La place de l’art en URSS de 1917 à 1953

L’année 1917 est charnière pour la Russie car elle annonce des bouleversements significatifs dont la chute du régime du tsar Nicolas II et la mise en place d’une République communiste. La révolution d’octobre 1917, entraîne une grande transformation sociale et politique du pays qui se reflète dans les œuvres produites à cette époque. L’art devient alors un outil essentiel au régime pour véhiculer des idées aux masses.

Le nouveau régime cherche à redéfinir la culture et à en faire un moyen d’éducation et de propagande. De nombreux artistes s’engagent dans ce projet, mettant leur créativité au service d’une société nouvelle.

Mais comment l’art s’inscrit-il dans le projet politique de l’URSS entre 1917 et 1953 ?

Esquisse pour une affiche – Dressez la bannière de Marx, Engels, Lénine et Staline !Dressez la bannière de Marx, Engels, Lénine et Staline ! de Gustave Klucis, Collection du Musée des Beaux-Arts de Lettonie

L’art au service de la Révolution (1917-1924)

L’expansion du mouvement avant-gardiste soviétique


Composition circulo-linéaire, Rodchenko, 1915

Après la révolution d’octobre 1917, l’art russe prend un tournant significatif. En effet, l’avant-garde soviétique favorise l’essor de nouveaux courants artistiques tels que: le constructivisme, le suprématisme et le futurisme russe. Avec ces mouvements les normes artistiques se trouvent repoussées et les règles de l’Ancien Régime aussi.

Dans ce cadre, l’art se transforme en un outil de modernisation et en une manière de rompre de façon radicale avec l’ordre préétabli. Il ne s’agit plus d’une simple expression personnelle, mais plutôt d’un effort collectif destiné à redéfinir les formes et l’utilisation artistiques. Ainsi, les artistes utilisent leur créativité pour servir une société nouvelle, cherchant une esthétique qui reflète les idéaux du socialisme.

Une forme d’art au centre de la métamorphose sociale

Affiche de propagande russe – « Vous êtes-vous porté volontaire ? »de Dimitry Moor, 1920

Les bolcheviks, reconnaissant l’influence de l’art en tant qu’outil idéologique, soutiennent des démarches destinées à populariser la culture. L’augmentation des musées et des expositions publiques offre au public un accès à une création artistique révisée pour tous. L’art devient aussi un instrument clé de la propagande révolutionnaire.

Des posters frappants, des performances en plein air et des pièces de théâtre militantes diffusent les principes communistes, tels que l’abolition de la propriété privée, l’internationalisme prolétarien ou encore la centralisation de l’économie sur l’ensemble du territoire. Des artistes comme Vladimir Maïakovski s’engagent vigoureusement dans la conception d’un « art prolétarien », conçu pour stimuler et mobiliser les travailleurs et les paysans.

La mise en place des premières institutions culturelles

Au cours des premiers mois du régime bolchevique, des organisations ont été mises en place pour superviser et guider la création artistique. Le Narkompros, ou le Commissariat du peuple pour l’éducation, est mis en place pour superviser les activités dans les domaines de la culture et de l’éducation. Sous la conduite de l’homme politique et de lettres Anatoli Lounatcharski, il appuie les démarches innovantes tout en garantissant une cohérence idéologique des œuvres réalisées.

Siège du Proletkult à Moscou dans l’ancien hôtel particulier de Savva Morozov

De même, le Proletkult, qui signifie « culture prolétarienne », occupe une position clé dans l’établissement d’une culture spécifiquement socialiste. Cette structure favorise l’expression artistique effectuée par et pour les ouvriers, dans le but d’établir un art authentiquement prolétarien, libéré de l’influence bourgeoise.

Donc, de 1917 à 1924, l’art soviétique traverse une période d’effervescence sans précédent. Outil de propagande et lieu d’expérimentation et de rupture, il suit la transformation radicale de la société russe et pave le chemin pour l’émergence de nouvelles formes de création en harmonie avec les idéaux révolutionnaires.


La montée du réalisme socialiste et la standardisation de l’art sous Staline (1924-1941)

La fin de l’Avant-garde et le début de l’imposition du réalisme socialiste

Les avant-gardes, tout particulièrement les constructivistes initiés par Vladimir Tatline, rejettent après la Révolution d’Octobre 1917 la vision bourgeoise et individuelle de l’art. En s’extrayant des codes artistiques classiques s’inspirant uniquement du réel, les avant-gardes explorent des concepts novateurs, tels que la géométrie et l’abstrait. Cette nouvelle façon de penser et produire l’art s’adapte à l’ère industrielle et la pensée socialiste dont elle s’imprègne. L’art est alors au service de la construction d’un nouveau monde.

UNOVIS en 1920. Malevitch au centre. Vitebsk.

Avec l’arrivée de Staline au pouvoir en 1924, ces expérimentations furent considérées comme trop élitistes et n’étant pas accessibles aux masses. C’est dans ce contexte que le 23 avril 1932, un décret du Comité central du Parti communiste dissout les groupes d’artistes indépendants, comme l’Unovis de Malevitch, marquant la fin de l’effervescence artistique.

Deux ans plus tard, en 1934, le réalisme socialiste est proclamé style artistique officiel lors du premier congrès de l’Union des écrivains soviétiques. L’art est ainsi utilitaire et est vecteur d’un message clair : créer une imagerie positive et mobilisatrice du régime, destinée à inspirer le peuple et à cimenter son adhésion au projet communiste. La peinture, la sculpture, la littérature, l’architecture et même le cinéma sont mis au service de cette idéologie.

L’art comme instrument de propagande

Le réalisme socialiste représente une transformation esthétique par l’imposition institutionnelle de normes artistiques, mais aussi une soumission totale de l’art aux besoins idéologiques et politiques du régime. De cette façon, la liberté de création est limitée à la glorification de l’Etat soviétique, notamment en l’appuyant lors de grandes campagnes économiques et sociales de Staline. Mais aussi à l’exaltation de ses dirigeants et des travailleurs. La collectivisation et l’industrialisation sont deux piliers du programme stalinien, et qui furent de fait au cœur des productions artistiques.

Peinture – « Joseph Staline et Kliment Vorochilov au Kremelin« , Moscou, de Guerassimov Alexandre, 1938
Sculpture monumentale – « L’ouvrier et la kolkhozienne » de Vera Moukhina, 1937

Le tableau « Staline et Vorochilov dans le Kremlin », peint en 1938 par Alexandre Guerassimov, met en scène le pouvoir d’un leader charismatique, sage et tourné vers l’avenir. De la même manière, la sculpture “L’Ouvrier et la Kolkhozienne”, réalisée par Vera Moukhina en 1937 en vue de l’Exposition universelle de Paris. Les deux figures représentées célèbrent l’unité du prolétariat et de la paysannerie sous le communisme. Ainsi la propagande est destinée à impressionner et à convaincre, tant à l’intérieur du pays qu’à l’international.

Toutefois les arts mobilisés par le régime soviétique ne se limitaient pas à des productions sculpturales ou picturales. Parmi les auteurs notoires de l’époque, Maxime Gorki se démarque dans ses romans, comme La Mère en 1906, au fondement du réalisme socialiste. Tandis que des films comme Alexandre Nevski diffusé en 1938 de Sergueï Eisenstein, exultent le passé héroïque dans l’intention de cultiver l’esprit patriotique de l’époque. Cependant, tout comme Le Cuirassé Potemkine diffusé en 1926, il dépasse le simple cadre de la propagande pour devenir une œuvre cinématographique majeure, tant sur le plan esthétique que narratif.

Le contrôle des productions artistiques et une censure stricte

Entre 1924 et 1941, la censure en Union soviétique était un instrument clé du contrôle étatique sur l’information, la culture et les idées. Ainsi le réalisme socialiste reposait sur une uniformité idéologique de toutes les formes d’art et d’expression. Ce contrôle s’accompagne d’une censure implacable, instituée par des organisations étatiques, telles que l’Union des écrivains fondée en 1932 et l’Union des artistes soviétiques créée l’année qui suit.

La censure était dirigée par plusieurs grandes instances et de nombreux départements intimement liés au Parti communiste et à Staline lui-même. Parmi les structures les plus importantes on compte le Politburo, qui en définissant les lignes idéologiques veillait à “l’agitation et la propagande”. Tandis que d’autres organes surveillaient les parutions et opéraient un code de censure strict tels que le Glavit ou la police secrète, le NKVD. Ce système centralisé initié par l’Etat soviétique était garant d’une prise totale de l’information et des productions artistiques, traquant toutes formes de pensées divergentes.

L’auteur Alexandre Soljenitsyne annonce dans son premier roman Une journée d’Ivan Denissovitch, paru en 1962 : “[…] la seule liberté vraiment respectée en U.R.S.S étant celle d’interdire […]”. Cette citation met en évidence le caractère restrictif et totalitaire du régime qui avait un contrôle absolu sur la société et dans lequel toute initiative non conforme à la pensée exigée pouvait être sévèrement punie. L’œuvre de Soljenitsyne est la première témoignant de l’existence de camps de travail en U.R.S.S, tirée de sa propre expérience concentrationnaire dans un goulag. Face à la censure et à la répression, de nombreux artistes ont développé des stratégies de contournement des contraintes imposées par le régime, tel que Boris Pasternak, poète qui refusa de se conformer au réalisme socialiste et fut contraint de s’exiler.

Alexandre Soljenitsyne en 1953, envoyé en relégation perpétuelle à Kok-Terek, au Kazakhstan

L’art pendant et après la Seconde Guerre mondiale (1941-1953)

Mobilisation des artistes pour soutenir l’Armée rouge et résister à l’invasion nazie


W. A. Nikolajew, « En avant, détruisons l’occupant allemand et chassons-le aux frontières de notre patrie ». Affiche, URSS 1944

En juin 1941, l’Allemagne nazie envahit l’URSS. Dès lors, le cinéma soviétique devient un véritable moyen de propagande de guerre dans la prise de position et l’implication de la population en soutien de l’Armée rouge. L’industrie cinématographique soviétique se fait propagatrice des valeurs patriotiques via la production intense de films de fiction, d’animation (destiné aux plus jeunes) et de documentaires. Toutes ces productions servaient à sensibiliser tant les adultes que les enfants, tant le public soviétique qu’étranger aux crimes ennemis dans les territoires occupés et encourager l’effort de guerre à la cause nationale.

Les institutions d’État, qu’elles réagissent ouvertement ou discrètement, furent des commanditaires majeurs de ces productions, orientant ainsi la variété des stratégies de persuasion. Cette diversité permet d’adapter les messages en fonction des publics, tant en URSS qu’à l’étranger, renforçant l’image d’une nation soviétique déterminée et solidaire face à l’adversité.

Œuvres exaltant le courage des soldats et la défense de la patrie


Le drapeau soviétique sur le Reichstag, Berlin, 1945 de Evgueni Khaldeï. Photographie / Universal History Archive

L’art visuel joue également un rôle crucial dans la mobilisation des esprits. Une photographie emblématique, « Le Drapeau rouge sur le Reichstag », illustre parfaitement cette dynamique. Prise par le photographe Evgueni Khaldei en mai 1945, elle représente un soldat de l’Armée rouge, hissant le drapeau soviétique au sommet du Reichstag. Les couleurs, les jeux de diagonales et la composition de ces œuvres visuelles ont été soigneusement pensées par le régime soviétique à des fins de propagande, illustrant la puissance de l’URSS et sa contribution décisive à la défaite de l’Allemagne nazie.

La continuité du réalisme socialiste et le renforcement de la censure après la guerre

L’entrée dans la guerre froide place le réalisme socialiste, déjà dominant, comme instrument central du pouvoir soviétique. Par son imposition, le régime voulait parvenir à renforcer la cohésion et l’uniformisation idéologique ainsi que transformer la population en acteur impliqué au projet socialiste. D’autre part, l’application de cette doctrine artistique était pensée dans l’objectif d’éduquer les masses aux valeurs socialistes et glorifier la croyance au marxisme-léninisme qui promettait un avenir radieux.


