{"id":14380,"date":"2025-03-13T17:13:16","date_gmt":"2025-03-13T16:13:16","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=14380"},"modified":"2025-04-24T15:29:54","modified_gmt":"2025-04-24T13:29:54","slug":"le-sport-arme-du-soft-power-allemand-les-jeux-olympiques-de-berlin-en-1936","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2025\/03\/13\/le-sport-arme-du-soft-power-allemand-les-jeux-olympiques-de-berlin-en-1936\/","title":{"rendered":"Le sport, arme du soft power allemand : les Jeux Olympiques de Berlin en 1936"},"content":{"rendered":"\n<p>En 1936, l\u2019Allemagne d\u2019Adolf Hitler doit accueillir les Jeux Olympiques \u00e0 Berlin. Un \u00e9v\u00e9nement comme celui-ci pourrait permettre au III<sup>e<\/sup> Reich de diffuser son id\u00e9ologie et montrer la nouvelle puissance de l\u2019\u00c9tat allemand. Pour ce faire, une propagande est organis\u00e9e avec des technologies et des moyens novateurs pour l\u2019\u00e9poque. C\u2019est autour de cela que nous travaillerons en nous concentrant principalement sur la quinzaine olympique. Nous aborderons aussi les quelques ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dant et suivant l\u2019Olympiade afin d\u2019\u00e9tudier diff\u00e9rents ph\u00e9nom\u00e8nes et \u00e9v\u00e9nements qui serviront \u00e0 la r\u00e9ponse \u00e0 notre probl\u00e9matique. En ce qui concerne les bornes g\u00e9ographiques, Berlin constitue notre principal champ d\u2019\u00e9tude bien que nous mentionnons les autres pays participants.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, en quoi les Jeux Olympiques de 1936, qui se sont tenus \u00e0 Berlin, ont-ils servi de vecteurs \u00e0 la propagande de l\u2019Allemagne nazie dans le monde ?<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image is-style-default\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/histoire-image.org\/sites\/default\/files\/2023-01\/wurbel-jo-berlin.jpg\" alt=\"\" width=\"275\" height=\"442\" \/><figcaption>Affiche officielle des Jeux  Olympiques de Berlin de 1936 <strong>\u00a9<\/strong>Olympics<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p><strong>I &#8211; Les m\u00e9thodes de propagande du r\u00e9gime nazi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol><li><strong>L\u2019architecture et les infrastructures pour l\u2019accueil des Jeux<\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>Les Jeux ayant \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vus pour 1936 et le Parti national-socialiste (<em>NSDAP<\/em>) ayant repris les r\u00eanes de l\u2019Allemagne \u00e0 la R\u00e9publique de Weimar en 1933, ils eurent \u00e0 disposition trois ans pour la construction des infrastructures et l\u2019\u00e9laboration de leur architecture. Cet aspect sera un des piliers de l\u2019esth\u00e9tique nazie, \u00e9l\u00e9ment central de leur propagande.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/encyclopedia.ushmm.org\/images\/large\/e9265eb9-603a-4a48-951a-efba7fc8f79a.jpg\" alt=\"\" width=\"290\" height=\"165\" \/><figcaption><strong>Vue du Stade Olympique, pi\u00e8ce ma\u00eetresse du terrain de sport du Reich \u00e0 Berlin. Berlin, Allemagne, 1936.<\/strong> <strong>\u00a9United States Holocaust Memorial Museum<\/strong><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Con\u00e7u par l\u2019architecte Werner March, un des symboles les plus forts de ces Jeux est le Stade Olympique de Berlin, l\u2019<em>Olympiastadion<\/em>. Il incarne les ambitions de puissance et de supr\u00e9matie mais aussi l\u2019h\u00e9ritage antique gr\u00e2ce \u00e0 ses codes n\u00e9o-classiques. Ainsi, le stade domine le paysage \u00e0 l\u2019instar du Colis\u00e9e de Rome dont il est inspir\u00e9. Quarante-deux millions de Reichsmarks ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pens\u00e9s pour cette enceinte de pr\u00e8s de 100 000 places.