{"id":13235,"date":"2024-04-22T20:30:25","date_gmt":"2024-04-22T18:30:25","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=13235"},"modified":"2024-04-22T20:33:31","modified_gmt":"2024-04-22T18:33:31","slug":"bernard-gui-inquisiteur-et-ecrivain-du-xive-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/04\/22\/bernard-gui-inquisiteur-et-ecrivain-du-xive-siecle\/","title":{"rendered":"BERNARD GUI : inquisiteur et \u00e9crivain du XIVe si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-drop-cap\">Bernard Gui, n\u00e9 dans le Limousin, plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans la commune de La Roche-l\u2019Abeille, en 1261, est une figure centrale de l\u2019inquisition dans le Midi au Moyen-Age. Il embrasse les ordres \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 19 ans comme novice et entre dans un couvent de l\u2019ordre dominicain. Il est membre de cet ordre religieux mendiant, aussi appel\u00e9 ordre des pr\u00eacheurs, cr\u00e9\u00e9 en 1215 \u00e0 Toulouse. Il devient lecteur puis prieur d\u2019Albi dix ans plus tard, puis de Castres, Carcassonne ou encore Limoges. Finalement, il est mandat\u00e9 Grand Inquisiteur de Toulouse en 1307, et fera face aux grandes h\u00e9r\u00e9sies de son \u00e9poque, le<a href=\"https:\/\/www.mairie-albi.fr\/fr\/le-catharisme\"> catharisme<\/a> et <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Mouvement_vaudois\">l\u2019h\u00e9r\u00e9sie vaudoise<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/03\/63e1d8_3476da450b77497da6253316e78a163d.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-13324\" width=\"341\" height=\"284\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/03\/63e1d8_3476da450b77497da6253316e78a163d.png 341w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/03\/63e1d8_3476da450b77497da6253316e78a163d-300x250.png 300w\" sizes=\"(max-width: 341px) 100vw, 341px\" \/><figcaption><span class=\"has-inline-color has-white-color\">Lettrine d&rsquo;une copie anonyme du<strong> Speculum Sanctorale <\/strong>repr\u00e9sentant Bernard Gui<\/span><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Durant sa carri\u00e8re, il se consacre \u00e0 la m\u00e9moire dominicaine en faisant \u0153uvre d&rsquo;hagiographe, c\u2019est-\u00e0-dire en \u00e9crivant des ouvrages consacr\u00e9s \u00e0 la vie et \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre d\u2019un ou de plusieurs saints. Il s&rsquo;int\u00e9resse \u00e9galement \u00e0 l\u2019histoire des la\u00efcs.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous allons ici nous centrer sur cette derni\u00e8re partie de sa vie et pr\u00e9senter Bernard Gui comme un \u00e9crivain \u00e0 l\u2019envergure imposante.<\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>Ses sources<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Comme tous les historiens et les clercs de son \u00e9poque, Bernard Gui se base surtout sur des sources ant\u00e9rieures, provenant en grande partie de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Il constitue ainsi tout au long de sa vie et de ses voyages un corpus cons\u00e9quent de sources. Son travail est donc marqu\u00e9 par d\u2019incessantes corrections de ses ouvrages dont il existe pour la plupart plusieurs versions.