\u00e8de une photo o\u00f9 je figure avec plusieurs officiers, \u00e0 Metz, en octobre 1939, avec un grand drapeau \u00e0 croix gamm\u00e9e sur nos genoux. Ce n\u2019est nullement une marque de sympathie pour les nazis, mais un drapeau que nous avions pris dans une maison de douane abandonn\u00e9e par les Allemands, sur la ligne fronti\u00e8re. Nous n\u2019avions couru aucun risque, et il n\u2019y avait aucune raison de se glorifier de ce troph\u00e9e.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Continuez vos recherches. Il y a aussi \u00ab&nbsp;l\u2019histoire orale&nbsp;\u00bb. Interrogez les survivants. C\u2019est de l\u2019excellent travail.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Bien cordialement.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Jacques Godechot<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; T<em>oulouse, le 20 avril 1986<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mon cher ami,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je viens de terminer Folcher, et je veux vous dire tout de suite que c\u2019est un livre remarquable et qui m\u2019a passionn\u00e9. Mais j\u2019ai voulu v\u00e9rifier l\u2019authenticit\u00e9 du r\u00e9cit. J\u2019ai donc pris le tome II de l\u2019ouvrage <\/em>Les grandes unit\u00e9s fran\u00e7aises dans la guerre de 1939-1945<em> que le Service historique de l\u2019arm\u00e9e m\u2019a envoy\u00e9 il y a une dizaine d\u2019ann\u00e9es et qui contient l\u2019abr\u00e9g\u00e9 des journaux de marche des divisions et r\u00e9giments. J\u2019ai constat\u00e9 que le 12<sup>e<\/sup> Zouaves appartenait \u00e0 la 5<sup>e<\/sup> DINA (division d\u2019infanterie nord-africaine) qui avait \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9e dans la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne, avec PC \u00e0 Valence. Le chef du 12<sup>e<\/sup> \u00e9tait le colonel Tissan\u00e9, le p\u00e8re de l\u2019assistante de recherches de M. Wolff [\u2026] Le mouvement de la 5<sup>e<\/sup> DINA vers la Lorraine est exactement celui que d\u00e9crit Folcher. Le 11 octobre 1939, le 12<sup>e<\/sup> Zouaves est pass\u00e9 \u00e0 la 3<sup>e<\/sup> DINA et a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par le 24<sup>e<\/sup> RTT (tirailleurs tunisiens) comme l\u2019\u00e9crit Folcher (en fait, il dit marocain). Ceci pour donner une coloration&nbsp;\u00ab&nbsp;nord-africaine&nbsp;\u00bb \u00e0 la 5<sup>e<\/sup> DINA dont toutes les troupes \u00e9taient \u00ab&nbsp;europ\u00e9ennes&nbsp;\u00bb. La 3<sup>e<\/sup> DINA comprit d\u00e9sormais deux r\u00e9giments de tirailleurs alg\u00e9riens (Folcher dit les \u00ab&nbsp;arabes&nbsp;\u00bb) et un r\u00e9giment de zouaves. Elle \u00e9tait mieux \u00e9quip\u00e9e que la 5<sup>e<\/sup> \u00e0 qui manquait, selon le journal de marche, le tiers de ses canons antichars et dont les v\u00e9hicules auto (peu nombreux) \u00e9taient \u00ab&nbsp;en mauvais \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral&nbsp;\u00bb. Mais au cours de l\u2019hiver 39-40 la 3<sup>e<\/sup> DINA perdit de nombreux cadres par mutation ou maladie, il lui manquait, en outre, 360 chevaux. Cette DINA a fait partie pendant un certain temps du CAC (corps d\u2019arm\u00e9e colonial) auquel a \u00e9t\u00e9 rattach\u00e9e la 22<sup>e<\/sup> DI \u00e0 l\u2019\u00e9tat-major de laquelle je me trouvais. Les marches et contre marches, les villages travers\u00e9s que mentionne Folcher sont tr\u00e8s exacts, ainsi que les dates qu\u2019il donne (sauf, p. 31, le lundi 12 septembre, d\u2019apr\u00e8s mon carnet le 12 \u00e9tait un mardi&nbsp;!). Le r\u00e9cit de la d\u00e9fense du Buisson, entre Vitry-le-Fran\u00e7ois et Saint-Dizier, est excellent. Folcher a \u00e9t\u00e9 fait prisonnier le 13 juin. Le 15 il ne restait plus que 50 hommes (sur 3000) du 12<sup>e<\/sup> Zouaves. Le reste de la 3<sup>e<\/sup> DINA a capitul\u00e9 le 23 juin dans la r\u00e9gion de Vaud\u00e9mont (Meurthe-et-Moselle, la colline inspir\u00e9e de Barr\u00e8s).