{"id":14637,"date":"2025-04-10T12:34:22","date_gmt":"2025-04-10T10:34:22","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=14637"},"modified":"2025-04-10T13:02:56","modified_gmt":"2025-04-10T11:02:56","slug":"les-jeux-pythiques-isthmiques-et-nemeens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2025\/04\/10\/les-jeux-pythiques-isthmiques-et-nemeens\/","title":{"rendered":"Les Jeux Pythiques, Isthmiques et N\u00e9m\u00e9ens [2025]"},"content":{"rendered":"\n<p>Le monde grec antique est impressionnant de par son foisonnement de jeux et d\u2019activit\u00e9s sportives dont la pratique nous est parvenu avec l\u2019exemple tr\u00e8s iconique des Jeux Olympiques. Cependant il n\u2019existe pas que ces jeux. En effet, d&rsquo;autres cit\u00e9s ont copi\u00e9 ou -du moins- repris le concept de comp\u00e9titions sportives qui s\u2019organisent \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la Gr\u00e8ce. D\u2019autres jeux avec une certaine renomm\u00e9e nous sont parvenus par les sources et autres traces comme arch\u00e9ologiques. C\u2019est le cas des Jeux Pythiques, N\u00e9m\u00e9ens et Isthmiques. Pourtant, peu d\u2019historiens en parlent comme des jeux particuliers car les 4 jeux sont interconnect\u00e9s dans un calendrier de 4 ans, nomm\u00e9 une olympiade o\u00f9 les athl\u00e8tes avaient le temps de participer aux 4 jeux malgr\u00e9 leur distance g\u00e9ographique. Le monde grec se retrouvait sur sa passion commune pour la comp\u00e9tition sportive et un semblant d\u2019unit\u00e9 inter-cit\u00e9s pouvait se ressentir au travers de ces \u00e9v\u00e8nements. De plus ces jeux ne sont pas la\u00efcs, ils sont accompagn\u00e9s de multiples c\u00e9r\u00e9monies en l\u2019honneur des Dieux, les grecs se retrouvaient donc aussi sur leur cosmogonie et leur syst\u00e8me de croyance commune. Nous allons tenter au travers de cet article d\u2019exposer les divers aspects de ces jeux. Ainsi quelles sont les caract\u00e9ristiques des jeux pythiques, isthmiques et n\u00e9m\u00e9ens dans la compr\u00e9hension du sport en Gr\u00e8ce Antique ? Nous allons distinguer chacun des trois jeux en faisant au maximum abstraction des jeux Olympiques car chacun \u00e0 sa quantit\u00e9 d\u2019informations. Mais nous nous efforcerons de pr\u00e9senter les points communs entre ces trois jeux mais aussi les distinctions sp\u00e9cifiques.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En Gr\u00e8ce, le lieu le plus incontournable est Delphes qui se situe en Phocide dans la Gr\u00e8ce centrale. Delphes est le si\u00e8ge de la Pythie, qui est une voyante aux capacit\u00e9s de divinations donn\u00e9s par le dieu Apollon, les grecs \u00e9tant croyants, venait la voir pour obtenir des pr\u00e9sages des Dieux au travers de cet interm\u00e9diaire. Les Jeux pythiques font d\u2019elle l\u2019arbitre des Jeux. Les jeux sont bien s\u00fbr d\u00e9di\u00e9s \u00e0 Apollon et de sa victoire contre le serpent Python qui gardait Delphes. Les premiers jeux dont nous avons une trace sont ceux de 582 d\u2019avant notre \u00e8re. La particularit\u00e9 des Jeux pythiques est que les jeux sont principalement musicaux (avec le chant) mais aussi des jeux verbaux&nbsp; comme l\u2019\u00e9loge, t les joutes verbales et la pantomime qui est un jeu de th\u00e9\u00e2tre muet qui utilise des gestes, des mimiques et des mouvements corporels pour raconter des histoires ou exprimer des \u00e9motions. Mais il y aussi des jeux&nbsp; sportifs comme la course \u00e0 pied, la gymnastique, la lutte et la boxe. Le laurier de temp\u00e9 remplace les premi\u00e8res r\u00e9compenses mon\u00e9taires par sa valeur symbolique. Le laurier est un des symboles d\u2019Apollon. Le lieu o\u00f9 se d\u00e9roulent les \u00e9preuves se situe sur la colline du Mont Parnasse \u00e0 Delphes, o\u00f9 diverses installations \u00e9taient pr\u00e9sentes pour les jeux, notamment un stade (au plus haut), puis le