{"id":2596,"date":"2022-11-23T07:18:45","date_gmt":"2022-11-23T06:18:45","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/?p=2596"},"modified":"2023-01-03T07:41:07","modified_gmt":"2023-01-03T06:41:07","slug":"et-si-on-parlait-de-la-capa-la-capacite-en-droit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/2022\/11\/23\/et-si-on-parlait-de-la-capa-la-capacite-en-droit\/","title":{"rendered":"Et si on parlait de la \u00ab\u00a0Capa\u00a0\u00bb (la capacit\u00e9 en droit) ? par Ph. Delvit"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Philippe DELVIT &#8211; Professeur des Universit\u00e9s &#8211; octobre 2022<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><a href=\"mailto:Philippe.delvit@ut-capitole.fr\">Philippe.delvit@ut-capitole.fr<\/a><strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><span class=\"has-inline-color has-red-color\">UN BREF RAPPEL <\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La capacit\u00e9 en Droit (la Capa) a \u00e9t\u00e9 mise en place en 1804, \u00e0 un moment o\u00f9 les Ecoles de droit (dont celles de Toulouse en 1805) \u00e9taient refond\u00e9es par Napol\u00e9on I<sup>er<\/sup> apr\u00e8s la parenth\u00e8se r\u00e9volutionnaire. Toutes les Universit\u00e9s avaient effectivement \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9es, le pouvoir estimant alors sup\u00e9rieures les grandes \u00e9coles techniques&nbsp;: les Mines, fond\u00e9es avant la R\u00e9volution en 1783&nbsp;; Polytechnique (1794)&nbsp;; Ecole normale sup\u00e9rieure (1794)&nbsp;; Saint-Cyr (1802) et d\u2019ailleurs nettement plus tard Centrale (1829), \u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong><span class=\"has-inline-color has-red-color\">BAC ET CAPA<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un \u00e9l\u00e9ment essentiel&nbsp;\u00e0 saisir&nbsp;: la Capa est donc ant\u00e9rieure au bac, qui n\u2019est pas format\u00e9 en plus \u00e0 l\u2019origine pour donner une formation \u00e0 la fois pratique et de base en Droit. De la sorte, son utilit\u00e9 originelle, L 13 mars 1804 est grande. La Capa est destin\u00e9e \u00e0 donner aux praticiens du droit, et sp\u00e9cialement aux avou\u00e9s, un socle efficace (praticiens du droit dont le r\u00e9gime imp\u00e9rial fait aussi sa base, personnes et fonctions). Les avou\u00e9s sont des officiers minist\u00e9riels dont les fonctions ont disparu depuis le 1<sup>er<\/sup> janvier 2012, r\u00e9unies et fusionn\u00e9es dans la profession d\u2019avocat (on parlait de cette fusion depuis plus d\u2019un si\u00e8cle\u2026).<\/p>\n\n\n\n<p>Quant au baccalaur\u00e9at (le bac), il faut attendre 1808 pour qu\u2019il soit mis en place, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 peu pr\u00e8s en m\u00eame temps que l\u2019Universit\u00e9 imp\u00e9riale. L\u2019institution met un an (1808-1809) \u00e0 trouver son premier \u00e9quilibre. Le bac de Napol\u00e9on ne ressemble d\u2019ailleurs en rien au bac de 2022.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le <a href=\"https:\/\/www.service-public.fr\/particuliers\/vosdroits\/F10004\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.service-public.fr\/particuliers\/vosdroits\/F10004\">site Service public<\/a>, pas un mot sur l\u2019origine du \u00ab&nbsp;bac&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, il faut attendre les ann\u00e9es 1890 pour que le bac commence \u00e0 adopter le faci\u00e8s du si\u00e8cle dernier, et les ann\u00e9es 1960 pour sa formule contemporaine. Quelques jalons&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul><li>le