<\/p>\n\n\n\n<ol start=\"2\"><li><strong>La c\u00e9r\u00e9monie d\u2019ouverture<\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire des Jeux modernes initi\u00e9e par Pierre de Coubertin axe ses traditions sur les Jeux antiques grecs. Pour glorifier l\u2019image de ses athl\u00e8tes, Hitler orchestre une c\u00e9r\u00e9monie grandiose bas\u00e9e sur la supr\u00e9matie aryenne sur les autres races. Le reflet de cette influence se retrouve sur l\u2019affiche officielle r\u00e9alis\u00e9e par Franz W\u00fcrbel. On y voit la statue d\u2019un athl\u00e8te dor\u00e9 dans Berlin avec la Porte de Brandebourg o\u00f9 si\u00e8ge Ath\u00e9na sur son char orn\u00e9 par l\u2019aigle et la croix de fer prussienne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pour cette c\u00e9r\u00e9monie, l\u2019Allemagne voit grand. Hitler veut donner l\u2019impression d\u2019une f\u00eate populaire tout en masquant les r\u00e9alit\u00e9s d\u2019une politique raciste et antis\u00e9mite. Le 1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt 1936, la c\u00e9r\u00e9monie s\u2019ouvre dans l\u2019<em>Olympiastadion<\/em> de Berlin et cent-mille spectateurs sont amass\u00e9s dans le stade. Les jeunesses hitl\u00e9riennes entrent en sc\u00e8ne tandis que les danseurs ex\u00e9cutent leurs mouvements. Le <em>F\u00fchrer<\/em> p\u00e9n\u00e8tre dans l\u2019enceinte du stade et prononce un discours concis mais qui va ouvrir l\u2019entr\u00e9e des d\u00e9l\u00e9gations olympiques.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/encyclopedia.ushmm.org\/images\/large\/eaa1aee1-6bdf-41e1-9e2b-bba227aa1027.jpg\" alt=\"\" width=\"270\" height=\"199\" \/><figcaption><strong>Arriv\u00e9e de la flamme olympique lors de la c\u00e9r\u00e9monie d&rsquo;ouverture des jeux <br>\u00a9United States Holocaust Memorial Museum<\/strong><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Les d\u00e9l\u00e9gations d\u00e9filent tour \u00e0 tour avec le salut olympique qui se confond avec celui des nations fascistes. Globalement, la plupart des nations d\u00e9cident de ne pas saluer et protestent par le sport contre l\u2019id\u00e9ologie nazie (France, \u00c9tats-Unis\u2026). En effet, celle-ci ne repr\u00e9sente pas les valeurs du sport mais celles de la x\u00e9nophobie et de l\u2019antis\u00e9mitisme. Le final intervient lorsque la flamme olympique, venue de Gr\u00e8ce et r\u00e9tablie gr\u00e2ce \u00e0 Carl Diem, arrive \u00e0 Berlin. Le dernier relayeur, l\u2019athl\u00e8te allemand Fritz Schilgen, est choisi par Goebbels lui-m\u00eame, Ministre de la Propagande, mais ne participe pas aux Jeux en raison de sa non-appartenance au parti nazi.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>II &#8211; Le sport allemand dans les Jeux<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol><li><strong>La culture du sport dans l\u2019allemagne pr\u00e9-guerre<\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>Durant l\u2019entre-deux-guerres, le sport a pris une place croissante dans la soci\u00e9t\u00e9 allemande.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant l&rsquo;arriv\u00e9e des nazis, l&rsquo;Allemagne connaissait d\u00e9j\u00e0 une culture sportive bien d\u00e9velopp\u00e9e. Les jeux d&rsquo;\u00e9quipe comme le football, le handball ou encore le hockey sur glace \u00e9taient populaires tout comme les sports individuels tels que l&rsquo;athl\u00e9tisme et la gymnastique, un sport particuli\u00e8rement valoris\u00e9 en raison de ses valeurs de discipline et de force, au c\u0153ur des id\u00e9aux du nationalisme allemand.