{"id":14776,"date":"2025-05-01T15:39:22","date_gmt":"2025-05-01T13:39:22","guid":{"rendered":"http:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/?p=14776"},"modified":"2025-05-01T16:17:26","modified_gmt":"2025-05-01T14:17:26","slug":"les-amphitheatres-en-gaule-narbonnaise-2025","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/2025\/05\/01\/les-amphitheatres-en-gaule-narbonnaise-2025\/","title":{"rendered":"Les Amphith\u00e9\u00e2tres en Gaule Narbonnaise (2025)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-18-1024x399.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-14786\" width=\"673\" height=\"261\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-18-1024x399.png 1024w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-18-300x117.png 300w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-18-768x299.png 768w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-18.png 1169w\" sizes=\"(max-width: 673px) 100vw, 673px\" \/><figcaption><em>Vue du haut, amphith\u00e9\u00e2tre de N\u00eemes, photo personnelle<\/em>, No\u00e9mie Massol <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap has-text-align-left\">\u00c9difi\u00e9s entre le Ier et le IIe si\u00e8cle de notre \u00e8re, les amphith\u00e9\u00e2tres en Gaule narbonnaise sont des \u00e9difices de spectacles issus de la p\u00e9riode de l\u2019Antiquit\u00e9. Ce sont des \u00e9difices de forme elliptique, de forme ovale, c\u2019est cette forme caract\u00e9ristique qui nous permet d\u2019identifier un amphith\u00e9\u00e2tre d\u2019un th\u00e9\u00e2tre romain. Un amphith\u00e9\u00e2tre est alors une structure architecturale, \u00e0 gradins, ar\u00e8ne et coulisses destin\u00e9s aux spectacles. C\u2019est un \u00e9difice urbain issu de l\u2019art romain. En effet, le Colis\u00e9e est l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre Flavien, construit vers l\u2019an 71 apr\u00e8s J.-C. sous l\u2019empereur Vespasien. C\u2019est sur ce mod\u00e8le que se basent les amphith\u00e9\u00e2tres en Gaule narbonnaise que nous avons \u00e9tudi\u00e9s. En effet, la Gaule romaine est le territoire gaulois colonis\u00e9 par Rome vers 118 avant J.-C. Cette derni\u00e8re est d\u00e9coup\u00e9e en quatre provinces par Auguste vers 15 avant J.-C. : la Gaule Lyonnaise, la Gaule narbonnaise, la Gaule Aquitaine et la Gaule Belgique. Le territoire de la Gaule narbonnaise est celui qui s\u2019\u00e9tend des Alpes aux Pyr\u00e9n\u00e9es. C\u2019est un territoire conquis par Jules C\u00e9sar vers 58 av. J.-C. et qui sert de d\u00e9part pour les conqu\u00eates de la Gaule. Elle a dans un premier temps pris le nom de Gaule Transalpine, mais a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9e Gaule narbonnaise par l\u2019\u00e9tablissement de sa capitale \u00e0 Narbonne. C\u2019est un territoire qui comprend de nombreux vestiges de cette invasion romaine. La p\u00e9riode du Ier au IIIe si\u00e8cle apr\u00e8s notre \u00e8re, p\u00e9riode d\u2019\u00e9dification des amphith\u00e9\u00e2tres en Gaule narbonnaise, en fait une p\u00e9riode primordiale. Nous \u00e9tudierons ici quelques sujets pr\u00e9cis : l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre de N\u00eemes \u00e9difi\u00e9 entre 90 et 120 ap. J.-C., l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre de Narbonne \u00e9difi\u00e9 au IIe si\u00e8cle de notre \u00e8re, l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre d\u2019Arles \u00e9difi\u00e9 en 90 de notre \u00e8re et l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre de Purpan-Ancely \u00e0 Toulouse \u00e9difi\u00e9 \u00e0 la fin du Ier si\u00e8cle de notre \u00e8re.