<\/p>\n\n\n\n<p>Le dominicain s\u2019appuie principalement sur deux types de sources. Il y a d\u2019abord les sources \u00e9crites, souvent reprises d\u2019autres historiens. Il se base ainsi sur des chroniques universelles (celles de Guillaume de Nangis par exemple), des biographies et compilations de notices biographiques (la <em>Vita Karoli <\/em>d\u2019Eginhard par exemple), quelques sources locales (textes de clercs m\u00e9ridionaux racontant l\u2019histoire de lieux locaux) ainsi que des sources de premi\u00e8re main. Ces sources sont souvent cit\u00e9es tr\u00e8s impr\u00e9cis\u00e9ment, voire pas du tout. On remarque aussi la pr\u00e9sence de sources orales, c\u2019est-\u00e0-dire de r\u00e9cits qui lui sont faits directement, surtout pour les \u00e9v\u00e9nements plus proches de son \u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ses m\u00e9thodes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour traiter et exploiter au mieux ses sources, Bernard Gui fait preuve d\u2019une m\u00e9thode tr\u00e8s rigoureuse, qui passe par diff\u00e9rents proc\u00e9d\u00e9s. Il va ainsi faire de la compilation, une m\u00e9thode tr\u00e8s r\u00e9pandue \u00e0 l\u2019\u00e9poque, liant les sources entre elles pour former des ensembles coh\u00e9rents et complets. Ce proc\u00e9d\u00e9 implique parfois de faire des choix entre des sources en d\u00e9saccord. Il privil\u00e9gie alors la source qui fait le plus autorit\u00e9 selon lui ou \u00e0 d\u00e9faut les cite toutes sans \u00e9mettre de choix. Ainsi, il choisit de faire confiance \u00e0 Eginhard plut\u00f4t qu\u2019aux autres sources portant sur Charlemagne, car il consid\u00e8re comme plus fiable.<\/p>\n\n\n\n<p>Bernard Gui est \u00e9galement un abr\u00e9viateur, r\u00e9digeant des versions courtes de nombreux ouvrages, les siens mais aussi ceux d\u2019autres clercs qu\u2019il recopie, comme cela se faisait beaucoup \u00e0 son \u00e9poque. Ces textes abr\u00e9g\u00e9s sont pr\u00e9sent\u00e9s comme des sortes de manuels, plus pratiques et centr\u00e9s sur quelques \u00e9l\u00e9ments, notamment la g\u00e9n\u00e9alogie et la chronologie.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, comme le dit Anne-Marie Lamarrigue, une des grandes sp\u00e9cialistes du personnage, \u00ab Bernard Gui, s\u2019il est mesur\u00e9, n\u2019est pas neutre pour autant \u00bb. Le dominicain est influenc\u00e9 par ses fonctions eccl\u00e9siastiques et inquisitoriales ainsi que par ses origines m\u00e9ridionales<strong>. <\/strong>Cela se remarque dans le choix de ses sources et des ses sujets, mais aussi dans sa fa\u00e7on d\u2019aborder certains desdits sujets. Il s&rsquo;int\u00e9resse ainsi particuli\u00e8rement aux croisades m\u00e9ridionales des rois de France en omettant de nombreuses autres batailles qu\u2019ils ont men\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une \u0153uvre historique importante<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u0153uvre historique de Bernard Gui est, \u00e0 bien des \u00e9gards, ambitieuse pour son \u00e9poque et constitue un corpus de grande qualit\u00e9. Parmi tous ses ouvrages, on retiendra quelques \u0153uvres particuli\u00e8rement importantes et compl\u00e8tes.<\/p>\n\n\n\n<p>Premi\u00e8rement, on peut citer le <em>Reges Francorum<\/em>, la chronique des rois de France, dont il existe 6 versions r\u00e9dig\u00e9es entre 1312 et 1331. Ce texte, qui retrace les r\u00e8gnes de tous les rois de France depuis Clovis, est, malgr\u00e9 quelques erreurs, extr\u00eamement pr\u00e9cis dans les dates et les faits. Ainsi, il ne se trompe jamais de plus de 7 ans sur une date, ce qui est une prouesse pour l&rsquo;\u00e9poque. De plus, Bernard Gui innove en y r\u00e9alisant le premier arbre g\u00e9n\u00e9alogique connu des rois de France.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/03\/IRHT_165305_2.