{"id":25,"date":"2023-12-11T15:46:55","date_gmt":"2023-12-11T14:46:55","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/sugarfanzz\/?p=25"},"modified":"2023-12-11T15:49:10","modified_gmt":"2023-12-11T14:49:10","slug":"veritas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/sugarfanzz\/2023\/12\/11\/veritas\/","title":{"rendered":"Veritas"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Personnages<\/strong> :<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona, <em>boulang\u00e8re<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Miss Mals, <em>sa belle-m\u00e8re<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Javotte,<em> fille de Miss Mals<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Wendy, <em>fille de Miss Mals<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Manuel Ier, <em>le roi<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dame Gina, <em>sa femme, la reine<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Alice, <em>leur fille<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pierre, duc d\u2019Herver, son cousin<\/p>\n\n\n\n<p>Ancel, comte de Keys, alchimiste du <em>Consilium Veritatis<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>John, comte de Piper, alchimiste du <em>Consilium Veritatis<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Frederic, <em>duc de Stare, <\/em>alchimiste<em> <\/em>du<em> Consilium Veritatis<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>John, <em>alchimiste ind\u00e9pendant<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Yoni, <em>po\u00e8te<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Gary, <em>po\u00e8te, ami d\u2019Alice<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dame Christin, <em>femme de lettres, amie d\u2019Alice<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Robert, <em>m\u00e9decin royal<\/em><\/p>\n\n\n\n<h1><strong>Acte I<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<h2>Sc\u00e8ne 1<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Dans l\u2019arri\u00e8re-boutique d\u2019une petite boulangerie.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Mals : Que c\u2019est d\u00e9solant\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Quoi donc ? Vous n\u2019avez rien \u00e0 plaindre ici, les affaires marchent bien.<\/p>\n\n\n\n<p>Mals : Tu ne comprends donc rien\u2026 Nous n\u2019aurons pas assez de stock de veritas pour la fin de la semaine\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Eh bien, nous ferons sans. Pour quelques jours, ce n\u2019est pas bien grave.<\/p>\n\n\n\n<p>Mals : Souhaites-tu notre ruine, petite \u00e9cervel\u00e9e ?! Nous fermerons donc boutique \u00e0 partir de vendredi.<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : C\u2019est idiot mais c\u2019est vous qui d\u00e9cidez\u2026 (<em>Elle hausse les \u00e9paules et se d\u00e9tourne pour p\u00e9trir de la p\u00e2te.<\/em>) Enfin, comme j\u2019aurais du temps libre, j\u2019irais chercher des champignons.<\/p>\n\n\n\n<p>Mals : Occupe-toi plut\u00f4t de faire les comptes, je crois que nous payons la veritas trop cher\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><em>Entrent Javotte et Wendy, v\u00eatues avec \u00e9l\u00e9gance, les bras pleins de bo\u00eetes.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Javotte : Nous revenons des magasins, vous auriez vu la quantit\u00e9 d\u2019affiches coll\u00e9es sur les murs !<\/p>\n\n\n\n<p>Wendy : De partout, un vrai papier peint ! La tailleuse n\u2019\u00e9tait pas bien ravie\u2026 Enfin, en tout cas, je n\u2019ai rien compris.<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Ce sont les po\u00e8tes, ils \u00e9crivent que la veritas est toxique, qu\u2019elle nous met tous en danger.<\/p>\n\n\n\n<p>Javotte : C\u2019est idiot. Seuls les tach\u00e9s sont en danger, ils ne savent pas se mesurer. Mais nous ne sommes pas aussi primaires\u2026 Allons, viens Wendy, nous avons des essayages \u00e0 faire.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Elles sortent.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2>Sc\u00e8ne 2<\/h2>\n\n\n\n<p>Piper : Une nouvelle affiche est pr\u00eate, Messieurs. Cette fois-ci, ils ne pourront pas rivaliser.<\/p>\n\n\n\n<p>Stare : Je l\u2019esp\u00e8re mais ils redoublent d\u2019imagination. Ce sont des po\u00e8tes, vous les connaissez, jamais \u00e0 court de mots pour s\u00e9duire.<\/p>\n\n\n\n<p>Piper : Mais les faits parlent pour eux-m\u00eames, pas besoin d\u2019enjoliver quand nous sommes dans le vrai.<\/p>\n\n\n\n<p>Keys : Je ne crois pas en cela, Monsieur le comte. Il est toujours important de bien pr\u00e9senter, m\u00eame des faits aussi vrais que la Terre est ronde et la mer sal\u00e9e. Les beaux mots ont toujours le beau r\u00f4le, l\u2019humain est ainsi. Nous devons travailler \u00e0 rendre lisibles nos travaux, c\u2019est ainsi que nous remporterons l\u2019adh\u00e9sion du peuple. Je m\u2019occuperais de cela, ne vous en faites pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Piper : Je vous remercie, Monsieur le duc. Avez-vous une id\u00e9e pour contrecarrer leurs publications ? La meilleure solution serait de les emp\u00eacher d\u2019\u00e9crire, non ?<\/p>\n\n\n\n<p>Keys : Pour le moment, nous pouvons encore esp\u00e9rer les vaincre sur leur propre terrain. Ils sont peu nombreux et ont encore peu de preuves scientifiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Stare : Puisse cela durer, Monsieur, je nous le souhaite. Si vous me le permettez, je vais rejoindre mon laboratoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Keys : Bien s\u00fbr, je vais \u00e9galement mettre au point notre affiche. Adieu, chers confr\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<h2>Sc\u00e8ne 3<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Des passants dans la rue, devant les affiches des po\u00e8tes<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Premier passant : Du temps de mon enfance, personne ne s\u2019opposait \u00e0 la veritas.<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8me passant : La jeunesse est vigoureuse et passionn\u00e9e, elle croit tout savoir.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Une silhouette encapuchonn\u00e9e les rejoint.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Premier passant : Ils sont imb\u00e9ciles, ils pensent nous convaincre avec de belles phrases. Mais la science nous va mieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8me passant : Ma fille et ma femme y croient, tu sais, \u00e0 ce genre de b\u00eatises\u2026 Mais ce sont des femmes, la science ne leur parle pas plus que l\u2019art de la guerre.