“Ivan The Terrible” de Sergeï Eisenstein,1945

Toute influence occidentale fut alors vivement combattue. Les artistes accusés de cosmopolitisme ou de décadence furent censurés. Le réalisateur Sergueï Eisenstein en fit l’expérience avec son film Ivan le Terrible (1945). Si la première partie fut bien accueillie pour son exaltation du pouvoir fort, la seconde, dénonçant les dérives despotiques d’Ivan IV, fut interdite, car perçue comme une critique du régime stalinien.

Dans le domaine pictural, le rejet de l’héritage occidental fut également manifeste. Alexandre Deïneka, chef de file de la peinture réaliste socialiste, illustre cette tendance en mettant en scène des figures emblématiques du régime, comme Maïakovski peignant une affiche de propagande.

Un art figé mais omniprésent dans la société soviétique

La production massive d’œuvres glorifiant Staline et les héros soviétiques permit de diffuser un art standardisé, accessible à tous. Ce système d’éducation culturelle centralisée uniformise la pensée et façonne une perception biaisée de l’art. Dans l’URSS des années 1930 et 1940, les citoyens ne connaissaient que l’art validé par l’État, renforçant ainsi la croyance en la supériorité de la culture soviétique sur celle de l’Occident.

L’impact de cette politique fut profond : l’art devint un outil de contrôle idéologique, modelant l’imaginaire collectif et consolidant le pouvoir en place. Si cette omniprésence permit une diffusion efficace des valeurs du régime, elle eut pour conséquence de figer la création artistique, limitant ainsi toute forme d’innovation et d’expression individuelle.


Bibliographie indicative

Etudiants : AZAM Roxane (L2), BESSIERE-COUSINIE Juliette (L2), LALANDE Ilan (L1)

Le sport, arme du soft power allemand : les Jeux Olympiques de Berlin en 1936

En 1936, l’Allemagne d’Adolf Hitler doit accueillir les Jeux Olympiques à Berlin. Un événement comme celui-ci pourrait permettre au IIIe Reich de diffuser son idéologie et montrer la nouvelle puissance de l’État allemand. Pour ce faire, une propagande est organisée avec des technologies et des moyens novateurs pour l’époque. C’est autour de cela que nous travaillerons en nous concentrant principalement sur la quinzaine olympique. Nous aborderons aussi les quelques années précédant et suivant l’Olympiade afin d’étudier différents phénomènes et événements qui serviront à la réponse à notre problématique. En ce qui concerne les bornes géographiques, Berlin constitue notre principal champ d’étude bien que nous mentionnons les autres pays participants. 

Ainsi, en quoi les Jeux Olympiques de 1936, qui se sont tenus à Berlin, ont-ils servi de vecteurs à la propagande de l’Allemagne nazie dans le monde ?

Affiche officielle des Jeux Olympiques de Berlin de 1936 ©Olympics

I – Les méthodes de propagande du régime nazi

  1. L’architecture et les infrastructures pour l’accueil des Jeux

Les Jeux ayant été prévus pour 1936 et le Parti national-socialiste (NSDAP) ayant repris les rênes de l’Allemagne à la République de Weimar en 1933, ils eurent à disposition trois ans pour la construction des infrastructures et l’élaboration de leur architecture. Cet aspect sera un des piliers de l’esthétique nazie, élément central de leur propagande.

Vue du Stade Olympique, pièce maîtresse du terrain de sport du Reich à Berlin. Berlin, Allemagne, 1936. ©United States Holocaust Memorial Museum

Conçu par l’architecte Werner March, un des symboles les plus forts de ces Jeux est le Stade Olympique de Berlin, l’Olympiastadion. Il incarne les ambitions de puissance et de suprématie mais aussi l’héritage antique grâce à ses codes néo-classiques. Ainsi, le stade domine le paysage à l’instar du Colisée de Rome dont il est inspiré. Quarante-deux millions de Reichsmarks ont été dépensés pour cette enceinte de près de 100 000 places.

  1. La cérémonie d’ouverture

L’histoire des Jeux modernes initiée par Pierre de Coubertin axe ses traditions sur les Jeux antiques grecs. Pour glorifier l’image de ses athlètes, Hitler orchestre une cérémonie grandiose basée sur la suprématie aryenne sur les autres races. Le reflet de cette influence se retrouve sur l’affiche officielle réalisée par Franz Würbel. On y voit la statue d’un athlète doré dans Berlin avec la Porte de Brandebourg où siège Athéna sur son char orné par l’aigle et la croix de fer prussienne. 

Pour cette cérémonie, l’Allemagne voit grand. Hitler veut donner l’impression d’une fête populaire tout en masquant les réalités d’une politique raciste et antisémite. Le 1er août 1936, la cérémonie s’ouvre dans l’Olympiastadion de Berlin et cent-mille spectateurs sont amassés dans le stade. Les jeunesses hitlériennes entrent en scène tandis que les danseurs exécutent leurs mouvements. Le Führer pénètre dans l’enceinte du stade et prononce un discours concis mais qui va ouvrir l’entrée des délégations olympiques.

Arrivée de la flamme olympique lors de la cérémonie d’ouverture des jeux
©United States Holocaust Memorial Museum

Les délégations défilent tour à tour avec le salut olympique qui se confond avec celui des nations fascistes. Globalement, la plupart des nations décident de ne pas saluer et protestent par le sport contre l’idéologie nazie (France, États-Unis…). En effet, celle-ci ne représente pas les valeurs du sport mais celles de la xénophobie et de l’antisémitisme. Le final intervient lorsque la flamme olympique, venue de Grèce et rétablie grâce à Carl Diem, arrive à Berlin. Le dernier relayeur, l’athlète allemand Fritz Schilgen, est choisi par Goebbels lui-même, Ministre de la Propagande, mais ne participe pas aux Jeux en raison de sa non-appartenance au parti nazi.

II – Le sport allemand dans les Jeux

  1. La culture du sport dans l’allemagne pré-guerre

Durant l’entre-deux-guerres, le sport a pris une place croissante dans la société allemande.

Avant l’arrivée des nazis, l’Allemagne connaissait déjà une culture sportive bien développée. Les jeux d’équipe comme le football, le handball ou encore le hockey sur glace étaient populaires tout comme les sports individuels tels que l’athlétisme et la gymnastique, un sport particulièrement valorisé en raison de ses valeurs de discipline et de force, au cœur des idéaux du nationalisme allemand.

Avec l’arrivée du régime nazi, le sport va être instrumentalisé à des fins politiques. Le nazisme va notamment utiliser le sport comme un moyen de promouvoir l’idée de la « supériorité raciale » aryenne et d’imposer les valeurs du national-socialisme dans la société allemande. Le sport devient alors un vecteur de la construction d’un « homme nouveau » fort, sain, discipliné et prêt à servir l’État.

Les jeunes générations étaient particulièrement visées par le biais de la Hitlerjugend (Jeunesses hitlériennes), une organisation paramilitaire d’État qui intégrait des pratiques sportives dans ses activités (gymnastique, marches…).

Les autorités nazies ont également cherché à renforcer les infrastructures sportives, en construisant de nouveaux stades et en organisant des compétitions internationales. Des événements souvent utilisés pour promouvoir l’image de l’Allemagne comme une nation puissante et conquérante.

  1. La sélection des athlètes à travers le modèle aryen

Le sport faisant maintenant partie d’une stratégie idéologique visant à promouvoir « l’idéal de la race aryenne », la sélection des athlètes lors des Jeux de 1936 était souvent basée sur des critères physiques, raciaux et nationaux. En effet, les nazis avaient une vision très restreinte de « l’idéal ». La notion d’Artige kunst (art dégénéré), désignant toute œuvre ne correspondant pas à leur conception de l’esthétisme en est une bonne illustration. Cette intolérance est la même lorsqu’il s’agit des athlètes et de leur physique.

Les athlètes étaient alors des symboles vivants de l’image de pureté raciale que le régime nazi souhaitait véhiculer. Les athlètes aryens, souvent ceux d’origine germanique, étaient mis en avant et soutenus par des institutions comme l’organisation responsable de la promotion du sport en Allemagne. Les athlètes jugés « non aryens », en particulier ceux d’origine juive, étaient écartés des compétitions ou soumis à des discriminations. Par exemple, l’athlète juive allemande Gretel Bergmann a battu le record de saut en hauteur de l’époque un mois avant l’ouverture des JO mais son record est ignoré et deux semaines avant la compétition, elle est écartée de l’équipe officielle pour « performances insuffisantes », un argument de façade.

  1. Les résultats obtenus

Sur le plan des résultats, l’Allemagne arrive comme prévu à la première place, raflant 89 médailles dont 33 en or hommes et femmes confondus. Elle compte aussi l’athlète avec le plus de médailles : le gymnaste Konrad Frey avec 6 au total. L’objectif de dépasser les Etats-Unis est chose faite, mais pas dans tous les sports : sur les 29 épreuves d’athlétisme, les athlètes allemands ne raflent que 5 médailles d’or. Cependant, la délégation allemande repart avec la domination des épreuves de gymnastique avec 6 médailles d’or.

Parmi les dix nations les plus médaillées, on trouve certains des futurs alliés de l’Allemagne dans la Seconde Guerre mondiale. L’Italie, quatrième, s’aligne de plus en plus sur les positions de l’Allemagne, concrétisées par l’axe Rome-Berlin le 23 octobre 1936. Le Japon, huitième, s’y ajoute un mois plus tard, formant les puissances de l’Axe. La Finlande et la Hongrie sont aussi alliées à l’Allemagne sur le plan militaire mais pas idéologique, surtout sur la question de la déportation des Juifs. On remarque encore l’existence de l’Autriche, qui disparaît en 1938 de par son annexion par le IIIe Reich.

Malgré tout, le bilan sportif de ces Jeux reste limité, les résultats obtenus par les Allemands sont excellents mais ont été éclipsés par Jesse Owens. Le héros des « Jeux de la honte » s’est illustré avec 4 médailles d’or en athlétisme et demeure aujourd’hui l’un des seuls souvenirs de cette Olympiade. Cette image bien qu’en partie créée a posteriori reste aujourd’hui un symbole fort des limites de ces Jeux.

Tableau des médailles ©Germain Escalier

III – Traitement des Jeux dans les médias 

  1. La presse et l’audiovisuel 
Photographie de l’arrivée de la flamme olympique apparaissant fréquemment sur les unes de journaux
©United States Holocaust Memorial Museum

Pour informer le monde d’une telle manifestation, de nombreux journalistes étaient présents dans la capitale allemande. Afin de diffuser sa propagande à l’international, le régime nazi a controlé les informations et les différentes productions journalistiques. Les prises d’images étaient contrôlées par les autorités pour exposer dans la presse internationale les symboles néo-classiques et les succès des sportifs allemands. Le gouvernement a même fourni des photographies qui mettent en avant ces symboles. 

On retrouve ces symboles dans l’audiovisuel, puisque Joseph Goebbels a misé sur la vidéo et la télévision. Dans cette optique, il a créé les Femsehtsuben, des salles de télévision installées dans les grandes villes du pays. Les images étaient fournies par des technologies novatrices pour l’époque dont le dirigeable Hindenburg. On  pense aussi aux caméras électroniques qui ont permis pour la première fois de l’Histoire de diffuser les épreuves en direct. Tout cela a permis à Leni Riefenstahl de créer ses deux films Olympia, deux œuvres de propagande qui ont eu un succès mondial dès leur sortie en 1938.

  1. Les limites des médias

Parlons maintenant des limites et des revers de cette propagande dans les médias.