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13327\" width=\"193\" height=\"290\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/03\/IRHT_165305_2.jpeg 534w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/03\/IRHT_165305_2-200x300.jpeg 200w\" sizes=\"(max-width: 193px) 100vw, 193px\" \/><figcaption><span class=\"has-inline-color has-white-color\">Extrait du <strong>Reges Francorum<\/strong>, issu d&rsquo;un manuscrit conserv\u00e9 \u00e0 Toulouse<\/span><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Il r\u00e9dige \u00e9galement, sur un mod\u00e8le similaire mais sans arbre g\u00e9n\u00e9alogique, une chronique des comtes de Toulouse et une chronique des empereurs. On citera \u00e9galement <em>Flores chronicorum<\/em> (<em>Fleurs des chroniques<\/em>), une chronique universelle o\u00f9 il traite entre autres de l\u2019histoire de France, et quelques ouvrages sur l\u2019histoire de lieux locaux comme le <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Abbaye_Saint-Augustin-l%C3%A8s-Limoges\">monast\u00e8re saint-augustin de Limoges<\/a>.<\/p>\n\n\n\n<p>Globalement, Bernard Gui se voit comme un chroniqueur, c\u2019est-\u00e0-dire comme quelqu\u2019un qui enregistre les faits dans l&rsquo;ordre de leur succession, d\u00e9taillant la continuit\u00e9 historique sans forc\u00e9ment d\u2019analyse. Ce genre des chroniques est tr\u00e8s r\u00e9pandu au Moyen-Age et Bernard Gui s\u2019inscrit donc dans une longue tradition.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Son \u0153uvre hagiographique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour autant on peut noter que Bernard Gui se livre \u00e9galement tout au long de sa vie \u00e0 la r\u00e9daction d&rsquo;\u0153uvres hagiographiques, c&rsquo;est-\u00e0-dire des ouvrages qui racontent la vie des Saints et qui sont destin\u00e9s \u00e0 la lecture en public dans le cadre de pr\u00e9dication par exemple.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi ces \u0153uvres hagiographiques de grande ampleur, on retrouve des catalogues comme <em>Noms des ap\u00f4tres<\/em> \u00e9crit en 1313 ou les <em>72 disciples du Christ<\/em> qu\u2019il remaniera \u00e0 plusieurs reprises pour plus de clart\u00e9. \u00c9galement d\u2019autres ouvrages \u00e9crits de sa main s&rsquo;int\u00e9ressent \u00e0 des saints plus locaux comme le <em>Trait\u00e9 sur les Saints du Limousin <\/em>et un <em>Catalogue des saints du dioc\u00e8se de Toulouse<\/em> qu\u2019il remaniera en 1317 pour y int\u00e9grer des modifications survenues dans la g\u00e9ographie eccl\u00e9siastique.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais son \u0153uvre hagiographique qui reste de loin la plus importante et m\u00e9morable est le <em>Speculum Sanctorale<\/em>, un immense l\u00e9gendier que Bernard Gui va composer durant les 20 derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie. Cet ouvrage tient une place \u00e0 part dans les \u0153uvres hagiographiques de l\u2019\u00e9poque de par sa singularit\u00e9. En effet, malgr\u00e9 une biblioth\u00e8que dominicaine d\u00e9j\u00e0 bien riche, ce livre est command\u00e9 vers 1312 par B\u00e9ranger de Landorre, un dominicain tr\u00e8s influent. Cet ouvrage sera donc conserv\u00e9 dans la biblioth\u00e8que des dominicains et fera l&rsquo;inventaire des f\u00eates d\u00e9di\u00e9es au Christ, \u00e0 la Vierge ainsi qu\u2019\u00e0 l&rsquo;\u00c9glise, aux ap\u00f4tres, martyrs et confesseurs.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/03\/main-qimg-2d12c69746d8307dd7ccb1c935b7f5b2-lq.