<\/p>\n\n\n\n<p>Premier passant : J&rsquo;ai entendu dire que les femmes de la noblesse y croyaient aussi. Comme quoi, elles partagent toutes les m\u00eames id\u00e9es absurdes. Mais \u00e7a ne prendra jamais. C\u2019est un complot contre le roi et le conseil mais il est trop gros, il ne peut se loger en nous.<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8me passant : Parce que nos esprits sont pleins et vifs, contrairement \u00e0 d\u2019autres ! (<em>Ils rient et continuent leur route<\/em>.)<\/p>\n\n\n\n<h2>Sc\u00e8ne 4<\/h2>\n\n\n\n<p><em>La silhouette encapuchonn\u00e9e entre dans la boulangerie.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Fiona, <em>\u00e0 l\u2019arri\u00e8re de la boutique, parle \u00e0 elle-m\u00eame<\/em> : Je jure que si Mals continue \u00e0 s\u2019occuper ainsi des choses qui ne la regardent pas, je l\u2019enterre dans le jardin. (<em>Elle frappe le comptoir avec son rouleau puis se calme.<\/em>) Et toutes ses affiches\u2026 Que faire de toutes ces informations contradictoires ? Les po\u00e8tes touchent mon c\u0153ur mais la science, mon esprit. Je voudrais bien croire que la veritas n\u2019est pas un poison, comme le <em>Consilium Veritatis<\/em> le d\u00e9montre mais comment expliquer les t\u00e2ches ? Mals dit que c\u2019est un manque de soin mais quel soin ? Je ne peux que donner raison aux po\u00e8tes, leur v\u00e9rit\u00e9 semble plus vraie\u2026 Enfin\u2026 (<em>Elle soupire<\/em>.) Que je suis fatigu\u00e9e\u2026 Je voudrais ne plus en utiliser\u2026 Mais je ne suis pas assez libre pour cela\u2026 (<em>Elle entend un bruit dans la boutique.<\/em>) Il y a quelqu\u2019un ? (<em>Elle entre dans la boutique.<\/em>) Je peux vous aider ?<\/p>\n\n\n\n<p>La silhouette : Oui, bonjour. Auriez-vous une petite part de g\u00e2teau, je meurs de faim\u2026 Oh, je suis navr\u00e9e, peut-\u00eatre \u00eates-vous ferm\u00e9s\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Oui, bien s\u00fbr. Tenez, je viens de finir une fourn\u00e9e, asseyez vous, je reviens. (<em>Elle sort et revient quelques secondes plus tard avec une assiette et une tasse de th\u00e9<\/em>.)<\/p>\n\n\n\n<p>La silhouette, <em>apr\u00e8s avoir baiss\u00e9 sa capuche<\/em> : Merci beaucoup. Puis-je vous demander si vous avez mis de la veritas dedans ? <em>(Fiona ne r\u00e9pond pas.<\/em>) Ne vous en faites pas. Je voudrais simplement moins en consommer, je sais bien que ce n\u2019est pas bon pour ma sant\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Vous croyez les po\u00e8tes ?<\/p>\n\n\n\n<p>La silhouette : Eh bien oui, je les crois. Ne pensez pas qu\u2019ils n\u2019ont aucune preuve scientifique derri\u00e8re eux, ils manquent juste de moyens pour les exposer plus grandement. Mais je vous assure, comme je vous entendais en parler tout \u00e0 l\u2019heure, qu\u2019ils sont dignes de confiance.<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Qui \u00eates-vous donc, Madame, pour en savoir autant ?<\/p>\n\n\n\n<p>La silhouette : Alice, princesse h\u00e9riti\u00e8re du royaume. Et vous, quel est votre nom ?<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Fiona. Je ne suis rien d\u2019autre qu\u2019une boulang\u00e8re. Vous ne devriez pas vous confier \u00e0 moi ainsi.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Je vous ai entendue parler dans l\u2019arri\u00e8re-boutique, il me semble que nous partageons les m\u00eames id\u00e9es. J\u2019ignorais que vous aviez l\u2019obligation d\u2019utiliser la veritas dans vos produits.<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Eh bien si, au risque de perdre mon travail, et peut-\u00eatre m\u00eame ma t\u00eate\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Je peux vous confier un secret en \u00e9change. Voulez-vous ? En gage de confiance.<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Un secret ? Si vous le d\u00e9sirez.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice, <em>chuchotant dans l\u2019oreille de Fiona<\/em> : Une partie de la noblesse, moi y compris, travaillons activement \u00e0 l\u2019\u00e9limination de la veritas. Vous savez, nous en consommons autant que vous mais simplement, nous ne le savons pas. C\u2019est un poison qui touche le royaume entier, nous devons agir. (<em>Elle prend les mains de Fiona dans les siennes<\/em>.) Je ferais de mon mieux pour faire fleurir la r\u00e9volution et faire faner le conseil. Vous pouvez compter sur moi. (<em>Fiona sourit et serre ses mains en retour.<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<h1><strong>Acte II<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<h2>Sc\u00e8ne 1<\/h2>\n\n\n\n<p>Yoni : Vous avez vu ? Ils ne manquent pas d\u2019air ces vieux charlatans ! \u00c9crire ce genre d\u2019absurdit\u00e9s !<\/p>\n\n\n\n<p>Gary : Ne t\u2019agace pas ainsi, ce n\u2019est pas nouveau. C\u2019est bien pour cela qu\u2019ils nous donnent tant de fils \u00e0 retordre\u2026 Et puis, \u00e9videmment, leurs recherches sont financ\u00e9es par le pouvoir, c\u2019est plus facile ainsi\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>John : Comme si les recherches des cr\u00e9ateurs de la veritas \u00e9taient objectives ! Ceux-l\u00e0 m\u00eame qui s\u2019enrichissent en la vendant ! C\u2019est une insulte \u00e0 la science ! Se vendre ainsi \u00e0 l\u2019argent, c\u2019est absolument immonde.<\/p>\n\n\n\n<p>Gary : Et le monde fonctionne comme cela depuis des milliers d\u2019ann\u00e9es, c\u2019est ainsi.<\/p>\n\n\n\n<p>Robert : Nous devons parler science, nous devons prouver que ce produit est mauvais, c\u2019est ainsi que nous vaincrons !<\/p>\n\n\n\n<p>John : Je voudrais bien cher ami, mais avec quel argent ? Nous devons trouver des m\u00e9c\u00e8nes\u2026 Et la r\u00e9volution n\u2019a pas bonne presse.<\/p>\n\n\n\n<p>Gary : J\u2019ai quelques dames de ma connaissance qui pourraient peut-\u00eatre nous aider. Il s\u2019agit de demander avec discr\u00e9tion mais fermet\u00e9. Je sais pour autant que je peux me le permettre, elles sont des amies.<\/p>\n\n\n\n<p>John : Des femmes ? Peuvent-elles y faire quelque chose ? Comprennent-elles quelque chose \u00e0 notre noble cause ?