bac n\u2019est ouvert qu\u2019aux jeunes-m\u00e2les exclusivement \u00e0 l\u2019origine &#8211; issus d\u2019une strate sup\u00e9rieure et poss\u00e9dante de la soci\u00e9t\u00e9&nbsp;;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul><li>la premi\u00e8re bacheli\u00e8re, Julie Daubier (1824-1874, elle-m\u00eame issue d\u2019une petite bourgeoisie de province bien assise), obtient le parchemin en 1861, non sans de vastes et grossi\u00e8res oppositions (dont celle du ministre de l\u2019Instruction)&nbsp;;<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul><li>l<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/archives-statistiques-depp.education.gouv.fr\/Default\/doc\/SYRACUSE\/10886\/le-baccalaureat-evolution-des-admis-de-1900-a-1950-resultats-detailles-pour-les-annees-1948-1949-et-?_lg=fr-FR\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/archives-statistiques-depp.education.gouv.fr\/Default\/doc\/SYRACUSE\/10886\/le-baccalaureat-evolution-des-admis-de-1900-a-1950-resultats-detailles-pour-les-annees-1948-1949-et-?_lg=fr-FR\" target=\"_blank\">e nombre des bacheliers<\/a> est tr\u00e8s faible au d\u00e9but du si\u00e8cle dernier (1% et moins de la classe d\u2019\u00e2ge), quelques petits milliers,&nbsp;<\/li><li><\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>De la sorte, la Capa a vu son public et son territoire s\u2019agrandir au cours du XIX<sup>e <\/sup>si\u00e8cle. Mais par contre, avec la g\u00e9n\u00e9ralisation tr\u00e8s grande de l\u2019acc\u00e8s au bac (m\u00eame avant Lionel Jospin et la loi d\u2019orientation de 1989, pr\u00e9voyant d\u2019ici 2000 d\u2019amener 80% de la classe d\u2019\u00e2ge <strong><em>au niveau<\/em><\/strong> <strong><em>du bac<\/em><\/strong>, et non de d\u00e9livrer le bac \u00e0 ces m\u00eames 80 % comme cela a souvent \u00e9t\u00e9 traduit) et avec la multiplication des formules et sp\u00e9cialit\u00e9s, un mouvement contraire s\u2019est amplifi\u00e9. Ce d\u2019autant plus que depuis le milieu des ann\u00e9es 1950 sont mis en place des dispositifs permettant de contourner l\u2019absence de bac.&nbsp;L\u2019<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.daeu.fr\/presentation-du-daeu\/de-leseu-au-daeu\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.daeu.fr\/presentation-du-daeu\/de-leseu-au-daeu\/\" target=\"_blank\">ESEU <\/a>Examen Sp\u00e9cial d\u2019Entr\u00e9e \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, d\u00e9cret n\u00b0 56-1201 du 27 novembre 1956, est sp\u00e9cialement \u00e0 distinguer dans ce paysage.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faut int\u00e9grer aussi la place de dispositifs comme la VAE, Validation des Acquis de l\u2019Exp\u00e9rience (vers 1990 pour la VAP, Validation des Acquis Professionnels, et <a href=\"https:\/\/www.vae.gouv.fr\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.vae.gouv.fr\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">VAE <\/a>\u00e0 partir des ann\u00e9es 2000  ) qui minorent aussi l\u2019int\u00e9r\u00eat de la Capa dans le domaine juridique puisqu\u2019il existe des voies parall\u00e8les et gratifiantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour une \u00e9tude bienvenue sur l\u2019historique g\u00e9n\u00e9ral de la Capa, \u00e0 jour il y a 25 ans, de Norbert Olszak, \u00ab&nbsp;<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/capacite.en.droit.free.fr\/portail-histo\/olszak.html\" data-type=\"URL\" data-id=\"http:\/\/capacite.en.droit.free.fr\/portail-histo\/olszak.html\" target=\"_blank\">La Capa, deux si\u00e8cles de promotion sociale&nbsp;<\/a>\u00bb, 1998, \u2026<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong><span class=\"has-inline-color has-red-color\">UN EXEMPLE : LA CAPA A LA FACULT\u00c9 DE DROIT DE TOULOUSE (1888-1966)<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi ces dates&nbsp;? Ce sont celles d\u2019un registre de <em>Certificats de capacit\u00e9 en Droit<\/em>, conserv\u00e9 aux Archives UT Capitole, 2Z3-1, 126 pages.