{"id":5197,"date":"2020-01-12T06:22:25","date_gmt":"2020-01-12T05:22:25","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?page_id=5197"},"modified":"2020-02-09T22:53:08","modified_gmt":"2020-02-09T21:53:08","slug":"la-vallee-rouge-1946-53","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/histoire-locale\/la-vallee-rouge-1946-53\/","title":{"rendered":"La vall\u00e9e rouge (1946-1953)  [2020]"},"content":{"rendered":"<h1>La Vall\u00e9e Rouge, qu\u2019est-ce-que c\u2019est ?<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/h1>\n<p>L\u2019affaire dont il est question se recentre sur le d\u00e9partement de l\u2019Aveyron, qui, au sortir de la guerre, se trouve dans une situation tr\u00e8s difficile.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>En effet, 412 Aveyronnais ont p\u00e9ri au combat, 9401 soldats sont prisonniers. Les fermes et les r\u00e9coltes qui ont \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9es \u00e0 l\u2019abandon entra\u00eenent de lourdes dettes pour la population.<\/p>\n<p>C\u2019est dans ce contexte d\u00e9j\u00e0 lourd que huit meurtres ont \u00e9t\u00e9 commis dans la Vall\u00e9e du Lot entre 1946 et 1953. Quatre affaires successives, d&rsquo;une brutale sauvagerie, d\u00e9sol\u00e8rent la r\u00e9gion d&rsquo;Espalion, ville situ\u00e9e dans le nord de l&rsquo;Aveyron. Elles pr\u00e9sentaient de telles similitudes qu&rsquo;elles furent d&rsquo;abord attribu\u00e9es \u00e0 un m\u00eame criminel. Puis au cours des enqu\u00eates, plusieurs suspects furent arr\u00eat\u00e9s. \u00c0 l&rsquo;issue d&rsquo;aveux et de r\u00e9tractations successives, certains d&rsquo;entre eux finirent par \u00eatre mis en examen. Mais en d\u00e9pit de plusieurs jugements, le myst\u00e8re ne fut jamais totalement \u00e9clairci. Cette affaire porte le nom de La Vall\u00e9e Rouge.<\/p>\n<figure id=\"attachment_5776\" aria-describedby=\"caption-attachment-5776\" style=\"width: 264px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-5776 \" src=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2020\/01\/ESP-300x283.jpg\" alt=\"\" width=\"264\" height=\"249\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2020\/01\/ESP-300x283.jpg 300w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2020\/01\/ESP.jpg 680w\" sizes=\"(max-width: 264px) 100vw, 264px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5776\" class=\"wp-caption-text\">Canton d&rsquo;Espalion, 2016 Office de tourisme.<\/figcaption><\/figure>\n<h1>Un contexte de crise<\/h1>\n<p>La France sort exsangue des ann\u00e9es de guerre et d\u2019occupation, boulevers\u00e9e sur le plan moral et lamin\u00e9e sur le plan \u00e9conomique. Dans un premier temps, se d\u00e9veloppe dans une partie de la population, une volont\u00e9 de punir les tra\u00eetres. Elle peut prendre des formes l\u00e9gales, avec enqu\u00eates et jugements, ou des formes sauvages. L\u2019Aveyron qui, comme tout le territoire a eu ses collabos et ses r\u00e9sistants, n\u2019\u00e9chappe pas au besoin \u201cpulsionnel\u201d de punir les tra\u00eetres, de se venger, sans pour autant passer par les tribunaux.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, la situation \u00e9conomique reste d\u00e9sastreuse car la France a \u00e9t\u00e9 pill\u00e9e durant l\u2019occupation allemande. Le plus gros probl\u00e8me de ravitaillement se situe surtout dans les villes. Bien que le syst\u00e8me de rationnement se maintienne apr\u00e8s la Lib\u00e9ration, il est fauss\u00e9 en raison du grand nombre de faux tickets en circulation. La situation est d\u2019autant plus difficile \u00e9tant donn\u00e9 que l\u2019agriculture connait de grandes difficult\u00e9s. Les mauvaises r\u00e9coltes de 1946 et 1947 sont responsables de la forte augmentation des prix agricoles qui font plus que doubler durant ces deux ann\u00e9es. La production agricole a chut\u00e9 d\u2019un tiers depuis 1938.