{"id":2693,"date":"2019-02-27T19:22:08","date_gmt":"2019-02-27T18:22:08","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?page_id=2693"},"modified":"2019-05-07T12:29:27","modified_gmt":"2019-05-07T10:29:27","slug":"misere-et-greves-ouvrieres-dans-le-bassin-houiller-de-decazeville-au-xixe-siecle-2018","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/histoire-locale\/misere-et-greves-ouvrieres-dans-le-bassin-houiller-de-decazeville-au-xixe-siecle-2018\/","title":{"rendered":"Mis\u00e8re et gr\u00e8ves ouvri\u00e8res dans le bassin houiller de Decazeville au XIXe si\u00e8cle [2018]"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: center\">Mis\u00e8re et gr\u00e8ves ouvri\u00e8res dans le bassin houiller de Decazeville au XIXe si\u00e8cle<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_4334\" aria-describedby=\"caption-attachment-4334\" style=\"width: 450px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-4334\" src=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2019\/02\/SITUATION-DECAZEVILLE-300x228.png\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"343\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2019\/02\/SITUATION-DECAZEVILLE-300x228.png 300w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2019\/02\/SITUATION-DECAZEVILLE-768x585.png 768w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2019\/02\/SITUATION-DECAZEVILLE-1024x780.png 1024w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2019\/02\/SITUATION-DECAZEVILLE.png 1073w\" sizes=\"(max-width: 450px) 100vw, 450px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-4334\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #ffffff\">Situation g\u00e9ographique de Decazeville<\/span> Source : Alexandre Vuillemin, Atlas universel de g\u00e9ographie ancienne et moderne \u00e0 l&rsquo;usage des pensionnats, 1843<\/figcaption><\/figure>\n<p align=\"justify\">En 1864, la loi Ollivier reconna\u00eet le droit de gr\u00e8ve. La France est alors \u00e9branl\u00e9e par des mouvements de gr\u00e8ves ouvri\u00e8res. La mis\u00e8re ouvri\u00e8re na\u00eet de l\u2019industrialisation et de la mutation du travail qu\u2019elle a engendr\u00e9e. Elle se traduit par des conditions de vie et de travail d\u00e9plorables c\u2019est notamment le cas pour les mineurs. Les gr\u00e8ves ouvri\u00e8res sont un arr\u00eat temporaire et collectif du travail visant \u00e0 exprimer un m\u00e9contentement. Le bassin houiller de Decazeville se situe dans le d\u00e9partement de l\u2019Aveyron, dans le Sud Ouest de la France. La pr\u00e9sence d\u2019un gisement de houille permet sa cr\u00e9ation et son d\u00e9veloppement au XIXe si\u00e8cle. Le <a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/les-personnalites-marquantes-misere-et-greves-ouvrieres-dans-le-bassin-houiller-de-decazeville-au-xixe-siecle-2018\/\">duc \u00c9lie Decazes<\/a>\u00a0fonde en 1826 \u00ab la Compagnie des Houill\u00e8res et Fonderies de l\u2019Aveyron \u00bb et fait ainsi de la ville \u00e9ponyme un grand centre sid\u00e9rurgique.<\/p>\n<h1>La vie dans le bassin houiller de Decazeville au XIXe si\u00e8cle<\/h1>\n<h4>Les conditions de travail et de vie des ouvriers<\/h4>\n<p align=\"justify\">Les conditions de travail des ouvriers sont d\u00e9sastreuses\u00a0avec une ins\u00e9curit\u00e9 permanente. Lors de l\u2019extraction du charbon, les mineurs abattent la houille dans l\u2019obscurit\u00e9 et en l\u2019absence de ventilation. Ils redoutent les dangers du feu et du grisou. De plus, leur\u00a0environnement de vie est mis\u00e9rable puisqu&rsquo;ils vivent dans des installations de fortune pr\u00e8s des houill\u00e8res. Cette insalubrit\u00e9 influe sur la sant\u00e9 de la population. En effet, une maladie propre au bassin de Decazeville frappe de nombreuses familles ouvri\u00e8res puis progressivement, tous les villages alentours. Nomm\u00e9e par les m\u00e9decins \u00ab\u00a0 fi\u00e8vre intermittente \u00bb, elle provoque des tremblements, des vomissements jusqu\u2019\u00e0 l&rsquo;\u00e9puisement de l\u2019individu et un d\u00e9s\u00e9quilibre nerveux.