<br>Nous avons de ce fait d\u00e9cid\u00e9 d\u2019opter pour une orientation arch\u00e9ologique, se basant sur des fouilles, les constructions, \u00e9difications et les \u00e9l\u00e9ments retrouv\u00e9s au sein de ces amphith\u00e9\u00e2tres, mais \u00e9galement des sources litt\u00e9raires afin de retranscrire les spectacles pr\u00e9sents au sein de ces derniers.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-12.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-14779\" width=\"320\" height=\"226\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-12.png 774w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-12-300x213.png 300w\" sizes=\"(max-width: 320px) 100vw, 320px\" \/><figcaption><em>Carte repr\u00e9sentative de la Gaule Narbonnaise, www.INRAP.fr<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>I \u2013&nbsp;L\u2019\u00e9dification des amphith\u00e9\u00e2tres et leur place au sein de la ville&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les amphith\u00e9\u00e2tres de Gaule Narbonnaise sont construits sur le mod\u00e8le des amphith\u00e9\u00e2tres construits par Flavien comme le Colis\u00e9e en 71 apr. J.-C. Il a \u00e9t\u00e9 construit en pierre \u00e0 Rome. Il succ\u00e8de \u00e0 plusieurs \u00e9difices en bois et vient fixer le mod\u00e8le Flavien dans les mentalit\u00e9s. Les architectes se d\u00e9placent au sein de l\u2019empire romain afin de diffuser la politique romaine dans tout le territoire. En Gaule Narbonnaise, les amphith\u00e9\u00e2tres commencent \u00e0 \u00eatre \u00e9difi\u00e9s au d\u00e9but du Ier si\u00e8cle et jusqu\u2019au IIe si\u00e8cle sur les mod\u00e8les ant\u00e9rieurs en bois, puis parfois modifi\u00e9s au fil du temps. Ils sont tous constitu\u00e9s des m\u00eames \u00e9l\u00e9ments car ils doivent r\u00e9pondre aux m\u00eames probl\u00e9matiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout d\u2019abord, pour accueillir les jeux en eux-m\u00eames, l\u2019ar\u00e8ne,&nbsp;<em>arena<\/em>&nbsp;en latin pour sable, en forme d\u2019ellipse, est l\u2019endroit o\u00f9 le spectacle se d\u00e9roule. L\u2019utilisation de sable comme sol est r\u00e9fl\u00e9chie pour absorber le sang et faciliter le nettoyage, bien que les jeux ne soient pas compos\u00e9s que de combats sanglants. Dans les plus grands amphith\u00e9\u00e2tres, tels que celui d\u2019Arles, sous la piste, se situent les coulisses. On y trouve des loges ainsi que des syst\u00e8mes de trappes pour faire arriver les combattants et animaux directement dans l\u2019ar\u00e8ne. Dans le grand amphith\u00e9\u00e2tre de Rome, un syst\u00e8me pour remplir l\u2019ar\u00e8ne d\u2019eau permet des combats navals. Pour regarder ce spectacle, les spectateurs sont plac\u00e9s dans les gradins. Les sorties se font par les vomitoires. Les escaliers descendent dans la&nbsp;<em>cavea<\/em>&nbsp;et rejoignent l\u2019ext\u00e9rieur. Lors des jours de fort soleil, pour faire de l\u2019ombre, un velum est d\u00e9ploy\u00e9, c\u2019est un drap en lin fix\u00e9 sur l\u2019attique, le mur sup\u00e9rieur du haut des gradins. Enfin, les amphith\u00e9\u00e2tres sont des lieux de vie.