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span> A partir de 1948, de meilleures r\u00e9coltes ainsi qu&rsquo;une offre de produits industriels croissante, en grande partie gr\u00e2ce aux effets de l&rsquo;aide du plan Marshall, se conjuguent pour r\u00e9tablir, fin 1949, les grands \u00e9quilibres. La production agricole retrouve, gr\u00e2ce \u00e0 ce climat plus favorable, sa situation d&rsquo;avant-guerre.<\/p>\n<p>A la fin de la guerre, la qu\u00eate de nourriture et la mis\u00e8re sont une des causes de l\u2019augmentation de la d\u00e9linquance, voire de la criminalit\u00e9, de petits vols, de pillages, de la fabrication de faux billets aux agressions physiques.<\/p>\n<p>Dans la Vall\u00e9e rouge, ces sont les formes les plus dures de la criminalit\u00e9 qui sont commises dans ce contexte \u00e9conomique difficile.<\/p>\n<h1>Le d\u00e9roulement des meurtres de la Vall\u00e9e Rouge<\/h1>\n<p>Tout commence le 28 d\u00e9cembre 1947. Au moment de rentrer ses vaches, un fermier s\u2019aper\u00e7oit qu\u2019un incendie s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 la ferme du Roucanel situ\u00e9e entre St C\u00f4me et Espalion. Le lendemain, on y retrouve les cadavres calcin\u00e9s du fermier Bras et de sa servante, Jeanne. En proc\u00e9dant aux premi\u00e8res observations, les gendarmes trouvent un bidon d\u2019essence vide \u00e0 la cave. Mais les enqu\u00eateurs concluent seulement \u00e0 un accident, les deux occupants auraient \u00e9t\u00e9 asphyxi\u00e9s par la fum\u00e9e. Ce n\u2019est que deux\u00a0ans plus tard que l\u2019incident revient \u00e0 l\u2019ordre du jour, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une affaire similaire.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Le 25 mars 1949, c\u2019est au tour du Moulin de Verri\u00e8res, entre Espalion et Estaing, de br\u00fbler. Mais cette fois-ci, les gendarmes retrouvent Paul P\u00e9l\u00e9gry et sa femme, morts, le cr\u00e2ne fracass\u00e9 par un instrument lourd et contondant.<\/p>\n<figure id=\"attachment_5714\" aria-describedby=\"caption-attachment-5714\" style=\"width: 214px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-5714 size-medium\" src=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2020\/01\/Capoulade-avouant-les-faits-214x300.jpg\" alt=\"\" width=\"214\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2020\/01\/Capoulade-avouant-les-faits-214x300.jpg 214w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2020\/01\/Capoulade-avouant-les-faits-768x1077.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2020\/01\/Capoulade-avouant-les-faits-730x1024.jpg 730w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2020\/01\/Capoulade-avouant-les-faits.jpg 1005w\" sizes=\"(max-width: 214px) 100vw, 214px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5714\" class=\"wp-caption-text\">Edouard Capoulade vient d\u2019avouer ses faits. Illustration du journal \u201cD\u00e9tective\u201d n\u00b0269 du 27 ao\u00fbt 1951,<\/figcaption><\/figure>\n<p>Deux ans apr\u00e8s, le 12 ao\u00fbt 1951, c\u2019est au tour de la Combe d\u2019Ardennes, une modeste ferme isol\u00e9e au milieu des bois d\u2019\u00eatre touch\u00e9e. La veuve Prat, 71 ans, est retrouv\u00e9e par sa fille, assassin\u00e9e, le cr\u00e2ne fracass\u00e9 de la m\u00eame mani\u00e8re que le couple du Moulin de Verri\u00e8res. Pour la premi\u00e8re fois depuis le d\u00e9but des meurtres, les gendarmes ont un suspect : Edouard Capoulade. Les interrogatoires sont tellement \u00e9puisants qu\u2019il finit par avouer. Il est jug\u00e9 mais Ma\u00eetre Escaffre, son avocat, r\u00e9ussit \u00e0 le faire innocenter en raison du manque de preuves. Il regagne son domicile le soir<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>m\u00eame.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Enfin, le lundi 18 f\u00e9vrier 1952, la ferme de la Bessette, habit\u00e9e par Abel Maurel, est incendi\u00e9e \u00e0 son tour. Le corps du fermier est tir\u00e9 hors de l\u2019\u00e9table par Louis, un voisin. Ce dernier remarque la trace d\u2019un bigos, outil agricole traditionnel, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du cr\u00e2ne de la victime. Sa femme L\u00e9onie et leur fille, Val\u00e9rie sont de suite trouv\u00e9es dans la maison, avec la m\u00eame blessure.