Dans la presse, on observe de nombreux revers de cette propagande. En effet, le gouvernement ne peut pas influer sur le traitement final de l’image et l’usage qu’en fait le média. On peut donc voir par exemple la photographie de l’arrivée de la flamme olympique sans les militaires ou alors avec moins de drapeaux nazis.


Il y a aussi des montages et des collages d’images qui sont réalisés contre l’idéologie nazie comme le montage du journal Le Figaro où l’on voit un champion de pentathlon allemand avec un uniforme militaire pointant son arme vers un escrimeur français. Ce genre de montages montre alors que l’idéologie nazie est tout de même controversée et que le gouvernement ne peut pas tout contrôler.


Par rapport à l’audiovisuel, le film Olympia a connu un succès international, cependant les États-Unis ont fait preuve de réticence face à cette œuvre. Ils n’ont pas voulu le diffuser et ont boycotté tous les films de Leni Riefenstahl.
Cela nous montre que certains pays sont donc conscients de cette propagande et ne veulent pas la diffuser.  

  1. La figure de Jesse Owens dans la mémoire moderne

Aujourd’hui, lorsque l’on pense à ces Jeux de Berlin, la figure qui nous vient en tête est Jesse Owens, l’athlète afro-américain ayant dominé ces Jeux avec ses quatre médailles d’or. Il serait devenu une figure de proue contre le nazisme, à tel point que, selon la croyance populaire, Hitler ne lui aurait pas serré la main. En réalité, ce dernier avait refusé de se plier au protocole olympique, qui réclamait que soient salués tous les athlètes victorieux et cela indépendamment de leur nationalité. Par conséquent, il ne félicita aucun participant, qu’il soit allemand ou non.

De plus, l’humiliation subie par l’Allemagne nazie est aussi à relativiser ; selon leur idéologie, le fait qu’un noir court plus vite qu’un blanc n’était que la confirmation des inégalités génétiques. C’est bien plus tard que la figure d’Owens sera récupérée et déformée pour devenir la légende que l’on connaît aujourd’hui.

Conclusion : 

Pour développer sa propagande autour de ses Jeux Olympiques, le régime nazi a transformé Berlin et son stade en y intégrant des normes néo-classiques. Quant à la cérémonie d’ouverture, elle a permis au monde entier de découvrir la nouvelle puissance de l’Allemagne. Sur son propre terrain, le pays-hôte a brillé grâce aux Jeunesses hitlériennes mais a interdit à ses athlètes juifs de participer. Pour monter cela, Hitler a utilisé les médias et le cinéma avec Leni Riefenstahl. À noter que les performances remarquables de Jesse Owens n’ont à l’époque pas réellement porté préjudice à la propagande mais, au contraire, ont permis d’entretenir les stéréotypes.

Deux semaines avant les Jeux Olympiques, des Jeux Populaires auraient dû être organisés à Barcelone par le Front Populaire espagnol. Ils avaient pour but de s’opposer aux Jeux « fascistes » de Berlin mais ont été annulés à cause du coup d’État de Franco. Le symbole d’opposition au régime nazi qu’aurait pu représenter cette manifestation n’a donc jamais pu voir le jour.

Affiche des Olympiades populaires de Barcelone

Bibliographie indicative : 

  • ARNAUD, Pierre, «Sport et olympisme après la Première Guerre mondiale. Nouvelle donne géopolitique et enjeux de prestige», Relations internationales, nº 111, automne 2002, p. 347-363
  • BROHM, Jean-Marie, 1936 : Les jeux olympiques à Berlin, Paris, André Versailles Éditeur, J. Bastier, “L’affaire Sirven devant la justice seigneuriale de Mazamet”, 1971
  • GALAND, Benjamin, Le sport dans les régimes totalitaires européennes au XXe siècle : l’exemple du IIIe Reich, Paris, l’Harmattan, 2016
  • PRIEUR, Jérôme, Berlin Les Jeux de 36, Les Billets de La Bibliothèque, 2017
  • SIMARD-HOUDE, Mélodie, «Les Jeux Olympiques de Berlin vus par la photographie de presse», Belphégor, LPCM, juillet 2017, n°15

Etudiants :

  • Bessé Thibault (L2)
  • Bascou Gael (L2)
  • Durand Swan (L1)
  • Escalier Germain (L1)
  • Galy–Thomas Antonin (L1)

La guerre de Yougoslavie : Entre crimes de guerre et mémoire

La Poudrière des Balkans est une expression pour désigner les conflits qui ont frappé les Balkans aux XIXe et XXe siècles. Nous allons donc voir pourquoi lui doit-on ce surnom. La Yougoslavie, Etat du Sud de l’Europe, regroupe les pays des Balkans. Le pays prend forme en 1918 à la fin de la Première Guerre mondiale avec la chute de l’Empire Ottoman. Pendant le seconde guerre mondiale jusqu’en 1980, Tito dirige le pays et est un grand fédérateur des peuples balkaniques, puis sa mort vient embraser tout cela en même temps que le communisme s’effondre dans le reste de l’Europe. Puis la montée du nationalisme met le feu aux poudres, ce qui déclenche la guerre civile. 

Carte de la Yougoslavie en 1991

La guerre de Yougoslavie (1991-2001)

La mort de Tito en 1980 laisse une Yougoslavie en proie à la montée du nationalisme, en plus de la chute du communisme qui mène à la guerre civile. En 1989, Slobodan Milosevic est élu président de la Serbie, et son mandat est marqué par un fort nationalisme. Il défend la création d’une Grande Serbie. Avec la chute du mur de Berlin, plusieurs révolutions se succèdent en 1989 comme en Roumanie, en Bulgarie ou encore en Tchécoslovaquie. C’est en 1991 que la Slovénie ainsi que la Croatie déclarent leur indépendance vis-à-vis de la Yougoslavie en utilisant le droit de sécession garanti par la nouvelle Constitution de 1974. En riposte, Belgrade décide d’envoyer l’armée pour réprimer les volontés des pays. Ça mène à la guerre de Croatie entre 1991 et 1995. Au début, la guerre oppose des populations civiles : la police croate et les Serbes de Croatie qui veulent rester au sein de la Yougoslavie. L’armée Yougoslave prend une position pro-serbe et aide les milices serbes dans cette guerre qui aboutira à la désintégration du pays. 

La guerre de Bosnie

Tout d’abord, la Bosnie-Herzégovine est composée de trois peuples différents avec des religions différentes : les Bosniaques musulmans, les Croates catholiques et les Serbes orthodoxes. Dans le contexte de chute de la Yougoslavie, la Serbie et la Croatie ont vu une opportunité d’atteindre leur but: la Grande Croatie et la Grande Serbie. Les deux pays, même s’ils sont ennemis, voulaient partager la Bosnie à leur profit. Pendant cette guerre, la Bosnie a été opposée aux minorités serbes et croates de Bosnie. Les Bosniaques et les Croates de Bosnie déclarent son indépendance par référendum le 29 Février et le 1 Mars 1992, qui est boycotté par les Serbes de Bosnie. Suite à cela, ils organisent le siège de Sarajevo, le plus long de l’histoire contemporaine qui a duré pendant plus de 4 ans, entre le 5 Avril 1992 et le 29 Février 1996. Le siège était déjà préparé depuis la fin de l’année 1991 par les Serbes avec un afflux d’armes lourdes autour de la ville. Le 6 Avril 1992, la guerre est déclarée suite à la reconnaissance de l’indépendance de la Bosnie, notamment par la communauté Européenne. Cette date sert de prétexte pour déclencher la guerre. Dès le début, les forces serbes organisent un blocus de la capitale ainsi que des bombardements qui tuent massivement les civils. Lors de l’offensive, plusieurs villes de Bosnie à majorité musulmane sont occupées et plusieurs civils sont exécutés, comme la ville de Srebrenica. Les villages autour de Srebrenica sont bombardés et détruits par les Serbes, poussant les civils restant à se réfugier dans Srebrenica. La ville subit un siège et les conditions de vie sont catastrophiques, et les civils meurent de faim, et en Janvier 1993, la famine pousse les Bosniaques à piller des villages serbes pour survivre et pouvoir se défendre en volant de la nourriture et des armes, et des crimes sont commis. Le blocus de Srebrenica est condamné par l’ONU qui sanctionne économiquement la Serbie.

Parallèlement aux sièges effectués par les Serbes, un nettoyage ethnique mené par Slobodan Milosevic a lieu pour créer un territoire “purifié” pour la Grande Serbie, notamment Srebrenica. Le territoire contrôlé par les Serbes comptait 551 000 Bosniaques en 1991 contre 28 000 en 1995, et le nombre de croate est passé de 209 000 à 11 000.

Répartition ethnique en Bosnie en 1991

On peut également ajouter que la purification ethnique est marquée par des déplacements forcés et internement dans des camps de concentration dans des conditions de vie inhumaine, des massacres, des viols systématiques, la destruction d’édifices culturels et religieux.

Répartition ethnique en Bosnie en 1997

Toujours en 1993, Srebrenica est défini comme zone protégée par l’ONU. Le commandant des forces Bosniaques, Naser Oric passe à l’offensive sur des villages serbes qui se situent aux alentours de Srebrenica, et des massacres abominables sont commis.

En Juillet 1995, les forces serbes entrent dans la ville sous le commandement de Ratko Mladic. Des soldats néerlandais de l’ONU demandent de l’aide aérienne qui n’arrivera pas. Les responsables bosniaques savent que Srebrenica va tomber aux mains des Serbes et les quelques hommes valides s’exfiltrent de la ville mais sont rapidement encerclés par les forces armées Serbes. Après que les forces Serbes aient pénétré dans Srebrenica, les hommes encore présents dans la ville sont emmenés vers des centres de détention et certains sont exécutés. Le 13 Juillet 1995 a lieu le premier massacre, avec un groupe important de prisonniers exécutés dans le village voisin de Kravica. Le 14 Juillet, tous les prisonniers se trouvent à Bratunac pour être déportés dans le nord du pays où sont commises des exécutions de masse, et des fosses communes sont creusées pour les cadavres. La fin des massacres à lieu le 17 Juillet et les fosses communes sont refermées.

L’inefficacité de l’ONU pousse l’OTAN à intervenir en ciblant des milices Serbes de Bosnie en Août 1995. Avec ces bombardements, la Bosnie regagne du terrain face aux Serbes. La guerre prend fin avec les accords de Dayton, signés par Izetbegovic (Bosnie), Milosevic (Serbie) et Tudjman (Croatie) le 14 Décembre 1995. Le bilan de la guerre est d’environ 100 000 morts, dont plus de la moitié sont des victimes civiles et environ 2 000 000 de réfugiés. Cette guerre verra la création du TPIY, et incarcérera tous les dirigeants, majoritairement serbes qui ont commis des atrocités. Srebrenica, de par son massacre à caractère raciste contre les Bosniaques, est considéré comme le pire massacre en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et Ratko Mladic est arrêté en 2011 pour avoir dirigé le massacre. Le TPIY prononce 90 condamnations pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide. 

La guerre du Kosovo

En 1998 est lancée la guerre du Kosovo par les forces armées de Yougoslavie contre l’armée de libération du Kosovo. Cette dernière est également issue de rapports conflictuels entre les nationalités serbes composés majoritairement de chrétiens orthodoxes et albanaises composées d’une grande partie de musulmans sunnites.