th\u00e9\u00e2tre, le sanctuaire de la pythie et les diff\u00e9rents tr\u00e9sors donn\u00e9s par les cit\u00e9s. Un tr\u00e9sor d\u00e9signe un b\u00e2timent dans lequel une cit\u00e9 grecque d\u00e9pose des fonds mon\u00e9taires importants pour les Dieux (ici apollon) et s&rsquo;assure son soutien dans des divinations de la pythie favorable. Ces tr\u00e9sors permirent \u00e0 Delphes de s\u2019enrichir tr\u00e8s fortement car beaucoup de cit\u00e9s sont donn\u00e9es pour le sanctuaire. Les gens les plus fortun\u00e9s peuvent construire pour eux seuls un tr\u00e9sor. Il y a un chemin principal pour se d\u00e9placer dans le sanctuaire qui se nomme la Voie sacr\u00e9e. Les processions religieuses et les athl\u00e8tes l&#8217;emploient pour effectuer leurs t\u00e2ches respectives. Les jeux se d\u00e9roulent&nbsp; entre juillet et ao\u00fbt de la troisi\u00e8me ann\u00e9e de l\u2019olympiade (les jeux se d\u00e9roulent principalement dans cette p\u00e9riode peu importe l\u2019ann\u00e9e de l\u2019olympiade). Delphes est aussi pour les grecs le nombril du Monde (grec) nomm\u00e9 omphalos, cela renforce son importance religieuse dans la conception grecque du monde. Pour soutenir la pythie, une ligue de chefs religieux nomm\u00e9e l\u2019Amphictyonie pyl\u00e9odelphique est un groupe international de religieux qui g\u00e8re les jeux pythiques (dans le cas de Delphes) dont leurs d\u00e9roulement, les sacrifices, les rituels et la protection des terres sacr\u00e9es. La pythie d\u00e9pend de ce groupe car elle doit \u00eatre isol\u00e9e du monde pour pouvoir entendre les paroles des Dieux. Ils sont le symbole de l\u2019harmonie et de l\u2019unit\u00e9 du monde grec. L\u2019amphictyonie d\u00e9signe les pr\u00eatres et la Pythie, ainsi que les th\u00e9ores charg\u00e9s de faire conna\u00eetre le d\u00e9but de la tr\u00eave sacr\u00e9e et des jeux dans l\u2019ensemble du monde grec.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un des vainqueurs des Jeux Pythiques est Timasith\u00e9os de Delphes qui a remport\u00e9 trois fois les Jeux Pythiques au pancrace \u00e0 la fin du VI\u00e8me si\u00e8cle avant notre \u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized is-style-default\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/04\/Capture-decran-2025-04-10-123138.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-14640\" width=\"350\" height=\"262\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Th\u00e9\u00e2tre de Delphes o\u00f9 avaient lieu les \u00e9preuves musicales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>\u00a9 <\/strong><a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/User:Leonidtsvetkov\">Leonidtsvetkov<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Les Jeux Isthmiques, \u00e9galement appel\u00e9s concours isthmiques, sont organis\u00e9s tous les deux ans sur l&rsquo;isthme de Corinthe, ces jeux m\u00ealaient comp\u00e9titions sportives, c\u00e9l\u00e9brations religieuses et \u00e9v\u00e9nements artistiques. Les Jeux Isthmiques trouvent leurs racines dans la mythologie grecque.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs l\u00e9gendes entourent leur cr\u00e9ation :<\/p>\n\n\n\n<ul><li>Sisyphe, roi l\u00e9gendaire de Corinthe, aurait institu\u00e9 ces jeux en l&rsquo;honneur de M\u00e9licerte (\u00e9galement connu sous le nom de Palaemon), un dieu marin n\u00e9 d&rsquo;une trag\u00e9die familiale. Sisyphe aurait organis\u00e9 des rites fun\u00e9raires pour M\u00e9licerte apr\u00e8s avoir retrouv\u00e9 son corps sur les rivages de l&rsquo;isthme.<\/li><li>Une autre version attribue leur fondation \u00e0 Th\u00e9s\u00e9e, roi d&rsquo;Ath\u00e8nes, qui transforma ces rites fun\u00e9raires en comp\u00e9titions sportives d\u00e9di\u00e9es \u00e0 Pos\u00e9idon. Th\u00e9s\u00e9e aurait \u00e9galement n\u00e9goci\u00e9 avec les Corinthiens pour accorder aux Ath\u00e9niens des si\u00e8ges privil\u00e9gi\u00e9s durant les jeux.