<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La 2<sup>e<\/sup> partie, la captivit\u00e9, est tr\u00e8s bien compos\u00e9e. Elle aurait pu \u00eatre longue et monotone. L\u2019auteur a mis en valeur quelques \u00e9pisodes saillants. Enfin la lib\u00e9ration et le retour sont \u00e9mouvants. Les jeunes devraient lire ce livre, au demeurant fort bien \u00e9crit, \u00e0 part quelques expressions que vous signalez.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je remarque que ce livre a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 par Fran\u00e7ois Maspero. Vous savez qu\u2019il a vendu sa maison d\u2019\u00e9dition pour se consacrer au roman. Le premier qu\u2019il a publi\u00e9, <\/em>Le sourire du chat<em> est \u00e0 peu pr\u00e8s autobiographique, il s\u2019agit de la guerre en 44-45 dans la r\u00e9gion parisienne. C\u2019est excellent. Je connais tr\u00e8s bien sa m\u00e8re, qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9port\u00e9e. Son p\u00e8re, le c\u00e9l\u00e8bre sinologue est mort en d\u00e9portation. Son grand-p\u00e8re \u00e9tait l\u2019\u00e9gyptologue.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Encore toutes mes f\u00e9licitations, et bien cordialement.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Jacques Godechot<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong><span class=\"has-inline-color has-red-color\">Une rue du 12<sup>e<\/sup> Zouaves \u00e0 Avignon<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 17 mai 1982, Raoul Bernard, retrait\u00e9 des PTT \u00e0 Avignon, m\u2019\u00e9crivait une longue lettre. Il se pr\u00e9sentait comme un ancien du 12<sup>e<\/sup> Zouaves ayant v\u00e9cu la m\u00eame exp\u00e9rience que Gustave Folcher jusqu\u2019en juin 1940, mais ayant eu ensuite la chance d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la captivit\u00e9. Il se demandait comment son propre t\u00e9moignage \u00e9crit pourrait \u00eatre joint \u00e0 celui de Folcher, en \u00e9tant bien conscient qu\u2019il ne savait vraiment pas comment faire. En effet il n\u2019y avait pas de solution, le livre de Folcher \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9. Le 26 janvier 1984, une nouvelle lettre de Raoul Bernard m\u2019informait d\u2019une id\u00e9e int\u00e9ressante&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai eu l\u2019occasion de pr\u00e9senter l\u2019ouvrage [de Folcher] \u00e0 un adjoint au maire d\u2019Avignon, ainsi que mon manuscrit. \u00c0 ce sujet il m\u2019a laiss\u00e9 entrevoir qu\u2019il y aurait une possibilit\u00e9 de donner le nom du 12<sup>e<\/sup> Zouaves \u00e0 une nouvelle rue de la ville, ce qui je crois nous comblerait. Pour l\u2019instant \u00e9videmment il ne s\u2019agit que d\u2019une possibilit\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La patience et la t\u00e9nacit\u00e9 peuvent aboutir \u00e0 un r\u00e9sultat. Ainsi, le 27 f\u00e9vrier 1990, six ans apr\u00e8s sa derni\u00e8re lettre, Raoul Bernard pouvait m\u2019annoncer&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>Cher Monsieur,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il y a bien longtemps que je n\u2019ai eu le plaisir de correspondre avec vous. Mais je ne vous avais pas oubli\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr\u00e8s de nombreuses d\u00e9marches, bien d\u00e9cevantes parfois, la patience est une fois de plus venue \u00e0 bout de l\u2019indiff\u00e9rence. Cette copie d\u2019une lettre du maire adjoint d\u2019Avignon vous indique qu\u2019une rue (nouvelle) portera le nom du 12<sup>e<\/sup> Zouaves. Si vous connaissez Avignon, elle sera situ\u00e9e dans le quartier nouveau dit de Courtine, dans l\u2019angle form\u00e9 par le Rh\u00f4ne et la Durance \u00e0 leur confluent. Je pense que cette nouvelle vous fera plaisir.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Par ailleurs j\u2019ai donn\u00e9 un petit coup de fil \u00e0 Gustave Folcher \u00e0 Aigues-Vives pour lui annoncer la nouvelle. Il en est \u00e9videmment enchant\u00e9 mais il m\u2019a dit qu\u2019il ne pouvait plus se d\u00e9placer avec des jambes en bien mauvais \u00e9tat.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ceci dit j\u2019esp\u00e8re que ce mot vous trouvera en excellente sant\u00e9 ainsi que tous vos proches.