<\/p>\n\n\n\n<p>Gary <strong>: <\/strong>Comprendre ? Oh, John\u2026<strong> <\/strong>Ne crois pas qu\u2019elles ne r\u00e9fl\u00e9chissent pas, leurs esprits ne sont jamais tranquilles bien longtemps. Elles sauront nous aider, je n\u2019en doute pas un instant. Celles-ci, en particulier, ont l\u2019\u0153il vif, l\u2019oreille bien ouverte et les mains agiles, tu peux d\u00e9poser toutes tes craintes en leurs seins, elles te les seront rendues tranquillis\u00e9es. Va, je ne t\u2019en veux point, les po\u00e8tes voient mieux le monde que les alchimistes, c\u2019est le sens de notre existence.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2>Sc\u00e8ne 2<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Entre Fiona, un tract \u00e0 la main<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona, <em>lisant<\/em> : Le Conseil vous vend du bonheur, vous vend du rire et du go\u00fbt, vous parle de d\u00e9licieux produits sans danger pour vous, un simple plaisir. Le Conseil vous dit que seule la consommation excessive de veritas est dangereuse et que les t\u00e2ches sont un signe de laisser-aller. On vous raconte que vous ne risquez rien, que vous allez bien, que c\u2019est la quantit\u00e9 qui tue mais qu\u2019elle est immense. Mais c\u2019est faux. Aussi faux que les chats aboient et que les canards chassent en meutes. Oui, la quantit\u00e9 tue mais elle est constamment atteinte. Chaque jour. Parce que la veritas est partout, dans chaque baguette de pain, dans chaque tarte, dans chaque fruit, dans chaque l\u00e9gume, dans chaque \u00e9pice, dans chaque morceau de viande. Ceux qui vous vendent votre nourriture en rajoutent partout parce que le roi les condamne s\u2019ils ne le font pas. Ceux qui vous disent que ce n\u2019est pas dangereux sont ceux qui s\u2019enrichissent quand vous en achetez. Ceux qui sont persuad\u00e9s que \u00e7a vous condamne sont r\u00e9duits de force au silence. La r\u00e9alit\u00e9 est celle-ci, la v\u00e9rit\u00e9 a un couteau sous la gorge et ne peut s\u2019exprimer. Aujourd\u2019hui, la v\u00e9rit\u00e9 a d\u00e9cid\u00e9 de risquer sa vie pour s\u2019exposer \u00e0 vous, pour vous montrer le mensonge qui nous pollue tous : on vous dit que les taches sont la preuve de la pourriture int\u00e9rieure mais des milliers d\u2019entre vous pourrissent sans m\u00eame en avoir la moindre trace. Les taches sont mises de c\u00f4t\u00e9 alors que des milliers d\u2019autres ont les m\u00eames entrailles et le m\u00eame sang. La v\u00e9rit\u00e9 est l\u00e0 : nous sommes tous en danger. (<em>Elle pose le tract sur le plan de travail.<\/em>) Eh bien, c\u2019est tout vu.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Elle prend le sac de veritas et sort avec<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h2>Sc\u00e8ne 3<\/h2>\n\n\n\n<p>Alice : Bonjour, Messieurs. Je venais m\u2019enqu\u00e9rir de l\u2019avanc\u00e9e de vos recherches et de vos affaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Keys : Tout se passe tr\u00e8s bien, Votre Altesse.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Vraiment ? Aucun probl\u00e8me ? D\u2019aucune sorte ?<\/p>\n\n\n\n<p>Piper : Disons que les rebelles commencent \u00e0 prendre de la place\u2026 Ils n\u2019ont pas encore de preuves de ce qu\u2019ils avancent mais ils parlent bien.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Pas encore de preuves ? Pensez-vous qu\u2019ils puissent en avoir ?<\/p>\n\n\n\n<p>Stare : Non, bien s\u00fbr, nos recherches sont formelles sur la s\u00e9curit\u00e9 de notre produit. Piper s\u2019exprime mal, c\u2019est encore un enfant.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Peut-\u00eatre devrions-nous leur donner les moyens de faire leurs propres recherches, pour l\u2019honneur de la science ?<\/p>\n\n\n\n<p>Stare : Ce sont des menteurs, Votre Altesse, ne tombez pas ainsi dans leur pi\u00e8ge. Ils ne veulent rien d&rsquo;autre que l\u2019argent.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Quel argent ? C\u2019est vous qui en gagnez en vendant la veritas.<\/p>\n\n\n\n<p>Keys : Vous n\u2019\u00eates pas famili\u00e8re des affaires, Votre Altesse, vous ne comprenez pas tout.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice, <em>\u00e0 part<\/em> : Pour ne pas dire que je suis compl\u00e8tement stupide\u2026 (<em>A Keys :<\/em>) Oui, s\u00fbrement\u2026 Si vous dites que tout va bien, je vous crois. Je ne vous d\u00e9range pas plus. (<em>Elle sort<\/em>.)<\/p>\n\n\n\n<p>Stare : Je n\u2019aime pas \u00e7a\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Keys : C\u2019est une femme, elle ne comprend rien \u00e0 ce que nous faisons.<\/p>\n\n\n\n<p>Stare : Ne soyez pas si s\u00fbr de vous, Monsieur. S\u2019il est vrai que la plupart des femmes n\u2019emploient pas leur peu de cervelle \u00e0 autre chose que des chiffons, certaines, peut-\u00eatre sont-elles un peu hommes, pensent et r\u00e9fl\u00e9chissent. Rien ne dit que la princesse n\u2019est pas de ce genre. Piper, je vais vous demander une faveur. Allez dire au duc d\u2019Herver, votre ami, qu\u2019elle l\u2019aime et qu\u2019elle veut l\u2019\u00e9pouser. Que c\u2019est un secret, qu\u2019elle le cache absolument. Idiot et fou d\u2019amour qu\u2019il est, elle n\u2019est pas pr\u00eate de faire deux pas sans qu\u2019il soit sur ses talons.<\/p>\n\n\n\n<p>Piper : Quelle bonne id\u00e9e, Monsieur le duc ! Je ferai \u00e7a avec plaisir ! (<em>Ils sortent.<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<h2>Sc\u00e8ne 4<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Alice et Fiona sont assises dans l\u2019herbe, pr\u00e8s du fleuve, dans un coin de for\u00eat. Elles mangent et boivent du th\u00e9<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice, <em>se laissant tomber avec joie, la t\u00eate sur les cuisses de Fiona<\/em> : Mon dieu, ma tr\u00e8s ch\u00e8re Fiona ! Si tu savais comme je suis \u00e9puis\u00e9e ! Il n\u2019y a que toi pour m\u2019\u00e9couter ainsi !<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Le monde ne tourne rond pour personne en ce moment\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Est-ce pour \u00e7a que nous sommes ici, assises en for\u00eat, au lieu d\u2019\u00eatre dans ta boutique ? Je ne dis rien, cet endroit est charmant.<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Ma boutique m\u2019a \u00e9t\u00e9 prise, Alice. J\u2019ai jet\u00e9 la veritas dans le fleuve, Mals l\u2019a appris et elle m\u2019a d\u00e9nonc\u00e9e. Donc, non seulement la boutique n\u2019est plus \u00e0 moi mais moi-m\u00eame, je n\u2019ai plus qu\u2019un sac comme abri.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Ma pauvre petite fleur\u2026 (<em>Elle se rel\u00e8ve et prend les mains de Fiona dans les siennes.<\/em>) Je vais te trouver une solution, ne te fais pas de souci.