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Historiquement, les Jeux Isthmiques sont attest\u00e9s d\u00e8s 582 av. J.-C., avec des c\u00e9l\u00e9brations centr\u00e9es autour du sanctuaire panhell\u00e9nique de Pos\u00e9idon situ\u00e9 sur l&rsquo;isthme.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Jeux Isthmiques comprenaient une vari\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00e9preuves athl\u00e9tiques et artistiques :<\/p>\n\n\n\n<ul><li>Courses \u00e0 pied : Diff\u00e9rentes distances, incluant le stade (192 m) et le dolichos (course longue).<\/li><li>Lutte et pugilat : sports de combat populaires dans la Gr\u00e8ce antique.<\/li><li>Pentathlon : Un ensemble d&rsquo;\u00e9preuves comprenant le lancer du disque, le lancer du javelot, le saut en longueur, la course \u00e0 pied et la lutte.<\/li><li>Courses hippiques : Courses de chevaux et de chars.<\/li><li>Course maritime : En raison de la proximit\u00e9 avec la mer, des courses de bateaux \u00e9taient \u00e9galement organis\u00e9es.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir du Ve si\u00e8cle av. J.-C., des comp\u00e9titions musicales, po\u00e9tiques et dramatiques furent ajout\u00e9es. Ces concours incluent :<\/p>\n\n\n\n<ul><li>Des r\u00e9citations de po\u00e9sie \u00e9pique ou lyrique.<\/li><li>Des repr\u00e9sentations th\u00e9\u00e2trales.<\/li><li>Des performances musicales d\u00e9di\u00e9es aux divinit\u00e9s grecques.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Les Jeux Isthmiques \u00e9taient avant tout une c\u00e9l\u00e9bration religieuse d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Pos\u00e9idon, dieu des mers et des chevaux. Les festivit\u00e9s commen\u00e7aient par des sacrifices au temple de Pos\u00e9idon situ\u00e9 pr\u00e8s d&rsquo;un bois sacr\u00e9 sur l&rsquo;isthme. Ces rites visaient \u00e0 invoquer la protection divine pour les participants et les spectateurs.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"280\" height=\"485\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/04\/Capture-decran-2025-04-10-122325.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-14639\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/04\/Capture-decran-2025-04-10-122325.png 280w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/04\/Capture-decran-2025-04-10-122325-173x300.png 173w\" sizes=\"(max-width: 280px) 100vw, 280px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Statue de Pos\u00e9idon conserv\u00e9e au Mus\u00e9e national&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>\u00a9 zunkir<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les vainqueurs des Jeux Isthmiques recevaient une couronne faite de c\u00e9leri sauvage ou de pin, symboles d&rsquo;humilit\u00e9 et d&rsquo;honneur. Ces couronnes mettaient en avant l&rsquo;esprit comp\u00e9titif mais non mercantile des concours panhell\u00e9niques.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Jeux Isthmiques \u00e9taient ouverts \u00e0 tous les Grecs, renfor\u00e7ant ainsi leur identit\u00e9 collective. Ils servaient non seulement \u00e0 d\u00e9montrer les prouesses physiques mais aussi \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer l&rsquo;unit\u00e9 culturelle et religieuse du monde grec antique. Leur popularit\u00e9 rivalise parfois avec celle des Jeux Olympiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Jeux Isthmiques incarnent une tradition riche m\u00ealant sport, art et religion dans un cadre mythologique fascinant. Bien que leur influence ait diminu\u00e9 avec le temps, ils restent un t\u00e9moignage vibrant de la culture panhell\u00e9nique et du r\u00f4le central que jouent les comp\u00e9titions dans la soci\u00e9t\u00e9 grecque antique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Jeux N\u00e9m\u00e9ens \u00e9taient organis\u00e9s tous les deux ans dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 grecque. D\u00e9di\u00e9s \u00e0 Zeus, ces jeux se tenaient dans la petite ville de N\u00e9m\u00e9e, au c\u0153ur d\u2019un sanctuaire sacr\u00e9. Plongeons dans l\u2019histoire fascinante de ces jeux qui m\u00ealaient mythologie, comp\u00e9tition et culture.