<br>Ainsi, les amphith\u00e9\u00e2tres sont construits pr\u00e8s des principaux axes de circulation afin d\u2019attirer le plus grand nombre de personnes. Ils suivent alors le terrain vallonn\u00e9 ou sont construits sur des surfaces planes. L&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre d\u2019Arles est construit sur un terrain en pente creus\u00e9 et donc aplani. L\u2019amphith\u00e9\u00e2tre de Fr\u00e9jus est, lui, en partie appuy\u00e9 sur un flanc de la colline ; c\u2019est une structure mixte, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019une partie de la cavea est pleine d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et creuse de l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme dit plus haut, les amphith\u00e9\u00e2tres de N\u00eemes et Arles suivent le mod\u00e8le du Colis\u00e9e. Tout d\u2019abord, ils ont tous deux des proportions similaires. L\u2019amphith\u00e9\u00e2tre de Rome peut accueillir environ 50 000 spectateurs. L\u2019\u00e9difice d\u2019Arles peut accueillir 23 000 spectateurs et 22 000 pour celui de N\u00eemes. Pour le style d\u2019architecture, l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre d\u2019Arles est, au rez-de-chauss\u00e9e, toscan (aust\u00e8re) comme le Colis\u00e9e et au 1er \u00e9tage, de style corinthien (plus d\u00e9cor\u00e9) comme les deux \u00e9tages les plus hauts du Colis\u00e9e. L\u2019amphith\u00e9\u00e2tre de N\u00eemes, qui s\u2019est probablement inspir\u00e9 de celui d\u2019Arles, est, lui, enti\u00e8rement de style toscan. Cela nous montre une connexion, des liens entre les arts au sein de l\u2019empire romain. Ainsi, la possibilit\u00e9 que le m\u00eame architecte ait travaill\u00e9 sur les deux \u00e9difices, Arles et N\u00eemes, est envisag\u00e9e par l\u2019arch\u00e9ologue Jean-Claude Golvin.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces amphith\u00e9\u00e2tres en Gaule narbonnaise ont pris place au sein de l\u2019architecture en Gaule par le financement de certains notables. En effet, ces amphith\u00e9\u00e2tres devaient montrer la puissance, l\u2019influence et repr\u00e9senter l\u2019Empire romain en Gaule. Robert BEDON, au sein de son ouvrage&nbsp;<em>Architecture et urbanisme en Gaule romaine<\/em>, explique de ce fait qu\u2019il s\u2019agissait de \u00ab donner au peuple ainsi rassembl\u00e9 une image de lui-m\u00eame \u00bb. En ce sens, le financement de ces amphith\u00e9\u00e2tres permettait \u00e0 ces notables de montrer leur richesse, leur puissance ainsi que leur influence romaine sur un territoire conquis, ici la Gaule. Ce type de financement est alors appel\u00e9 l\u2019\u00e9verg\u00e9tisme. L\u2019\u00e9verg\u00e9tisme est : \u00ab le fait que des citoyens riches, des \u00e9trangers et des souverains rendent de leur propre initiative des services et offrent des dons aux cit\u00e9s, et qu\u2019en retour, ces derni\u00e8res reconnaissent publiquement ces actes comme des bienfaits \u00bb, selon Marc Domingo Gygax, qui est un historien am\u00e9ricain. En ayant cette reconnaissance, ces notables ont donc la possibilit\u00e9 de para\u00eetre puissants. Car \u00e9galement, ces financements permettaient d\u2019\u00e9difier des structures plus grandes et imposantes, des \u00e9difices majestueux. Robert BEDON parle de rivalit\u00e9s entre familles, souvent \u00e0 l\u2019origine de ces conflits et de cette volont\u00e9 de d\u00e9monstration. Il est aujourd\u2019hui assez compliqu\u00e9 de retrouver ces inscriptions en Gaule narbonnaise, car l\u2019usure a partiellement ou totalement effac\u00e9 ces derni\u00e8res. En effet, les inscriptions pr\u00e9sentes sur les amphith\u00e9\u00e2tres d\u2019Arles sont ab\u00eem\u00e9es, toutefois certains historiens sont parvenus \u00e0 les d\u00e9chiffrer. En effet, nous pouvons observer que les dalles des amphith\u00e9\u00e2tres ont \u00e9t\u00e9 redessin\u00e9es et assembl\u00e9es afin de transcrire l\u2019inscription appos\u00e9e dessus. Il est alors possible de lire l\u2019inscription&nbsp;<em>Cauis Priscus<\/em>. Caius Julius Priscus \u00e9tait un chevalier romain, un riche Romain. C\u2019est pourquoi il est possible ici d\u2019en d\u00e9duire, ou supposer, que cette inscription d\u00e9termine l\u2019\u00e9verg\u00e8te ayant financ\u00e9, en partie, l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre d\u2019Arles et l\u2019importance de ces financements.