{"id":13416,"date":"2024-03-28T16:29:08","date_gmt":"2024-03-28T15:29:08","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=13416"},"modified":"2024-05-09T17:27:15","modified_gmt":"2024-05-09T15:27:15","slug":"metissage-acculturation-et-syncretisme-a-la-nouvelle-orleans-du-xvieme-au-xviiieme-siecle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/03\/28\/metissage-acculturation-et-syncretisme-a-la-nouvelle-orleans-du-xvieme-au-xviiieme-siecle\/","title":{"rendered":"M\u00e9tissage, acculturation et syncr\u00e9tisme \u00e0 la Nouvelle-Orl\u00e9ans du XVIe au XVIIIe si\u00e8cle"},"content":{"rendered":"\n<p>Situ\u00e9e dans l&rsquo;\u00c9tat de la<strong> <a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=13800\">Louisiane<\/a><\/strong>, La Nouvelle Orl\u00e9ans est une ville fond\u00e9e en 1718 par des colons fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/04\/image-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-13877\" width=\"302\" height=\"201\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/04\/image-2.png 600w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/04\/image-2-300x200.png 300w\" sizes=\"(max-width: 302px) 100vw, 302px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Drapeau de la ville de La Nouvelle-Orl\u00e9ans \u00e9galement utilis\u00e9 pour symboliser la Louisiane fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><span style=\"text-decoration: underline\">Source:<\/span> Wikip\u00e9dia.<\/p>\n\n\n\n<p>Face au contact avec la population locale et avec une volont\u00e9 d\u2019expansion \u00e9conomique et coloniale, elle est au d\u00e9part un petit port qui devient, petit \u00e0 petit, une ville. Cette ville se distingue notamment par son brassage culturel unique en son genre, r\u00e9sultat de si\u00e8cles d&rsquo;influences diverses. Ainsi, le m\u00e9tissage culturel d\u00e9signe le m\u00e9lange d\u2019influences culturelles diverses, par exemple dans le domaine musical, architectural, linguistique, etc. La ville est rapidement devenue un carrefour commercial crucial, attirant des colons et des commer\u00e7ants de diff\u00e9rentes parties du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Les fran\u00e7ais initi\u00e8rent les premiers contacts avec des tribus locales peu apr\u00e8s leur arriv\u00e9e, avec des personnages comme <strong><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=13800\">Pierre Le Moyne d\u2019Iberville<\/a><\/strong>. Ces \u00e9changes furent facilit\u00e9s pour certains par le commerce ill\u00e9gal de fourrure. Lors de la <strong><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=13800\">Guerre de Sept ans<\/a><\/strong>, de 1756 \u00e0 1763, de nombreuses tribus am\u00e9rindiennes ont form\u00e9 des alliances avec les puissances europ\u00e9ennes. Elles avaient pour but de prot\u00e9ger les natifs tout en les faisant combattre aux c\u00f4t\u00e9s des colons. Ce qui peut sembler \u00eatre une relation stable ne repr\u00e9sente cependant pas l\u2019ensemble des \u00e9changes entre natifs et colons. En effet, les europ\u00e9ens cherchaient souvent \u00e0 imposer leurs dogmes religieux ainsi que leur mod\u00e8le \u00e9conomique. L\u2019exemple le plus marquant reste celui de l\u2019esclavage, qui fut import\u00e9 par les colons fran\u00e7ais \u00e0 leur arriv\u00e9e au d\u00e9but du XVIIIe si\u00e8cle. La vie des tribus locales fut donc rapidement impact\u00e9e par cet ajout, puisque les esclaves venus d\u2019Afrique se m\u00eal\u00e8rent aux populations locales. Ce changement radical impacta aussi le paysage du lieu de vie des am\u00e9rindiens. En effet, les esclaves issus de la <strong><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=13800\">traite atlantique<\/a><\/strong> ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour construire la ville de la Nouvelle-Orl\u00e9ans.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/7\/76\/Father_marquette_preaching.jpg\" alt=\"\" width=\"344\" height=\"251\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Un exemple de contact entre fran\u00e7ais et am\u00e9rindiens:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Wihelm Lamprecht, <em>P\u00e8re Marquette et les Indiens<\/em>, 1869, Haggerty Museum of Art. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><span style=\"text-decoration: underline\">Source:<\/span> Google Arts &amp; Culture. <\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est au cours de cette construction que s\u2019affirme un principe majeur des normes de la soci\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enne : l\u2019urbanisme.