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<h1>Vers le proc\u00e8s<\/h1>\n<figure id=\"attachment_5722\" aria-describedby=\"caption-attachment-5722\" style=\"width: 191px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-5722 \" src=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2020\/01\/Auguste-Boudou-et-commissaire-1-207x300.jpg\" alt=\"\" width=\"191\" height=\"277\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2020\/01\/Auguste-Boudou-et-commissaire-1-207x300.jpg 207w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2020\/01\/Auguste-Boudou-et-commissaire-1-768x1113.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2020\/01\/Auguste-Boudou-et-commissaire-1-707x1024.jpg 707w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2020\/01\/Auguste-Boudou-et-commissaire-1.jpg 914w\" sizes=\"(max-width: 191px) 100vw, 191px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5722\" class=\"wp-caption-text\">Auguste Boudou, le commissaire Brieusel, le greffier Olivier et le juge d\u2019instruction de Rodez Illustration du journal \u201cD\u00e9tective\u201d n\u00b0296 du 3 mars 1 952, reportage de F. .Jalabert<\/figcaption><\/figure>\n<p>Des doutes se portent sur une personne en particulier. Les fermiers remarquent, en effet, qu\u2019Auguste Boudou, un voisin de la ferme, avait refus\u00e9 d\u2019\u00e9teindre l\u2019incendie et n\u2019\u00e9tait venu qu\u2019en dernier sur les lieux alors qu\u2019il \u00e9tait le plus pr\u00e8s de la ferme.<\/p>\n<p>Quand, le lendemain, les gendarmes se pr\u00e9sentent chez lui, Boudou s\u2019enferme dans le mutisme. Les jours suivants, les enqu\u00eateurs apprennent que le fermier vient de solder un remboursement de 30 000 francs au Cr\u00e9dit agricole. Cela augmente la suspicion \u00e0 son encontre.<\/p>\n<p>Beaucoup de preuves associent Auguste Boudou au principal suspect, mais une chose en particulier, le rapproche du coupable id\u00e9al : durant le conflit de 1914-1918, le fermier<i>\u00a0<\/i>\u00e9tait devenu nettoyeur de tranch\u00e9es.<br \/>\nA son retour de la guerre, les locaux disaient\u00a0souvent que les actes qu\u2019il avait d\u00fb\u00a0commettre l\u2019avaient rendu fou.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Questionn\u00e9 suite \u00e0 l\u2019enterrement des Maurel, pendant plus de 24h, Boudou h\u00e9site, se contredit, et retombe dans le silence. Le 7 mars, \u00e9puis\u00e9, il avoue.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 \u00a0<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_5713\" aria-describedby=\"caption-attachment-5713\" style=\"width: 230px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-5713\" src=\"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2020\/01\/Boudou-mimant-lassassinat-243x300.jpg\" alt=\"\" width=\"230\" height=\"284\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2020\/01\/Boudou-mimant-lassassinat-243x300.jpg 243w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2020\/01\/Boudou-mimant-lassassinat-768x947.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2020\/01\/Boudou-mimant-lassassinat-830x1024.jpg 830w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2020\/01\/Boudou-mimant-lassassinat.jpg 985w\" sizes=\"(max-width: 230px) 100vw, 230px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5713\" class=\"wp-caption-text\">Boudou mimant l&rsquo;assassinat de L\u00e9onie Maurel Illustration du journal \u201cD\u00e9tective\u201d n\u00b0296 du 3 mars 1 952, reportage de F. .Jalabert<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le proc\u00e8s se tient trois ans apr\u00e8s le dernier meurtre, du 19 au 21 juin 1956. Auguste Boudou est condamn\u00e9 \u00e0 mort, avant d\u2019\u00eatre envoy\u00e9, en appel.