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13328\" width=\"198\" height=\"299\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/03\/main-qimg-2d12c69746d8307dd7ccb1c935b7f5b2-lq.jpg 602w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/03\/main-qimg-2d12c69746d8307dd7ccb1c935b7f5b2-lq-198x300.jpg 198w\" sizes=\"(max-width: 198px) 100vw, 198px\" \/><figcaption><span class=\"has-inline-color has-white-color\">Extrait du <strong>Speculum Sanctorale<\/strong>, datant de 1329-1331, conserv\u00e9 \u00e0 Toulouse <\/span><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Les ouvrages pratiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, Bernard Gui est l\u2019auteur d\u2019ouvrages pratiques tels que la <em>Practica <\/em>ou le <em>Livre des sentences<\/em> : la <em>Practica <\/em>est le premier manuel d\u2019Inquisition, \u00e9crit entre 1319 et 1323, il porte sur les pratiques et les m\u00e9thodes d\u2019inquisition, il d\u00e9veloppe et analyse les diff\u00e9rentes h\u00e9r\u00e9sies rencontr\u00e9es mais \u00e9galement les sentences qui leur sont administr\u00e9es (par exemple : l\u2019\u00e9largissement, l\u2019enl\u00e8vement des croix ou le p\u00e8lerinage).<\/p>\n\n\n\n<p>Cet ouvrage nous permet de comprendre l\u2019influence de l\u2019\u00c9glise ainsi que la lutte qu\u2019elle entreprend contre les h\u00e9r\u00e9sies occitanes tr\u00e8s localis\u00e9es comme l\u2019h\u00e9r\u00e9sie albigeoise. Cet ouvrage est donc une source cl\u00e9 qui sera utilis\u00e9e et \u00e9tudi\u00e9e par les historiens.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/03\/2864.1646603671-666x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13329\" width=\"165\" height=\"254\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/03\/2864.1646603671-666x1024.jpg 666w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/03\/2864.1646603671-195x300.jpg 195w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/03\/2864.1646603671-768x1180.jpg 768w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/03\/2864.1646603671-1000x1536.jpg 1000w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/03\/2864.1646603671.jpg 1200w\" sizes=\"(max-width: 165px) 100vw, 165px\" \/><figcaption><span class=\"has-inline-color has-white-color\">Traduction moderne du <strong>Manuel de l&rsquo;inquisiteur <\/strong>(Practica) par G.Mollat, 2006<\/span><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Bernard Gui \u00e9labore un autre ouvrage c\u00e9l\u00e8bre de par son ampleur,  le <em>Le livre des sentences<\/em>, destin\u00e9 aux autres inquisiteurs. Il recueille les actes de 11 sermons g\u00e9n\u00e9raux et ses 916 d\u00e9cisions de justice, pendant son mandat d&rsquo;inquisiteur \u00e0 Toulouse, contre 636 personnes (d\u00e9cisions individuelles ou concernant toute une communaut\u00e9 h\u00e9r\u00e9tique). Ces sermons r\u00e9v\u00e8lent l\u2019objectif premier des Inquisiteurs occitans qui est la conversion des h\u00e9r\u00e9tiques et non l\u2019an\u00e9antissement de l&rsquo;individu. En effet, il semble plus sage et en accord avec la doctrine chr\u00e9tienne pour l\u2019Eglise que de pardonner les p\u00e9ch\u00e9s plut\u00f4t que de sanctionner les h\u00e9r\u00e9tiques \u00e0 la mort.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La post\u00e9rit\u00e9 de Bernard Gui de par son \u0153uvre et repris dans la culture populaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, en tant que figure historique, Bernard Gui laissera un h\u00e9ritage non n\u00e9gligeable \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9. Pour ce qui est de son influence de nos jours, on peut distinguer son image populaire tr\u00e8s n\u00e9gative d\u2019un inquisiteur sans piti\u00e9, r\u00e9pandu notamment via des \u0153uvres telles que le film ou le livre d\u2019Umberto Eco, <em>Le Nom de la rose<\/em> dans lequel le personnage appara\u00eet et est interpr\u00e9t\u00e9 \u00e0 la limite d\u2019une parodie de lui m\u00eame comme la figure de l\u2019inquisiteur par excellence, c\u2019est \u00e0 dire un inquisiteur sanguinaire et malfaisant. Outre cet exemple, on retrouve aussi une manifestation de cette vision grand public de la figure de Bernard Gui dans la statue en cire de lui se trouvant dans du mus\u00e9e de la torture de Carcassonne.