{"id":1728,"date":"2019-04-03T11:16:50","date_gmt":"2019-04-03T09:16:50","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/?p=1728"},"modified":"2019-04-03T11:16:50","modified_gmt":"2019-04-03T09:16:50","slug":"billet-2008-une-improbable-apotheose-universitaire-posthume-jean-jaures-et-luniversite-de-toulouse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/2019\/04\/03\/billet-2008-une-improbable-apotheose-universitaire-posthume-jean-jaures-et-luniversite-de-toulouse\/","title":{"rendered":"BILLET 2008 &#8211; Une improbable apoth\u00e9ose universitaire posthume&#8230; Jean Jaur\u00e8s et l\u2019Universit\u00e9 de Toulouse."},"content":{"rendered":"<h3>M\u00e9moire en stock \u00e0 la Facult\u00e9 des lettres. Une improbable apoth\u00e9ose universitaire posthume&#8230; <strong>Jean Jaur\u00e8s et l\u2019Universit\u00e9 de Toulouse.<\/strong><\/h3>\n<h4 style=\"text-align: right\">Philippe Delvit &#8211; Mission Archives UT1 &#8211; 2008<\/h4>\n<p>D\u00e9j\u00e0 acteur puissant dans la vie politique nationale et locale, d\u00e9put\u00e9 du Tarn, maire-adjoint de Toulouse, ce qui lui valut de repr\u00e9senter cette institution \u00e0 l\u2019inauguration de la nouvelle Facult\u00e9 des lettres, le 17 novembre 1892, Jean Jaur\u00e8s ne passa gu\u00e8re que cinq ans dans ces fonctions acad\u00e9miques.<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/p>\n<p>Son assassinat, le 31 juillet 1914, l\u2019acquittement-scandaleux m\u00eame en ne consid\u00e9rant que le seul droit-de son assassin en 1919, le transfert de ses cendres au Panth\u00e9on le 23 novembre 1924, font de lui, \u00e0 peine mort, un enjeu de m\u00e9moire.<\/p>\n<p>A gauche, le pacifisme, l\u2019hostilit\u00e9 autant \u00e0 la guerre qu\u2019au capitalisme, \u00ab\u00a0Le capitalisme porte en lui la guerre, comme la nu\u00e9e l\u2019orage\u00a0\u00bb\u00a0; plus tard (mais les morts ne parlent plus pour approuver ou d\u00e9nier), la revendication du patronage de Jaur\u00e8s, non sans raison fondatrice par un journal comme <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>, ou par des hommes comme Fran\u00e7ois Mitterrand, et tant d\u2019autres.<\/p>\n<p>A droite, la longue d\u00e9testation du tribun \u00e9tincelant, capable de bouleverser la Chambre et les d\u00e9put\u00e9s\u00a0; l\u2019hostilit\u00e9 au militant, celui qui avait fait du socialisme une option politique redoutable, sinon cr\u00e9dible, en cr\u00e9ant la SFIO en 1905, et celui qui avait lutt\u00e9 contre la loi des Trois ans, per\u00e7ue par la mouvance nationaliste comme l\u2019antidote au d\u00e9clin d\u00e9mographique de la France, face aux troupes mises en ligne par l\u2019arm\u00e9e allemande. <a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a><\/p>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019affrontement parisien qui a accompagn\u00e9 la c\u00e9r\u00e9monie au Panth\u00e9on, et les trois manifestations organis\u00e9es \u00e0 l\u2019occasion (l\u2019officielle, organis\u00e9e donc par le gouvernement du Cartel des gauches\u00a0; celle de la SFIC, le PC n\u2019ayant pas \u00e9t\u00e9 admis dans le cort\u00e8ge pr\u00e9c\u00e9dent\u00a0; celle de la droite nationaliste, tr\u00e8s hostile bien s\u00fbr), toutes les facettes de ce culte pour Jaur\u00e8s peuvent \u00eatre relev\u00e9es, avec une vari\u00e9t\u00e9 et une abondance qui d\u00e9fie l\u2019inventaire exhaustif.<\/p>\n<p>Le chant, Jacques Brel, magnifiquement, <em>Pourquoi ont-ils tu\u00e9 Jaur\u00e8s\u00a0?