<\/p>\n\n\n\n<p>Les certificats sont recens\u00e9s en num\u00e9rotation continue du n\u00b01, au n\u00b0 1761.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re inscription port\u00e9e sur le registre est celle de Simon Bardot (16 juillet 1888), originaire de Monclar (Lot-et-Garonne&nbsp;; arr. Villeneuve-sur-Lot).<\/p>\n\n\n\n<p>On voit qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une fiche standard, cartonn\u00e9e, destin\u00e9e aux bacheliers. Un onglet Capacit\u00e9, coll\u00e9 sur le coin sup\u00e9rieur droit, indique que justement on n\u2019est pas dans la situation habituelle des postulants juristes de premi\u00e8re ann\u00e9e de licence, porteurs du s\u00e9same bac&#8230;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/wp-content\/uploads\/sites\/73\/2022\/11\/FICHE-BARDOT.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2597\" width=\"379\" height=\"537\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/wp-content\/uploads\/sites\/73\/2022\/11\/FICHE-BARDOT.jpg 562w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/wp-content\/uploads\/sites\/73\/2022\/11\/FICHE-BARDOT-212x300.jpg 212w\" sizes=\"(max-width: 379px) 100vw, 379px\" \/><figcaption><span class=\"has-inline-color has-beige-color\"><em>La fiche de Simon Bardot (Archives UT Capitole, 5Z3).<\/em> 70% de la taille OR pour la num\u00e9risation infra<\/span><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>La derni\u00e8re fiche en num\u00e9rotation continue est le n\u00b0 1761&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e9raphine Torregrosa, session de novembre 1953.<\/p>\n\n\n\n<p>La num\u00e9rotation continue cesse \u00e0 cette date, la structure de la Capa s\u2019\u00e9tant complexifi\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>On voit donc qu\u2019en moyenne 27 Capa sont d\u00e9livr\u00e9es par an sur ce laps de temps (1888-1953).<\/p>\n\n\n\n<p>Cette moyenne est trompeuse, en effet, le chiffre des Capa d\u00e9livr\u00e9es peut monter nettement (session de juin 1936&nbsp;: 43 Capa, p. 49-52), comme \u00eatre moins important suivant les ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, et m\u00eame si ce volume semble faible, il faut avoir pr\u00e9sent \u00e0 l\u2019esprit que les effectifs totaux, toutes formations confondues, de la Facult\u00e9 de droit de Toulouse sont tr\u00e8s faibles en comparaison de ceux d\u2019aujourd\u2019hui&nbsp;: soient<\/p>\n\n\n\n<p>&gt;700 \u00e9tudiants en 1927, 30 fois moins qu\u2019aujourd\u2019hui&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p>&gt;900 en 1939&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p>&gt;2&nbsp;100 en 1941 en large partie \u00e0 cause des \u00e9tudiants repli\u00e9s (des facult\u00e9s en Zone occup\u00e9e, \u2026)&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p>&gt;mais 1377 en 1960, toutes formations comprises, y compris les Sciences Economiques.<\/p>\n\n\n\n<p>De la sorte, les \u00e9tudiants de la Capa forment un pourcentage notable des troupes juridiques avant les bouleversements des ann\u00e9es 1960.