Répartition ethnique au Kosovo après la guerre

Ces deux nationalités sont les deux ethnies majoritaires du Kosovo. La Serbie cherche cependant à récupérer le territoire du Kosovo, l’armée de libération du Kosovo ou l’UÇK va effectuer de nombreux sabotages et s’en prendre aux instances kosovares comme les postes de police pour lutter contre les discriminations des serbes du Kosovo exercé à l’encontre des albanais. Le conflit va également prendre une dimension religieuse avec la destruction de plusieurs mosquées par l’armée serbe et de plusieurs églises par l’UÇK. L’intervention de l’OTAN se fait sans l’approbation du conseil de sécurité de l’ONU et effectue des bombardements sur une grande partie du territoire de la Yougoslavie. Cette intervention est justifiée par le déplacement de plus de 80% de la communauté albanaise du Kosovo vers l’Albanie, la Bosnie ou vers l’intérieur du pays. L’OTAN pense qu’un nettoyage ethnique est en cours de préparation avec l’aide de faux documents écrits par le ministère de la défense allemand pour justifier ces bombardements. Les critiques se font d’autant plus sévères envers cette intervention militaire que l’on reproche aux nations de l’OTAN d’avoir rejeté toutes solutions diplomatiques et aux médias occidentaux d’avoir repris et adapté ce discours sans autres formes d’objectivité journalistique.  De ce fait, cette opération reste controversée au sein de la communauté internationale car cette dernière démontre l’utilisation d’une propagande et la propagation de fausses informations pour justifier des opérations militaires au sein des nations membres de l’OTAN. De plus, les débats sur la question de l’autonomie du Kosovo sont conflictuels, les États comme la Russie ou la Chine ayant comme alliée la Serbie considère l’indépendance du territoire comme illégale. La guerre s’arrête avec les accords de Kumanovo en 1999. La communauté serbe présente au nord du territoire connaît ainsi de forts déplacements de populations. L’armée serbe et l’armée yougoslave laissent ainsi place à une présence internationale sur le territoire du Kosovo et l’UÇK est dissoute peu après, ses membres rejoignant les rangs de la police du Kosovo ou de l’armée albanaise pour participer au conflit ethnique en Macédoine.  On décompte également 200 000 serbes et tziganes contraints de quitter le Kosovo en 1999. Les instances serbes comme l’armée ou la police sont également invitées à partir du territoire.

Cependant, la communauté serbe présente après la guerre demande toujours que le nord du Kosovo soit rattaché à la Serbie. De plus ces derniers sont juridiquement dépendants de Belgrade et non de Pristina notamment pour des questions économiques où leurs assurances et leurs banques sont souvent basés dans la capitale serbe. Le bilan humain est estimé à 13 535 morts parmi lesquels l’on décompte pas moins de 11 609 civils.

L’héritage de la guerre de Yougoslavie 

Avec la fin des guerres civiles, Slobodan Milosevic et d’autres sont arrêtés pour crimes de guerre notamment le massacre de Srebrenica en 1995. Milosevic est jugé coupable de génocide et de crime de guerre devant le TPIY de La Haye, mais il meurt le 11 mars 2006, peu avant son procès. Milosevic est enterré dans sa ville natale, Pozarevac le 18 mars 2006 où 50 000 partisans et politiciens sont présents. Ratko Mladic, le commandant qui a ordonné aux troupes serbes de rentrer dans la ville bosniaque est arrêté en 2011, après plus de 15 ans de cavale. Surnommé le “Boucher des Balkans”, il est poursuivi par le TPIY pour génocide et crime contre l’humanité. Son procès s’ouvre en 2011, et en 2017 il est condamné à perpétuité pour les massacres qu’il a orchestrés pendant la guerre de Yougoslavie.  Il est donc important de se remémorer les événements de la guerre pour éviter que de tels massacres se reproduisent à l’avenir, se réconcilier est aussi important pour avancer et se reconstruire.

Finalement, la guerre de Yougoslavie a connu plusieurs conflits qui ont été sanglants et sont marqués par des atrocités commises dans plusieurs camps, comme le massacre de Srebrenica par les Serbes, mais aussi dans le camp Bosniaque, par l’intermédiaire de Naser Oric qui a lui-même participé à la destruction de villages serbes ainsi qu’au meurtre de civils en 1993. Il est condamné par le TPIY en 2006, mais est finalement acquitté en 2008 après une décision en cours d’appel du fait de son jeune âge (âgé d’une vingtaine d’années) lors des crimes perpétrés.  

En 2008, le Kosovo devient indépendant après quasiment 10 ans de statut indéterminé. Le Kosovo reste un terrain sensible, avec des menaces de la Serbie sur le territoire kosovar, car elle le considère comme une partie de son territoire. Ces dernières années, plusieurs affrontements ont eu lieu entre serbes et kosovars à des fins territoriales, ethniques et nationalistes. Ces facteurs ravivent les tensions du passé qui sont encrées dans les mémoires et peuvent aboutir à un conflit ouvert entre les deux pays.

Sources :

Etudiants :

  • BLANC Brice L2
  • STAINTON Rudy L2
  • CALMELS Jean L1
  • LUQUET-PEREZ Mael L1
  • OROMBEL Alexis L1

Persécution de Dioclétien

La Persécution de Dioclétien, est la plus grande persécution à l’encontre des chrétiens au sein de l’Empire romain, elle a débuté en 303 et a pris fin en 311 sous l’empereur Galère. Une persécution est une succession de mesures violentes et arbitraires prises à l’égard d’une communauté ethnique ou religieuse. Dans le cas de celle de Dioclétien, elle était dirigée contre les chrétiens avec une succession d’édit qui limite de plus en plus les droits des communautés chrétiennes, allant jusqu’à condamné de mort la pratique du christianisme. Les édits sont des lois émises dans l’Empire romain par des magistrats ou l’empereur lui-même. Dioclétien va promulguer quatre édit de 303 à 304 dans un contexte politique complexe, ces édits seront abolie par son successeur Galère dès 311 par l’édit de Sardique. La Persécution de Dioclétien est la persécution chrétienne la plus importante que l’Empire ait connu sur le plan politique et de par son ampleur. Cette persécution est aussi notable au vu du nombre de martyrs chrétien qu’elle va produire.

Vaconsin Timo

Enjeux politiques

Suite à un demi-siècle de guerre civile, la stabilité de l’Empire est un enjeu crucial pour le nouvel empereur Dioclétien. Dioclétien va donc chercher à construire une forme d’unité au sein de l’Empire. La première grande réglementation mise en place par le nouvel empereur est la mise en place de la tétrarchie. La tétrarchie consiste en la division de l’Empire en deux grandes régions, elle-même divisée en deux. Chaque grande région va être gouvernée par un auguste, la moitié de celle-ci gouvernée par un césar (successeur désigné de l’un des co-empereur). La tétrarchie va jouer un rôle primordial dans le déroulement de la persécution dioclétienne puisque les différentes idées vont donc être appliquées avec des interprétations différentes. Le césar Galère va notamment être très actif dans la persécution avec la destruction de nombreux édifices religions, destruction responsable du peu de source chrétienne des premiers siècles, alors que le césar chlore va très peu appliquer les édits.

Vaconsin Timo

La persécution, mise en place par Dioclétien, sous l’impulsion probable de Galère, va permettre à l’Empire de chercher une stabilité et une unité interne face à un adversaire religieux qui s’oppose à la société romaine. Cependant, presque paradoxalement, cette même persécution marque un tournant entre les relations païen-chrétienne avec une acceptance du christianisme de plus en plus importante jusqu’à son instauration comme religion d’État. C’est un renversement des rapports de forces, entre épuisement des autorités romaines et renforcement de la croyance chrétienne, les empereurs vont suite à cette persécution vouloir construire la stabilité à travers le christianisme.

Enjeux religieux

A la suite de la période de trouble du IIIe siècle, l’idéologie impériale évolue. Jusque dans les années 230-235 ap. J.-C., un empereur pouvait être divinisé après sa mort sur décision du Sénat. Cependant, durant et après les guerres civiles cela change et on tend vers une divinisation des empereurs de leur vivant. Avant le IIIe siècle, un empereur étant divinisé se voyait attribuer des temples et un clergé dans certaines villes. Après, il tient le rôle d’intermédiaire entre les hommes et les dieux et devient le seul à pouvoir assurer la survie de l’Empire. Alors pourquoi ce changement ? Les empereurs du IIIe siècle ont pour problème que le culte impérial n’unit plus les habitant de l’empire en une seule communauté, les gens n’ont plus confiance en la divinisation de la personne impériale et ils se tournent vers d’autres cultes, notamment des cultes issuent de l’Orient comme le christianisme.

Durant tout le IIIe siècle le christianisme prend une place importante en Afrique et en Orient. Mais il a le problème de refuser tout compromis avec le cérémoniel du culte impérial et des autres cultes plus généralement. Pendant le IIIe siècle, les empereurs sont divisés sur l’attitude à avoir avec les chrétiens. Par exemple, en 257 Valérien déclenche une persécution générale qui dure 3 ans. Mais après sa mort, son propre fils l’empereur Gallien met un terme aux édits de son père concernant la persécution des chrétiens et ouvre une période de 40 ans appelée « Petite paix de l’ Église ». Cette tolérance prend fin en 303 avec les actions de Dioclétien.

L’exemple de Saint Sébastien

La persécution de Dioclétien a été la cause de la mort de nombreux chrétien en martyr. Un martyr est une personne qui est morte pour avoir refusé d’abandonner sa foi. Cette persécution a été l’une des plus riches en la production de martyrs qui sont ensuite devenus des saints vénérés par l’Église d’occident pour leur vie de dévotion. Saint Caprais, Sainte Foy ou encore Saint Sébastien sont des exemples encore connus aujourd’hui. Ces martyrs vont, dans les siècles qui suivent la persécution, devenir des moyens de fidéliser les croyants au christianisme, créant un pont entre la religion polytéiste et monotéiste en réincarnant les divinités locales en saints. Sainte Foy en est un exemple, puisque la statuette de son reliquaire a été défini comme ayant des influences antiques. Conçu vers le IX siècle, une date antérieure pour certains morceaux est possible, la statuette est composée d’une base qui rappelle le buste des statues qui vénérait les empereurs romains. L’influence antique est donc présente dans l’utilisation de ces martyrs comme le démontre Jean Taralon.

Un exemple plus parlant peut être tiré de la comparaison entre Apollon et Saint Sébastien. Dans cette exemple l’on peut retrouver de nombreuses similitudes dans le rôle du Saint et du dieu grécoromain et dans leur représentation.

Bien que l’utilisation de ces saints comme moyen de transition est antérieure à la persécution, elle commence bien par celle-ci. C’est en s’appuyant sur cette souffrance commune de la chrétienté et l’émergence de figures importantes lors de cette persécution que la croyance chrétienne a pu se renforcer et remplacer un société polythéiste.

Natzweiler – Struthof : Un camp de concentration allemand en Alsace annexée

Entrée de l’ancien camp de concentration Natzweiler-Struthof et le Mémorial aux héros et Martyrs de la Déportation en fond, Photographie personnelle

La création du camp

Dès les années 1920, Hitler a pour projet de construire un empire allemand dont la capitale se prénommerait Germania, nouvelle capitale du monde. Ces futurs chantiers de constructions monumentaux nécessitent des besoins en matériaux. Le granit est très recherché et apprécié par l’Allemagne nazie pour ces travaux de construction. Ainsi, Heinrich Himmler fonde l’entreprise minière Deutsche Erd und Steinwerke GmbH le 29 avril 1938. Cette entreprise est censée acquérir des matériaux de construction. Dans les faits, elle organise surtout le travail forcé. 

Le lieu-dit du Struthof était bien connu par des Strasbourgeois qui avaient l’habitude de venir y faire du ski en hiver ou de s’y promener en été. Dès septembre 1940, un filon de granit rose est repéré par le géologue et colonel SS Blumberg qui décide d’implanter un camp à proximité du lieu-dit du Struthof, sur les hauteurs de la commune de Natzweiler. Le camp est officiellement ouvert le 1er mai 1941. 