<\/p>\n<h4>Patronat et ing\u00e9nieurs : la Compagnie<\/h4>\n<figure id=\"attachment_3057\" aria-describedby=\"caption-attachment-3057\" style=\"width: 230px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/les-personnalites-marquantes-misere-et-greves-ouvrieres-dans-le-bassin-houiller-de-decazeville-au-xixe-siecle-2018\/\"><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-3057 size-medium\" src=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2019\/02\/Alfred-Deseilligny-230x300.jpg\" alt=\"\" width=\"230\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2019\/02\/Alfred-Deseilligny-230x300.jpg 230w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2019\/02\/Alfred-Deseilligny.jpg 486w\" sizes=\"(max-width: 230px) 100vw, 230px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-3057\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #ffffff\">Repr\u00e9sentation d&rsquo;Alfred Deseilligny<\/span><br \/> Source : Jules Clar\u00e9tie, Histoire de la R\u00e9volution de 1870-71, 1874.<\/figcaption><\/figure>\n<p align=\"justify\">\u00c0 la cr\u00e9ation de la Compagnie, Fran\u00e7ois Cabrol est nomm\u00e9\u00a0directeur et d\u00e9veloppe consid\u00e9rablement la houille. En faillite\u00a0en 1865, la Compagnie est sauv\u00e9e par <a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/les-personnalites-marquantes-misere-et-greves-ouvrieres-dans-le-bassin-houiller-de-decazeville-au-xixe-siecle-2018\/\">Alfred Deseilligny<\/a>. Il redresse l\u2019\u00e9conomie et m\u00e8ne une politique paternaliste. Apr\u00e8s lui, l\u2019image des directeurs se d\u00e9grade aupr\u00e8s des ouvriers qui les voient alors comme des exploiteurs. De plus, des ing\u00e9nieurs\u00a0encore au contact du travail ouvrier mais suffisamment d\u00e9tach\u00e9s se d\u00e9veloppent. Du fait de leur position hi\u00e9rarchique, leur solidarit\u00e9 avec le patronat se renforce et la col\u00e8re des ouvriers se dirige vers eux. <a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/les-personnalites-marquantes-misere-et-greves-ouvrieres-dans-le-bassin-houiller-de-decazeville-au-xixe-siecle-2018\/\">L\u2019ing\u00e9nieur Watrin<\/a> en est l\u2019exemple m\u00eame.<\/p>\n<h4 align=\"justify\">L&rsquo;action de l\u2019\u00c9tat et des pouvoirs locaux face \u00e0 la condition ouvri\u00e8re<\/h4>\n<figure id=\"attachment_3053\" aria-describedby=\"caption-attachment-3053\" style=\"width: 245px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/les-personnalites-marquantes-misere-et-greves-ouvrieres-dans-le-bassin-houiller-de-decazeville-au-xixe-siecle-2018\/\"><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-3053 size-medium\" src=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2019\/02\/Jules-Cayrade-BnF-e1551275232701-245x300.jpg\" alt=\"\" width=\"245\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2019\/02\/Jules-Cayrade-BnF-e1551275232701-245x300.jpg 245w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2019\/02\/Jules-Cayrade-BnF-e1551275232701-768x940.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2019\/02\/Jules-Cayrade-BnF-e1551275232701.jpg 778w\" sizes=\"(max-width: 245px) 100vw, 245px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-3053\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #ffffff\">Repr\u00e9sentation de Jules Cayrade dans Le Monde illustr\u00e9, 26 juin 1886<\/span><br \/> Source : gallica.bnf.fr \/ Biblioth\u00e8que nationale de France<\/figcaption><\/figure>\n<p align=\"justify\">Il faut attendre la fin du XIXe si\u00e8cle pour voir une r\u00e9elle am\u00e9lioration l\u00e9gislative de la condition ouvri\u00e8re. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle locale, la Compagnie a toujours pr\u00e9sent\u00e9 un candidat aux \u00e9lections municipales. On peut parler de ville-usine puisque leurs int\u00e9r\u00eats se m\u00ealent. En 1878, l\u2019\u00e9lection de <a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/les-personnalites-marquantes-misere-et-greves-ouvrieres-dans-le-bassin-houiller-de-decazeville-au-xixe-siecle-2018\/\">Jules Cayrade<\/a> contre le candidat de la Compagnie marque une rupture de ce syst\u00e8me. Les actions men\u00e9es pour am\u00e9liorer la condition ouvri\u00e8re restent malgr\u00e9 tout limit\u00e9es autant \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle nationale que locale.