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec l&rsquo;arriv\u00e9e du r\u00e9gime nazi, le sport va \u00eatre instrumentalis\u00e9 \u00e0 des fins politiques. Le nazisme va notamment utiliser le sport comme un moyen de promouvoir l&rsquo;id\u00e9e de la                \u00ab sup\u00e9riorit\u00e9 raciale \u00bb aryenne et d&rsquo;imposer les valeurs du national-socialisme dans la soci\u00e9t\u00e9 allemande. Le sport devient alors un vecteur de la construction d\u2019un \u00ab homme nouveau \u00bb fort, sain, disciplin\u00e9 et pr\u00eat \u00e0 servir l&rsquo;\u00c9tat.<\/p>\n\n\n\n<p>Les jeunes g\u00e9n\u00e9rations \u00e9taient particuli\u00e8rement vis\u00e9es par le biais de la <em>Hitlerjugend<\/em> (Jeunesses hitl\u00e9riennes), une organisation paramilitaire d\u2019\u00c9tat qui int\u00e9grait des pratiques sportives dans ses activit\u00e9s (gymnastique, marches\u2026).<\/p>\n\n\n\n<p>Les autorit\u00e9s nazies ont \u00e9galement cherch\u00e9 \u00e0 renforcer les infrastructures sportives, en construisant de nouveaux stades et en organisant des comp\u00e9titions internationales. Des \u00e9v\u00e9nements souvent utilis\u00e9s pour promouvoir l&rsquo;image de l&rsquo;Allemagne comme une nation puissante et conqu\u00e9rante.<\/p>\n\n\n\n<ol start=\"2\"><li><strong>La s\u00e9lection des athl\u00e8tes \u00e0 travers le mod\u00e8le aryen<\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>Le sport faisant maintenant partie d&rsquo;une strat\u00e9gie id\u00e9ologique visant \u00e0 promouvoir \u00ab l&rsquo;id\u00e9al de la race aryenne \u00bb, la s\u00e9lection des athl\u00e8tes lors des Jeux de 1936 \u00e9tait souvent bas\u00e9e sur des crit\u00e8res physiques, raciaux et nationaux. En effet, les nazis avaient une vision tr\u00e8s restreinte de \u00ab l\u2019id\u00e9al \u00bb. La notion d\u2019<em>Artige kunst<\/em> (art d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9), d\u00e9signant toute \u0153uvre ne correspondant pas \u00e0 leur conception de l\u2019esth\u00e9tisme en est une bonne illustration. Cette intol\u00e9rance est la m\u00eame lorsqu\u2019il s\u2019agit des athl\u00e8tes et de leur physique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les athl\u00e8tes \u00e9taient alors des symboles vivants de l\u2019image de puret\u00e9 raciale que le r\u00e9gime nazi souhaitait v\u00e9hiculer. Les athl\u00e8tes aryens, souvent ceux d&rsquo;origine germanique, \u00e9taient mis en avant et soutenus par des institutions comme l&rsquo;organisation responsable de la promotion du sport en Allemagne. Les athl\u00e8tes jug\u00e9s \u00ab non aryens \u00bb, en particulier ceux d&rsquo;origine juive, \u00e9taient \u00e9cart\u00e9s des comp\u00e9titions ou soumis \u00e0 des discriminations. Par exemple, l\u2019athl\u00e8te juive allemande Gretel Bergmann a battu le record de saut en hauteur de l\u2019\u00e9poque un mois avant l\u2019ouverture des JO mais son record est ignor\u00e9 et deux semaines avant la comp\u00e9tition, elle est \u00e9cart\u00e9e de l&rsquo;\u00e9quipe officielle pour \u00ab&nbsp;performances insuffisantes&nbsp;\u00bb, un argument de fa\u00e7ade. <\/p>\n\n\n\n<ol start=\"3\"><li><strong>Les r\u00e9sultats obtenus<\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>Sur le plan des r\u00e9sultats, l\u2019Allemagne arrive comme pr\u00e9vu \u00e0 la premi\u00e8re place, raflant 89 m\u00e9dailles dont 33 en or hommes et femmes confondus. Elle compte aussi l\u2019athl\u00e8te avec le plus de m\u00e9dailles : le gymnaste Konrad Frey avec 6 au total. L\u2019objectif de d\u00e9passer les Etats-Unis est chose faite, mais pas dans tous les sports : sur les 29 \u00e9preuves d\u2019athl\u00e9tisme, les athl\u00e8tes allemands ne raflent que 5 m\u00e9dailles d\u2019or. Cependant, la d\u00e9l\u00e9gation allemande repart avec la domination des \u00e9preuves de gymnastique avec 6 m\u00e9dailles d\u2019or.