Skieurs au Struthof, carte postale, vers 1930, Chemin de Mémoire

Les premiers détenus

Le KL-Natzweiler ouvre officiellement ses portes le 1er mai 1941. Les premiers détenus arrivent entre le 21 et le 23 mai 1941, en provenance du camp de Sachsenhausen en Allemagne. Ce sont des déportés de droit commun, des « asociaux », des déserteurs ou des réfractaires de l’armée allemande la Wehrmacht, essentiellement des Allemands, des Polonais et des Tchèques. Pour rejoindre le camp, les détenus arrivent par la gare de Rothau et marchent environ 7 kilomètres afin de rejoindre le camp. Lors du transport, ils sont entassés dans les wagons des trains, tel du bétail. Dès la descente du train, les déportés sont accueillis par les hurlements, les insultes, les coups des SS et les aboiements de leurs chiens.

52 000 détenus provenant de toute l’Europe

Entre 1941 et 1944, 52 000 détenus se sont succédés dans le camp du Struthof. Ce camp de concentration a accueilli des prisonniers principalement issus de déportations politiques (60%), mais aussi raciales (11%, essentiellement des juifs). Les détenus étaient originaires de toute l’Europe : Pologne, Union Soviétique, Italie, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Allemagne et France.

L’organisation du camp

Le KL-Natzweiler est délimité par une double rangée de barbelés électrifiés (380 volts) et des miradors. Compte tenu de sa localisation sur le versant d’une montagne, le camp est construit avec une forte déclivité. Les premiers détenus sont obligés d’aménager la structure du camp en terrasse, comprenant 17 blocs parfaitement alignés séparés en deux rangées. En 1943, sur la dernière terrasse, un four crématoire est installé. Les deux premières baraques sont la cuisine et le secrétariat des SS, ainsi qu’une infirmerie précaire. Les SS disposaient d’une bibliothèque, d’une salle de cinéma et avaient organisé un orchestre composé de détenus qui jouaient le dimanche devant les SS. Une des dépendances de l’hôtel du Struthof, est aménagée en chambre à gaz en 1943. La carrière est également clôturée et dotée de baraquements, servant d’entrepôt ou d’atelier pour les kommandos de travail.

Maquette du KL-Natzweiler, Musée du Struthof, Photographie personnelle

Les kommandos : l’extermination par le travail

Les détenus sont indispensables aux travaux dans le camp. Il existe plusieurs types de kommandos. Le principal est spécialisé dans la construction, notamment de blocs, de terrasses, de canalisations, et l’installation des barbelés,… Ainsi, un des projets d’aménagement du camp est la Kartoffelkeller, « la cave à pomme de terre ». Il s’agit d’une excavation d’environ 115 m de long creusée à même la roche. Les historiens et les archéologues ne savent pas exactement qu’elle aurait été l’utilité de la cave une fois achevée. Les conditions de vie dans ces chantiers sont très difficiles car les SS et les Kapos, détenus chargés de surveiller d’autres détenus, « font preuve d’un sadisme ciblé » (R. Steegmann). Il existait d’autres kommandos : un pour l’entretien vestimentaire (cordonnerie, couture,…), un autre pour le jardinage afin d’entretenir les espaces verts du camp et les parterres de fleurs, ou bien un autre affecté aux services (secrétariat, coiffure, et cuisine). Peu à peu, l’exploitation du granit diminue au profit de la réparation des moteurs d’avions de la marque Junkers. Les détenus du camp participent ainsi à l’effort de guerre allemand.

Kapo surveillant le travail des détenus dans les carrières de granit rose, dessin de Rudolf Naess, DNA

Le KL-Natzweiler : lieu d’expériences humaines

L’idéologie antisémite nazie portée par Adolf Hitler prône la supériorité de la race dite aryenne. Cette dernière serait une « race pure allemande » primant sur les autres « races ». Des travaux dits scientifiques, menés par des médecins et professeurs allemands, tentent de confirmer cette thèse. Plusieurs expériences sont notamment menées au sein du KL-Natzweiler pour la Reichsuniversität de Strasbourg. 

Reichsuniversität Straßburg : l’Université de Strasbourg sous le IIIe Reich, France Bleu

Novembre 1941, le professeur August Hirt est nommé à la tête de la Reichsuniversität de Strasbourg. Hirt, grand anatomiste, est convaincu par l’idéologie nazie. En 1942, il pratique sur les détenus du camp des expériences avec le gaz ypérite (gaz moutarde). Ces expériences ont pour objectif de servir l’effort de guerre allemand. Dès 1942, Hirt souhaite réunir une collection anatomique de la race dite juive, afin de l’étudier et d’en garder une trace lorsqu’elle sera totalement exterminée. Une chambre à gaz a été aménagée dans l’ancienne salle de bal de l’auberge du Struthof pour ce projet. 57 hommes et 29 femmes ont été sélectionnés à Auschwitz puis transportés jusqu’au KL-Natzweiler. Le 11 août 1943, les 15 premières femmes juives sont gazées sur l’ordre de Josef Kramer. Le 13 août, les 14 autres femmes subissent le même sort. Les 14 et 15 août, les 57 hommes sélectionnés sont à leur tour assassinés.

Otto Bickenbach, virologue, utilise également la chambre à gaz pour faire des expériences avec le gaz phosgène, un gaz de combat. Bickenbach avait pourtant trouvé l’antidote de ce gaz avant la guerre. Il réalise ses expériences sur des tziganes et des déportés de droit commun. Eugen Haagen, bactériologue, réalise des travaux autour du typhus. Entre 1943 et 1944, il réalise deux séries d’expériences lors desquelles il inocule le virus à des sujets, certains vaccinés et d’autres non. Il avait lui-même mis en place ce vaccin dont il était insatisfait. Ces expériences ne sont pas correctement réalisées et les sujets transmettent le typhus à une partie des détenus du camp en 1944.

La vie quotidienne au sein du camp

Le réveil des détenus était fixé à 4 heures, ou 5 heures en hiver. Ils étaient réveillés par des sifflements, des hurlements et des insultes. Ils devaient ensuite faire leurs lits au carré sous peine d’être matraqués. Survenait ensuite le moment de la douche. Dans chaque baraquement, il y avait une vasque ronde où coulait de l’eau glacée. Ceux qui ne se mouillaient pas assez vite pouvaient également recevoir des coups. Les détenus pouvaient ensuite boire une petite portion d’un liquide ressemblant vaguement à du café.

L’appel se faisait à 5h30, ou 6h30 en hiver. Les détenus devaient être bien droits et parfaitement alignés. Tous devaient assister à l’appel, même les plus faibles ou les mourants. Les SS passaient pour compter les morts et les vivants. Souvent, ils faisaient en sorte que les appels durent longtemps, notamment en hiver, afin d’épuiser toujours plus les détenus.

De jour comme de nuit, l’appel. Gravure de Henri Gayot, Chemin de Mémoire

Après l’appel, les détenus étaient répartis dans les kommandos de travail, unité de travail forcé. Certains partent travailler dans la carrière ou dans les chantiers environnants. D’autres travaillent dans les kommandos de service pour accueillir les nouveaux détenus ou préparer le maigre repas des autres détenus.

Le repas du midi était composé d’une soupe claire où flottaient quelques bouts de choux et quelques maigres morceaux de viande. Le repas est servi dans des gamelles sur le camp ou directement sur les chantiers. Ce sont les kapos, qui versent la soupe aux autres détenus.

Vers 18 heures, les détenus sont de retour au camp. Les blessés et les mourants de la journée sont transportés par d’autres détenus jusqu’au camp. S’en suit un nouvel appel. Le repas du soir est constitué d’un morceau de pain, de margarine, parfois de saucisson ou de soupe. Quelques fois, les détenus pouvaient recevoir une cuillère de marmelade. Le dimanche, la soupe contenait un peu plus de viande.

À partir de 20 heures, le silence devait régner sur le camp. Les détenus étaient entassés à 3 ou 4 sur des paillasses. Ils dormaient en quinconce afin d’optimiser la place sur ces lits de fortune. 

Septembre 1944 – avril 1945 : l’évacuation du camp

L’évacuation du camp est précipitée par l’avancée des Alliées. Le 2 septembre 1944, les détenus sont évacués à partir de la gare de Rothau en trois vagues successives. Le 11 novembre, le commandant quitte le camp. Le 22 novembre, c’est la dernière évacuation. Lorsque les soldats américains de la 6ème armée entrent dans le camp le 25 novembre, ils le trouvent totalement vide. Une fois évacué, le camp de Natzweiler continue d’exister et de croître. L’administration est déplacée à Guttenbach en Allemagne dans une petite auberge. Une grande partie des détenus a été déportée dans le camp de Dachau. À partir de fin janvier 1945, l’administration du KL-Natzweiler est itinérante. Le supplice des détenus continue jusqu’à fin avril 1945 avec des évacuations vers d’autres camps toujours plus à l’Est. Ces évacuations donnent lieu à des marches de la mort.

Après l’évacuation du camp par les SS, le camp devient en décembre 1944 un « centre de séjour surveillé » pour les personnes arrêtées et en attente de leur jugement. Puis en janvier 1946, le camp est confié à l’administration pénitentiaire. Des personnes seront emprisonnées dans le camp jusqu’en 1948. 

Le camp du Struthof aujourd’hui : un lieu de mémoire

Dès la fin de la guerre, il y a une volonté de préserver ce camp qui est à la fois un lieu historique et un lieu de mémoire. Il faut parler, transmettre et expliquer aux futures générations, les erreurs du passé afin de ne pas les reproduire. Il est aussi important de parler pour ne pas oublier toutes les innocents qui ont perdu la vie. Ainsi, en janvier 1950, le camp de Natzweiler-Struthof est classé Monument Historique. Plusieurs mémoires s’articulent autour du camp : la mémoire de la résistance et la mémoire des déportés.

Le souvenir de la résistance

Des plaques commémoratives ont été érigées à plusieurs endroits du camp en hommage aux résistants qui ont été tués dans le camp. De plus, on retrouve en bas du camp la croix de Lorraine, symbole de la résistance initiée par le général de Gaulle. 

Le Centre Européen du Résistant déporté y a été inauguré le 3 novembre 2005 par le président Jacques Chirac. Ce lieu a été pensé pour être un lieu de formation, de réflexion et de rencontre. L’exposition permanente s’intitule « S’engager, résister, combattre » ; c’est une introduction à la visite du camp. Il y a également des bornes tactiles, des vidéos, des photos qui présentent et résument l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et de la résistance, notamment pour les groupes scolaires. Pour le bâtiment, l’architecte Pierre-Louis Faloci a utilisé des matériaux sombres, tels que l’aluminium, le bois, le béton brut, l’acier noir et la pierre granitique noire afin de jouer avec les contrastes de lumière et donner une impression d’austérité.

Le Centre Européen du Résistant déporté, Mémorial Struthof

Le souvenir des déportés

Une plaque commémorative a été installée en haut du camp; elle surplombe les terrasses où se trouvaient les baraquements, en hommage à tous les déportés. Il y est inscrit « à la mémoire de tous les déportés étrangers morts ici pour la liberté ». 

Le Mémorial aux héros et Martyrs de la Déportation est pensé comme un « mausolée pour les milliers de corps inconnus » (CERD), qui ont péri et ont été réduits en cendres dans les fours crématoires. Ce mémorial est le dernier lieu de repos pour des milliers de déportés qui ont été privés d’un lieu de sépulture. C’est une tombe symbolique pour tous les déportés d’Europe. Le bâtiment a la forme d’une flamme. 

Le Mémorial aux héros et Martyrs de la Déportation, Photographie personnelle

La Nécropole Nationale a été construite en 1957. Entre 1957 et 1962, 1 118 déportés ont été exhumés des camps nazis, essentiellement en Allemagne. Ils ont ensuite été inhumés au sein de la Nécropole Nationale du Struthof. L’objectif est de leur rendre hommage en leur offrant un dernier lieu de résidence après toutes les souffrances endurées.

La Nécropole Nationale, Photographie personnelle

Comment transmettre les mémoires ?

Afin de transmettre la mémoire à la fois du camp, des déportés et de la région, le Mémorial du Struthof propose de visiter le lieu de l’ancien camp de concentration. Ces visites peuvent être individuelles, collectives ou encore pédagogiques. 