<\/p>\n\n\n\n<p>VOIR : <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.ut-capitole.fr\/medias\/fichier\/effectifs-1928-2006-ut1_1515591384163-pdf\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.ut-capitole.fr\/medias\/fichier\/effectifs-1928-2006-ut1_1515591384163-pdf\" target=\"_blank\">la courbe des effectifs<\/a> Fac de droit (Mission Archives, Philippe Delvit)<\/p>\n\n\n\n<p><strong><span class=\"has-inline-color has-red-color\">QUI ?<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em><span class=\"has-inline-color has-red-color\">Les femmes<\/span><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>On l\u2019a relev\u00e9 plus haut&nbsp;: la derni\u00e8re <strong><em>\u00e9tudiante<\/em><\/strong> \u00e0 \u00eatre incluse dans la num\u00e9rotation continue est S\u00e9raphine Torregrosa (n\u00e9e en 1931 \u00e0 Cransac, Aveyron) en 1953. Son patronyme (terme aujourd\u2019hui juridiquement abandonn\u00e9) indique que ses origines familiales sont d\u2019ailleurs, d\u2019Espagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Car la Capa est un outil d\u2019ascension sociale (comme l\u2019a \u00e9crit Norbert Olszak cf. supra, et d\u2019autres).<\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes apparaissent tardivement, dans la Capa de Toulouse vingt ans apr\u00e8s les premi\u00e8res \u00e9tudiantes du parcours \u00ab&nbsp;normal&nbsp;\u00bb, celui des \u00e9tudiants du cursus Premi\u00e8re ann\u00e9e de licence (l\u2019embl\u00e9matique <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.ut-capitole.fr\/accueil\/universite\/presentation\/histoire\/marguerite-dilhan\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.ut-capitole.fr\/accueil\/universite\/presentation\/histoire\/marguerite-dilhan\" target=\"_blank\">Marguerite Dilhan<\/a>, toujours mise en avant et \u00e0 juste titre).<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re femme capacitaire, Capa n\u00b0 692, est Mathilde, Albertine, Fran\u00e7oise, Jeanne Tardieu, d\u00e9cembre 1920 pour la remise de la Capa et novembre 1919 pour les \u00e9preuves. N\u00e9e \u00e0 Marseille et venue de la Facult\u00e9 d\u2019Aix, elle y a pass\u00e9 la premi\u00e8re partie des \u00e9preuves de la Capa avant de rejoindre Toulouse.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Relever que sur la fiche reproduite infra, il n\u2019est indiqu\u00e9 que le genre masculin, \u00ab&nbsp;N\u00e9 le&nbsp;\u00bb&nbsp;: cela correspond parfaitement \u00e0 l\u2019historique du dipl\u00f4me, jamais encore ouvert aux femmes.<\/p>\n\n\n\n<p>Noter \u00e9galement que la \u00ab&nbsp;Demeure des parents&nbsp;\u00bb est une mention alors essentielle pour une bonne partie des \u00e9tudiants.<\/p>\n\n\n\n<p>La majorit\u00e9 civile est \u00e0 21 ans, et de la sorte, nombre d\u2019inscrits doivent absolument obtenir de leurs auteurs toutes autorisations, y compris pour les actes de la vie courante. De l\u00e0 le soin mis \u00e0 conna\u00eetre l\u2019\u00e9lection du domicile parental.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/wp-content\/uploads\/sites\/73\/2022\/11\/TARDIEU.