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux r\u00e9cits principaux expliquent l\u2019origine des Jeux N\u00e9m\u00e9ens :<\/p>\n\n\n\n<ol type=\"1\"><li>Le mythe d\u2019Opheltes : Selon Pausanias, les jeux furent institu\u00e9s en l\u2019honneur d\u2019Opheltes, un jeune enfant tragiquement tu\u00e9 par un serpent. Alors que sa nourrice Hypsipyle guidait les guerriers des Sept contre Th\u00e8bes vers une source d\u2019eau, le b\u00e9b\u00e9 fut laiss\u00e9 sur un lit de c\u00e9leri sauvage et attaqu\u00e9 par un serpent. En hommage \u00e0 sa mort, les guerriers organis\u00e8rent des jeux fun\u00e9raires qui devinrent les Jeux N\u00e9m\u00e9ens. Opheltes fut ensuite surnomm\u00e9 Archemoros, signifiant \u00ab celui qui annonce la mort \u00bb.<\/li><li>H\u00e9racl\u00e8s et le lion de N\u00e9m\u00e9e : Une autre l\u00e9gende attribue la fondation des jeux \u00e0 H\u00e9racl\u00e8s apr\u00e8s qu\u2019il eut vaincu le lion de N\u00e9m\u00e9e lors de son premier travail. Pour c\u00e9l\u00e9brer cette victoire et honorer Zeus, H\u00e9racl\u00e8s aurait instaur\u00e9 ces comp\u00e9titions.<\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>Les Jeux N\u00e9m\u00e9ens proposaient une grande vari\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00e9preuves athl\u00e9tiques et \u00e9questres, similaires \u00e0 celles des autres concours panhell\u00e9niques :<\/p>\n\n\n\n<ul><li>Stadion : Une course \u00e0 pied sur environ 178 m\u00e8tres.<\/li><li>Diaulos : Une course doublement longue que le stadion (355 m\u00e8tres).<\/li><li>Dolichos : Une course de fond dont la longueur exacte reste incertaine.<\/li><li>Hoplitodromos : Une course en armure o\u00f9 les participants portaient casque, bouclier et parfois des jambi\u00e8res.<\/li><li>Pankration : Un m\u00e9lange brutal de lutte et de boxe avec peu de r\u00e8gles.<\/li><li>Pentathlon : Incluant la course \u00e0 pied, la lutte, le lancer du javelot, le lancer du disque et le saut en longueur.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Les courses de chars (tethrippon) et les courses \u00e0 cheval (k\u00e9l\u00e8s) se d\u00e9roulaient dans un hippodrome. Ces \u00e9preuves se distinguaient par leur ouverture aux femmes en tant que propri\u00e9taires de chevaux ou de chars, bien qu\u2019elles ne participaient pas directement aux courses.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Jeux N\u00e9m\u00e9ens \u00e9taient profond\u00e9ment enracin\u00e9s dans la religion grecque antique. Ils se d\u00e9roulaient dans un sanctuaire d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Zeus et incluaient des sacrifices rituels pour honorer le dieu supr\u00eame. La couronne remise aux vainqueurs \u00e9tait faite de c\u00e9leri sauvage, une plante associ\u00e9e \u00e0 Opheltes, symbolisant \u00e0 la fois la vie \u00e9ph\u00e9m\u00e8re et le triomphe.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"402\" height=\"210\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/04\/Capture-decran-2025-04-10-094314.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-14638\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/04\/Capture-decran-2025-04-10-094314.png 402w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/04\/Capture-decran-2025-04-10-094314-300x157.png 300w\" sizes=\"(max-width: 402px) 100vw, 402px\" \/><figcaption>Le sanctuaire de N\u00e9m\u00e9e         <strong>\u00a9 <\/strong>Carole Radatto<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00c0 leurs d\u00e9buts, les Jeux N\u00e9m\u00e9ens \u00e9taient fortement militaris\u00e9s. Seuls les guerriers et leurs fils pouvaient y participer. Les \u00e9preuves comme la course en armure refl\u00e9taient cet h\u00e9ritage martial. Avec le temps, les jeux s\u2019ouvrirent \u00e0 tous les Grecs libres, devenant une c\u00e9l\u00e9bration panhell\u00e9nique plus inclusive.