&nbsp; Je connais du monde, je ne te laisserai pas ainsi.<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Ne risque pas ton royaume pour moi, je me d\u00e9brouillerai.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice, <em>\u00e0 part<\/em> : Si tu savais ce que je risquerais pour toi, tu serais terrifi\u00e9e et tu me fuirais \u00e0 grandes enjamb\u00e9es. (<em>\u00c0 Fiona<\/em> \ud83d\ude42 Ne t\u2019en fais pas. Je sais ce que je fais. (<em>Elle se tait quelques secondes<\/em>.) D\u2019autant que je risque de ne pas avoir la moindre minute \u00e0 te consacrer dans les prochains jours\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Une mission diplomatique ?<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Pas vraiment mais quelque part, oui, tu as raison. Un bal. Pour que je trouve un mari. Pour h\u00e9riter. Bon, c\u2019est une b\u00eatise. Un homme ne dirige pas mieux qu\u2019une femme, si ce n\u2019est pas moins bien encore\u2026 Et les ducs ! Tu n\u2019as jamais rencontr\u00e9 quelqu\u2019un de plus \u00e9motif qu\u2019un duc ! Toujours \u00e0 craindre une menace, toujours \u00e0 s\u2019offusquer de tout, toujours \u00e0 parler. Oui, comme les femmes ! (<em>Elle rit<\/em>.) Quels hypocrites que les hommes\u2026 Moquer un comportement chez une femme et le valoriser chez eux\u2026 Enfin, tu en connais.<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Tr\u00e8s peu. Je n\u2019ai pas de p\u00e8re et de fr\u00e8re et aucune des femmes de ma famille n\u2019est mari\u00e9e. Mais je veux bien te croire.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : J\u2019ai bien quelques amis mais tu sais, ils ne sont pas exempts de d\u00e9fauts. Je veux dire, je connais Gary, l\u2019un des po\u00e8tes qui \u00e9crit les affiches, depuis ma plus tendre enfance. C\u2019est un ancien duc, son p\u00e8re l\u2019a reni\u00e9. Eh bien, je l\u2019appr\u00e9cie beaucoup mais parfois\u2026 Il est plein de confiance sur des sujets qu\u2019il ne conna\u00eet pas et je n\u2019aime pas \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Tu connais les rebelles ?<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Pas tous, non. Gary et Robert, le m\u00e9decin du palais.<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Il y a donc des rebelles dans les proches du roi.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Bien s\u00fbr. Dans la haute noblesse surtout. Les femmes y r\u00e9fl\u00e9chissent beaucoup et sont moins aptes \u00e0 agir pour l\u2019argent, elles ne peuvent pas en gagner. Aussi, elles sont plus facilement victimes du veritas. Tu sais, on nous dit beaucoup d\u2019\u00eatre minces et belles. De manger peu et sain. Alors nous mangeons beaucoup de produits avec de la veritas, c\u2019est meilleur au go\u00fbt et on nous le conseille avec empressement. Nous pourrissons plus qu\u2019eux alors que nous devons \u00eatre parfaites. Ainsi, les femmes ne veulent plus de cette obligation de mourir pour vivre.<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Et elles ont bien raison. Mais les femmes du peuple devraient agir aussi. Je veux faire plus qu\u2019enflammer des stocks de veritas, Alice. Donne-moi quelque chose \u00e0 faire ! Qu\u2019importe si j\u2019y risque ma vie, je veux qu\u2019elle serve au moins \u00e0 sauver celles des autres. (<em>Elle murmure en glissant sa main dans la manche d\u2019Alice pour caresser sa peau<\/em>.) Et la tienne, plus que les autres.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Alice s\u2019\u00e9carte brutalement, arrachant son bras de la main de Fiona et se rel\u00e8ve. La peau de son poignet est tach\u00e9e de bleu sombre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Fiona<em>, se levant \u00e0 son tour<\/em> :<em> <\/em>Il n\u2019est pas n\u00e9cessaire d\u2019\u00eatre aussi effray\u00e9e, Alice. J\u2019aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 que tu m\u2019en parles avant mais ce n\u2019est rien de\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><em>Alice s\u2019enfuit de la sc\u00e8ne en courant<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h1><strong>Acte III<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<h2>Sc\u00e8ne 1<\/h2>\n\n\n\n<p><em>La salle est pleine de nobles qui parlent et dansent<\/em>. <em>Devant la sc\u00e8ne, Alice boit un verre, les yeux dans le vague. S\u2019approche Pierre, le duc d\u2019Herver.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pierre : Bonjour, ma belle dame. La belle des belles.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Cette phrase est d\u00e9plac\u00e9e et bien mal \u00e0 propos. Que voulez-vous, cher cousin ?<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre : Vous saluer, vous dire que vous \u00eates charmante dans cette robe. Vous brillez telle une arm\u00e9e de lucioles dans la nuit noire.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Par la foudre, Pierre, cessez cela ! Je ne veux pas de vous, mon c\u0153ur est \u00e0 quelqu\u2019un d\u2019autre. Autre que vous n\u2019\u00eates pas \u00e0 dix lieues d\u2019approcher.<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre : Pourtant, je sais, ma douce.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Que savez-vous ? Pas \u00e0 vous tenir de toute \u00e9vidence.<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre : Donnez-moi votre main que je la baise.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Non. Merci mais non. (<em>Il prend sa main de force<\/em>.) Cessez donc cela, je vous pensais mieux \u00e9duqu\u00e9 ! (<em>Elle se d\u00e9bat le plus discr\u00e8tement possible.<\/em>) L\u00e2chez-moi !<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre : Je veux vous \u00e9pousez, Madame. Je suis s\u00fbr que nous serons tr\u00e8s heureux ensemble.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Elle s\u2019\u00e9chappe de son emprise mais il la retient par l\u2019\u00e9paule. Ce faisant, il arrache une partie de sa robe, d\u00e9voilant son dos.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pierre, <em>reculant<\/em> : Vous \u00eates\u2026 Que dire ?! Que puis-je dire qui traduise l\u2019horreur de ce que je vois ?!<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Qu\u2019avez-vous fait, imb\u00e9cile ? Aidez-moi \u00e0 me rhabiller au lieu de vous offusquer !<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre : Je refuse de vous toucher ! Comment savoir si ce n\u2019est pas contagieux ?! Quelle horreur !