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2598\" width=\"381\" height=\"517\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/wp-content\/uploads\/sites\/73\/2022\/11\/TARDIEU.jpg 529w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/universitas\/wp-content\/uploads\/sites\/73\/2022\/11\/TARDIEU-221x300.jpg 221w\" sizes=\"(max-width: 381px) 100vw, 381px\" \/><figcaption><span class=\"has-inline-color has-beige-color\">Archives UT Capitole, 5Z3, 70 % de la taille OR pour la num\u00e9risation infra<\/span><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Une centaine de femmes en tout entre 1920 et 1953 sont laur\u00e9ates, en proportion croissante avec le temps (\u00e0 peine une douzaine entre 1920 et 1930, donc les \u00be dans les 23 ann\u00e9es suivantes, et de la sorte environ 10 % des effectifs dipl\u00f4m\u00e9s par la Capa entre 1930 et 1950). Ces femmes, Europ\u00e9ennes par leur patronyme sont en particulier pr\u00e9sentes dans les examens Capa de Rabat (Maroc), \u00e9mancipation dans leur position (ce qui laisse enti\u00e8re la question du statut des autres femmes, non d\u2019origine europ\u00e9enne,&nbsp;\u2026) autant que n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019obtenir un bagage juridique.<\/p>\n\n\n\n<p><em><span class=\"has-inline-color has-red-color\">Les \u00e9tudiants \u00e9trangers\u2026<\/span><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Certains sont install\u00e9s en France, comme le Capa n\u00b0 748, 1925. D\u2019autres, vivent sous les cieux d\u2019Alg\u00e9rie, comme la n\u00b0 Capa 515, Zaoui Nessin (Alger), ou ceux du Protectorat du Maroc, comme Omar Ben Brahim, Capa n\u00b0 1609, juin 1950, ou M\u2019Hammed Ben Rakhal Ben Mati Rahhali, Capa n\u00b0 1610, m\u00eame session.<\/p>\n\n\n\n<p>Car la Facult\u00e9 de Droit de Toulouse, avec ses cons\u0153urs d\u2019Alger et de Bordeaux, a la main sur le Centre d\u2019\u00c9tudes juridique de Rabat, matrice de la future Universit\u00e9 Mohamed V. De l\u00e0 des <strong><em>sessions \u00ab&nbsp;Rabat&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong>, concernant autant des \u00e9trangers ou sujets marocains, que des Fran\u00e7ais \u00e9tablis dans ce territoire&nbsp;: ainsi Ida, Pauline Campos, \u00e9pouse Ducatel, Capa n\u00b0 744, novembre 1924.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour le Centre d\u2019Etudes de Rabat&nbsp;: &nbsp;<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.ut-capitole.fr\/accueil\/universite\/presentation\/histoire\/faire-son-droit-a-rabat\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.ut-capitole.fr\/accueil\/universite\/presentation\/histoire\/faire-son-droit-a-rabat\" target=\"_blank\">voir ici.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Sessions de la Capa tenues \u00e0 Rabat (les pages sont celles du registre Capa)&nbsp;: 1933, p. 44&nbsp;; 1934, p. 46&nbsp;; 1935, p. 49&nbsp;; 1936, p. 52&nbsp;; 1937, p. 54&nbsp;; 1938, p. 57&nbsp;; 1939, p. 59&nbsp;; 1940, p. 62&nbsp;; 1941, p. 64&nbsp;; nov. 1941 et juin 1942, pp.66-67&nbsp;; nov. 1942, p. 68. La Maroc est alors coup\u00e9 de Vichy et de la M\u00e9tropole, d\u00e9barquement des Alli\u00e9s oblige. Il faut attendre ensuite f\u00e9vrier 1946, p. 75&nbsp;: Capa n\u00b0 1416, \u00ab&nbsp;contr\u00f4leur civil de Souk-el-Arba&nbsp;\u00bb&gt;n\u00e9cessit\u00e9 du dipl\u00f4me pour ce fonctionnaire en poste dans le Nord du Maroc, \u00e0 l\u2019\u00e9poque ville tr\u00e8s proche du protectorat espagnol, \u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Sessions sp\u00e9ciales\u2026<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Tr\u00e8s nombreuses occurrences, dont nombre non identifi\u00e9es sp\u00e9cifiquement, tant \u00e0 Toulouse (janvier 45, \u2026) qu\u2019\u00e0 Rabat (ex juin 46&nbsp;; oct. 1946&nbsp;; f\u00e9v. 1947, \u2026) sauf&nbsp;:<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab Session&nbsp;Fonctionnaire colonial&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Session