<\/p>\n\n\n\n<p>La construction de la Nouvelle-Orl\u00e9ans se base sur des plans con\u00e7us par <strong><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=13800\">Adrien de Pauger<\/a><\/strong>, un ing\u00e9nieur et architecte normand de la fin du XVIIe si\u00e8cle. Ces derniers sont \u00e0 l\u2019origine du <strong><em><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=13800\">Vieux Carr\u00e9<\/a><\/em><\/strong>, le quartier historique de la ville. Sa particularit\u00e9 se trouve dans son utilisation de la g\u00e9om\u00e9trie. Ce quartier utilise des formes carr\u00e9es pour la r\u00e9alisation de ses b\u00e2timents, donnant lieu \u00e0 la formation de rues \u00e0 angle droit, faisant aujourd\u2019hui sa renomm\u00e9e. Ce dernier t\u00e9moigne parfaitement du contexte pluriculturel dans lequel s\u2019inscrit la fondation de la ville. Victime d\u2019un fort ouragan en 1722, elle est enti\u00e8rement reconstruite gr\u00e2ce aux travaux de <a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/05\/07\/lexicographie\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/05\/07\/lexicographie\/\"><strong>Pauger<\/strong><\/a>, mais aussi de <strong><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=13800\">Louis-Pierre Le Blond de la Tour<\/a><\/strong>, ing\u00e9nieur en chef. Face aux maisons des locaux faites \u00e0 base de bois et d\u2019\u00e9corces, les colons \u00e9rigent de grands b\u00e2timents, pour la plupart administratifs, religieux ou militaires. Cette vision de l\u2019urbanisme s\u2019\u00e9tend par la suite \u00e0 toutes les colonies fran\u00e7aises d\u2019Am\u00e9rique, prenant l\u2019architecture du <em><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/05\/07\/lexicographie\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/05\/07\/lexicographie\/\"><strong>Vieux Carr\u00e9<\/strong> <\/a><\/em>comme un mod\u00e8le. Cette architecture se base sur le travail d\u2019artisans, et non d\u2019acad\u00e9miciens. Malgr\u00e9 quelques diff\u00e9rences notables avec l\u2019architecture issue du vieux continent, c\u2019est cette derni\u00e8re qui pose les fondements des villes de la<strong> <a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=13800\">Nouvelle-France<\/a><\/strong>, avec notamment l\u2019exemple de la Nouvelle-Orl\u00e9ans et de son quartier fran\u00e7ais. <a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/05\/07\/lexicographie\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/05\/07\/lexicographie\/\"><strong>Pauger<\/strong><\/a> marque l\u2019histoire de la ville puisque c\u2019est lui qui a attribu\u00e9 les noms des rues. On retrouve ainsi des personnages importants dans l\u2019implantation de la ville comme <a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/05\/07\/lexicographie\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/05\/07\/lexicographie\/\"><strong>d\u2019Iberville<\/strong><\/a> (vu pr\u00e9c\u00e9demment) ou encore <strong><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=13800\">Philippe d\u2019Orl\u00e9ans<\/a><\/strong>, r\u00e9gent du jeune roi Louis XV au moment de la fondation de la Nouvelle-Orl\u00e9ans.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img src=\"https:\/\/tile.loc.gov\/image-services\/iiif\/service:gmd:gmd401:g4014:g4014n:ra000004\/full\/pct:12.5\/0\/default.jpg\" alt=\"\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Philip Pittman, <em>Plan de La Nouvelle-Orl\u00e9ans,<\/em> 1770, Biblioth\u00e8que du Congr\u00e8s des \u00c9tats-Unis. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><span style=\"text-decoration: underline\">Source:<\/span>  Site internet des collections de la Biblioth\u00e8que du Congr\u00e8s des \u00c9tats-Unis. <\/p>\n\n\n\n<p>En outre, la puissance de La Nouvelle-Orl\u00e9ans ne s\u2019expliquait pas (du moins au XVIIIe si\u00e8cle) par sa population.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, la ville ne peut \u00eatre per\u00e7ue \u00e0 ce moment-l\u00e0 comme une r\u00e9elle m\u00e9tropole, car elle ne d\u00e9passe pas les 9000 habitants jusqu\u2019au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle. En r\u00e9alit\u00e9 c\u2019est son r\u00f4le de port de commerce entre les ports coloniaux espagnols et fran\u00e7ais notamment qui font d\u2019elle une puissance maritime.