Depuis le 7 juillet 2023, « le chemin des déportés » est créé. Il s’agit d’un sentier de 8 km qui permet de rejoindre la gare de Rothau et le camp du Struthof. Ce sentier à l’initiative du CERD permet de comprendre ce qu’ont vécu les déportés en retraçant leur parcours. C’est également une introduction à la visite du camp. 

Carte Chemin des déportés, Mémorial Struthof

Par ailleurs, les médias et multimédias sont également sollicités afin de remplir ce devoir de mémoire. Une série de podcasts est diffusée depuis 2023. Ces podcasts sont dédiés à l’histoire du camp et ses victimes. Une chaîne YouTube a également été créée afin de diffuser l’histoire du camp. On y trouve notamment des conférences et des témoignages.

De plus, le CERD propose également des dossiers pédagogiques afin d’accompagner les enseignants dans l’étude de l’histoire du camp. 

Le site internet du Struthof est également un outil qui contribue à la diffusion de l’histoire et de la mémoire du camp. Il propose une multitude de renseignements et d’informations qui permettent de sensibiliser tous les publics.

Bibliographie indicative


Paris Léa, Dartigolles Marianne, Leon Rohan, Bessière-Cousinié Juliette

L’entraînement sportif lacédémonien a-t-il pour seul but de former de futurs soldats ?

« L’éducation se prolongeait durant l’âge adulte. On ne laissait à personne la liberté de vivre à son gré ; la cité ressemblait à un camp militaire… »

Plutarque, Vie de Lycurgue* XXIV, 1.

L’éducation spartiate se qualifie par divers aspects mettant en avant la pratique du sport. L’agogé est la formation militaire couplée à un système d’éducation utilisé à Sparte. Elle est conçue afin de préparer et former les jeunes hommes spartiates à devenir des soldats d’élite. De ce fait, ils pourront servir au mieux leur cité. Elle est mentionnée pour la première fois par Xénophon dans son ouvrage Constitution des Lacédémoniens. Cependant, dès le IIème siècle av. J-C, les sources concernant l’éducation spartiate abondent. Notamment, grâce à l’auteur et philosophe grec Plutarque et ses biographies, Vies Parallèles, nous avons un témoignage de l’impact du sport à Sparte. Le biographe dédia entre autres une de ses œuvres au législateur mythique de la grande RhêtraLycurgue*De ce fait, dès l’ère de Lycurgue, les jeunes spartiates s’adonnent à une éducation basée sur les faits d’armes et de défense de la cité. L’éducation homérique des siècles précédents ne conserve que peu d’influence. On y constate la conservation de l’athlétisme ou des sports hippiques qui apportent une grande notoriété à la cité lors des Jeux Olympiques. Outre les jeux, des concours de danses sont organisés par la cité comme les Gymnopédies en été. Celles-ci marquent le passage de l’enfance à l’adolescence, debout nus et en plein soleil, le chant accompagnant la danse. L’agogé tire donc ces prémices des réformes de Lycurgue* mais ne se voit mise en place qu’au milieu du VIème siècle av. J-C. Une sélection de la génétique des futurs spartiates est appliquée par les Lacédémoniens dès leur naissance. L’eugeneia signifie “la belle naissance” selon Francis Galton, un anthropologue et géographe anglais. L’eugénisme peut donc s’appliquer avant la naissance avec la sélection des parents mais aussi après la naissance. En effet, une sélection s’effectue avant même la conception de l’enfant par le choix des parents. Dans un premier temps, les deux parents se doivent d’être spartiates de naissance, Selon Plutarque, une examination du nouveau-né par les anciens de la tribu afin de déterminer s’ils sont robustes ou non. La formation commence dès l’âge de 7 ans et dure jusqu’à la fin de l’éducation collective à 20 ans. Ainsi, les soldats spartiates sont, de par leur entraînement, considérés comme les plus redoutables de Grèce classique.


La pratique sportive spartiate

Cléophradès, Amphore panathénaïque à figure noire d’une course à pied de spartiates, 500 av. J.-C, Musée du Louvre.

L’éducation sportive constitue un rouage essentiel au sein de la cité de Sparte.  En effet, l’éducation du spartiate, par le biais de l’agogé, est  nécessaire dans le cadre de la préparation des guerres récurrentes entre les cités durant la  période archaïque (800-480 av. J.-C.) et classique (480-323 av. J.-C.). Le sport servait notamment à exprimer leur rivalité et leur supériorité renvoyant à l’agon, désignant toute forme de compétition. Ce sentiment transparaît principalement dans la participation des spartiates aux compétitions sportives panhelléniques* comme les jeux olympiques ou pythiques. Sparte est par ailleurs connue pour sa réputation, dont les nombreux vainqueurs de ces jeux sont connus pour être en majorité des spartiates. Par exemple, lors de la 15ème édition des Jeux à Olympie, 46 vainqueurs sur 81 actuellement connus viennent de Sparte. 

Pour améliorer leurs conditions physiques, les hommes disposent de plusieurs espaces de pratique sportive. Le palestre, principal lieu d’entraînement dirigé par le pédotribe, était un terrain ouvert, carré entouré de  de portiques destinés principalement à la formation des jeunes garçons entre douze et seize ans. On y pratiquait la lutte, le lancer de javelot et de disque ou encore le saut  et le pugilat tandis que les jeunes filles y pratiquaient la gymnastique. Après 16 ans, les éphèbes et  les adultes poursuivent leur entraînement dans des gymnases. La pratique du sport est également indissociable des objectifs de perfectionnement moral dans l’éducation du spartiate comme en témoigne la description du sport établie par Plutarque dans ses Vies Parallèles :

« Apprendre à bien obéir, à supporter patiemment la fatigue et à vaincre au combat »

Plutarque, Vie de Lycurgue, XVI, 10.

Ces derniers se distinguent par l’honneur et la vertu, la modération regroupant le contrôle des émotions et la discipline ainsi que la loyauté et l’esprit de compétition. L’objectif était de former des individus complets, capables d’incarner la perfection à la fois physique, mentale et morale.

Kylix à figures rouges représentant des hommes (éraste) courtisant des jeunes (éromène), Douris, v. 480 avant notre ère, Musée Métropolitain d’Art.

C’est donc dans cet objectif que les pratiques pédérastiques* étaient répandues dans la cité. Il s’agissait d’un rite de passage de l’éducation permettant aux jeunes hommes d’être mentorés par un homme plus âgé qui lui enseignait les vertus physiques et morales pour devenir un bon spartiate.  C’est pourquoi le principe du  « kalos kagathos » : l’Homme bon et beau, était largement répandu à travers toute la Grèce, et les spartiates s’efforçaient de s’y conformer.

Deux domaines sociétaux liés au sport : la formation à la guerre et la religion

L’agogé semble être mise en place vers 550 av. J-C après la réforme de Lycurgue. Selon Xénophon, dans “Constitution des Lacédémoniens”, elle sera organisée, collective et obligatoire pour toutes et tous. Ce sont les homoioi (citoyens) spartiates qui constituent le corps de citoyens-soldats de l’État. L’éducation spartiate vise à former des citoyens-soldats robustes et disciplinés, prêts à défendre la cité. Très tôt, ils sont dressés à obéir et accoutumés à la douleur. Les activités sportives, telles que la course, la lutte et le lancer de disque, étaient conçues pour développer la force, l’endurance et l’agilité nécessaires sur le champ de bataille. Par la suite, ils vivent avec leur mère jusqu’à leur sept ans où les jeunes enfants sont retirés de leur famille. Les enfants de 7 à 12 ans sont élevés par le paidonomos qui est spécifiquement chargé de les éduquer. Ils vivent tous ensemble sous le contrôle de la cité. Bien qu’ils y apprennent à lire et à chanter, la pratique sportive occupe la majorité de leur temps. Entre l’athlétisme, la survie en pleine nature et le maniement des armes, l’agogé les forment à devenir les meilleurs soldats. La discipline et la rigueur sont les maîtres mots de l’éducation spartiate. Une fois l’âge de vingt ans atteint, ils renforcent les rangs de l’armée lacédémonienne. À Sparte, les citoyens masculins n’ont qu’un seul métier, celui de soldat. 

L’anthropomorphisme à Sparte est similaire à celui des autres cités grecques. Cependant, chaque divinité n’a pas la même représentation. En effet, Athéna est la divinité poliade d’Athènes mais également de Sparte ce qui nous amène à comprendre que les deux cités n’en n’ont pas la même vision. De ce fait, des fêtes religieuses sont organisées en l’honneur des dieux partout sur le territoire. Lors de ces fêtes, de nombreuses festivités s’y déroulent comme les danses.

Danseurs pendant le Karneia, détail d’une céramique, Royal Ontario Museum, Toronto, Canada

À Sparte, l’une des fêtes les plus importantes est celle du dieu Apollon avec les Karneia. Cette fête est associée au début de l’hiver soit la période de Dionysos et marque donc la fin de l’été soit la période d’Apollon. Durant neuf jours, les festivités au sein de la cité battent leur plein. Une course est organisée  :  les Staphylodromes (σταφυλοδρόμοι). Celle-ci  consiste en une course poursuite entre un porteur de bandelettes et des porteurs de grappes de raisin. Le vainqueur a donc l’honneur de prononcer les vœux de bénédictions de la cité. La danse s’illustre accompagnée de musique et de théâtre lors de la fête. Celle-ci est pratiquée par des hommes et des femmes, ce qui explique la pensée de Platon sur la formation totale du citoyen : « Ceux qui honorent le plus bellement les dieux par la danse sont aussi les meilleurs au combat » (Platon, Lois, VII, 796). Cela nous amène donc à penser que les spartiates y voyaient potentiellement cet intérêt. 

« Leur étude des lettres se limitait au strict nécessaire ; pour le reste, toute leur éducation visait à leur apprendre à bien obéir, à bien supporter la fatigue et à vaincre au combat. »

Plutarque, Vie de Lycurgue, XVI,10.

Une gynécocratie modéré ?

Figure féminine courant à Sparte. Bronze, style péloponnésien, deuxième quart du Ve siècle av J.-C, musée du Louvre.

Dans la plupart des cités, comme à Athènes, la femme est maintenue toute sa vie à l’écart de la sphère publique et reste proscrite à l’oikosA Sparte, l’éducation des jeunes filles est  similaire à celle des garçons. Dès l’âge de 7 ans, elles sont envoyées au gymnase et leur entraînement athlétique soutenu dure 11 ans.  Elles vont pratiquer la course, la lutte, le lancer du disque et le javelot…  Néanmoins, toute cette préparation physique n’a pas pour but que les filles s’engagent dans les conflits armés. Selon Lycurgue, une progéniture robuste et en bonne santé ne peut en réalité provenir que de parents solides et athlétiques. Ainsi, il est donc primordial d’entraîner les jeunes filles pour les rendre résistantes à l’enfantement et avoir des enfants robustes.  

C’est en général à l’âge de 18 ans que les filles se marient et vont pouvoir accomplir leur devoir de mère de famille. 

Au contraire des hommes préparés à un avenir guerrier, les femmes occupent un rôle dans la sphère privée, au sein de l’oikos en s’occupant de diverses tâches domestiques comme de la logistique, l’agriculture ou encore les tâches alimentaires mais elles veillent également au début de l’éducation des enfants.  

Les  femmes spartiates sont souvent la cible de moqueries par des auteurs athéniens notamment durant la guerre du Péloponnèse où Sparte et Athènes sont rivales. En effet, les différences sociales et culturelles entre les cités vont être à l’origine de ces critiques. C’est notamment le cas dans la tragédie Andromaque d’Euripide où selon la mythologie grecque, Pélée qui affronte Ménélas lors d’un combat en 425, s’en prend à Hélène et plus généralement à l’éducation des jeunes filles, en affirmant ceci : 

« Aucune fille de Sparte ne saurait être vertueuse ! Elles désertent leurs maisons et, les cuisses dénudées et le vêtement relâché, partagent avec les garçons les mêmes pistes de course et les mêmes palestres. »

Euripide, Andromaque.