<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ses exclamations font taire les invit\u00e9s qui tournent la t\u00eate vers eux<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Arr\u00eatez donc de hurler comme une truie, vous manquez de d\u00e9cence. (<em>Sa voix perd en volume.<\/em>) Aidez-moi. (<em>Elle recule vers la sortie<\/em>.) Ce n\u2019est pas ce que vous croyez. (<em>Enfin, elle se d\u00e9tourne et sort, en courant.<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p>Manuel Ier : Quelle surprise ! Comment imaginer que ma propre fille puisse s\u2019\u00eatre soumise \u00e0 un tel abandon pour \u00eatre tach\u00e9e ainsi ! (<em>Il porte une main \u00e0 son c\u0153ur et vacille<\/em>.) C\u2019est trop de douleur pour mon c\u0153ur ! (<em>Il est rattrap\u00e9 par Stare.<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p>Stare : Ne vous en faites pas, nous allons trouver un moyen de la raisonner. Les femmes se languissent quand elles ne sont pas mari\u00e9es, elles s\u2019abandonnent si elles ne sont pas d\u00e9sir\u00e9es par un homme. Mais quel homme accepterait d\u2019\u00e9pouser une femme d\u00e9j\u00e0 souill\u00e9e ainsi\u2026 ? C\u2019est regrettable\u2026 Mais ne vous en faites pas, nous allons nous en occuper.<\/p>\n\n\n\n<h2>Sc\u00e8ne 2<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Fiona est assise dans un salon, avec une femme noble, Dame Christin. Quelqu\u2019un frappe \u00e0 la porte puis Alice entre. En voyant Fiona, elle fait demi-tour mais Dame Christin la rattrape, la force \u00e0 s\u2019asseoir \u00e0 sa place, sur son fauteuil et sort. Silence.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Tu as l\u2019air horrifi\u00e9e, Alice. S\u2019est-il pass\u00e9 quelque chose durant le bal ?<\/p>\n\n\n\n<p><em>Alice ne r\u00e9pond pas, elle se mord l\u2019ongle du pouce<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Dis-moi. Tu sais bien que je t\u2019\u00e9couterais. (<em>Elle se penche pour toucher sa main de la sienne<\/em>.) Ne reste pas muette ainsi, je peux t\u2019aider.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice, <em>\u00e9clatant en sanglots <\/em>: Je savais bien que \u00e7a se passerait mal ! Ils ont vu, Fiona, ils ont vu !<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Oh, Alice\u2026 Ne pleure pas, je suis l\u00e0. C\u2019est un probl\u00e8me mais nous y penserons plus tard. Oublie cela pour le moment, viens dormir avec moi. (<em>Elle la l\u00e8ve et la couche sur le lit<\/em>.) Comme tu es belle, Alice. Tu l\u2019ignores ? Ou bien tu penses le contraire ? Eh bien je te le dis. Et je te le redirais \u00e9ternellement, pour que tu ne l\u2019oublies pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Mais tous les autres me disent et me diront le contraire.<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Choisis bien \u00e0 qui tu pr\u00eates l\u2019oreille. Ma voix ne t\u2019est pas plus ch\u00e8re que celles des autres ? Ne sonne-t-elle pas plus juste et plus vraie ? N\u2019as-tu pas davantage envie d\u2019y pr\u00eater foi ?<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Si, bien s\u00fbr. Je pr\u00eate serment \u00e0 chacun de tes mots, tu le sais bien.<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Alors, ne perds pas confiance. Si tu es perdue, suis ma voix comme \u0152dipe a suivi Antigone. Tu n\u2019as rien \u00e0 craindre du monde et le monde a tout \u00e0 craindre de nous.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Je veux bien te croire. Non\u2026 Je voudrais bien te croire, Fiona\u2026 Mais leurs mots en moi ont creus\u00e9 un puits si profond\u2026 Le remplir de tes mots serait si long\u2026 Je peine \u00e0 l\u2019esp\u00e9rer. (<em>Elle soupire<\/em>.) Je ne te comprends pas. Je ne comprends pas comment mon reflet dans un miroir et celui dans tes yeux sont si diff\u00e9rents\u2026 (<em>Silence<\/em>. Alice se redresse, pr\u00eate \u00e0 partir.) Je vais essayer de rentrer, d\u2019arranger les choses. Ma famille va essayer de le cacher, je crois que je devrais me soumettre \u00e0 leurs d\u00e9cisions.<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Je suis bien d\u2019accord. La r\u00e9bellion a besoin de toi au palais. Mais\u2026 (<em>Elle rattrape la main d\u2019Alice et l\u2019attire de nouveau contre elle.<\/em>) Cessons de parler de cela, il sera temps demain. Je veux parler de nous.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : De nous ? Que veux-tu en dire ? Peut-on mettre des mots sur \u00ab nous \u00bb qui ne trahissent pas la v\u00e9rit\u00e9 des gestes et des \u00e9motions ?<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Je ne sais pas bien. Je crois qu\u2019on peut essayer mais\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Mais nous n\u2019approcherons pas de l\u2019exactitude du nous. A quoi bon les mots s\u2019ils ne sont pas exacts ?<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Tu ne veux pas parler ? Alors ne parlons pas.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Elles se taisent et s\u2019enlacent.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2>Sc\u00e8ne 3<\/h2>\n\n\n\n<p>Manuel, <em>alit\u00e9<\/em> : Dites-moi ma reine\u2026 Comment avez-vous pu laisser Alice se perdre ainsi ?<\/p>\n\n\n\n<p>Gina : Par piti\u00e9, Manuel, ne me dites pas que vous pensez que c\u2019est de ma faute ? Je l\u2019ai surveill\u00e9e, cette petite, je l\u2019ai couverte d\u2019or et d\u2019attentions, de droits et de devoirs. Mais elle est un peu\u2026 (<em>Une pause<\/em>.) Elle pense beaucoup.<\/p>\n\n\n\n<p>Manuel : Il faut la marier. Mais qui voudra bien d\u2019elle, souill\u00e9e ainsi ?<\/p>\n\n\n\n<p>Gina : Il ne faut pas la marier, il faut l\u2019occuper. Laissez-la fr\u00e9quenter le <em>Consilium<\/em>, elle va apprendre.<\/p>\n\n\n\n<p>Manuel : Elle doit apprendre \u00e0 se ma\u00eetriser, une future reine ne peut pas agir ainsi ! Quand elle rentrera, \u2026<\/p>\n\n\n\n<p><em>Un domestique entre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le domestique : Votre fille est rentr\u00e9e, Votre Altesse.<\/p>\n\n\n\n<p>Manuel : Qu\u2019elle vienne, nous avons \u00e0 parler !<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le domestique sort. Alice entre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Manuel : Si tu savais comme je suis d\u00e9\u00e7u, ma fille\u2026 Je pensais t\u2019avoir \u00e9lev\u00e9e correctement, avec des valeurs et\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Ne sois pas si dramatique. Je n\u2019ai encore rien commis de r\u00e9ellement honteux.<\/p>\n\n\n\n<p>Manuel : Tout le monde en parle.