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir disparu pendant des si\u00e8cles, les Jeux N\u00e9m\u00e9ens ont \u00e9t\u00e9 raviv\u00e9s en 1996 gr\u00e2ce aux efforts du <em>Society for the Revival of the Nemean Games<\/em>. Ces interpr\u00e9tations modernes permettent aux participants du monde entier de revivre l\u2019exp\u00e9rience antique en courant pieds nus dans des tuniques traditionnelles au sein du stade restaur\u00e9 de N\u00e9m\u00e9e. Les vainqueurs re\u00e7oivent encore aujourd\u2019hui une couronne de c\u00e9leri sauvage.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Jeux N\u00e9m\u00e9ens incarnent l\u2019esprit comp\u00e9titif et religieux qui d\u00e9finissait la Gr\u00e8ce antique. Ils servaient non seulement \u00e0 d\u00e9montrer la force physique mais aussi \u00e0 renforcer l\u2019unit\u00e9 culturelle entre les cit\u00e9s-\u00c9tats grecques. Aujourd\u2019hui encore, leur renaissance t\u00e9moigne d\u2019un profond respect pour ce patrimoine historique unique.<\/p>\n\n\n\n<p>En revisitant ces traditions ancestrales, nous renouons avec un pass\u00e9 o\u00f9 sport, mythe et communaut\u00e9 s\u2019entrelacent harmonieusement pour c\u00e9l\u00e9brer l\u2019humanit\u00e9 dans toute sa splendeur.<\/p>\n\n\n\n<p>La fin des Jeux Pythiques, N\u00e9m\u00e9ens et Isthmiques s&rsquo;inscrit dans le d\u00e9clin g\u00e9n\u00e9ral des Panhell\u00e9niques sous l&rsquo;influence de Rome et l&rsquo;essor du christianisme. \u00c0 partir du IIe si\u00e8cle av. J.-C., la domination romaine affaiblit le soutien aux comp\u00e9titions grecques, les consid\u00e9rant comme des c\u00e9l\u00e9brations pa\u00efennes incompatibles avec les valeurs chr\u00e9tiennes. Les Jeux N\u00e9m\u00e9ens furent d\u00e9plac\u00e9s \u00e0 Argos en 271 av. J.-C., avant d&rsquo;\u00eatre progressivement abandonn\u00e9s sous la pression imp\u00e9riale contre les rites polyth\u00e9istes au IVe si\u00e8cle apr. J.-C. Les Jeux Isthmiques, eux, continu\u00e8rent sporadiquement apr\u00e8s la destruction de Corinthe en 146 av. J.-C., mais disparurent \u00e9galement vers la fin du IVe si\u00e8cle, lorsque les cultes pa\u00efens furent interdits. Quant aux Jeux Pythiques, leur c\u00e9l\u00e9bration \u00e0 Delphes persista jusqu&rsquo;\u00e0 environ 424 apr. J.-C., malgr\u00e9 l&rsquo;essor du christianisme et le d\u00e9clin des sanctuaires pa\u00efens. En 393 apr. J.-C., l&#8217;empereur Th\u00e9odose Ier interdit officiellement les jeux panhell\u00e9niques, marquant ainsi la fin d\u00e9finitive de ces festivit\u00e9s historiques.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les jeux pythiques, isthmiques et n\u00e9m\u00e9ens occupent une place fondamentale dans la compr\u00e9hension du sport dans la Gr\u00e8ce antique, chacun incarnant des aspects distincts mais compl\u00e9mentaires de la culture grecque. Ces comp\u00e9titions, bien que inf\u00e9rieures en notori\u00e9t\u00e9 par rapport aux Jeux Olympiques, \u00e9taient n\u00e9anmoins profond\u00e9ment enracin\u00e9es dans la soci\u00e9t\u00e9 grecque et refl\u00e9taient les valeurs de la polis, de la religion et de la guerre.