Pour lui, toutes les femmes spartiates sont licencieuses en raison de leur pratique sportive. En effet, la femme qui dévoile son corps, est  souvent méprisé à Athènes. Finalement, Euripide et les auteurs athéniens, par le biais de ces moqueries, veulent avant tout mettre en valeur les coutumes de leur cité au détriment des mœurs de Sparte. Qualifié parfois de gynécocratie*, ce terme est toutefois à remettre en question puisque ce sont bel et bien les hommes qui contrôlent et décident de la vie intérieure de Sparte malgré que l’influence des femmes dans la vie politique et sociale de la cité soit encore aujourd’hui sujets à débat. 


L’éducation sportive spartiate tend vers une élite militaire au sein de la Grèce. Cependant, cet aspect guerrier n’est pas le seul objectif qui amène la cité à pratiquer le sport. Les hommes et les femmes sont entraînés ensemble dès leur plus jeune âge à des finalités distinctes. Les garçons ont pour vocation de devenir de robustes guerriers. Les femmes, quant à elles, doivent devenir fortes afin d’enfanter de futurs guerriers. La similitude de la pratique sportive dure jusqu’à l’adolescence. Les garçons se tournent par la suite vers une pratique sportive centrée sur le militaire alors que les filles continueront à la pratiquer pour des concours ou des fêtes religieuses. Les filles deviennent par la suite des femmes qui se doivent d’engendrer les futurs défenseurs de la cité de Sparte. La place qu’elles occupent les amènent à être dévalorisées par les autres cités du monde grec quant à leur importance et leur rôle pour Lacédémone. Le sport à Sparte permet donc de former des soldats d’élites tout en solidifiant le devoir des femmes de le pratiquer. S’y ajoute le culte du corps ainsi qu’une pratique liée à la religion au sein de la société lacédémonienne. Cela consolide le sport comme élément clé de la cité spartiate. 


Notes* :

  1. Lycurgue : Né vers le début du VIIIe siècle, Lycurgue est un législateur de la cité de Sparte à l’origine de la Grande Rhêtra, la constitution fondatrice de la société spartiate. Ses réformes abordent  la redistribution des terres, l’éducation militaire des jeunes Spartiates et la création d’une assemblée d’hommes anciens appelée Gerousia. Cependant, les historiens débattent encore aujourd’hui quant à son existence, le considérant parfois comme un mythe. 
  2. Les compétitions sportives panhelléniques sont des fêtes à caractère religieux  qui réunissent des athlètes de toute la Grèce antique dans des épreuves sportives et artistiques. Les principaux Jeux Panhelléniques comprenaient les Jeux Olympiques Anciens à Olympie, les Jeux Pythiques à Delphes, les Jeux Néméens à Némée et les Jeux Isthmiques à l’isthme de Corinthe. Ces jeux étaient organisés en l’honneur de différentes divinités grecques telles qu’Apollon ou Zeus et étaient des événements majeurs dans la vie sociale et culturelle de la Grèce antique.
  3. Pédérastie : Pratique sociale impliquant une relation d’amour ou de désir entre un homme plus âgé, appelé l’éraste, et un adolescent ou un jeune homme, appelé l’éromène. Cette relation n’était pas seulement de nature sexuelle, mais inclut souvent des éléments d’éducation et de mentorat, où l’éraste agissait comme un guide pour le jeune homme dans différents aspects de la vie, y compris l’éducation, la formation militaire et la culture. 
  4. Gynécocratie : La gynécocratie est un système politique ou social dans lequel les femmes occupent une position dominante ou exercent un pouvoir prépondérant. À Sparte, les femmes bénéficiaient d’une relative autonomie et d’une liberté plus grande. De plus, en raison des absences fréquentes des hommes pour les campagnes militaires, les femmes pouvaient jouer un rôle plus actif dans la gestion des biens familiaux et dans la prise de décisions domestiques participant à cette théorie  d’une gynécocratie à Sparte.

Étudiants :

  • L2 : Mathis Charrié – Talia Kosmidrowicz
  • L1 : Tao Dando – Arthur Magnaval

Robespierre : entre mythe et réalité [2023]

Maximilien de Robespierre est né le 6 mai 1758 à Arras et est mort guillotiné à Paris le 28 Juillet 1794. Il est l’une des principales figures des nombreux bouleversements politiques et institutionnels que connaît la France lors de la révolution de 1789. 

Ce personnage est une figure clivante et qui à de nombreuses reprises fut instrumentalisée à des fins politiques et idéologiques si bien que l’historien Marc Bloch, lui même, à la page 124 de sa thèse Apologie pour l’histoire ou métier d’historien demander : “Robespierristes, anti-robespierristes, nous vous crions grâce : par pitié, dites nous simplement, quel fut Robespierre”.  

Entre mythes et réalité nous tenterons ainsi dans cet article de comprendre : Comment la figure de Robespierre a-t-elle évolué de son vivant à nos jours ?

Musée Carnavalet, Portrait de Maximilien de Robespierre (1758-1794), homme politique, Auteur anonyme, portrait, 1790

I) La Carrière de Robespierre avant la révolution Française

A) Un avocat du peuple

Enfant étant issu d’une famille bourgeoise, Robespierre est admis au prestigieux Collège Louis-le-Grand de Paris. Par la suite, il se lance dans des études de droit et devient à seulement 22 ans, avocat dans le comté de l’Artois. Le futur révolutionnaire est très impliqué dans la vie de la province et s’aide du réseau très étendu de sa famille pour acquérir de la notoriété. Le 9 mars 1782 il obtient le poste d’homme de fief gradué, lui permettant d’avoir la capacité de juger les affaires en matière criminelle et civile pour la cité d’Arras. En tant qu’avocat, il est très apprécié par ses pairs ainsi que par le second président du Conseil. En tout, il plaidera entre 12 et 24 affaires devant le Conseil d’Artois, intervenant dans une vingtaine d’audiences par an entre 1782 et 1789. 

Robespierre devient célèbre avec l’affaire du “Paratonnerre de Saint-Omer”, dans laquelle il défend Vissery de Bois- Valé, un scientifique accusé par les habitants de Saint-Omer d’attirer la foudre avec son paratonnerre et de mettre en danger la vie des riverains. Il parvient grâce à ses talents d’orateur à ridiculiser des juges audomarois quant à leur ignorance des aspects scientifiques que représente le paratonnerre. 

C’est alors que la presse nationale et internationale se passionne pour cette affaire et met en avant Robespierre comme nous l’indique un article du journal  Le Mercure de France du 21 juin 1783  dans lequel il sera notamment écrit : “ M. de Robespierre, jeune avocat d’un mérite rare, a déployé dans cette affaire, qui était la cause des sciences et des arts, une éloquence et une sagacité qui donnent la plus haute idée de ses connaissances.”

B) Les concours les littéraires: un poids important pour l’avenir 

Outre son activité d’avocat, Robespierre se consacre à la littérature. Cette activité est monnaie courante chez les élites. Il participe à plusieurs concours comme celui de 1784 réalisé par l’académie de Metz dans lequel il envoie ses écrits intitulé Éloge de Gresset. Dans ces derniers il critique le luxe et l’irréligions des thématiques qui annoncent les prises de positions qu’il défendra lors de la Révolution et qui seront partagées avec d’autres futurs révolutionnaires tel que Danton. Il est cependant à noter qu’il critiquait la religion catholique et souhaitait la réformer. 

Il défend plusieurs causes comme la protection de la société avec une volonté d’avoir une justice plus égalitaire pour le peuple, des droits égaux pour tous les enfants (légitime/illégitime) qui seront entre autres accordés par le code civil en 1794. Autant d’idées et d’écrits qui se traduiront dans ses combats politiques. 

Robespierre, Éloge de Gresset, Paris, 1785

II) Rôle de Robespierre dans la révolution Française

A) Construction de son image politique  

La carrière politique de Robespierre commence en 1789 avec la convocation des états généraux par le roi Louis XVI. Robespierre occupe alors la fonction de député représentant le tiers état du Comté de l’Artois. Malgré des débuts discrets, ce dernier en profite pour se constituer un réseau politique. Suite au serment du jeu de paume du 17 et 20 juin, Robespierre entre activement dans la vie politique en s’affirmant en tant que défenseur du peuple comme on a pu le voir précédemment lors de ses écrits ou de ses plaidoiries. Par ailleurs, le 21 octobre 1789, Il prend position contre la loi martiale la jugeant dangereuse.

Musée Carnavalet, Le Serment du Jeu de paume, le 20 juin 1789, Jacques-Louis David, huile sur toile, Paris

Par la suite, en 1789, Robespierre devient député de l’assemblée constituante. Il ne fait cependant pas l’unanimité puisqu’il est souvent caricaturé à cause de sa faible voix et de ses longs discours. 

B) Implication dans la terreur

Lors de la fuite du roi et sa famille à Varenne en 1791, la position politique de Robespierre change. Lui qui avait tenu le rôle de défenseur du peuple passe à celui de dénonciateur de complot en accusant entre autres les membres du gouvernement de vouloir rétablir l’absolutisme monarchique. A la chute de la monarchie, il est élu à la convention, ses discours deviennent de plus en plus virulents à l’encontre des contre-révolutionnaires comme, par exemple,  les royalistes vendéens qui souhaitent le retour du roi. Il va avec l’aide du député Saint-Just lentement glisser dans ce qui le rendra célèbre : la terreur, un régime qui va durer 12 mois. 

A la tête du comité de salut public le 27 juillet, il met en place un comité de surveillance pour contrôler et espionner les opposants politiques.Il met également en place une loi permettant l’arrestation des potentiels opposants à la république. Cette politique déclenche une vague de dénonciations et d’exécutions. On estime entre 35 000 à 40 000 victimes. De plus, Robespierre, président de la convention nationale la 4 juin 1794, décide également d’éliminer ses opposants politiques au sein des Montagnards.« Les indulgents » comme Danton et Desmoulins ainsi que les  « les hébertistes » et « les enragés » sont tour à tour arrêtés puis exécutés. La peur d’être tués est de plus en plus présente dans la tête des membres de la convention nationale  qui vont alors conspirer contre Robespierre et ses alliés. En quelques jours, ils obtiennent sa condamnation. Robespierre est guillotiné le 28 juillet 1794 à l’âge de 36 ans avec ses alliés politiques Couthon et Saint-Just.

Bibliothèque Nationale de France, Exécution de Robespierre et de ses complices conspirateurs contre la Liberté et l’Égalité, graveur anonyme, Gravure, Paris, 1794

III) La mémoire de Robespierre post-révolution française

A) La construction et la diffusion de l’image d’un tyran 

L’implication de Robespierre dans la terreur va amener ses opposants politiques (thermidoriens, dantonistes, hébertistes, girondin etc..) à façonner son image de tyran encore présente dans la mémoire collective de nos jours.

Ainsi à sa mort en 1794, des députés tels que Barras, Fouché et Tallien pour faire oublier leurs propres exactions lors de cette période vont conspuer Robespierre, l’accablant alors de tous les maux de la France. En outre les journalistes et écrivains à la même époque se spécialisent parfois dans la dénonciation de Robespierre comme, Jean Joseph Dussault qui dans son pamphlet : « Portraits exécrables du traître Robespierre et ses complices tenus par la Furie, avec leurs crimes et forfaits que l’on découvre tous les jours » publiée en 1794 décrit un tyran assoiffé de sang, un scélérat ou encore un Cromwell moderne.