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Pleins de femmes sont tach\u00e9es, et leurs maris sont au courant. Il faut juste un mouton \u00e0 sacrifier, c\u2019est \u00e7a ?<\/p>\n\n\n\n<p>Manuel : Je veux que tu fasses bonne impression, il en va de ma r\u00e9putation en tant que roi.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice, <em>\u00e0 part<\/em> : Ma sant\u00e9 par contre\u2026 (<em>Au roi<\/em>) Je ferai bonne impression, je te le promets. (<em>\u00c0 part<\/em>) Pour combien de temps ? Tu n\u2019en sais rien. (<em>Elle sort.<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<h2>Sc\u00e8ne 4<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Dame Christin prend la parole devant le Consilium Veritatis, le roi, la reine et les principaux nobles du palais dont Alice et Pierre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dame Christin : Il y a quelques mois, des affiches et des tracts ont commenc\u00e9 \u00e0 circuler dans la ville pour d\u00e9noncer les mensonges de <em>Consilium<\/em>. Quelques ann\u00e9es auparavant, les femmes de la noblesse et quelques hommes alli\u00e9s ont commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir au r\u00e9el impact de la veritas sur nos corps. Nous avons vu de l\u2019encre fleurir sur nos peaux comme un sombre aconit v\u00e9n\u00e9neux. Nous avons vu des maladies na\u00eetre et tuer dans le sein de cr\u00e9atures innocentes qui n\u2019avaient pas la marque criminelle du poison dessin\u00e9e sur la peau. Qu\u2019est-ce que cela signifie ? Que la maladie n\u2019avait rien \u00e0 voir avec la veritas ? Ne criez pas oui trop vite, chers Messieurs. Leurs entrailles \u00e9taient plus sombres que le Tartare, plus pourries encore que le plus vieux de nos cadavres. Un parfum de d\u00e9composition avait envahi la pi\u00e8ce et nos narines, alors que l\u2019individu n\u2019avait rendu l\u2019\u00e2me que quelques heures auparavant. Nous n\u2019aurions pas \u00e9t\u00e9 surpris d\u2019y voir s\u2019agiter une l\u00e9gion de vers et d\u2019insectes grouillants. L\u2019obscur cobalt de son ventre n\u2019avait pas atteint sa peau, Messieurs. Elle semblait aussi saine et pleine de sant\u00e9 que le ch\u00e9rubin de vos tableaux. Vous \u00eates donc des menteurs. Des beaux parleurs qui n\u2019\u00e9tudiez que ce qui vous donne le beau r\u00f4le. Mais ce que vous avez fait de notre plante de vertu est un crime, Messieurs. Votre ambition nous tue tous et votre mensonge ne peut que nous enfoncer dans l\u2019ab\u00eeme que vous avez cr\u00e9\u00e9. Vous n\u2019\u00eates que des d\u00e9mons avides et vides d\u2019\u00e9motions, retournez en Enfer, l\u00e0 o\u00f9 est votre place.<\/p>\n\n\n\n<h2>Sc\u00e8ne 5<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Alice rejoint Fiona pr\u00e8s du lac en courant<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Tout a d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 ! Mon p\u00e8re et le conseil sont en train de faire n\u2019importe quoi !<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Commence par respirer, je crois que c\u2019est le principal pour le moment. Ensuite, qu\u2019entends-tu par \u00ab faire n\u2019importe quoi \u00bb ?<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Christin est actuellement en route vers la Tour de Bellevue, l\u00e0 o\u00f9 sont enferm\u00e9s les dissidents politiques. Et des milices et des enqu\u00eateurs cherchent les autres, les po\u00e8tes, les alli\u00e9s, les m\u00e9c\u00e8nes, tous ceux et toutes celles qui ont pu aider, de pr\u00e8s ou de loin, \u00e0 la r\u00e9bellion. Je veux que tu te caches, Fiona. Ils vont savoir pour les sacs et pour les feux dans les champs.<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Je ne veux pas me d\u00e9filer maintenant. Je me bats depuis des semaines, c\u2019est trop tard. Si nous nous cachons, tout cela n\u2019aura servi \u00e0 rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Mais te perdre m\u2019est insupportable, Fiona ! Laisse-moi mener \u00e0 bien quelque chose ! Au moins une chose. Une seule. Je doute que nous puissions vaincre mais je peux au moins te sauver.<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Mais je n\u2019ai pas besoin d\u2019\u00eatre sauv\u00e9e. Je ne suis pas une fille en d\u00e9tresse que tu dois secourir sur ton cheval blanc. Je peux me battre, je veux me battre et je veux vaincre. Je n\u2019effleure m\u00eame pas du bout de l\u2019esprit que le Conseil gagne cette bataille. Nous allons b\u00e2tir notre tr\u00f4ne sur leur mort, Alice, je ne crains rien de cela.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice, <em>apr\u00e8s un silence<\/em> : Tu veux les tuer ?<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Et toi ? Que veux-tu ? As-tu un plan ? N\u2019importe quelle autre id\u00e9e. (<em>Silence<\/em>.) As-tu, Alice, une miette d\u2019id\u00e9e qui m\u2019emp\u00eachera de les assassiner ?<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Non. Parce qu\u2019ils ne cesseront jamais d\u2019eux-m\u00eames. Tu as raison : \u00e0 grand poison, quantit\u00e9 de rem\u00e8des. Veux-tu que nous abattions la faux par nous-m\u00eame ou pr\u00e9f\u00e8res-tu que je d\u00e9l\u00e8gue l\u2019acte ?<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Je crois que d\u00e9l\u00e9guer ne fait que fausser la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019un crime. Il faut avoir les mains pourpres pour que l\u2019esprit en voit la couleur. J\u2019irai. Pas au hasard, pas sans \u00eatre pr\u00eate mais j\u2019irai. Je te laisse simplement organiser la rencontre, je crois que tu les connais mieux que moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Bien s\u00fbr. Tout sera pr\u00eat demain soir.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Elles s\u2019enlacent et sortent<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h1><strong>Acte IV<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<h2>Sc\u00e8ne 1<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Des passants dans la rue, devant les affiches<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Premier passant : Tout est trop compliqu\u00e9. Les po\u00e8tes s\u2019amusent trop avec les mots pour que je les comprenne.<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8me passant : Je pr\u00e9f\u00e8re cela au mensonge. Enfin, je comprends bien que le conseil a disparu.