<\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les dix nations les plus m\u00e9daill\u00e9es, on trouve certains des futurs alli\u00e9s de l\u2019Allemagne dans la Seconde Guerre mondiale. L\u2019Italie, quatri\u00e8me, s\u2019aligne de plus en plus sur les positions de l\u2019Allemagne, concr\u00e9tis\u00e9es par l&rsquo;axe Rome-Berlin le 23 octobre 1936. Le Japon, huiti\u00e8me, s\u2019y ajoute un mois plus tard, formant les puissances de l\u2019Axe. La Finlande et la Hongrie sont aussi alli\u00e9es \u00e0 l\u2019Allemagne sur le plan militaire mais pas id\u00e9ologique, surtout sur la question de la d\u00e9portation des Juifs. On remarque encore l\u2019existence de l\u2019Autriche, qui dispara\u00eet en 1938 de par son annexion par le III<sup>e<\/sup> Reich.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 tout, le bilan sportif de ces Jeux reste limit\u00e9, les r\u00e9sultats obtenus par les Allemands sont excellents mais ont \u00e9t\u00e9 \u00e9clips\u00e9s par Jesse Owens. Le h\u00e9ros des \u00ab&nbsp;Jeux de la honte \u00bb s\u2019est illustr\u00e9 avec 4 m\u00e9dailles d\u2019or en athl\u00e9tisme et demeure aujourd\u2019hui l\u2019un des seuls souvenirs de cette Olympiade. Cette image bien qu\u2019en partie cr\u00e9\u00e9e <em>a posteriori<\/em> reste aujourd\u2019hui un symbole fort des limites de ces Jeux.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/03\/tableau-germain.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-14387\" width=\"378\" height=\"443\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/03\/tableau-germain.png 462w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/03\/tableau-germain-256x300.png 256w\" sizes=\"(max-width: 378px) 100vw, 378px\" \/><figcaption>Tableau des m\u00e9dailles <strong>\u00a9Germain Escalier<\/strong><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>III &#8211; Traitement des Jeux dans les m\u00e9dias<\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ol><li><strong>La presse et l\u2019audiovisuel&nbsp;<\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/encyclopedia.ushmm.org\/images\/large\/5f5e6c9e-52ba-4841-9d66-14adc36d6971.jpg\" alt=\"\" width=\"296\" height=\"217\" \/><figcaption><strong>Photographie de l&rsquo;arriv\u00e9e de la flamme  olympique apparaissant fr\u00e9quemment sur les unes de journaux <br>\u00a9United States Holocaust Memorial Museum<\/strong><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>Pour informer le monde d\u2019une telle manifestation, de nombreux journalistes \u00e9taient pr\u00e9sents dans la capitale allemande. Afin de diffuser sa propagande \u00e0 l\u2019international, le r\u00e9gime nazi a control\u00e9 les informations et les diff\u00e9rentes productions journalistiques. Les prises d\u2019images \u00e9taient contr\u00f4l\u00e9es par les autorit\u00e9s pour exposer dans la presse internationale les symboles n\u00e9o-classiques et les succ\u00e8s des sportifs allemands. Le gouvernement a m\u00eame fourni des photographies qui mettent en avant ces symboles.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On retrouve ces symboles dans l&rsquo;audiovisuel, puisque Joseph Goebbels a mis\u00e9 sur la vid\u00e9o et la t\u00e9l\u00e9vision. Dans cette optique, il a cr\u00e9\u00e9 les <em>Femsehtsuben<\/em>, des salles de t\u00e9l\u00e9vision install\u00e9es dans les grandes villes du pays. Les images \u00e9taient fournies par des technologies novatrices pour l\u2019\u00e9poque dont le dirigeable <em>Hindenburg<\/em>. On&nbsp; pense aussi aux cam\u00e9ras \u00e9lectroniques qui ont permis pour la premi\u00e8re fois de l\u2019Histoire de diffuser les \u00e9preuves en direct. Tout cela a permis \u00e0 Leni Riefenstahl de cr\u00e9er ses deux films <em>Olympia<\/em>, deux \u0153uvres de propagande qui ont eu un succ\u00e8s mondial d\u00e8s leur sortie en 1938.