Jean Joseph Dussault, Portraits exécrables du traître Robespierre, Paris, 1794

Au XIXème siècle, la France connaît une longue période d’instabilité politique. Les royalistes et les républicains vont à tour de rôle utiliser la figure de Robespierre dans diverses œuvres pour attester ou non de la légitimité de leur système politique. Nous pouvons notamment citer des pièces de théâtre comme « Robespierre ou les drames de la Révolution » de Louis Combet, écrits en 1879 ou des œuvres littéraires tel que « Louis XVI et la révolution, le drame de 93 » d’Alexandre Dumas. 

B) Vers une réhabilitation de l’image de Robespierre ? 

Dénigrer Robespierre a été en somme une manœuvre politique qui va finalement avoir un impact fort jusqu’à nos jours. Il est cependant à noter que des personnalités politiques comme, le socialiste, Jean Jaurès vont tenter de réhabiliter la mémoire du révolutionnaire. Dans son ouvrage « Histoire Socialiste De La Révolution Française » Jean Jaurès dit aux pages 64-65 : 

« Ce qui fait la grandeur impérissable de Robespierre, c’est qu’en même temps qu’il avait des vues très vastes, il a eu une attention prodigieuse à tout le détail de l’action publique, aux plus menus ressorts des partis, au moindre tressaillement de la foule ; il surveillait, pour gouverner vers le but, vers l’étoile, tous les accidents de la route, toutes les nuances changeantes de la mer orageuse et trouble. Son effort de détail, quand on le suit dans la minutie des heures, est incomparable, et il avait dans l’esprit infiniment plus de réalité que son critique Taine, qui l’a dénoncé puérilement comme un ignorant et comme un idéologue, et qui croyait savoir beaucoup de faits parce qu’il avait pris beaucoup de notes ».

Dans cette citation l’auteur décrit Robespierre presque comme un visionnaire incompris. Un homme dont le seul objectif était de guider et d’amener la France et les français vers “le but, l’étoile”. De plus, nous comprenons dans cet extrait que le révolutionnaire à dû faire face à des trahisons d’autres révolutionnaires. Il est cependant à noter que Robespierre lui-même à trahi certains de ses anciens compagnons révolutionnaires comme Danton qu’il fera envoyer à la guillotine. 

L’image de Robespierre sera également récupérée à l’étranger, en particulier dans des pays communistes comme en URSS, Yougoslavie ou encore à Cuba, faisant de lui la figure révolutionnaire par excellence. 

Le Monument Robespierre dévoilé le 3 novembre 1918 en ex-URSS,  Statue de Béatrice Yuryevna Sandomierz

Nous l’avons donc vu ici Robespierre de sa mort à nos jours est une personnalité politique clivante qui est rarement racontée avec nuance et retenue. D’une part il est soit monstre assoiffé de sang et de l’autre un révolutionnaire socialiste qui se bat pour le peuple comme nous laisse à penser Jean Jaurès. 

Pour conclure, Robespierre est une personnalité politique qui a été instrumentalisée à des fins politiques et idéologiques. D’avocat proche du peuple, il est devenu au fil des siècles et des caricatures un révolutionnaire assoiffé de sang et de pouvoir. L’historien spécialiste de la révolution française, Jean-Clément Martin nous explique notamment dans son livre “Robespierre : la fabrication d’un monstre” que ce dernier à surtout servi de bouc émissaire pour expliquer la période trouble de la terreur. 

Empúries, une cité antique au croisement des peuples de la Méditerranée

Image aérienne de la ville grecque d’Empúries et de la Paléopolis, actuel Sant Martí d’Empúries

Empúries est une cité antique, qui se situe en Espagne, et plus précisément en Catalogne. Situé sur les côtes de la Méditerranée, son essor est dû au commerce. Il s’agit de plus d’un des seuls sites archéologiques de la Péninsule ibérique dit comme pluriculturel. En effet, on trouve au même endroit des vestiges de populations distinctes comme celle des indigènes, des grecs et des romains, avec des créations locales dérivées de ces populations, mais aussi provenant de toute la Méditerranée liée à l’activité commerciale de la cité. D’ailleurs, son nom Emporion, pour les Grecs, désigne étymologiquement les comptoirs de commerce grec fondés sur des territoires étrangers.

De nos jours, le site archéologique se visite. On y retrouve d’ailleurs un musée qui répertorie différents objets trouvés grâce aux fouilles. 

: « Les fouilles d’Empúries commencent en 1908 et ne sont toujours pas achevées. Seulement 25% de la surface du site a été découverte ! »

 Comment la cité d’Empúries a-t-elle évolué dans le temps ?

Tout d’abord, l’arrivé des grecs …

La cité grecque a été fondée par des colons grecs de la ville de Phocée, qui après avoir érigé Massalia (aujourd’hui Marseille) en -600 avant notre ère, ont ensuite construit un comptoir de commerce en Péninsule Ibérique. La date de fondation de la ville reste incertaine, mais on suppose que cela se déroule à la fin du VIe siècle avant notre ère.

La cité grecque a été fondée par des colons grecs de la ville de Phocée, qui après avoir érigé Massalia (aujourd’hui Marseille) en -600 avant notre ère, ont ensuite construit un comptoir de commerce en Péninsule Ibérique. La date de fondation de la ville reste incertaine, mais on suppose que cela se déroule à la fin du VIe siècle avant notre ère.

Les grecs fondent dans un premier temps un noyau urbain, ainsi qu’un port sur un ancien habitat indigène. Ce premier noyau urbain est appelé la Paléopolis, et a aujourd’hui complètement disparu, car plusieurs habitations se sont installées sur le site rendant les fouilles impossibles.
Ils créent ensuite un siècle plus tard un deuxième noyau urbain plus concret, appelé la Néopolis (ce qui signifie nouvelle cité). Cet agrandissement est dû à l’augmentation de la population au moment de l’agrandissement des centres coloniaux phocéens, mais également à l’essor du commerce entre les principales cités méditerranéennes qui se déroule pendant la dernière partie du VIe siècle avant notre ère. Cette nouvelle cité a pu être conservée. On y retrouve des bâtiments emblématiques des cités grecs, comme un temple attribué au dieu de la médecine Asclépios ainsi qu’une place centrale (l’agora). 

: « Le visiteur peut profiter de la partie grecque du site archéologique :
– Des temples, dont un est dédié à Asclépios, dieu de la médecine, dont on aperçoit la statue sur les vestiges.
– Des restes d’habitations ou de commerce avec des mosaïques. 
– Des vestiges d’infrastructures, telles que des citernes et des systèmes de filtration de l’eau.
– Des lieux publics comme l’agora. »

… suivit de celle des romains quatre siècles plus tard…

Les romains ont comme projet d’envahir et de conquérir la Péninsule Ibérique. Ils viennent pour la première fois à Empúries en 218 av J-C, ils arrivent principalement à cause de la seconde guerre punique qui oppose Rome à Carthage. Au début, les romains ne fondent pas de colonies et se servent des fondations déjà existantes sur le territoire. Cependant en 195 av J-C les Romains viennent à Empúries une seconde fois, et installent un camp militaire pour lutter contre les révoltes indigènes.

Inscription romaine en bronze dédiée à un personnage illustre de la ville. Musée d’Archéologie de Catalogne, Empúries.
Inscription romaine en bronze dédiée à un personnage illustre de la ville. Musée d’Archéologie de Catalogne, Empúries.

Dès 195 av J-C, une cohabitation est créée entre les différentes cultures présentes à Empúries. Les romains au cours du IIe siècle av J-C commencent à construire une ville basée sur un plan rectiligne romains que l’on appelle un cadastre et qui permet de découper la ville en parcelles égales. Il est occupé par des bâtiments indigènes qui possèdent des techniques romaines. Mais au Ier siècle, ces bâtiments disparaissent pour être remplacés par des villae (le maisons typiquement romaines). C’est au cours de cette période, entre le IIe et le 1er siècle, que les populations indigènes qui vivent sur place ont été romanisées. Et c’est ainsi que la culture romaine va prendre le pas sur l’indigène qui elle va tendre à disparaître. 
De cette ville romaine, les fouilles archéologiques ont à ce jour découvert un forum, des thermes et  des maisons romaines.

: « Le visiteur peut également profiter des vestiges de la ville romaine:
– Les restes de villas et des mosaïques presque intactes pour certaines.
– Les vestiges des thermes, de la muraille. 
– Le forum, dont une partie est reconstituée. »

… ce qui crée une cohabitation entre ces peuples

Exemple de différents objets provenant du commerce méditerranéen. (photo personnelle)

La cité d’Empúries présente la caractéristique d’être une cité multiculturelle, car elle témoigne d’un brassage de population, qui rend ce site unique sur toute la péninsule ibérique. Elle nous offre une vision de la cohabitation entre trois populations différentes, à savoir des indigènes, des grecs et des romains.
Pour ce qui est des indigènes, le site ne possède que très peu de vestiges, alors qu’en revanche pour les grecs et les romains, ils sont beaucoup plus présents, ce qui nous permet de témoigner de ce mélange, mais aussi de voir que ces deux cités n’ont pas toujours étaient unies, et que leur rassemblement c’est effectué que bien plus tard.
On peut retrouver des traces de ce rassemblement au niveau politique, avec l’abandon progressif de l’agora grecque vers un forum romain commun, mais aussi à travers la muraille qui les entourent, et qui autrefois servait à les délimiter.
Une trace importante et certainement la plus représentative de cette cohabitation se produit sous le règne de l’empereur Auguste (1er siècle avant J.C. – début 1er siècle après J.C.), ou la cité prend le nom unique de « Municipium Emporiae ». La monnaie à même été adaptée dès la création de cette union « Municipium romain », pour être la même pour tous, et faciliter les échanges sur le port.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est OLe-vraiiii-rotated.jpg.
Reconstitution de la statut de Sarapis, exposé devant son temple. (Photo personnelle).

Un autre élément très présent sur ce port et qui témoigne le plus de cette présence de différentes cultures reste la religion. On retrouve pour les grecs, plusieurs sanctuaires avec des salles de cultes accompagnés de kernoi , ainsi qu’un temple qui se trouve dans la Neapolis, près de la porte d’entrée de la cité, et qui était destiné à Asclépios . On retrouve d’ailleurs une statue à son effigie, qui le représente avec ses attributs à savoir la barbe, son manteau et les restes d’un serpent.
Pour ce qui est des romains, on peut voir des autels d’offrandes situées dans des restes de maisons romaines, ou encore des mosaïques, dont celle du sacrifice d’Iphigénie qui représente une scène de la mythologie grecque, ce qui montre l’importance de l’hellénisation chez les aristocrate romains.
Une dernière caractéristique propre à ce site, est qu’il possède un temple égyptien découvert au début du XXe s, près de celui de Sarapis , dédié à des divinités gréco-égyptiennes ( ou autrement dit divinités isiaque ,qui appartiennent à Isis). Ce temple aurait été construit sur l’initiative d’un riche marchand égyptien nommé « Noumas », que nous connaissons grâce à une inscription bilingue que l’on retrouve sur le site, écrite en grec et en latin, ce qui encore une fois démontré la cohabitation entre les grecs et les romains qui ne partageaient pas la même langue. 

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La ville connaît son apogée entre le Ier siècle et le IIeme siècle de notre ère avant  de décliner. On peut expliquer ce déclin par l’arrivée de nouvelles puissances commerciales aux alentours d’Empúries comme Tarragone et Barcelone. 
La ville d’Empúries est ainsi un exemple de cohabitation entre différentes civilisations de l’Antiquité. La ville permet de mettre en lumière les connexions entre les peuples autour de la Méditerranée et l’importance du commerce dans l’essor des villes côtières.

: « On retrouve des tombes wisigoths sur le site, un des seuls vestiges qu’il reste de leur passage. »

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Lien vers la bibliographie :
http://blogs.univ-jfc.fr/vphn/2023/04/13/bibliographie-empuries/

Lajoinie Lina, Nonorgues Sarah, Terral Emilie, Salvat Elisa, Leblanc Eurydice