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Bien cordialement.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Raoul Bernard<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong><span class=\"has-inline-color has-red-color\">La traduction en anglais<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Traduire le livre de Gustave Folcher en anglais est une initiative de Christopher Hill, professeur \u00e0 la London School of Economics &amp; Political Science sur la suggestion de son p\u00e8re, lecteur enthousiaste de Folcher.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 24 mai 1993, Andr\u00e9 Folcher m\u2019\u00e9crivait&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>Cher Monsieur,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je suis le fils de Gustave Folcher et c\u2019est en son nom que je vous \u00e9cris.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; D\u2019abord pour vous dire que sa sant\u00e9 est tr\u00e8s pr\u00e9caire et, s\u2019il prononce des paroles inaudibles la plupart du temps, il conserve une bonne notion des choses. Comme chaque ann\u00e9e, autour du 8 mai, nous avons re\u00e7u quelques lettres de lecteurs. Un message cependant est \u00e0 signaler, c\u2019est la raison de cette lettre. Un message donc, \u00e9manant d\u2019un professeur anglais, est parvenu \u00e0 la mairie d\u2019Aigues-Vives avec pri\u00e8re de faire suivre \u00e0 la famille. Ce monsieur, enthousiasm\u00e9 par le livre de mon p\u00e8re, souhaite nous rencontrer et envisage une traduction. Tout ou partie, comment, pourquoi&nbsp;? je ne sais pas. Il doit passer prochainement dans la r\u00e9gion et viendra \u00e0 Aigues-Vives.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est pourquoi je vous demande quelle disposition je dois prendre vis-\u00e0-vis de la FAOL, voire des \u00e9ditions Maspero-La D\u00e9couverte, si d\u2019aventure ce projet se concr\u00e9tisait. \u00c9tant donn\u00e9 que nous ne sommes pas contre si cela est fait dans l\u2019honneur et le respect du texte. Ceci montre, cher Monsieur, que nous vous sommes beaucoup redevables de cette entreprise. Nous ne vous en remercierons jamais assez.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En attendant votre conseil, veuillez recevoir nos chaleureuses salutations.<br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Andr\u00e9 Folcher<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Apr\u00e8s une visite \u00e0 Gustave Folcher tr\u00e8s affaibli, Christopher Hill et sa famille, Andr\u00e9 Folcher et la sienne se rencontraient \u00e0 Aigues Vives en juillet 1993, en pr\u00e9sence de R\u00e9my Cazals et de Colette Kleemann de l\u2019Institut universitaire europ\u00e9en de Florence. Plusieurs lettres de Christopher Hill \u00e9voquent alors la recherche d\u2019un \u00e9diteur&nbsp;: ce sera finalement Brassey\u2019s. Christopher me soumet quelques difficult\u00e9s d\u2019interpr\u00e9tation du texte.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image3-scaled.jpg\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image3-702x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2030\" width=\"338\" height=\"492\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image3-702x1024.jpg 702w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image3-206x300.jpg 206w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image3-768x1121.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image3-1403x2048.jpg 1403w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image3-scaled.jpg 1754w\" sizes=\"(max-width: 338px) 100vw, 338px\" \/><\/a><figcaption><span class=\"has-inline-color has-white-color\">Couverture du livre traduit en anglais.