<\/em> (1977). Le film,\u00a0 Jean-Baptiste Bellsoleil, <em>Ils ont tu\u00e9 Jaur\u00e8s<\/em> (1963). <a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> Le spectacle, \u00e9vocation et mise sc\u00e8ne \u00e0 grande \u00e9chelle, <em>Ils ont tu\u00e9 Jaur\u00e8s<\/em>, pour le 80<sup>e<\/sup> anniversaire de sa mort, manifestation mont\u00e9e \u00e0 Carmaux, sur le site de la D\u00e9couverte et en plein air\u00a0: charbon, m\u00e9moire, mineurs, militants, spectateurs par milliers.<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a> Partout en France, les statues, les bustes, les places, les rues, les avenues, les coll\u00e8ges, les lyc\u00e9es, les mus\u00e9es, le Centre national Jean Jaur\u00e8s \u00e0 Castres, la Fondation Jean Jaur\u00e8s \u00e0 Paris\u00a0: profusion de la m\u00e9moire. <a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a> A Toulouse m\u00eame, une grande art\u00e8re de la ville (par proximit\u00e9 et plus tard la station de m\u00e9tro qui s\u2019ouvre \u00e0 l\u2019une de ses extr\u00e9mit\u00e9s)\u00a0; un monument, \u00e0 quelques m\u00e8tres du Capitole o\u00f9 Jaur\u00e8s a si\u00e9g\u00e9\u00a0; une plaque appos\u00e9e sur la maison dont il occupa un appartement, c\u00e9l\u00e8brent l\u2019homme, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019autres t\u00e9moignages.<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a><\/p>\n<p>Cette m\u00e9moire, R\u00e9my Pech,\u00a0 pr\u00e9sident de l\u2019Universit\u00e9 de Toulouse-le-Mirail, voulut l\u2019honorer en donnant le nom de Jean Jaur\u00e8s \u00e0 l\u2019institution qu\u2019il dirigeait, apr\u00e8s en avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9lu pr\u00e9sident.<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>\u00a0 Malgr\u00e9 les efforts d\u00e9ploy\u00e9s pendant son mandat, qu\u2019il pla\u00e7ait volontiers sous la m\u00e9moire des r\u00e9volt\u00e9s du Midi, les vignerons de\u00a0 1907, il ne put concr\u00e9tiser ce souhait et, presque, ce v\u0153u, des dossiers absolument prioritaires ne lui permettant pas d\u2019instruire cette d\u00e9dicace comme il le fallait. Jaur\u00e8s \u00e9tait pourtant d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent au sein de cette universit\u00e9, au moins en buste et par le tirage photographique de tr\u00e8s grand format qui accueillait les \u00e9tudiants dans les locaux albigeois de l\u2019Universit\u00e9 Toulouse le-Mirail. <a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a> Ce d\u00e9sir de m\u00e9moire \u00e9tait-il si isol\u00e9 dans le contexte universitaire toulousain?<\/p>\n<p>Jean Jaur\u00e8s fr\u00e9quenta deux des institutions de l\u2019Universit\u00e9 de Toulouse, telle qu\u2019elle existait \u00e0 la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Son appartenance au corps professoral de la Facult\u00e9 des lettres est l\u2019\u00e9vidence. Il passa aussi, comme \u00e9tudiant, sur les bancs de la Facult\u00e9 de droit de Toulouse. La chose \u00e9tait connue, m\u00eame si le professeur \u00e0 la toute voisine Facult\u00e9 des lettres a seulement pris les trois inscriptions r\u00e9glementaires de l\u2019ann\u00e9e 1892. <a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a> L\u2019essentiel n\u2019est pas l\u00e0, on se doute bien que la Facult\u00e9 de droit de jadis n\u2019a pas f\u00eat\u00e9 beaucoup le tribun, ni l\u2019universitaire, ni l\u2019homme.