{"id":370,"date":"2018-01-18T12:01:44","date_gmt":"2018-01-18T11:01:44","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?page_id=370"},"modified":"2018-04-05T17:31:25","modified_gmt":"2018-04-05T15:31:25","slug":"les-revoltes-populaires-dans-le-sud-ouest-de-la-france-de-1593-a-1595-2017","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/histoire-locale\/les-revoltes-populaires-dans-le-sud-ouest-de-la-france-de-1593-a-1595-2017\/","title":{"rendered":"Les r\u00e9voltes populaires dans le sud-ouest de la France de 1593 \u00e0 1595 [2017]"},"content":{"rendered":"<p>Le 22 mars 1594, apr\u00e8s cinq ans de lutte pour affirmer son autorit\u00e9 sur le Royaume de France, Henri IV (1553-<em>1589<\/em>-1610) entre dans Paris. L\u2019assassinat d\u2019Henri III en 1589, appuy\u00e9 par la Ligue, un parti ultra-catholique se d\u00e9finissant comme une \u00ab\u00a0union proph\u00e9tique et mystique\u00a0\u00bb (<a href=\"http:\/\/journals.openedition.org\/insaniyat\/11926\">Denis Crouzet<\/a>) a pouss\u00e9 Henri De Navarre sur le tr\u00f4ne de France. Celui-ci \u00e9tait le chef des <a href=\"https:\/\/www.museeprotestant.org\/notice\/les-provinces-unies-du-midi\/\">Provinces Unies du Midi<\/a>, une union protestante contre laquelle se battait la Ligue durant les <a href=\"http:\/\/www.larousse.fr\/encyclopedie\/divers\/guerres_de_Religion\/140624\">Guerres de religion<\/a>. Ces derni\u00e8res eurent dans le sud-ouest du Royaume de France de lourdes cons\u00e9quences, car les ravages y furent plus cons\u00e9quents qu\u2019ailleurs en raison de la forte pr\u00e9sence ligueuse et protestante. Les habitants e cette r\u00e9gion particuli\u00e8rement rurale n\u2019avaient pas les moyens d\u2019assumer les lourds imp\u00f4ts d\u00fbs \u00e0 la guerre, ni de se d\u00e9fendre face aux gens de guerre qui pillaient et ravageaient les campagnes. La solution apport\u00e9e par ces ruraux fut de s\u2019assembler et de prendre les armes pour s\u2019insurger face \u00e0 ceux qui les opprimaient. Ils prirent le nom de Croquants ou de Tard-Avis\u00e9.<\/p>\n<p>Les premi\u00e8res ann\u00e9es de r\u00e8gne d\u2019Henri IV furent caract\u00e9ris\u00e9es par une reconqu\u00eate du Royaume de France, car nombre de ses sujets ne l\u2019acceptaient pas comme nouveau souverain du fait de sa religion. Pour autant les assembl\u00e9es paysannes du sud-ouest, luttant contre la surcharge fiscale et les garnisons pillardes, donn\u00e8rent \u00e0 la monarchie les moyens d\u2019affermir son autorit\u00e9. Nous chercherons donc \u00e0 comprendre comment.<\/p>\n<p>Dans un premier temps, les assembl\u00e9es paysannes du sud-ouest virent dans les Huguenots (protestants calvinistes) la cause de tous leurs malheurs. Certaines villes comme Agen ou P\u00e9rigueux de m\u00eame que des assembl\u00e9es paysannes se tourn\u00e8rent alors vers la Ligue catholique, en qu\u00eate de solutions aux maux qui les accablaient. Ce soutien fut pourtant de courte dur\u00e9e. En 1593 l&rsquo;abjuration d&rsquo;Henri IV lui gagna la plupart des villes comme des assembl\u00e9es paysannes, qui opt\u00e8rent pour la protection royale. Les \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.persee.fr\/docAsPDF\/assr_0335-5985_1975_num_40_1_1932_t1_0194_0000_2.pdf\"><em>\u00e9motions populaires<\/em><\/a>\u00a0\u00bb se tourn\u00e8rent contre les ch\u00e2teaux ligueurs, symbole d\u2019une tyrannie que les Croquants voulaient voir dispara\u00eetre.\u00a0 D\u00e8s lors, conscients qu\u2019un nombre cons\u00e9quent de communaut\u00e9s \u00e9taient touch\u00e9es par la hausse fiscale et les pillages, les Croquants prirent un \u00ab<a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-dix-septieme-siecle-2007-1-p-11.htm\">\u00a0<em>nouveau sens politique<\/em><\/a>\u00a0\u00bb. Une conscience sociale se d\u00e9veloppa parmi eux, qui n&rsquo;\u00e9tait d\u00e9sormais plus incompatible avec une forme de \u00ab\u00a0tol\u00e9rance\u00a0\u00bb religieuse envers les huguenots.<\/p>\n<p>M\u00eame si un tournant politique s\u2019op\u00e8ra avec cette prise de conscience sociale, les paysans, qui constituaient la majeure partie des assembl\u00e9es r\u00e9volt\u00e9es, n\u2019avaient pas les moyens ni les comp\u00e9tences pour donner un sens politique pr\u00e9cis \u00e0 leurs r\u00e9voltes. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019interviennent les notables ruraux. Ces hommes, poss\u00e9dant une forte autorit\u00e9 locale et une instruction assez \u00e9lev\u00e9e, prirent la direction de la plupart des assembl\u00e9es paysannes. Antoine de La Saigne, notaire du P\u00e9rigord, fut l\u2019un de ces hommes. Il fut \u00e0 l\u2019origine des prises d\u2019armes de 1594 et 1595 et porta les r\u00e9clamations au roi en mars 1595. Celles-ci \u00e9taient simples\u00a0: baisse de la fiscalit\u00e9, lib\u00e9ration des garnisons pillardes et autod\u00e9fense des villages et communaut\u00e9s rurales. Dans ces r\u00e9clamations, le nouveau souverain vit un moyen de se l\u00e9gitimer.<\/p>\n<p>Les r\u00e9clamations ne venaient pas exclusivement des Croquants. Les r\u00e9voltes paysannes avaient conduit les nobles ligueurs \u00e0 redouter l\u2019av\u00e8nement d\u2019une nouvelle forme politique o\u00f9 leurs titres et privil\u00e8ges ne seraient plus que de lointains souvenirs. Il n\u2019en fut rien. Cependant, cette peur les amena \u00e0 demander l\u2019aide de la monarchie : les nobles ligueurs, dont la plupart obtinrent le pardon royal suite \u00e0 l\u2019abjuration d\u2019Henri IV, appelaient de leurs voeux la r\u00e9pression des assembl\u00e9es paysannes. La monarchie opta alors pour une double tactique de conciliation et de r\u00e9pression envers les Croquants : elle accepta ainsi la plupart des demandes des Croquants (mis \u00e0 part l\u2019autod\u00e9fense des communaut\u00e9s), tout en d\u00e9p\u00eachant des troupes pour rompre les assembl\u00e9es paysannes qui mena\u00e7aient la noblesse.<\/p>\n<p>Denis Crouzet voit dans l\u2019Edit de Nantes le reflet de la \u00ab\u00a0<em>philosophie politique du pouvoir henricien [\u2026] qui r\u00e9pond de mani\u00e8re tr\u00e8s structur\u00e9e \u00e0 toute une s\u00e9rie de probl\u00e8mes par des moyens appropri\u00e9s et donc diff\u00e9renci\u00e9s<\/em>\u00a0\u00bb. Cette phrase s\u2019adapte \u00e9galement \u00e0 la tactique adopt\u00e9e par Henri IV afin de se l\u00e9gitimer comme nouveau souverain et d\u2019affermir son autorit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Bibliographie.<\/p>\n<p>C. Vivanti. <em>Guerre civile et paix religieuse dans la France d\u2019Henri IV<\/em>, Paris, Desjonqu\u00e8res, 2006.<\/p>\n<p>D. Crouzet. <em>Les guerriers de Dieu\u00a0: la violence au temps des troubles de religion (vers 1525-vers 1610)<\/em>, Seyssel, Champ Vallon, 1990.<\/p>\n<p>J. Garrisson. <em>Guerre civile et compromis 1559-1598<\/em>, Paris, Seuil (coll. \u00ab\u00a0Points\u00a0\u00bb), 2016.<\/p>\n<p>Y.-M. Berc\u00e9. <em>Croquants et nu-pieds\u00a0: les soul\u00e8vements paysans en France du XVIe au XIXe si\u00e8cle<\/em>, Paris, Gallimard (coll. \u00ab\u00a0Folio Histoire\u00a0\u00bb), 1991.<\/p>\n<p>Y.-M. Berc\u00e9. <em>Histoire des Croquants. \u00c9tudes des soul\u00e8vements populaires au XVIIe si\u00e8cle dans le sud-ouest de la France<\/em>, Paris, Seuil, 1986.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 22 mars 1594, apr\u00e8s cinq ans de lutte pour affirmer son autorit\u00e9 sur le Royaume de France, Henri IV (1553-1589-1610) entre dans Paris. L\u2019assassinat d\u2019Henri III en 1589, appuy\u00e9 par la Ligue, un parti ultra-catholique se d\u00e9finissant comme une \u00ab\u00a0union proph\u00e9tique et mystique\u00a0\u00bb (Denis Crouzet) a pouss\u00e9 Henri De Navarre sur le tr\u00f4ne de &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/histoire-locale\/les-revoltes-populaires-dans-le-sud-ouest-de-la-france-de-1593-a-1595-2017\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Les r\u00e9voltes populaires dans le sud-ouest de la France de 1593 \u00e0 1595 [2017]&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":292,"featured_media":0,"parent":1173,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/370"}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/users\/292"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=370"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/370\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2113,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/370\/revisions\/2113"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1173"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=370"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}