<\/span><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le livre en anglais est publi\u00e9 en 1996 sous le titre <em>Marching to Captivity&nbsp;: The War Diaries of a French Peasant 1939-1945<\/em>. La r\u00e9gion Languedoc-Roussillon sollicit\u00e9e ne soutient pas la traduction&nbsp;; la FAOL participe avec ses moyens \u00e0 la diffusion du livre en anglais. Je suis moins bien plac\u00e9 pour connaitre les \u00e9chos dans la presse britannique. Il y a eu un long compte rendu dans <em>History Today<\/em> de novembre 1997. Christopher Hill lui-m\u00eame a r\u00e9dig\u00e9 pour la <em>Review of International Studies<\/em> un article intitul\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;International Relations and the voice from below&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><span class=\"has-inline-color has-red-color\">La mort de l\u2019auteur<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Gustave Folcher a su que son livre allait \u00eatre publi\u00e9 en anglais. Mais il est mort avant d\u2019en voir la r\u00e9alisation (10 ao\u00fbt 1993). La lettre de son fils qui me l\u2019annonce contient ces paragraphes&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>La c\u00e9r\u00e9monie a \u00e9t\u00e9 d\u2019une bonne tenue, rehauss\u00e9e par la pr\u00e9sence des anciens combattants d\u2019Aigues-Vives et des villages voisins avec leurs porte-drapeaux.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le cur\u00e9 rempla\u00e7ant, Lorrain dans l\u2019\u00e2me, avait trouv\u00e9 la veille dans la biblioth\u00e8que du presbyt\u00e8re les <\/em>Carnets<em> et avait \u00ab&nbsp;d\u00e9vor\u00e9&nbsp;\u00bb l\u2019ouvrage avant de le disposer bien en \u00e9vidence sur le ma\u00eetre autel.&nbsp;L\u2019hom\u00e9lie qu\u2019il pronon\u00e7a fut enti\u00e8rement bas\u00e9e sur les le\u00e7ons morales et mat\u00e9rielles que l\u2019on pouvait extraire du livre. Les paroles \u00e9taient moins d\u2019inspiration divine que de la pr\u00e9face et avant-propos de R\u00e9my Cazals dont on retrouvait les termes.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J\u2019aime bien ce passage&nbsp;! J\u2019aime bien aussi cette anecdote rapport\u00e9e par le fils de Gustave. Lorsqu\u2019il aidait son p\u00e8re \u00e0 travailler le jardin et qu\u2019il fain\u00e9antait un peu, il se faisait houspiller ainsi&nbsp;: \u00ab&nbsp;Arbeite&nbsp;! Allons, arbeite&nbsp;!&nbsp;\u00bb Le mot entendu souvent \u00e0 Schorstedt avait servi \u00e0 cr\u00e9er un nouveau verbe fran\u00e7ais du premier groupe&nbsp;: J\u2019arbeite, nous arbeitons, vous arbeitez\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong><span class=\"has-inline-color has-red-color\">En collection de poche<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En 1999, les \u00e9ditions La D\u00e9couverte d\u00e9cident de retirer le livre de Gustave Folcher en collection de poche. Il me semble qu\u2019une nouvelle pr\u00e9sentation est n\u00e9cessaire, qui tienne compte de l\u2019histoire du livre, en particulier des lettres re\u00e7ues par l\u2019auteur. Andr\u00e9 Folcher me les envoie. Elles sont d\u2019un grand int\u00e9r\u00eat, provenant parfois d\u2019anciens combattants, par exemple Gabriel Gimeno, de Labastide-Rouairoux qui \u00e9crivait, le 18 janvier 1982&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>C\u2019est la F\u00e9d\u00e9ration audoise des \u0153uvres la\u00efques qui m\u2019a vendu ton livre qui m\u2019a communiqu\u00e9 ton adresse, ainsi que d\u2019autres anciens du 12<sup>e<\/sup> Zouaves, dont celle de Denjean \u00e0 Carcassonne. Je lui ai \u00e9crit et il m\u2019a r\u00e9pondu avec promesse de venir me voir. Je le croyais mort \u00e0 Le Buisson, ce sinistre Buisson. Il y a 40 ans et demi, et je ne l\u2019ai pas encore dig\u00e9r\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et le 15 f\u00e9vrier&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>Je me suis amus\u00e9 \u00e0 coller des papiers [sur le livre] en y ajoutant les cas qui me concernent. Je ne sais pas si je te l\u2019ai dit qu\u2019en 1980 nous y avons \u00e9t\u00e9 avec ma femme jusqu\u2019\u00e0 Berlin. On est pass\u00e9 \u00e0 Stendal, on est pass\u00e9 \u00e0 3 kilom\u00e8tres d\u2019o\u00f9 j\u2019\u00e9tais au d\u00e9but, \u00e0 Deetz. Cette ann\u00e9e en octobre, si tout va bien, nous avons bien envie d\u2019aller passer une semaine&nbsp;; cette fois-ci, je voudrais bien aller voir le premier kommando et aussi Altengrabow.