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le mode de vie des habitants se retrouve directement impact\u00e9 par le commerce. En effet, une grande partie de la population vit du commerce. Cette pr\u00e9pond\u00e9rance commerciale s\u2019est impos\u00e9e d\u00e8s la fondation de la ville en 1718. Le secteur demeure priv\u00e9 et vers le d\u00e9but des ann\u00e9es 1720 il est confi\u00e9 pour vingt-cinq ans \u00e0 la <strong><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=13800\">Compagnie des Indes<\/a><\/strong> de <strong><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=13800\">John Law<\/a><\/strong>. Les marchandises transitent principalement par les ports de La Nouvelle-Orl\u00e9ans (<strong><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=13800\">port historique<\/a><\/strong> et <strong><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=13800\">port de La Balise<\/a><\/strong>): du tabac, de l\u2019indigo ou encore des peaux de daim. Toutefois, le transport de marchandises n\u2019est pas la seule activit\u00e9 \u00e9conomique maritime puisque le commerce esclavagiste y tient aussi une place. Ce dernier reste pourtant \u00e0 relativiser car La Nouvelle-Orl\u00e9ans n\u2019a pas \u00e9t\u00e9, lors de la colonisation fran\u00e7aise, un port n\u00e9grier majeur. L\u2019explication principale de ce ph\u00e9nom\u00e8ne est qu\u2019une grande partie des navires en provenance d\u2019Afrique, pr\u00e9f\u00e9rait s\u2019arr\u00eater dans les Antilles o\u00f9 le commerce \u00e9tait bien plus r\u00e9mun\u00e9rateur. De plus, les mauvaises conditions de traitement des futures esclaves durant le voyage, causa la mort d\u2019une grande partie d\u2019entre eux. Au-del\u00e0 de l\u2019activit\u00e9 commerciale et esclavagiste, la <a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/05\/07\/lexicographie\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/05\/07\/lexicographie\/\"><strong>Compagnie des Indes<\/strong><\/a> est aussi charg\u00e9e d\u2019assurer la d\u00e9fense de la colonie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/6\/64\/John_Law-Casimir_Balthazar.jpg?uselang=fr\" alt=\"\" width=\"224\" height=\"279\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Casimir Balthazar, <em>Portrait de John Law<\/em>,  1843, Mus\u00e9e de la Compagnie des Indes de Lorient. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><span style=\"text-decoration: underline\">Source:<\/span> Site internet des collections du Mus\u00e9e de la Compagnie des Indes de Lorient. <\/p>\n\n\n\n<p>Outre l\u2019aspect \u00e9conomique, l\u2019\u00e9tablissement du port de La Nouvelle-Orl\u00e9ans tient aussi d\u2019une volont\u00e9 politique. Celle-ci s\u2019exprime par le r\u00f4le central de <a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/05\/07\/lexicographie\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/05\/07\/lexicographie\/\"><strong>Pierre Le Moyne d\u2019Iberville<\/strong><\/a> (navigateur au service de la couronne fran\u00e7aise) lorsqu\u2019il fonde les premiers \u00e9tablissements coloniaux autour de l\u2019embouchure du<strong> <\/strong><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=13800\" data-type=\"URL\" target=\"_blank\"><strong>Mississippi<\/strong><\/a> en 1699. Par ailleurs, c\u2019est sur les conseils des tribus am\u00e9rindiennes locales qu\u2019il d\u00e9termina l\u2019emplacement de petites colonies situ\u00e9es \u00e0 proximit\u00e9 du futur emplacement de la ville. En r\u00e9alit\u00e9, les liens entre colons fran\u00e7ais et am\u00e9rindiens sont largement ant\u00e9rieurs \u00e0 1699, puisqu\u2019il en existe d\u00e9j\u00e0 depuis quelques dizaines d\u2019ann\u00e9es au <strong><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=13800\">Pays des Illinois<\/a><\/strong>, sur la partie nord du <a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/05\/07\/lexicographie\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/05\/07\/lexicographie\/\"><strong>Mississippi<\/strong><\/a>.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/04\/image-5.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13872\" width=\"260\" height=\"312\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/04\/image-5.jpeg 608w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/04\/image-5-250x300.jpeg 250w\" sizes=\"(max-width: 260px) 100vw, 260px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Auteur inconnu, <em>Portrait de Pierre Le Moyne d&rsquo;Iberville<\/em>, date inconnue, Biblioth\u00e8que et Archives nationales du Qu\u00e9bec.