<\/p>\n\n\n\n<p>Premier passant : Disparu ? Massacr\u00e9 plut\u00f4t. On les a bien retrouv\u00e9s. \u00c0 la trace. Mais quant \u00e0 les reconna\u00eetre\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8me passant : Je me dis quand m\u00eame que c\u2019\u00e9tait m\u00e9rit\u00e9. Pour nous avoir empoisonn\u00e9s durant tout ce temps. Je veux dire que Le Ma\u00eetre renvoie au Malin ses fid\u00e8les. Regarde ? c\u2019est \u00e9crit l\u00e0 : \u00ab Vous n\u2019\u00eates que des d\u00e9mons avides et vides d\u2019\u00e9motions, retournez en Enfer, l\u00e0 o\u00f9 est votre place. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Premier passant : Tr\u00e8s beau, tr\u00e8s intense, ce texte. (<em>Il lit le nom de l\u2019autrice \ud83d\ude42<\/em> Dame Christin. (<em>Silence<\/em>.) Trop intense. Les preuves manquent un peu, beaucoup de larmes quand m\u00eame\u2026 Mais c\u2019est bien pour une femme.<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8me passant : On peut dire ce que l\u2019on veut sur les femmes, je suis convaincu. J\u2019ai bien vu en vrai ce ph\u00e9nom\u00e8ne, une enfant toute sombre en dedans et rien sur la peau. Terrifiant.<\/p>\n\n\n\n<p>Premier passant : Au moins, l\u2019affaire est r\u00e9gl\u00e9e, nous sommes sauv\u00e9s. Rentrons, ma femme a pr\u00e9par\u00e9 une dinde pour le repas.<\/p>\n\n\n\n<h2>Sc\u00e8ne 2<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Alice, \u00e0 son bureau en train d\u2019\u00e9crire une lettre. Entre Pierre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pierre : Alice, par le Ma\u00eetre, c\u2019est affreux !<\/p>\n\n\n\n<p>Alice, <em>sans relever la t\u00eate vers lui<\/em> : Bonjour cher cousin. Que puis-je pour vous ?<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre : Votre p\u00e8re est mort !<\/p>\n\n\n\n<p><em>Il tombe sur la chaise en face d\u2019Alice.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Voil\u00e0 qui est bien dramatique. J\u2019en suis afflig\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre : Le pays se trouve sans roi !<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Nous trouverons rapidement quelqu\u2019un pour le remplacer, ne vous en faites pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre : Vous devez vous marier.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice, <em>rel\u00e8ve brutalement la t\u00eate<\/em> : Ah oui ? Et pour quelle raison, je vous prie ?<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre : Pour le tr\u00f4ne. Vous \u00eates son h\u00e9riti\u00e8re, c\u2019est par vous qu\u2019un homme deviendra roi.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Par moi ? Un roi ? Ne soyez pas aussi stupide. Il n\u2019y aura aucun roi sur le tr\u00f4ne jusqu\u2019\u00e0 ma mort.<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre : Vous ne pouvez pas pr\u00e9tendre \u00e0 gouverner seule, c\u2019est d\u2019une absurdit\u00e9 sans nom !<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Eh bien quoi ? Croyez-vous qu\u2019un seul homme ici a re\u00e7u une meilleure \u00e9ducation que moi \u00e0 ce sujet ? Donnez-moi son nom s\u2019il existe.<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre : Le pouvoir coule dans les veines des hommes.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : C\u2019est bien le sang de mon p\u00e8re que je poss\u00e8de, Pierre. C\u2019est bien un sang d\u2019homme qui coule en moi. Je serai reine et je ne laisserai personne s\u2019y opposer.<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre : Ce n\u2019est pas ainsi que\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Toi non plus, cousin. Tu seras la deuxi\u00e8me t\u00eate que je couperai si tu remets encore en cause mes d\u00e9cisions. Appelle ma m\u00e8re, je dois organiser mon couronnement. Allez, plus vite que \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Pierre sort en courant.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2>Sc\u00e8ne 3<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Entre la reine Gina accompagn\u00e9e de Pierre, qui reste pr\u00e8s de la porte.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Gina : Alice ? Tu refuses donc de te marier, c\u2019est bien cela ?<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Pas de me marier, de prendre \u00e9poux. Et Pierre, je ne veux m\u00eame pas en parler.<\/p>\n\n\n\n<p>Gina : Qui veux-tu donc \u00e9pouser si ce n\u2019est un homme ?<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : J\u2019ai bien mon id\u00e9e. Je veux donc un grand mariage, tr\u00e8s beau, que tout le monde puisse venir. Et nous ferons le couronnement \u00e0 ce moment-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Gina : Il te faut \u00e9pouser un homme pour devenir reine. Nous ne pouvons pas\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Bien s\u00fbr que nous pouvons. Je d\u00e9cide que je serai couronn\u00e9e reine, m\u00eame sans prendre \u00e9poux. Je suis l\u2019h\u00e9riti\u00e8re, je fais ce que je veux.<\/p>\n\n\n\n<p>Gina : Ce serait un scandale.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Tu crois que cela peut faire plus de bruit que le poison \u00e0 la veritas et l\u2019assassinat du conseil et du roi ? Ils ont besoin de quelqu\u2019un sur le tr\u00f4ne, ils se contenteront de moi. Je n\u2019ai pas peur, je ne crains rien. Vous \u00eates les deux seuls \u00e0 vous y opposer mais vous n\u2019avez aucun pouvoir. Je suis seule devant la couronne et le reste des nobles me soutient. Qu\u2019allez-vous faire ?<\/p>\n\n\n\n<p>Gina : Rien. Fais comme bon te semble. Je n\u2019ai rien \u00e0 te dire.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Merci. Et\u2026 Pierre, veux-tu sortir ? (Pierre sort.) Je t\u2019assure que je prendrai soin du tr\u00f4ne et que les choses changeront pour nous.<\/p>\n\n\n\n<p>Gina : Nous ?<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Nous, les femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Gina : Tu n\u2019y penses pas s\u00e9rieusement ? Les choses sont ainsi depuis des centenaires, Alice, nous ne pourrons rien changer.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Parce qu\u2019aucune femme n\u2019a jamais essay\u00e9. C\u2019est mon tour et je te promets que tu seras fi\u00e8re de moi. L\u2019histoire contiendra mon nom et ne m\u2019oubliera pas.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Gina soupire et prend sa fille dans ses bras.