<\/p>\n<p>Le 8 novembre de cette m\u00eame ann\u00e9e, Boudou est renvoy\u00e9 devant la cour d\u2019assises de Montpellier o\u00f9, apr\u00e8s trois jours de d\u00e9bat, la sentence est de nouveau confirm\u00e9e. Le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, qui est \u00e0 l\u2019\u00e9poque Ren\u00e9 Coty transforme sa peine de mort en travaux forc\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 la centrale de Cognac qu\u2019Auguste Boudou finit ses jours, en 1967, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 70 ans.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<h1>Une affaire qui marque encore les esprits<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/h1>\n<p>Ce genre d&rsquo;affaire a toujours exist\u00e9, cependant, dans le nord de l&rsquo;Aveyron, celle-ci a marqu\u00e9 les esprits, presque autant que les attentats du Masque Rouge, installant un climat de terreur et de psychose et cr\u00e9ant entre paysans, beaucoup de soup\u00e7on, dans un contexte, on l\u2019a dit plus haut, d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s tendu en raison du passif de la guerre et de la situation \u00e9conomique difficile.<br \/>\nChaque soir, les paysans de fermes isol\u00e9es barricadaient donc leur maison et tenaient un fusil charg\u00e9 \u00e0 port\u00e9e de main.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><br \/>\nLa\u00a0presse a jou\u00e9 un r\u00f4le important dans cette affaire. Ainsi dans le journal parisien <i>D\u00e9tective<\/i>, on peut lire le r\u00e9cit des faits, voir des photographies de Boudou et du commissaire charg\u00e9 de l&rsquo;enqu\u00eate.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, la plupart des contemporains sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9s, mais ils\u00a0ont transmis \u00e0 leurs enfants cette histoire qui a pu ainsi arriver jusqu\u2019\u00e0 nous. C\u2019est ce qui s\u2019est pass\u00e9 pour Andr\u00e9 Couhaillac, qui peut encore aujourd\u2019hui raconter l&rsquo;affaire du Moulin de Verri\u00e8re, o\u00f9 Boudou a assassin\u00e9 Paul P\u00e9legry et sa femme. C\u2019est d\u2019ailleurs son p\u00e8re qui a retrouv\u00e9 le corps de Paul.<\/p>\n<p>La persistance de l\u2019angoisse des populations locales s\u2019explique aussi par d\u2019autres crimes, commis apr\u00e8s l\u2019affaire Boudou.<\/p>\n<p>En 1953,\u00a0le fils de Louis-Joseph Brassat tue successivement \u00e0 coups de bigos sa m\u00e8re, son p\u00e8re et son fr\u00e8re, avant de mettre le feu \u00e0 la maison o\u00f9 gisent les cadavres. Les mobiles du crime \u00e9taient tellement insignifiants que l\u2019on a dout\u00e9 de l&rsquo;\u00e9quilibre mental de l&rsquo;adolescent alors \u00e2g\u00e9 de 16 ans. A-t-il \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9 par les crimes d&rsquo;Auguste Boudou\u00a0?<\/p>\n<p>Outre les r\u00e9cits faits dans les familles, la persistance de cette affaire a \u00e9t\u00e9 favoris\u00e9e par une litt\u00e9rature sp\u00e9cifique, d\u00e9di\u00e9e aux affaires criminelles r\u00e9gionales, dont les personnes \u00e2g\u00e9es \u00e9taient friandes. Pas moins de cinq livres relatent cette histoire. En 2016, c\u2019est encore une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre amateur qui s\u2019est jou\u00e9e sur ce th\u00e8me \u00e0 Saint-Affrique (\u00ab\u00a0Crimes \u00e0 l\u2019ancienne ou le tueur au bigos\u201d.) et en 2018, un documentaire a \u00e9galement\u00a0\u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 sur l\u2019affaire \u00ab La Vall\u00e9e rouge, par le fer et par le feu \u00bb.<\/p>\n<p><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c9tudiantes : AYGALENQ Mathilde (L2), BLANDINIERES Lena (L2) et PERIE Aur\u00e9lie (L1)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Vall\u00e9e Rouge, qu\u2019est-ce-que c\u2019est ?\u00a0 L\u2019affaire dont il est question se recentre sur le d\u00e9partement de l\u2019Aveyron, qui, au sortir de la guerre, se trouve dans une situation tr\u00e8s difficile.\u00a0 En effet, 412 Aveyronnais ont p\u00e9ri au combat, 9401 soldats sont prisonniers. 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