<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a><\/p>\n<p>Et la Facult\u00e9 des lettres\u00a0?<\/p>\n<p>Rien n\u2019est \u00e9crit dans les registres solennels destin\u00e9s \u00e0 enregistrer la vie de la Facult\u00e9, qui puisse permettre d\u2019imaginer une quelconque motion, prise de position, phrase de m\u00e9moire, geste de souvenir en direction de l\u2019ancien coll\u00e8gue assassin\u00e9 \u00e0 Paris le 31 juillet 1914, cela dans les semaines suivant imm\u00e9diatement l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Il est vrai que la guerre faucha de suite les jeunes hommes sortis de cette Facult\u00e9, comme elle avait, en quelque sorte, fauch\u00e9 Jaur\u00e8s par anticipation.<\/p>\n<p>En 1924, la panth\u00e9onisation de Jaur\u00e8s mit en \u00e9bullition les \u00e9tudiants de la Facult\u00e9. Chose \u00e0 l\u2019\u00e9poque surprenante, inconvenante, comme cela fut relev\u00e9 plus tard, deux p\u00e9titions circul\u00e8rent, en tout oppos\u00e9es. La premi\u00e8re demandait qu\u2019une salle soit baptis\u00e9e du nom du grand homme. La seconde, au contraire, s\u2019y opposait avec virulence. Il faut rappeler qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque, aucune universit\u00e9 ni facult\u00e9 ne portait en France le nom de tel ou tel homme c\u00e9l\u00e8bre dans les fastes acad\u00e9miques ou politiques (la Sorbonne certes, porte un nom de ce type mais il n\u2019y a m\u00eame pas l\u00e0 une exception)\u00a0: il ne pouvait \u00eatre question de baptiser, ou de proposer de baptiser, la Facult\u00e9 enti\u00e8re. Les deux p\u00e9titions arriv\u00e8rent entre les mains du doyen D\u00fcrrbach, qui les lut le 13 d\u00e9cembre 1924, jour de s\u00e9ance de l\u2019Assembl\u00e9e de la Facult\u00e9. <a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a> Les membres de l\u2019Assembl\u00e9e s\u2019opposent alors violemment. Les uns, sur le principe m\u00eame d\u2019une p\u00e9tition, qui n\u2019a pas \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer le saint des saints, \u00e0 l\u2019\u00e9poque interdit aux \u00e9tudiants (professeurs Calmette\u00a0; Delvolv\u00e9). D\u2019autres, sur la p\u00e9tition en faveur de la personne de Jaur\u00e8s (professeurs Dognon\u00a0; Marsan). D\u2019autres, au contraire, soutiennent cette initiative (professeurs Picavet\u00a0; Anglade). Mieux, le professeur Anglade \u00ab\u00a0regrette qu\u2019une d\u00e9l\u00e9gation de la Facult\u00e9 n\u2019ait pas accompagn\u00e9 Jaur\u00e8s au Panth\u00e9on\u00a0\u00bb. <a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a><\/p>\n<p>De la sorte, l\u2019Assembl\u00e9e prononce un jugement de Salomon.<\/p>\n<p>Aucune discussion sur les p\u00e9titions estudiantines, \u00ab\u00a0en guise de le\u00e7on adress\u00e9e aux \u00e9tudiants\u00a0\u00bb\u00a0<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>, renvoi \u00e0 une s\u00e9ance ult\u00e9rieure du \u00ab\u00a0fond de la question\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le 31 mars 1925, ce \u00ab\u00a0fond de la question\u00a0\u00bb est abord\u00e9 par l\u2019Assembl\u00e9e. Il est pr\u00e9vu que le vote, comme le r\u00e9clamaient certains membres, soit secret. A la demande du doyen, on \u00e9vite tout d\u00e9bat sur\u00a0 \u00ab\u00a0le r\u00f4le politique de Jaur\u00e8s\u00a0\u00bb. Le professeur Dognon se charge de faire le panorama de l\u2019activit\u00e9 de Jaur\u00e8s au sein de la Facult\u00e9 des lettres. \u00ab\u00a0Il juge ses services exceptionnels par leur bri\u00e8vet\u00e9.