<\/p>\n<h2>Les mouvements de gr\u00e8ve<\/h2>\n<h4>Les revendications des ouvriers<\/h4>\n<p align=\"justify\">Les relations entre les ouvriers et le personnel de la Compagnie se d\u00e9gradent tout au long du si\u00e8cle, provoquant des tensions et une col\u00e8re exacerb\u00e9e des ouvriers. La Compagnie paie les sommes dues par l\u2019ouvrier au magasin coop\u00e9ratif en pr\u00e9levant sur les salaires, faisant du syst\u00e8me paternaliste un syst\u00e8me pervers. Ils protestent aussi contre une atteinte \u00e0 leur libert\u00e9 notamment avec la cr\u00e9ation d\u2019une porte \u00e0 l\u2019entr\u00e9e des mines pour contr\u00f4ler leurs d\u00e9placements. Enfin, le probl\u00e8me majeur est celui des salaires. En 1867, les ouvriers sont pay\u00e9s en fonction de la quantit\u00e9 de charbon extrait et non pas du temps de travail. En 1878, les salaires sont r\u00e9duits de 10% alors que les ing\u00e9nieurs ne sont pas touch\u00e9s.<\/p>\n<h4>Entre violence ouvri\u00e8re et r\u00e9pression des autorit\u00e9s et du patronat<\/h4>\n<p align=\"justify\">En 1867, lors de la premi\u00e8re gr\u00e8ve ouvri\u00e8re \u00e0 Decazeville, les ouvriers retirent le portail plac\u00e9 \u00e0 l\u2019entr\u00e9e d\u2019une mine, symbole du contr\u00f4le de leurs d\u00e9placements.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le 6 octobre 1869, \u00e0 Aubin, les ouvriers cessent de travailler et r\u00e9clament la d\u00e9mission d\u2019un superviseur des ouvriers, accus\u00e9\u00a0de d\u00e9nigrer constamment leur travail ainsi que celle de Tissot, le chef des ing\u00e9nieurs. Le lendemain, les gr\u00e9vistes prennent d\u2019assaut le bureau de ce dernier\u00a0et l&rsquo;entrainent vers les mines mais les soldats envoy\u00e9s par le pr\u00e9fet parviennent \u00e0 le r\u00e9cup\u00e9rer. Le 8 octobre, des soldats ouvrent le feu et tirent sur les gr\u00e9vistes qui ont envahi la forge. 14 civils meurent et 22 sont bless\u00e9s. La gr\u00e8ve a ainsi \u00e9t\u00e9 violemment r\u00e9prim\u00e9e par les autorit\u00e9s.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3042\" aria-describedby=\"caption-attachment-3042\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-3042 size-medium\" src=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2019\/02\/d\u00e9fenestration-Watrin-BnF-300x264.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"264\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2019\/02\/d\u00e9fenestration-Watrin-BnF-300x264.png 300w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2019\/02\/d\u00e9fenestration-Watrin-BnF.png 726w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3042\" class=\"wp-caption-text\"><span style=\"color: #ffffff\">La Petite presse : Journal quotidien illustr\u00e9, 30 janvier 1886<\/span><br \/> Source : gallica.bnf.fr \/ Biblioth\u00e8que nationale de France<\/figcaption><\/figure>\n<p align=\"justify\">Le 26 janvier 1886, les ouvriers tentent de n\u00e9gocier avec <a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/les-personnalites-marquantes-misere-et-greves-ouvrieres-dans-le-bassin-houiller-de-decazeville-au-xixe-siecle-2018\/\">Watrin<\/a> le paiement des salaires tous les 15 jours et exigent finalement sa d\u00e9mission. <a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/les-personnalites-marquantes-misere-et-greves-ouvrieres-dans-le-bassin-houiller-de-decazeville-au-xixe-siecle-2018\/\">Le maire Cayrade <\/a>essaie de contenir les ouvriers, sans succ\u00e8s. Les ouvriers, clamant \u00ab \u00e0 mort Watrin \u00bb, l&rsquo;obligent \u00a0\u00e0 se r\u00e9fugier dans un b\u00e2timent de la Compagnie. Les ouvriers s\u2019y introduisent, frappent Watrin et le d\u00e9fenestrent. L\u2019ing\u00e9nieur appara\u00eet alors comme le symbole de la violence ouvri\u00e8re \u00e0 Decazeville. Au lendemain de sa mort, 1500 soldats sont mobilis\u00e9s pour maintenir l\u2019ordre et le Conseil d\u2019Administration r\u00e9duit encore les salaires. Les autorit\u00e9s et le patronat multiplient les arrestations, la r\u00e9clusion, les travaux forc\u00e9s, les licenciements abusifs\u00a0pour dissuader les gr\u00e9vistes mais ils ne parviennent pas \u00e0 mettre fin au mouvement.