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><span style=\"text-decoration: underline\">Source:<\/span> Site internet des collections de la Biblioth\u00e8que et Archives nationales du Qu\u00e9bec.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, cette terre constitue un point strat\u00e9gique car elle permet de relier les colonies fran\u00e7aises des Antilles vers les colonies du nord de l\u2019Am\u00e9rique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, l&rsquo;influence europ\u00e9enne sur la Nouvelle-Orl\u00e9ans a eu des r\u00e9percussions significatives sur sa population, fa\u00e7onnant l&rsquo;identit\u00e9 culturelle et sociale de la ville de mani\u00e8re profonde.&nbsp;Les colons fran\u00e7ais, espagnols, et plus tard les immigrants allemands et irlandais, ont apport\u00e9 avec eux leurs propres coutumes, langues et traditions. Cette diversit\u00e9 est encore visible aujourd&rsquo;hui dans la richesse culturelle de la ville.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce m\u00e9lange se caract\u00e9rise aussi par des influences fran\u00e7aises et espagnoles qui, ont donn\u00e9 naissance \u00e0 une culture <strong><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=13800\">cr\u00e9ole<\/a> <\/strong>sp\u00e9cifique. Ceux-ci ont jou\u00e9 un r\u00f4le central dans le d\u00e9veloppement culturel de la Nouvelle-Orl\u00e9ans. Par le biais de leur pr\u00e9sence en <a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/05\/07\/lexicographie\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/05\/07\/lexicographie\/\"><strong>Louisiane<\/strong><\/a>, les fran\u00e7ais ont renforc\u00e9 la communaut\u00e9 acadienne, qui reste aujourd\u2019hui active. Les acadiens sont une ethnie de l&rsquo;Est am\u00e9ricain s\u2019\u00e9tendant des rives du <a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/05\/07\/lexicographie\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/05\/07\/lexicographie\/\"><strong>Mississippi<\/strong><\/a> jusqu\u2019au <strong><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=13800\">Maine<\/a><\/strong>. Elle joue encore un r\u00f4le de nos jours puisque de nombreuses associations revendiquent son histoire, souvent mise de c\u00f4t\u00e9. L&rsquo;influence europ\u00e9enne a \u00e9galement laiss\u00e9 sa marque sur la langue. Le fran\u00e7ais \u00e9tait la langue dominante \u00e0 l&rsquo;origine, mais une fois pass\u00e9e sous le contr\u00f4le espagnol, l&rsquo;espagnol a \u00e9galement eu une influence notable. Toutes ces rencontres linguistiques aboutissent \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;un langage sp\u00e9cifique aux cr\u00e9oles louisianais. Cette influence a \u00e9galement touch\u00e9 le domaine religieux. L&rsquo;\u00c9glise catholique, principalement de tradition espagnole, a jou\u00e9 un r\u00f4le majeur dans la vie spirituelle de la population. Les c\u00e9l\u00e9brations religieuses et les festivals ont souvent des racines europ\u00e9ennes et chr\u00e9tiennes qui contribuent \u00e0 la vitalit\u00e9 culturelle de la ville.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"1024\" height=\"600\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/04\/image-6-1024x600.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13896\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/04\/image-6-1024x600.jpeg 1024w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/04\/image-6-300x176.jpeg 300w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/04\/image-6-768x450.jpeg 768w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/04\/image-6-1536x900.jpeg 1536w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2024\/04\/image-6-2048x1200.jpeg 2048w\" sizes=\"(max-width: 706px) 89vw, (max-width: 767px) 82vw, 740px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\">Les d\u00e9placements de populations en Am\u00e9rique du Nord apr\u00e8s la Guerre de Sept ans, on peut observer un grand mouvement de migrations vers La Nouvelle-Orl\u00e9ans.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><span style=\"text-decoration: underline\">Source:<\/span> Universit\u00e9 du Maine.