de f\u00e9vrier 1935 pour un seul candidat, Capa n\u00b0 917, Ludovic Eymond, commissaire de police \u00e0 Tamatave (Madagascar)<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;Session anticip\u00e9e de mars 1940&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Capa n\u00b01170<\/p>\n\n\n\n<p>En parlant de 1940, la Capa a assur\u00e9 sans faiblir ni d\u00e9faillir la session de juin 40, \u00e9crits le 8 juin&nbsp;; oraux les 14 et 18 du m\u00eame mois\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Toulouse, croyait-on, \u00e9tait loin du front, comme lors de la pr\u00e9c\u00e9dente guerre. Or plus de 200&nbsp;000 r\u00e9fugi\u00e9s passent par la gare Matabiau entre le 15 mai et le 10 juin, et des dizaines de milliers font halte, \u00e9puis\u00e9s, dans la ville.<\/p>\n\n\n\n<p><em><span class=\"has-inline-color has-red-color\">\u00ab&nbsp;Etudiants repli\u00e9s&nbsp;\u00bb<\/span><\/em> <em><span class=\"has-inline-color has-red-color\">et prisonniers<\/span><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les registres Capa donnent des exemples de ces \u00ab&nbsp;\u00e9tudiants repli\u00e9s&nbsp;\u00bb, repli\u00e9s des universit\u00e9s des acad\u00e9mies balay\u00e9es par l\u2019invasion de mai 1940 (Paris&nbsp;; Lille&nbsp;; Strasbourg, \u2026), ainsi en juin 1941 n\u00b0 Capa 1229 \u00e0 1233, qui ont pu compter sur la sollicitude des autorit\u00e9s acad\u00e9miques dans cette p\u00e9riode de d\u00e9tresse nationale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;Etudiants victimes de guerre&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong>, session sp\u00e9ciale de novembre 1945 (5 noms), p. 75, de f\u00e9vrier 46 (6 noms) et de juin 1946 (d\u2019ailleurs uniquement des hommes), p. 77, n\u00b0 Capa 1437-1444.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;Etudiants prisonniers de guerre&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong>, \u00ab&nbsp;examens pass\u00e9s en captivit\u00e9 et valid\u00e9s par la Commission sp\u00e9ciale pr\u00e9vue par l\u2019article 3 du d\u00e9cret du 7 juin 1945&nbsp;\u00bb&nbsp;\u00bb, 1949, p. 84 du registre (5 \u00e9tudiants, qui ne sont pas int\u00e9gr\u00e9s dans la num\u00e9rotation continue habituelle).<\/p>\n\n\n\n<p>Par contre, la session de juin 1944 a \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;normale&nbsp;\u00bb, avec 17 Capa, dont 4 femmes, pp. 70-71.<\/p>\n\n\n\n<p>La Capa, instrument hier et aujourd\u2019hui de promotion sociale et bel outil.<\/p>\n\n\n\n<p>Oui.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle reste cela, instrument de promotion sociale.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame si l\u2019environnement s\u2019est fortement modifi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En Capa Formation continue 1<sup>er<\/sup> niveau, environ 70 inscrits en 2022-2023&nbsp;; en 2<sup>e<\/sup> ann\u00e9e, 30 \u00e9tudiantes et \u00e9tudiants.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9tudiantes et \u00e9tudiants continuent de porter le flambeau.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Philippe DELVIT &#8211; Professeur des Universit\u00e9s &#8211; octobre 2022 Philippe.delvit@ut-capitole.fr UN BREF RAPPEL La capacit\u00e9 en Droit (la Capa) a \u00e9t\u00e9 mise en place en 1804, \u00e0 un moment o\u00f9 les Ecoles de droit (dont celles de Toulouse en 1805) \u00e9taient refond\u00e9es par Napol\u00e9on Ier apr\u00e8s la parenth\u00e8se r\u00e9volutionnaire. 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