<br><\/p>\n\n\n\n<ol start=\"2\"><li><strong>Les limites des m\u00e9dias<\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>Parlons maintenant des limites et des revers de cette propagande dans les m\u00e9dias.<br><br>Dans la presse, on observe de nombreux revers de cette propagande. En effet, le gouvernement ne peut pas influer sur le traitement final de l&rsquo;image et l&rsquo;usage qu\u2019en fait le m\u00e9dia. On peut donc voir par exemple la photographie de l&rsquo;arriv\u00e9e de la flamme olympique sans les militaires ou alors avec moins de drapeaux nazis.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Il y a aussi des montages et des collages d&rsquo;images qui sont r\u00e9alis\u00e9s contre l&rsquo;id\u00e9ologie nazie comme le montage du journal <em>Le Figaro<\/em> o\u00f9 l&rsquo;on voit un champion de pentathlon allemand avec un uniforme militaire pointant son arme vers un escrimeur fran\u00e7ais. Ce genre de montages montre alors que l\u2019id\u00e9ologie nazie est tout de m\u00eame controvers\u00e9e et que le gouvernement ne peut pas tout contr\u00f4ler.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Par rapport \u00e0 l\u2019audiovisuel, le film <em>Olympia<\/em> a connu un succ\u00e8s international, cependant les \u00c9tats-Unis ont fait preuve de r\u00e9ticence face \u00e0 cette \u0153uvre. Ils n&rsquo;ont pas voulu le diffuser et ont boycott\u00e9 tous les films de Leni Riefenstahl.<br>Cela nous montre que certains pays sont donc conscients de cette propagande et ne veulent pas la diffuser.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ol start=\"3\"><li><strong>La figure de Jesse Owens dans la m\u00e9moire moderne<\/strong><\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, lorsque l\u2019on pense \u00e0 ces Jeux de Berlin, la figure qui nous vient en t\u00eate est Jesse Owens, l\u2019athl\u00e8te afro-am\u00e9ricain ayant domin\u00e9 ces Jeux avec ses quatre m\u00e9dailles d\u2019or. Il serait devenu une figure de proue contre le nazisme, \u00e0 tel point que, selon la croyance populaire, Hitler ne lui aurait pas serr\u00e9 la main. En r\u00e9alit\u00e9, ce dernier avait refus\u00e9 de se plier au protocole olympique, qui r\u00e9clamait que soient salu\u00e9s tous les athl\u00e8tes victorieux et cela ind\u00e9pendamment de leur nationalit\u00e9. Par cons\u00e9quent, il ne f\u00e9licita aucun participant, qu&rsquo;il soit allemand ou non.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, l\u2019humiliation subie par l\u2019Allemagne nazie est aussi \u00e0 relativiser ; selon leur id\u00e9ologie, le fait qu\u2019un noir court plus vite qu\u2019un blanc n&rsquo;\u00e9tait que la confirmation des in\u00e9galit\u00e9s g\u00e9n\u00e9tiques. C\u2019est bien plus tard que la figure d\u2019Owens sera r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e et d\u00e9form\u00e9e pour devenir la l\u00e9gende que l\u2019on conna\u00eet aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Conclusion :&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour d\u00e9velopper sa propagande autour de ses Jeux Olympiques, le r\u00e9gime nazi a transform\u00e9 Berlin et son stade en y int\u00e9grant des normes n\u00e9o-classiques. Quant \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie d\u2019ouverture, elle a permis au monde entier de d\u00e9couvrir la nouvelle puissance de l\u2019Allemagne. Sur son propre terrain, le pays-h\u00f4te a brill\u00e9 gr\u00e2ce aux Jeunesses hitl\u00e9riennes mais a interdit \u00e0 ses athl\u00e8tes juifs de participer. Pour monter cela, Hitler a utilis\u00e9 les m\u00e9dias et le cin\u00e9ma avec Leni Riefenstahl. \u00c0 noter que les performances remarquables de Jesse Owens n\u2019ont \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque pas r\u00e9ellement port\u00e9 pr\u00e9judice \u00e0 la propagande mais, au contraire, ont permis d\u2019entretenir les st\u00e9r\u00e9otypes.