<\/p>\n\n\n\n<p>En conclusion, les jeux Pythiques, N\u00e9m\u00e9ens et Isthmiques t\u00e9moignent de la richesse culturelle et religieuse de la Gr\u00e8ce antique, o\u00f9 sport, art et spiritualit\u00e9 s&rsquo;entrelacent harmonieusement. Ces comp\u00e9titions panhell\u00e9niques, d\u00e9di\u00e9es respectivement \u00e0 Apollon, Zeus et Pos\u00e9idon, incarnaient bien plus qu\u2019un simple rassemblement sportif : elles renfor\u00e7aient l\u2019unit\u00e9 entre les cit\u00e9s-\u00c9tats grecques tout en honorant les divinit\u00e9s. Bien que leur influence ait d\u00e9clin\u00e9 avec la mont\u00e9e du christianisme et la domination romaine, leur h\u00e9ritage perdure comme un symbole de la grandeur culturelle de l\u2019Antiquit\u00e9. Aujourd\u2019hui, ils nous rappellent l\u2019importance des valeurs de d\u00e9passement de soi, de c\u00e9l\u00e9bration collective et de connexion spirituelle dans une soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><u>Bibliographie:<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sources primaires <\/strong>:<\/p>\n\n\n\n<ul><li>Pindare,<em> N\u00e9m\u00e9ennes<\/em>, texte \u00e9tabli et traduit par Aim\u00e9 Puech, Paris, Les Belles Lettres, 1923.<\/li><li>Pindare Tome IV,<em> Isthmiques et fragments, <\/em>texte \u00e9tabli et traduit parAim\u00e9 Puech, Paris, Les Belles Lettres, 1961.<\/li><li><a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Pindare\">Pindare<\/a>, <em>Pythiques<\/em>, 2000, texte \u00e9tabli et traduit par Aim\u00e9 Puech, Paris, Les Belles Lettres, 2000<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Ouvrages et articles sp\u00e9cialis\u00e9s :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul><li>BRUIT ZAIDMAN Louise, SCHMITT PANTEL Pauline,<em> La religion grecque dans les cit\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque classique<\/em>, 4\u00e8me \u00e9d, Armand Colin, Paris, 215 p.\u00a0<\/li><li>COGAN, Gwenola. \u00ab Les concours des cit\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9poque de Pindare : Panhell\u00e9niques et chr\u00eamatites ? \u00bb, Dossier : \u00c9motions, \u00c9ditions de l\u2019\u00c9cole des hautes \u00e9tudes en sciences sociales, 2011.<\/li><li>DECKER <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Wolfgang_Decker\">Wolfgang<\/a> et THUILLIER <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jean-Paul_Thuillier\">Jean-Paul<\/a>, <em>Le Sport dans l&rsquo;Antiquit\u00e9, \u00c9gypte, Gr\u00e8ce, Rome<\/em>, A. et J. Picard, 2004.\u00a0<\/li><li>LEVEQUE Pierre et SECHAN Louis, <em>Les grandes divinit\u00e9s de la Gr\u00e8ce,<\/em> Paris, Armand Collin, 1990 (1<sup>re<\/sup> \u00e9d. 1966).<\/li><li>MARTINETTI, Anne, <em>Sur la piste des jeux antiques<\/em>, Malakoff, Armand Colin, 2024.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Cl\u00e9ment Fugit (L2), Tanguy Montesinos (L2), et Alex Guinvarch (L1)  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le monde grec antique est impressionnant de par son foisonnement de jeux et d\u2019activit\u00e9s sportives dont la pratique nous est parvenu avec l\u2019exemple tr\u00e8s iconique des Jeux Olympiques. Cependant il n\u2019existe pas que ces jeux. En effet, d&rsquo;autres cit\u00e9s ont copi\u00e9 ou -du moins- repris le concept de comp\u00e9titions sportives qui s\u2019organisent \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de &hellip; <\/p>\n<p class=\"link-more\"><a href=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2025\/04\/10\/les-jeux-pythiques-isthmiques-et-nemeens\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Les Jeux Pythiques, Isthmiques et N\u00e9m\u00e9ens [2025]&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1479,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":true,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[18],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14637"}],"collection":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1479"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14637"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14637\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14649,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14637\/revisions\/14649"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14637"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14637"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14637"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}