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>II &#8211; Les pratiques au sein des amphith\u00e9\u00e2tres&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les amphith\u00e9\u00e2tres en Gaule narbonnaise sont connus pour \u00eatre des \u00e9difices culturels d\u00e9di\u00e9s au divertissement, comme les jeux de gladiateurs, embl\u00e8mes de la civilisation romaine pr\u00e9sents notamment dans le Colis\u00e9e de Rome. Avec l\u2019invasion romaine en Gaule, la culture a \u00e9galement suivi sur ce nouveau territoire conquis.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Gr\u00e2ce aux travaux de Fran\u00e7oise DUMASY sur&nbsp;<em>Le th\u00e9\u00e2tre et les amphith\u00e9\u00e2tres dans les cit\u00e9s de Gaule romaine : fonctions et r\u00e9partition<\/em>, plus pr\u00e9cis\u00e9ment sur la religion et le th\u00e9\u00e2tre, nous avons pu observer que les gladiateurs avaient une esp\u00e9rance de vie courte en raison des conditions de combat et de l\u2019entra\u00eenement intensif impos\u00e9 pour divertir la population. Certains \u00e9taient des esclaves ou des prisonniers condamn\u00e9s, tandis que d\u2019autres faisaient le choix volontaire de cette profession. La profession de gladiateur \u00e9volua \u00e0 partir du Ier si\u00e8cle avant J.-C., ce qui permit de d\u00e9velopper de nouveaux \u00e9quipements pour les combats dans l\u2019ar\u00e8ne, tels que : la&nbsp;<em>manica<\/em>, un brassard protecteur en cuir ; le&nbsp;<em>subligaculum<\/em>, un pagne destin\u00e9 \u00e0 cacher et prot\u00e9ger les parties g\u00e9nitales ; et enfin les&nbsp;<em>fasciae<\/em>, des bandes maintenant les chevilles. Ces \u00e9l\u00e9ments ont contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration des conditions professionnelles des gladiateurs.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-13.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-14780\" width=\"65\" height=\"160\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-13.png 162w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-13-122x300.png 122w\" sizes=\"(max-width: 65px) 100vw, 65px\" \/><figcaption>Une Manica, photo personnelle mus\u00e9e de l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre de Nimes. &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-14.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-14781\" width=\"214\" height=\"183\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-14.png 712w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-14-300x257.png 300w\" sizes=\"(max-width: 214px) 100vw, 214px\" \/><figcaption>Le Subligaculum, Source&nbsp;: Getty Images&nbsp;<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s le d\u00e9veloppement de ces \u00e9quipements, des cat\u00e9gories sp\u00e9cifiques de gladiateurs \u00e9merg\u00e8rent. On distingue trois classes principales : tout d\u2019abord, le&nbsp;<em>retiarius<\/em>, qui appara\u00eet au Ier si\u00e8cle avant J.