<\/p>\n\n\n\n<p><br>En somme, l&rsquo;influence europ\u00e9enne a laiss\u00e9 un h\u00e9ritage profond et durable sur la population de la Nouvelle-Orl\u00e9ans, cr\u00e9ant une mosa\u00efque culturelle unique. Appuy\u00e9e en grande partie par le commerce, elle est un port carib\u00e9en o\u00f9 son commerce est florissant, l\u2019int\u00e9grant dans un contexte d\u2019\u00e9changes de populations avec d\u2019autres grands ports coloniaux. Par la m\u00eame, la construction de la ville en elle-m\u00eame d\u00e9pendait du contact entre populations am\u00e9rindiennes et fran\u00e7aises, conduisant au contact de deux civilisations diff\u00e9rentes. Apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e des colons, le contact avec les tribus am\u00e9rindiennes se poursuivit sur des bases \u00e9conomiques. Mais ces relations commerciales ont pris un tournant d\u2019asservissement, o\u00f9 les colons ont caus\u00e9 de nombreux d\u00e9g\u00e2ts dans certaines tribus, comme avec la <strong><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=13800\">Guerre civile (1747-1750)<\/a><\/strong> chez les <strong><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Chactas_(peuple)\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Chactas_(peuple)\">Chactas<\/a><\/strong>. Ce m\u00e9lange culturel est aussi marqu\u00e9 par des vecteurs des normes sociales europ\u00e9ennes, l\u2019une d\u2019entre elles \u00e9tant l\u2019architecture. Cette derni\u00e8re a impact\u00e9 la Nouvelle-Orl\u00e9ans, avec notamment le quartier du <em><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/05\/07\/lexicographie\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/05\/07\/lexicographie\/\"><strong>Vieux Carr\u00e9<\/strong><\/a><\/em>, symbole de l\u2019influence europ\u00e9enne outre-atlantique. Elle se d\u00e9marque comme une ville o\u00f9 le charme incomparable r\u00e9side dans son brassage culturel. Au fil des si\u00e8cles, la ville a su fusionner les h\u00e9ritages fran\u00e7ais, espagnol, africain et cr\u00e9ole pour cr\u00e9er une identit\u00e9 culturelle riche et diversifi\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong><span style=\"text-decoration: underline\">Bibliographie indicative:<\/span><\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul><li>Susanne BERTHIER-FOGLAR, <em>La France en Am\u00e9rique : m\u00e9moire d\u2019une conqu\u00eate<\/em>, Chamb\u00e9ry, Universit\u00e9 de Savoie: Laboratoire Langages Litt\u00e9ratures Soci\u00e9t\u00e9s, 2009.<\/li><li>Nathalie DESSENS, \u201cDu Sud \u00e0 la Cara\u00efbe : La Nouvelle-Orl\u00e9ans, ville cr\u00e9ole\u201d, <em>E-rea : Revue \u00e9lectronique d\u2019\u00e9tudes anglophones<\/em>, vol.14, Paris, Laboratoire d&rsquo;\u00c9tudes et de Recherches sur le Monde Anglophone (LERMA), 2016.<\/li><li>Gilles HAVARD et C\u00e9cile VIDAL, <em>Histoire de L&rsquo;Am\u00e9rique fran\u00e7aise<\/em>, Paris, Flammarion, 2019.<\/li><li>Shannon LEE DAWDY, <em>Building the Devil\u2019s Empire : French Colonial New Orleans<\/em>, Chicago, Chicago University Press, 2008.<\/li><li>Jacques MATHIEU, <em>La Nouvelle-France : les fran\u00e7ais en Am\u00e9rique du Nord, XVI-XVIIIe si\u00e8cle<\/em>, Qu\u00e9bec, Les Presses de l\u2019Universit\u00e9 Laval, 2001.<\/li><\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Situ\u00e9e dans l&rsquo;\u00c9tat de la Louisiane, La Nouvelle Orl\u00e9ans est une ville fond\u00e9e en 1718 par des colons fran\u00e7ais. Drapeau de la ville de La Nouvelle-Orl\u00e9ans \u00e9galement utilis\u00e9 pour symboliser la Louisiane fran\u00e7aise. Source: Wikip\u00e9dia. Face au contact avec la population locale et avec une volont\u00e9 d\u2019expansion \u00e9conomique et coloniale, elle est au d\u00e9part un &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2024\/03\/28\/metissage-acculturation-et-syncretisme-a-la-nouvelle-orleans-du-xvieme-au-xviiieme-siecle\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;M\u00e9tissage, acculturation et syncr\u00e9tisme \u00e0 la Nouvelle-Orl\u00e9ans du XVIe au XVIIIe si\u00e8cle&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":921,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[19],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13416"}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/users\/921"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13416"}],"version-history":[{"count":63,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13416\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14178,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13416\/revisions\/14178"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13416"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13416"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13416"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}