<\/p>\n<h2>Cons\u00e9quences\u00a0des gr\u00e8ves<\/h2>\n<h4>La naissance du syndicalisme dans le bassin de Decazeville<\/h4>\n<p align=\"justify\">En 1884, le premier syndicat des mineurs de Decazeville est fond\u00e9. \u00c0 ses d\u00e9buts, il\u00a0ne repr\u00e9sente jamais la majorit\u00e9 des mineurs sauf pendant les gr\u00e8ves comptant au plus 800 adh\u00e9rents. Gr\u00e2ce \u00e0 ces p\u00e9riodes d\u2019affluence, les syndicalistes finissent par s&rsquo;imposer en tant qu\u2019interlocuteurs privil\u00e9gi\u00e9s et voient leur influence s&rsquo;accro\u00eetre. En 1890, le syndicat fait instaurer des d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s mineurs charg\u00e9s de la s\u00e9curit\u00e9, \u00e9lus par les mineurs et pay\u00e9s par la compagnie. Il demande la r\u00e9forme de la caisse de secours des mineurs et des caisses de retraites en 1894, ainsi que l&rsquo;acceptation d\u2019indemnisations pour les accidents du travail en 1898. En 1903, le syndicat de Decazeville s&rsquo;affilie\u00a0\u00e0 la CGT.<\/p>\n<h4>Des r\u00e9percussions nationales : la fusillade du Gua et l\u2019affaire Watrin<\/h4>\n<p align=\"justify\">Le retentissement national des gr\u00e8ves du bassin decazevillois se fait notamment \u00e0 travers la presse. Ces \u00e9v\u00e9nements sont r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s par des journaux d\u2019opinion comme <a href=\"https:\/\/www.retronews.fr\/journal\/le-rappel\/13-novembre-1869\/144\/319551\/3?from=%2Fsearch%23allTerms%3Dfusillade%2520du%2520gua%26sort%3Dscore%26publishedStart%3D1860-01-01%26publishedEnd%3D1869-12-31%26tfPublications%255B0%255D%3DLe%2520Rappel%26page%3D1%26searchIn%3Dall%26total%3D9&amp;index=2\"><em>Le Rappel<\/em><\/a>, un quotidien \u00e0 tendance radicale r\u00e9publicaine, ou <a href=\"https:\/\/www.retronews.fr\/journal\/l-univers\/17-octobre-1869\/132\/969801\/2?from=%2Fsearch%23allTerms%3Daubin%2520%26sort%3Dscore%26publishedStart%3D1860-01-01%26publishedEnd%3D1869-12-31%26tfPublications%255B0%255D%3DL%2527Univers%26page%3D1%26searchIn%3Dall%26total%3D100&amp;index=0\"><em>L\u2019Univers<\/em><\/a>, un quotidien catholique et conservateur donnant lieu \u00e0 des visions radicalement diff\u00e9rentes. Il y a aussi des r\u00e9percussions dans la litt\u00e9rature. La fusillade du Gua \u00e0 Aubin inspire en partie \u00e0 Emile Zola l\u2019\u00e9pisode de la fusillade dans Germinal et \u00e0 Victor Hugo son po\u00e8me dramatique <a href=\"http:\/\/entendre-victor-hugo.com\/aubin-annees-funestes\/\">\u00ab\u00a0Aubin\u00a0\u00bb<\/a>. \u00c0 la capitale, Basly, un ancien ouvrier devenu d\u00e9put\u00e9 de la Seine, porte le d\u00e9bat de l\u2019affaire Watrin \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale et plaide en faveur des ouvriers.<\/p>\n<h4>Une am\u00e9lioration de la condition ouvri\u00e8re ?<\/h4>\n<p align=\"justify\">En r\u00e9alit\u00e9, l&rsquo;image de l&rsquo;ouvrier n&rsquo;\u00e9volue pas et reste toujours archa\u00efque \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle. \u00c0 la suite de\u00a0la gr\u00e8ve de 1886, la Compagnie est intransigeante avec ses ouvriers. Cependant, le syndicat fait preuve de son efficacit\u00e9 et de son utilit\u00e9, sa p\u00e9rennit\u00e9 est assur\u00e9e. Ainsi, malgr\u00e9 des conditions de vie \u00a0inchang\u00e9es, les gr\u00e8ves\u00a0de Decazeville s\u2019ins\u00e8rent dans une dynamique nationale de protestations ouvri\u00e8res et soul\u00e8vent le probl\u00e8me des conditions de travail. L\u2019impact le plus important de\u00a0ces gr\u00e8ves est donc leur retentissement dans le pays, attirant l\u2019attention de l\u2019opinion publique et de certaines personnalit\u00e9s politiques sur la condition ouvri\u00e8re.<\/p>\n<pre><a href=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?page_id=2694&amp;preview=true\">Pour aller plus loin...<\/a><\/pre>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Alcouffe Paul-Louis, Bullich Charline et Gaziglia Oc\u00e9ane\u00a0<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mis\u00e8re et gr\u00e8ves ouvri\u00e8res dans le bassin houiller de Decazeville au XIXe si\u00e8cle &nbsp; En 1864, la loi Ollivier reconna\u00eet le droit de gr\u00e8ve. 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