\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La messe est donc vite dite. Vient le vote. Sur les seize bulletins, dix approuvent la proposition relative \u00e0 l\u2019octroi du nom de Jean Jaur\u00e8s \u00e0 une salle de la Facult\u00e9, six s\u2019y opposent. Encore faut-il transcrire effectivement la d\u00e9cision dans la r\u00e9alit\u00e9. Deuxi\u00e8me vote dans la foul\u00e9e, \u00ab\u00a0\u00e0 mains lev\u00e9es par douze voix contre trois abstentions\u00a0: L\u2019 Assembl\u00e9e de la Facult\u00e9 confie \u00e0 M. le Doyen le soin de mettre \u00e0 ex\u00e9cution, au moment qu\u2019il jugera opportun, et en dehors de toute actualit\u00e9 politique, la d\u00e9cision par elle prise\u00a0\u00bb.<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a><\/p>\n<p>Que s\u2019est-il pass\u00e9 depuis ces deux d\u00e9cisions\u00a0? Quatre-vingt-trois ans\u2026. Mais quatre-vingt trois ans que l\u2019oubli ne couvre pas enti\u00e8rement.<\/p>\n<p>A peine \u00e9lu, le nouveau pr\u00e9sident de l\u2019Universit\u00e9 Toulouse-le-Mirail fait de Jaur\u00e8s une sorte de symbole pour son \u00e9tablissement. Peine perdue, il ne parvint pas \u00e0 lui faire attribuer ce nom. Sans savoir, ni lui ni personne, que la chose \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 faite.<\/p>\n<p>Mais dormait dans la grande paix des Archives de son Universit\u00e9.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Plaque appos\u00e9e jadis dans les locaux de la Facult\u00e9 des Lettres, rue Albert Lautman (autre victime de la guerre, fusill\u00e9 en 1944), aujourd\u2019hui transport\u00e9e dans la nouvelle Universit\u00e9 Toulouse-le-Mirail, et fix\u00e9e pr\u00e8s du Cabinet du pr\u00e9sident, face d\u2019ailleurs au marbre honorant les \u00e9tudiants morts en 1914-1918.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> La loi des Trois ans,\u00a0 malgr\u00e9 l\u2019intervention de Jaur\u00e8s \u00e0 la Chambre le 17 juin 1913, porte \u00e0 cette dur\u00e9e le service militaire obligatoire pour les conscrits \u00e0 partir du moment de son adoption, en ao\u00fbt 1913.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Sur ce film documentaire, analyse et critique de Madeleine Reb\u00e9rioux, <em>Le mouvement social<\/em>, n\u00b0 44, 1963, pp. 101-105.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a>\u00a0 Spectacle initi\u00e9, en particulier par l\u2019ancien ministre Paul Quil\u00e8s, d\u00e9put\u00e9 PS de la circonscription dont Carmaux est la ville principale, cela depuis 1993. Texte de Elsa Chaudun et Alain Decaux. Bernard-Pierre Donnadieu incarnant Jean Jaur\u00e8s. La D\u00e9couverte est le lieu, en plein air, de la derni\u00e8re exploitation de charbon \u00e0 Carmaux, ouvert en 1986. Lire en particulier <em>La D\u00e9p\u00eache du Midi<\/em>, 31 mai 1994 (\u00e9dition du Tarn), \u00ab\u00a0Une figure pour incarner Jaur\u00e8s\u00a0\u00bb, article de Pierre-Jean Barjou.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Buste, dont celui \u00e9rig\u00e9 \u00e0 Albi, dans le Jardin national, et d\u00e9boulonn\u00e9 pendant l\u2019automne 1940 par les partisans de l\u2019Ordre nouveau et vichyssois. Autre buste, \u00e0 Castres, jet\u00e9 dans l\u2019Agout par les m\u00eames ou \u00e0 peu pr\u00e8s.