-C. Il ne porte pas d\u2019armure d\u00e9fensive et son objectif est de jeter un filet sur son adversaire, qui, lui, est arm\u00e9 d\u2019une lance. Ce combat repose sur l\u2019agilit\u00e9, le repli strat\u00e9gique et cr\u00e9e une nouvelle forme d\u2019affrontement. Ensuite, une autre classe de gladiateurs se d\u00e9veloppe : les&nbsp;<em>thraex<\/em>. Le&nbsp;<em>thraex<\/em>&nbsp;est un gladiateur arm\u00e9, muni d\u2019un bouclier triangulaire, con\u00e7u pour le prot\u00e9ger en cas d\u2019attaque. Lors des combats, il affronte le&nbsp;<em>murmillo<\/em>, un gladiateur qualifi\u00e9 de \u201clourd\u201d en raison de son grand bouclier. Enfin, il existe les&nbsp;<em>equites<\/em>, des gladiateurs qui combattaient \u00e0 cheval, v\u00eatus d\u2019une simple tunique. Avec le d\u00e9veloppement de la profession de gladiateur, on observe que chaque combattant d\u00e9veloppe sa propre sp\u00e9cialit\u00e9 et que le combat devient un art destin\u00e9 \u00e0 divertir la population. Dans les amphith\u00e9\u00e2tres de N\u00eemes et de Narbonne, afin de professionnaliser cette activit\u00e9, des \u00e9coles de gladiateurs sont cr\u00e9\u00e9es pour les former \u00e0 l\u2019art du combat. Une autre activit\u00e9 se d\u00e9veloppe dans l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre, en dehors des combats de gladiateurs : les&nbsp;<em>venationes<\/em>. Les&nbsp;<em>venationes<\/em>&nbsp;sont des jeux de cirque mettant en sc\u00e8ne des animaux sauvages ou exotiques, comme des lions ou des \u00e9l\u00e9phants, qui se battent entre eux ou contre des hommes.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour permettre ces spectacles, les ar\u00e8nes, comme celle de N\u00eemes, sont restructur\u00e9es. Elles se dotent alors de galeries souterraines permettant de faire appara\u00eetre les fauves ou les gladiateurs directement sur la piste.<em><br><\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-15.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-14782\" width=\"266\" height=\"210\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-15.png 842w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-15-300x237.png 300w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-15-768x607.png 768w\" sizes=\"(max-width: 266px) 100vw, 266px\" \/><figcaption><em>Repr\u00e9sentation d\u2019un combat entre un gladiateur et un animal sauvage, www.Odysseum.education.fr<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Ces deux activit\u00e9s montrent que tout est mis en place pour divertir la population. \u00c0 cette \u00e9poque, la vie des gladiateurs est structur\u00e9e avec des sp\u00e9cialisations et des \u00e9coles destin\u00e9es \u00e0 les former \u00e0 l\u2019art du combat. Par la suite, les spectacles se diversifient avec l\u2019introduction de repr\u00e9sentations d\u2019animaux sauvages.Nous allons maintenant nous int\u00e9resser \u00e0 une coutume peu connue des amphith\u00e9\u00e2tres : la religion.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir du r\u00e8gne d\u2019Auguste, qui s\u2019\u00e9tend de 27 avant J.-C. \u00e0 14 apr\u00e8s J.-C., un changement s\u2019op\u00e8re. Il ordonne la reconstruction des th\u00e9\u00e2tres en amphith\u00e9\u00e2tres pour organiser des spectacles de plus grande ampleur et marquer la population conquise avec des constructions romaines. Lors de ces reconstructions, des sanctuaires sont int\u00e9gr\u00e9s aux \u00e9difices de spectacle.