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Des habitants et habitantes des r\u00e9gions de l\u2019Est ont retrouv\u00e9 dans le livre la description des combats qui se sont d\u00e9roul\u00e9s chez eux. Madame Madeleine Morel&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>Je vous demanderai de bien vouloir m\u2019envoyer 3 exemplaires de votre livre, dont un serait pour moi. Voudriez-vous avoir l\u2019obligeance de le d\u00e9dicacer&nbsp;? Les deux autres sont destin\u00e9s \u00e0 des amis. J\u2019ai pr\u00eat\u00e9 celui que j\u2019avais achet\u00e9, mais je sais que je ne le reverrai jamais. Il int\u00e9resse tellement les personnes de la r\u00e9gion imm\u00e9diate&nbsp;!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il n\u2019est pas possible de citer toutes ces lettres. Elles sont en partie utilis\u00e9es dans la pr\u00e9face \u00e0 l\u2019\u00e9dition de poche qui sort en mai 2000. Tirage 3500 exemplaires&nbsp;; 2775 vendus \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 2000. Comptes rendus dans <em>Lire<\/em>, <em>\u00c9tudes<\/em>, <em>Le Figaro<\/em>, <em>Historiens et G\u00e9ographes<\/em>. Lettre enthousiaste d\u2019un ancien \u00e9tudiant toulousain \u00e9tabli \u00e0 Al Khobar en Arabie Saoudite.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image-4.jpg\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image-4-680x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2034\" width=\"379\" height=\"570\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image-4-680x1024.jpg 680w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image-4-199x300.jpg 199w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image-4-768x1156.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image-4-1020x1536.jpg 1020w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image-4-1361x2048.jpg 1361w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image-4.jpg 1447w\" sizes=\"(max-width: 379px) 100vw, 379px\" \/><\/a><figcaption><span class=\"has-inline-color has-white-color\">Couverture de l\u2019\u00e9dition de poche<\/span><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong><span class=\"has-inline-color has-red-color\">La maitrise de Fabienne Montand<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Entre temps, Fabienne Montand, \u00e9tudiante en histoire \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Toulouse-Le Mirail (aujourd\u2019hui Toulouse-Jean-Jaur\u00e8s) avait entrepris une recherche sur le camp de PG d\u2019Altengrabow et r\u00e9dig\u00e9 son m\u00e9moire (1998). En retour d\u2019un appel transmis par la presse des anciens combattants, elle avait re\u00e7u carnets, lettres, photos, dessins et autres documents en provenance de 73 PG d\u2019Altengrabow. Le passage \u00e0 l\u2019\u00e9dition pouvait avoir lieu en1999 par l\u2019association \u00ab&nbsp;Les Audois&nbsp;\u00bb, \u00e9manation de la FAOL. Tirage 1000 exemplaires. Envoi du livre en cadeau \u00e0 tous les t\u00e9moins qui ont r\u00e9pondu \u00e0 Fabienne.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quelques comptes rendus ont paru dans des feuilles sp\u00e9cialis\u00e9es la <em>Lettre du Centre d\u2019\u00e9tudes d\u2019histoire de la D\u00e9fense<\/em>, <em>Les Chemins de la M\u00e9moire<\/em>, <em>Le Lien<\/em> (de l\u2019Union nationale des Amicales de Camps de Prisonniers de Guerre), <em>Le R\u00e9veil des Combattants<\/em> (ARAC).<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u00e0 encore, les lettres de commande du livre par d\u2019anciens PG de ce camp (onze lettres r\u00e9pertori\u00e9es) ou leurs descendants r\u00e9v\u00e8lent des motivations int\u00e9ressantes&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ce livre m\u2019a \u00e9t\u00e9 pr\u00eat\u00e9 par un ami mais je d\u00e9sire en garder un exemplaire en souvenir de mon p\u00e8re ancien prisonnier au XI-B et peut-\u00eatre pour le communiquer \u00e0 une de mes petites-filles (20 ans) qui ignore bien des choses de cette p\u00e9riode.&nbsp;\u00bb Ou bien&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est \u00e0 ce Stalag que mon p\u00e8re aujourd\u2019hui d\u00e9c\u00e9d\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 prisonnier de guerre. Une histoire \u00e0 laquelle durant notre enfance ma s\u0153ur et mes fr\u00e8res nous n\u2019avons pr\u00eat\u00e9 qu\u2019une attention distraite.