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"400\" height=\"371\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/03\/BernardoGui.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13330\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/03\/BernardoGui.jpg 400w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/03\/BernardoGui-300x278.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><figcaption><span class=\"has-inline-color has-white-color\">Bernard Gui dans le film <strong>Le nom de la rose<\/strong> de Jean-Jacques Annaud<\/span><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Outre son image dans la culture populaire, Bernard Gui a un impact encore aujourd\u2019hui notamment avec l\u2019h\u00e9ritage qu\u2019il laisse derri\u00e8re lui en tant qu\u2019\u00e9crivain. En effet, ses travaux sont \u00e9tudi\u00e9s par les historiens sp\u00e9cialistes de l\u2019inquisition et des h\u00e9r\u00e9sies occitanes: Bernard Gui est aujourd&rsquo;hui devenu une source d\u2019\u00e9poque de premier choix.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour conclure, la figure de Bernard Gui a plusieurs aspects, son activit\u00e9 d\u2019homme d\u2019\u00e9glise et d\u2019inquisiteur n&rsquo;\u00e9tant pas la partie de sa vie la plus m\u00e9morable et remarquable bien qu\u2019elle soit importante. Ses \u00e9crits comme ses ouvrages sur les h\u00e9r\u00e9sies occitanes et l\u2019inquisition, en firent, plus qu\u2019un personnage historique, un historien marquant de son \u00e9poque. Et enfin la post\u00e9rit\u00e9 de son \u0153uvre et sa red\u00e9couverte par le public, via le cin\u00e9ma ou la litt\u00e9rature, font de lui une figure embl\u00e9matique dans l\u2019imaginaire collectif. Le travail d\u2019inquisiteur de Bernard Gui et ses \u00e9crits lui ont permis de devenir une figure incontournable de son temps et de sa fonction, tant chez les sp\u00e9cialistes que dans la culture populaire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour aller plus loin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>BIGET Jean-Louis (\u00e9tudes r\u00e9unies par J. Th\u00e9ry), dans <em>\u00c9glise, dissidences et soci\u00e9t\u00e9 dans l&rsquo;Occitanie m\u00e9di\u00e9vale<\/em>, CIHAM Editions, Lyon, 2020<\/p>\n\n\n\n<p>LE FUR Didier, \u201cL\u2019inquisition, enqu\u00eate historique : France, XIIIe-XVe si\u00e8cle\u201d, Librairie g\u00e9n\u00e9rale fran\u00e7aise, Paris, 2012<\/p>\n\n\n\n<p>AMARGIER Paul, \u201cEl\u00e9ments pour un portrait de Bernard Gui\u201d, dans <em>Les Cahiers de Fanjeaux<\/em>, n\u00b016,&nbsp; Toulouse : \u00c9ditions Privat, 1981, p.19-37<\/p>\n\n\n\n<p>PAUL Jacques, \u201cLa mentalit\u00e9 de l\u2019inquisiteur chez Bernard Gui\u201d, dans les<em> Cahiers de Fanjeaux,<\/em> Ann\u00e9e 1981, p.279-316<\/p>\n\n\n\n<p>LAMARRIGUE Anne-Marie, \u201cBernard Gui, 1261-1331 : un historien et sa m\u00e9thode\u201d, Honor\u00e9 Champion, Paris, 2000<\/p>\n\n\n\n<p>MONTAGNES Bernard, \u201cBernard Gui dans l\u2019historiographie dominicaine\u201d dans <em>Les Cahiers de Fanjeaux<\/em>, n\u00b016, Toulouse : \u00c9ditions Privat, 1981, p.183-203<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bernard Gui, n\u00e9 dans le Limousin, plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans la commune de La Roche-l\u2019Abeille, en 1261, est une figure centrale de l\u2019inquisition dans le Midi au Moyen-Age. Il embrasse les ordres \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 19 ans comme novice et entre dans un couvent de l\u2019ordre dominicain. 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