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019amphith\u00e9\u00e2tre, initialement d\u00e9di\u00e9 aux repr\u00e9sentations, devient sous Auguste un centre non seulement de divertissement, mais aussi politique et religieux. Le sanctuaire, appel\u00e9&nbsp;<em>sacellum<\/em>, est situ\u00e9 dans un espace retir\u00e9 du b\u00e2timent, au sein du&nbsp;<em>cavea<\/em>, partie form\u00e9e par les rang\u00e9es de gradins o\u00f9 prennent place les spectateurs lors des repr\u00e9sentations. Le&nbsp;<em>sacellum<\/em>&nbsp;de l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre ne concurrence pas les grands sanctuaires situ\u00e9s au c\u0153ur de la cit\u00e9, car son but est uniquement de v\u00e9n\u00e9rer les dieux et d\u00e9esses li\u00e9s aux jeux. Parmi eux :<br>\u2022 Mars, dieu des combats, \u00e0 qui l\u2019on d\u00e9die des armes comme la lance ou le bouclier ;<br>\u2022 Hercule, h\u00e9ros de la mythologie romaine, protecteur des athl\u00e8tes et garant de leur s\u00e9curit\u00e9 ;<br>\u2022 N\u00e9m\u00e9sis, d\u00e9esse de la justice, qui consid\u00e8re que la justice s\u2019obtient par la force.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors des repr\u00e9sentations, des rites et des v\u00e9n\u00e9rations leur sont d\u00e9di\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons ainsi pu constater que les amphith\u00e9\u00e2tres en Gaule narbonnaise avaient une fonction de divertissement o\u00f9 la religion restait omnipr\u00e9sente. Sous Auguste, un autre type de repr\u00e9sentation religieuse se d\u00e9veloppe : le&nbsp;<em>ludi sacenci<\/em>. Ces jeux, organis\u00e9s dans l\u2019ar\u00e8ne, ont pour but d\u2019apaiser les divinit\u00e9s et de les v\u00e9n\u00e9rer. Associer religion et spectacle vise \u00e0 inculquer la culture romaine au peuple gaulois, fra\u00eechement conquis par l\u2019Empire en 50 avant J.-C.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" width=\"464\" height=\"633\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-16.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-14783\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-16.png 464w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-16-220x300.png 220w\" sizes=\"(max-width: 464px) 100vw, 464px\" \/><figcaption><em>Sculpture de Romelus et Remus, dans le char de Mars, Musei Capitolini, Roma<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" src=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-17.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-14784\" width=\"202\" height=\"315\" srcset=\"https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-17.png 404w, https:\/\/blogs.univ-jfc.fr\/vphn\/wp-content\/uploads\/sites\/65\/2025\/05\/image-17-192x300.png 192w\" sizes=\"(max-width: 202px) 100vw, 202px\" \/><figcaption><em>Sculpture d\u2019Ath\u00e9na, Mus\u00e9e Saint-Raymond arch\u00e9ologie Toulouse<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>La&nbsp;<em>cavea<\/em>&nbsp;en latin est l\u2019espace d\u00e9di\u00e9 \u00e0 ces gradins dans l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre. Cela constitue pr\u00e9cis\u00e9ment le cercle autour de l\u2019ar\u00e8ne qui abrite des places pour les spectateurs des diff\u00e9rents spectacles. Cette&nbsp;<em>cavea<\/em>&nbsp;est bien organis\u00e9e. Les amphith\u00e9\u00e2tres ont pour but d&rsquo;accueillir un grand nombre de personnes afin de propager des id\u00e9es romaines au plus grand nombre et d\u2019effectuer ce processus de \u201cromanisation\u201d de la Gaule narbonnaise. Les vestiges in situ nous permettent donc d\u2019identifier cette construction de la&nbsp;<em>cavea<\/em>. Robert Bedon, dans son ouvrage&nbsp;<em>Architecture et urbanisme en Gaule romaine<\/em>, pr\u00e9cise qu&rsquo;il fallait donner au peuple une impression d\u2019appartenance \u00e0 une communaut\u00e9. Rendre visible cette hi\u00e9rarchie sociale, cette organisation des soci\u00e9t\u00e9s. L\u2019attribution