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2>Sc\u00e8ne 4<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Salle du tr\u00f4ne. Alice est sur le tr\u00f4ne du roi, une lourde couronne sur la t\u00eate et Gina est \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elle. Devant elles, tous les po\u00e8tes et Dame Christin sont l\u00e0, \u00e0 genoux. Entre Fiona, elle porte une tr\u00e8s belle robe rouge et une couronne, comme Alice.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Alice, <em>se l\u00e8ve, souriante et descend les marches<\/em> : Ma tr\u00e8s ch\u00e8re reine, nous n\u2019attendions plus que vous. (<em>Elle prend sa main, embrasse son front et la fait asseoir pr\u00e8s d\u2019elle, sur le tr\u00f4ne de la reine.<\/em>) Il est temps aujourd\u2019hui de r\u00e9compenser nos h\u00e9ros pour avoir lib\u00e9rer le royaume du cruel poison qui nous tuait sans piti\u00e9 et de ceux qui nous l&rsquo;ont impos\u00e9. Pour ceux qui le souhaitent, le privil\u00e8ge de la noblesse, celui du conseil ou celui de la libert\u00e9. Je d\u00e9sire que chacun puisse \u00eatre r\u00e9compens\u00e9 selon ses d\u00e9sirs et ses qualit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Yoni : La libert\u00e9 pour moi, Votre Majest\u00e9. Je ne d\u00e9sire rien davantage que d\u2019\u00e9crire au nom de la v\u00e9rit\u00e9 et d\u2019\u00eatre libre pour cela. Je veux pouvoir me balader l\u00e0 o\u00f9 le vent me porte et l\u00e0 o\u00f9 la justice m\u2019appelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Gary : Rien n\u2019est plus beau que de combattre pour ce que l\u2019on croit juste. Et malgr\u00e9 toute l\u2019amiti\u00e9 que j\u2019ai pour vous, ma tr\u00e8s ch\u00e8re Alice, je d\u00e9sire \u00e9galement rejoindre les routes afin de balayer les monts et les plaines de ma plume.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Je ne vous retiens pas, si le devoir et le c\u0153ur vous appellent. Chaque mont et chaque vall\u00e9e, comme tu le dis si bien, vous seront accessibles en toute amiti\u00e9, acceptez au moins cela.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Gary et Yoni hochent la t\u00eate<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Robert : Je ne d\u00e9sire rien de plus que de ne rien changer. Je ne souhaite que de continuer \u00e0 exercer mon m\u00e9tier aupr\u00e8s de vous et de votre reine. Pr\u00e9servez, je vous en prie, ma volont\u00e9 de vieillard.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La manche d\u2019Alice tombe de son \u00e9paule, d\u00e9voilant ses taches. Elle la replace, sans sembler s\u2019en soucier.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Ne t\u2019en fais pas, cher ami, je respecterai tes v\u0153ux.<\/p>\n\n\n\n<p>John : La canne \u00e0 veritas poss\u00e8de de v\u00e9ritables vertus, je voudrais travailler \u00e0 une version de la veritas qui puisse \u00eatre b\u00e9n\u00e9fique \u00e0 l\u2019homme, voire \u00e0 am\u00e9liorer sa sant\u00e9. Un laboratoire de recherches \u00e0 ce sujet pourrait \u00eatre tr\u00e8s utile \u00e0 notre pays, notamment afin de r\u00e9\u00e9quilibrer les pertes li\u00e9es \u00e0 la destruction du poison.<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Je vous laisserais le soin de recruter vos assistants, Monsieur, je vous verserais seulement l\u2019argent n\u00e9cessaire. Votre t\u00e2che est noble, je compte sur vous.<\/p>\n\n\n\n<p><em>John s\u2019incline, souriant.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dame Christin : De m\u00eame, Alice, tu n\u2019ignores rien de mes d\u00e9sirs. Rien ne me plairait davantage que de rester \u00e0 tes c\u00f4t\u00e9s et de continuer mon r\u00f4le d\u2019\u00e9ducation aupr\u00e8s des femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Fiona : Nous pourrions envisager la cr\u00e9ation d\u2019un conseil afin de redistribuer les grandes composantes d\u2019un gouvernement. Un r\u00f4le enti\u00e8rement d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9ducation, qui serait le v\u00f4tre Dame Christin, un autre \u00e0 l\u2019\u00e9conomie, \u00e0 la justice\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Gina : Il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 question de ce genre de proc\u00e9d\u00e9s r\u00e9volutionnaires. Tu ne peux pas\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Alice : Nous ne sommes pas seuls au monde et c\u2019est tant mieux. Fiona a raison, il y a tellement d\u2019autres mod\u00e8les que le n\u00f4tre qui peuvent nous aider \u00e0 nous am\u00e9liorer. Maintenant que la veritas n\u2019est plus un probl\u00e8me, nous pouvons nous concentrer sur notre peuple. Il y a des choses \u00e0 changer, de l\u2019\u00e9ducation \u00e0 donner et de l\u2019argent \u00e0 redistribuer. La manipulation et la corruption ne sont plus d\u2019actualit\u00e9, parce que je ne suis pas mon p\u00e8re et mon royaume ne sera pas le sien.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Noir.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Personnages : Fiona, boulang\u00e8re Miss Mals, sa belle-m\u00e8re Javotte, fille de Miss Mals Wendy, fille de Miss Mals Manuel Ier, le roi Dame Gina, sa femme, la reine Alice, leur fille Pierre, duc d\u2019Herver, son cousin Ancel, comte de Keys, alchimiste du Consilium Veritatis John, comte de Piper, alchimiste du Consilium Veritatis Frederic, duc de &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/sugarfanzz\/2023\/12\/11\/veritas\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Veritas&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1413,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/sugarfanzz\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25"}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/sugarfanzz\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/sugarfanzz\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/sugarfanzz\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1413"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/sugarfanzz\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=25"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/sugarfanzz\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":28,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/sugarfanzz\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25\/revisions\/28"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/sugarfanzz\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=25"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/sugarfanzz\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=25"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/sugarfanzz\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=25"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}