&nbsp;\u00bb Et&nbsp;: \u00ab&nbsp;C\u2019est \u00e0 cette personne (95 ans) que je voudrais offrir ce livre. Mon beau-p\u00e8re le poss\u00e8de d\u00e9j\u00e0 et ne veut pas s\u2019en d\u00e9munir.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong><span class=\"has-inline-color has-red-color\">L\u2019\u00e9mission de TF1<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Michel Izard \u00e9tait venu en 1998 \u00e0 Peyriac-Minervois avec une \u00e9quipe de TF1 pour r\u00e9aliser un reportage sur Louis Barthas. 1998, c\u2019\u00e9tait le 80<sup>e<\/sup> anniversaire de l\u2019armistice, et l\u2019enregistrement de l\u2019\u00e9mission avait eu lieu quelque temps avant le 11 novembre. Le reportage est pass\u00e9 le 11. Or le premier ministre Lionel Jospin s\u2019\u00e9tait rendu \u00e0 Craonne le 5 et avait souhait\u00e9 que les mutins de 1917 soient r\u00e9int\u00e9gr\u00e9s dans la m\u00e9moire nationale. Barthas avait parl\u00e9 des mutineries et une partie de notre enregistrement concernait cet \u00e9pisode. Aussi, sans avoir \u00e0 chercher plus loin dans l\u2019urgence, le journal t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 de Patrick Poivre d\u2019Arvor pouvait diffuser comme en direct les quelques minutes de notre entretien qui venaient, par hasard, illustrer l\u2019actualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Aussi, ayant \u00e0 faire en 2004 un reportage sur les combattants de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, Michel Izard avait-il pens\u00e9 au livre de Gustave Folcher qui avait suivi celui de Louis Barthas et que je lui avais envoy\u00e9. L\u2019enregistrement avait lieu \u00e0 Aigues-Vives autour d\u2019Andr\u00e9 Folcher et \u00e0 Castres o\u00f9 une \u00e9tudiante toulousaine parlait d\u2019un autre combattant, Paul Salvayre. L\u2019\u00e9mission&nbsp;passait le 6 mai 2004 au journal de 20 heures. Ayant suivi l\u2019\u00e9mission, le responsable de l\u2019association Flandres-Dunkerque t\u00e9l\u00e9phonait \u00e0 l\u2019universit\u00e9 pour demander que l\u2019on me transmette ses remerciements d\u2019avoir montr\u00e9, apr\u00e8s Folcher, l\u2019intensit\u00e9 des combats de mai-juin 1940.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><span class=\"has-inline-color has-red-color\">Et encore<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et encore, voici quelques pistes qui pourraient \u00eatre suivies. En 1999, Colette Kleeman avait enqu\u00eat\u00e9 au village de Schorstedt o\u00f9 GF \u00e9tait en kommando. Colette envisageait une traduction en allemand du livre de Folcher. Il faudrait lui demander o\u00f9 en sont ses projets.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le 14 novembre 2009, Bernard B. m\u2019\u00e9crivait ceci&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>Permettez-moi de me pr\u00e9senter. Je suis d\u2019origine allemande, naturalis\u00e9 fran\u00e7ais en 1955. Je vis en France depuis mai 1945. Je suis \u00e0 la retraite de l\u2019\u00c9ducation nationale depuis 1995. [\u2026] Les hasards de la vie m\u2019ont fait connaitre Philippe F., r\u00e9alisateur de films documentaires, \u00e0 qui j\u2019ai racont\u00e9 comment ma m\u00e8re et moi avons quitt\u00e9 notre pays en mai 1945 avec un groupe de prisonniers d\u2019un kommando d\u00e9pendant du camp d\u2019Altengrabow. Nous sommes \u00e0 la recherche de prisonniers encore vivants qui auraient crois\u00e9 mon chemin et qui pourraient aussi t\u00e9moigner de leur vie en d\u00e9tention. Philippe et moi avons lu le livre de Fabienne Montand. [\u2026]<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; J\u2019ai r\u00e9pondu, mais je n\u2019ai eu ensuite aucune nouvelle.