des places au sein de cette&nbsp;<em>cavea<\/em>&nbsp;\u00e9tait donc bien organis\u00e9e. La partie basse \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9e aux notables de la ville. Plus pr\u00e8s des spectacles, ils d\u00e9montrent leur puissance. Quant au peuple, il \u00e9tait plac\u00e9 plus en hauteur. Cette position haute, contrairement \u00e0 cette appellation, avait pour but de d\u00e9montrer leur position modeste, loin des gradins ils avaient une visibilit\u00e9 plus r\u00e9duite. Cette cat\u00e9gorisation au sein des amphith\u00e9\u00e2tres en Gaule narbonnaise avait donc une grande importance, dans une volont\u00e9 de d\u00e9monstration, car les amphith\u00e9\u00e2tres r\u00e9unissaient l\u2019ensemble des populations urbaines et des campagnes alentour.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour conclure notre projet de recherche sur la place et le r\u00f4le de l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre dans la Gaule narbonnaise, nous avons pu voir avec nos nombreuses sources que l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre n\u2019\u00e9tait pas un simple \u00e9difice de spectacle, mais qu&rsquo;il b\u00e9n\u00e9ficiait d\u2019une place strat\u00e9gique dans divers domaines : politique, religieux, g\u00e9ographique et social. Le but premier des \u00e9difices de la Gaule narbonnaise \u00e9tait, pour les envahisseurs romains, de r\u00e9unir la population autour du divertissement pour inculquer au nouveau Romain de Gaule la culture romaine : la romanisation. Cet \u00e9difice repr\u00e9sente la grandeur, la puissance et l\u2019influence que Rome exerce sur le territoire. Encore aujourd\u2019hui, ces amphith\u00e9\u00e2tres ont un r\u00f4le majeur dans la ville : N\u00eemes d\u00e9tient l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre le mieux conserv\u00e9 apr\u00e8s le Colis\u00e9e de Rome. Dans cet amphith\u00e9\u00e2tre, il se tient des repr\u00e9sentations dans divers domaines. Cet \u00e9difice n\u2019a plus la m\u00eame importance mais garde un r\u00f4le sp\u00e9cial dans l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>Auteurs<\/strong>&nbsp;: MESBAH Anna (L2), MASSOL No\u00e9mie (L2), CAMPOS Ana\u00efs (L1)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bibliographie&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>BEDON Rober, CHEVALLIER Raymond, PINON Pierre,&nbsp;<em>Architecture et urbanisme en Gaule romaine. Tome 1. L\u2019architecture et les villes en Gaule Romaine<\/em>, Edition Errance, Paris, 1988.<\/p>\n\n\n\n<p>FERDIERE, Alain<em>, Les Gaules IIes av J.-C.-Ve s. ap. J.-C.,<\/em>&nbsp;Paris, Armand Colin, 2005.<\/p>\n\n\n\n<p>BASLEZ, Marie-Fran\u00e7oise (dir), Catherine Wolff, Jean-Louis Voisin<em>, Rome et l\u2019Occident :<\/em> <em>197 av. J.-C. \u2013 192 ap. J.-C,&nbsp;<\/em>Neuilly : Atlande, 2010.<\/p>\n\n\n\n<p>DUMASY, Fran\u00e7oise, \u00ab Th\u00e9atres et amphit\u00e9\u00e0tres dans les cit\u00e9s de Gaule Romaine : Fonctions et r\u00e9partition \u00bb,&nbsp;<em>Etudes de Lettres<\/em>, 2011, pp. 193-222.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9difi\u00e9s entre le Ier et le IIe si\u00e8cle de notre \u00e8re, les amphith\u00e9\u00e2tres en Gaule narbonnaise sont des \u00e9difices de spectacles issus de la p\u00e9riode de l\u2019Antiquit\u00e9. Ce sont des \u00e9difices de forme elliptique, de forme ovale, c\u2019est cette forme caract\u00e9ristique qui nous permet d\u2019identifier un amphith\u00e9\u00e2tre d\u2019un th\u00e9\u00e2tre romain. 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