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux semaines avant les Jeux Olympiques, des Jeux Populaires auraient d\u00fb \u00eatre organis\u00e9s \u00e0 Barcelone par le Front Populaire espagnol. Ils avaient pour but de s\u2019opposer aux Jeux \u00ab&nbsp;fascistes&nbsp;\u00bb de Berlin mais ont \u00e9t\u00e9 annul\u00e9s \u00e0 cause du coup d\u2019\u00c9tat de Franco. Le symbole d\u2019opposition au r\u00e9gime nazi qu\u2019aurait pu repr\u00e9senter cette manifestation n\u2019a donc jamais pu voir le jour.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/9\/9c\/1936_Fritz_Lewy_Plakat_Olimpada_Popular_Barcelona%2C_Publicitat_Coll%2C_hochkant_gelocht.jpg\" alt=\"\" width=\"247\" height=\"350\" \/><figcaption>Affiche des Olympiades populaires de Barcelone<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bibliographie indicative :&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul><li><span style=\"font-size: 1rem\">ARNAUD, Pierre, \u00abSport et olympisme apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Nouvelle donne g\u00e9opolitique et enjeux de prestige\u00bb, <em>Relations internationales<\/em>, n\u00ba 111, automne 2002, p. 347-363<\/span><\/li><li>BROHM, Jean-Marie, <em>1936 : Les jeux olympiques \u00e0 Berlin,<\/em> Paris, Andr\u00e9 Versailles \u00c9diteur,&nbsp;J. Bastier, \u201cL\u2019affaire Sirven devant la justice seigneuriale de Mazamet\u201d, 1971<\/li><li>GALAND, Benjamin, <em>Le sport dans les r\u00e9gimes totalitaires europ\u00e9ennes au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle : l\u2019exemple du III<sup>e<\/sup> Reich<\/em>, Paris, l\u2019Harmattan, 2016<\/li><li>PRIEUR, J\u00e9r\u00f4me, <em>Berlin Les Jeux de 36<\/em>, Les Billets de La Biblioth\u00e8que, 2017<\/li><li>SIMARD-HOUDE, M\u00e9lodie, \u00abLes Jeux Olympiques de Berlin vus par la photographie de presse\u00bb, <em>Belph\u00e9gor<\/em>, LPCM, juillet 2017, n\u00b015<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Etudiants : <\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul id=\"block-4f98ab3e-5e7c-4c81-a373-31e6655c692e\"><li><span style=\"font-size: 1rem\">Bess\u00e9 Thibault (L2)<\/span><\/li><li>Bascou Gael (L2)<\/li><li>Durand Swan (L1)<\/li><li>Escalier Germain (L1)<\/li><li>Galy&#8211;Thomas Antonin (L1)<\/li><\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 1936, l\u2019Allemagne d\u2019Adolf Hitler doit accueillir les Jeux Olympiques \u00e0 Berlin. Un \u00e9v\u00e9nement comme celui-ci pourrait permettre au IIIe Reich de diffuser son id\u00e9ologie et montrer la nouvelle puissance de l\u2019\u00c9tat allemand. Pour ce faire, une propagande est organis\u00e9e avec des technologies et des moyens novateurs pour l\u2019\u00e9poque. C\u2019est autour de cela que nous &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2025\/03\/13\/le-sport-arme-du-soft-power-allemand-les-jeux-olympiques-de-berlin-en-1936\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Le sport, arme du soft power allemand : les Jeux Olympiques de Berlin en 1936&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1696,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[28],"tags":[29],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14380"}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1696"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14380"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14380\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14393,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14380\/revisions\/14393"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14380"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14380"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14380"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}