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> La plaque, pos\u00e9e en 1959 par les soins de la section SFIO locale, est visible sur la fa\u00e7ade la maison habit\u00e9e par Jaur\u00e8s, place Saint-Pantal\u00e9on, devenue place Roger Salengro, autre victime par ricochet de la Premi\u00e8re guerre mondiale. La symbolique est donc particuli\u00e8rement int\u00e9ressante. Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur du premier gouvernement de Front populaire pr\u00e9sid\u00e9 par L\u00e9on Blum, Roger Salengro fut la cible d\u2019une intense campagne de calomnie et de d\u00e9sinformation, orchestr\u00e9e par la presse d\u2019extr\u00eame-droite du moment, en particulier <em>l\u2019Action fran\u00e7aise<\/em>. Accus\u00e9 faussement de d\u00e9sertion pendant le conflit, un jury d\u2019honneur, dans lequel des officiers g\u00e9n\u00e9raux fort peu favorables au Front, le lava de tout soup\u00e7on. Ebranl\u00e9 pourtant par ces moments de haine, le ministre se suicida.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a>\u00a0 R\u00e9my Pech. N\u00e9 en 1944, historien, il est pr\u00e9sident de l\u2019UTM entre 2001 et 2006. A ce titre, \u00e0 peine \u00e9lu, il doit g\u00e9rer les suites de l\u2019explosion de l\u2019usine AZF (septembre 2001), qui endommage son universit\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Campus d\u2019Albi, au moment de son ouverture en 1995, et \u00e0 un moment o\u00f9 le site \u00e9tait partag\u00e9 entre les antennes des trois grandes universit\u00e9s toulousaines. Ce portrait a aujourd\u2019hui disparu.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a>\u00a0 Archives de l\u2019Universit\u00e9 Toulouse 1 sciences sociales (Arch.UT1), fiche d\u2019\u00e9tudiant de Jean Jaur\u00e8s, 5Z1, 1892.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> De jadis, et m\u00eame de hier. En juillet 1994, un projet, tr\u00e8s avanc\u00e9 (support choisi,\u00a0 texte valid\u00e9, maquette approuv\u00e9e, bon de commande \u00e0 la signature), avait pr\u00e9vu, pour le 80<sup>e<\/sup> anniversaire de la mort de Jaur\u00e8s, d\u2019apposer une plaque \u00e0 sa m\u00e9moire dans les anciens locaux de la Facult\u00e9 des lettres, lui qui avait \u00e9t\u00e9 enseignant dans cette Maison, et qui avait m\u00eame particip\u00e9 \u00e0 son inauguration. <em>In extremis,<\/em> ce projet fut d\u00e9command\u00e9 par le pr\u00e9sident de l\u2019Universit\u00e9 Toulouse1, Bernard Saint-Girons, d\u00e9sormais en charge de ces locaux.\u00a0 \u00ab\u00a0Au cas o\u00f9\u2026\u00a0\u00bb O\u00f9 quoi, on se demande bien\u2026Vieilles peurs r\u00e9currentes.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a>\u00a0 Archives de l\u2019Universit\u00e9 Toulouse-le-Mirail (Arch. UTM), Cabinet du pr\u00e9sident, <em>Registre des proc\u00e8s-verbaux<\/em> <em>des d\u00e9lib\u00e9rations de la Facult\u00e9 des Lettres, <\/em>1922-1946, p. 40, 13 d\u00e9cembre 1924. Par contre, les deux textes des p\u00e9titions ne sont pas ins\u00e9r\u00e9s dans le compte-rendu de la s\u00e9ance, on en ignore donc la teneur.<\/p>\n<p>F\u00e9lix D\u00fcrbach (1859-1931) Re\u00e7u \u00e0 Normale Sup\u00e9rieure (1880)\u00a0; agr\u00e9gation de lettres (1883)\u00a0; Ecole d\u2019Ath\u00e8nes (34<sup>e<\/sup> promotion, 1883)\u00a0; professeur \u00e0 Toulouse (1893)\u00a0; doyen (1923).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a>\u00a0\u00a0 Le domaine d\u2019enseignement de chacun des professeurs participant \u00e0 la dispute, tel qu\u2019il est indiqu\u00e9 dans le <em>Registre<\/em>,\u00a0 est donn\u00e9 imm\u00e9diatement apr\u00e8s son nom, et avant les \u00e9l\u00e9ments biographiques.