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On peut mentionner encore mon article dans la revue de l\u2019universit\u00e9 de Western Australia (novembre 2017) sur le th\u00e8me \u00ab&nbsp;Hidden Words, Hidden Worlds&nbsp;: Everyday Life and Narrative Sources (France 1939-1945)&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Enfin, en juin 2021,j\u2019ai re\u00e7u un message de la photographe C\u00e9line Clanet, petite-fille d\u2019un PG d\u2019Altengrabow, demandant comment se procurer le livre de Fabienne Montand, introuvable. Je lui ai donn\u00e9 la marche \u00e0 suivre \u00e0 partir du site \u00ab&nbsp;Ligue de l\u2019Enseignement \u2013 Aude&nbsp;\u00bb. Elle a pass\u00e9 commande ainsi que du livre de Gustave Folcher dont elle ignorait l\u2019existence. Je pense qu\u2019il y aura des suites.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image5-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image5-1-1024x746.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2041\" width=\"520\" height=\"378\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image5-1-1024x746.jpg 1024w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image5-1-300x219.jpg 300w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image5-1-768x560.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-content\/uploads\/sites\/44\/2021\/06\/image5-1.jpg 1272w\" sizes=\"(max-width: 520px) 100vw, 520px\" \/><\/a><figcaption><span class=\"has-inline-color has-white-color\">Dessin de L\u00e9opold Colombey reproduit dans le livre de Fabienne Montand.<\/span><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong><span class=\"has-inline-color has-red-color\">Conclusion<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un livre n\u2019est pas seulement un livre. Ici, un livre s\u2019est d\u00e9multipli\u00e9&nbsp;: trois versions du texte de base de Gustave Folcher, plus l\u2019exemplaire compl\u00e9t\u00e9 par Gabriel Gimeno avec ses souvenirs personnels, plus le m\u00e9moire de Fabienne Montand. Sans revenir sur les liens \u00e9troits avec l\u2019histoire d\u2019un autre livre, celui de Barthas. Citer des comptes rendus de presse et des \u00e9changes de correspondances peut paraitre banal, mais on a aussi rencontr\u00e9 une hom\u00e9lie, un acte de vandalisme rural et le bapt\u00eame d\u2019une rue. J\u2019ai conserv\u00e9 toute la documentation utilis\u00e9e ici&nbsp;; les dossiers seront d\u00e9pos\u00e9s en Archives publiques, vraisemblablement aux Archives d\u00e9partementales de l\u2019Aude avec d\u2019autres sources concernant l\u2019activit\u00e9 d\u2019\u00e9dition de la FAOL.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9my Cazals, Toulouse, 18 juin 2021.<\/p>\n\n\n\n<p><span class=\"has-inline-color has-light-orange-color\">Citer cet article : R\u00e9my Cazals, \u00ab\u00a0Histoire d&rsquo;un livre. Les Carnets de guerre de Gustave Folcher, paysan languedocien 1939-1945\u00a0\u00bb, <em>Blog STUDIUM<\/em>, 19 juin 2021, en ligne.<\/span><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par R\u00e9my Cazals, professeur \u00e9m\u00e9rite d\u2019histoire contemporaine \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Toulouse II Jean Jaur\u00e8s. \u201cA l\u2019\u00e9cole, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de douze ans, j\u2019\u00e9tais un des premiers pour la r\u00e9daction. Pas pour les dict\u00e9es, pas pour l\u2019orthographe quoi, mais pour la r\u00e9daction, j\u2019avais une des meilleures notes. Alors, \u00e7a m\u2019\u00e9tait quand m\u00eame un peu rest\u00e9.\u201d (Gustave Folcher) &hellip; <a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/les-carnets-de-guerre-de-gustave-folcher-paysan-languedocien-1939-1945\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Les Carnets de guerre de Gustave Folcher, paysan languedocien 1939-1945<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":19,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2013"}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-json\/wp\/v2\/users\/19"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2013"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2013\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2043,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/2013\/revisions\/2043"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/studium\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2013"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}