\u00a0 Joseph Calmette (1873-1952), histoire du Moyen-Age, chartiste, pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 arch\u00e9ologique du Midi de la France (1937-1952), homme de grande culture aux multiples domaines d\u2019int\u00e9r\u00eat -sa biographie compl\u00e8te par Fran\u00e7ois Galabert, \u00ab\u00a0Joseph Calmette, sa vie, son \u0153uvre\u00a0\u00bb, dans \u00ab\u00a0Hommage \u00e0 Joseph Calmette\u00a0\u00bb, <em>Annales du Midi<\/em>, Toulouse, Privat, 1954 (tirage sp\u00e9cial des <em>Annales<\/em>) \u00a0; Jean Delvolv\u00e9, philosophie morale, en retraite le 6 mai 1939\u00a0; Paul Dognon (1857-1931), g\u00e9ographie, professeur en poste depuis le 1<sup>er<\/sup> novembre 1884, en retraite d\u00e9cret du 18 mai 1926, honorariat le 25 juin 1926- sa n\u00e9crologie dans les <em>Annales du Midi,<\/em> 1931, pp. 490-491\u00a0; Jules Marsan, litt\u00e9rature fran\u00e7aise, futur doyen de la Facult\u00e9, sa notice biographique d\u00e9taill\u00e9e, publi\u00e9e dans le <em>Bulletin municipal<\/em> de Toulouse, 1939, pp.483-485, \u00e0 l\u2019occasion de ses obs\u00e8ques\u00a0; Camille-Georges Picavet (1881-1934), histoire moderne\u00a0; Joseph Anglade (1868-1930), langue et litt\u00e9rature m\u00e9ridionale, f\u00e9libre distingu\u00e9 et grand promoteur de la langue occitane\u00a0; sa n\u00e9crologie dans les <em>Annales du Midi<\/em>, 1930, pp. 460-463.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Arch. UTM, <em>Registre<\/em>\u2026, d\u00e9lib\u00e9ration du 13 d\u00e9cembre 1924, intervention du professeur Delvolv\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a>\u00a0 Arch. UTM, <em>Registre<\/em>\u2026, pp. 46-47, s\u00e9ance du 31 mars 1925, pour les citations.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00e9moire en stock \u00e0 la Facult\u00e9 des lettres. Une improbable apoth\u00e9ose universitaire posthume&#8230; Jean Jaur\u00e8s et l\u2019Universit\u00e9 de Toulouse. Philippe Delvit &#8211; Mission Archives UT1 &#8211; 2008 D\u00e9j\u00e0 acteur puissant dans la vie politique nationale et locale, d\u00e9put\u00e9 du Tarn, maire-adjoint de Toulouse, ce qui lui valut de repr\u00e9senter cette institution \u00e0 l\u2019inauguration de la &hellip; <a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/2019\/04\/03\/billet-2008-une-improbable-apotheose-universitaire-posthume-jean-jaures-et-luniversite-de-toulouse\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">BILLET 2008 &#8211; Une improbable apoth\u00e9ose universitaire posthume&#8230; Jean Jaur\u00e8s et l\u2019Universit\u00e9 de Toulouse.<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":19,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[53,163,97,144],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1728"}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/wp-json\/wp\/v2\/users\/19"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1728"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1728\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1729,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1728\/revisions\/1729"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1728"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1728"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1728"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}