L’abbaye Saint-Pierre de Moissac

Source : Dominique Viet, Office de Tourisme Tarn-et-Garonne.

L’abbaye Saint-Pierre se situe à Moissac dans le Tarn-et-Garonne. À la fin du VIIIe siècle, des moines bénédictins se sont installés dans le Quercy où l’abbaye fut construite. Ce monastère bénédictin abrita au cours du Moyen-Âge une des plus grandes communautés religieuses du monde occidental chrétien. Durant cette même période, l’abbaye connut un important rayonnement culturel, politique et économique. Son apogée se fit au XIIe siècle. Le monument est placé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

L’histoire de l’abbaye

Les études d’Ernest Rupin  ou encore celles d’Adrien Lagrèze Fossat, situent l’origine de l’abbaye Saint-Pierre au VIIe siècle au temps de l’évêque de Cahors Saint Didier. En 814, Louis le Pieux accorde à l’abbaye un privilège : l’immunité (droit par lequel les clercs et les religieux étaient dispensés de certaines obligations jugées incompatibles avec leur état, comme le service militaire). Tout d’abord, il faut savoir que l’endroit n’est pas désert lorsque le nouvel établissement religieux est édifié car il y avait la présence d’un hypocauste gallo romain. A la suite de la disparition de l’empire carolingien, les prérogatives de l’autorité royale sur le monastère reviennent au comte de Toulouse qui assure  la protection de l’abbaye. Cependant, lorsque le comte de Toulouse Guillaume III a besoin d’argent, il décide de vendre sa charge d’abbé à Gausbert de Gourdon en 1037. Durant l’abbatiat de Gausbert de Gourdon aucuns travaux ne sont réalisés. Ainsi, l’abbaye est presque en ruine. La reconstruction de l’église est entreprise au milieu du XIIe siècle durant le long abbatiat d’Ansquitil (1085-1115) qui correspond à l’apogée de la puissance et du rayonnement de l’abbaye.

                Source : Photo et plan de l’abbaye Saint-Pierre de Jean-François Peiré, La ville de Moissac Tarn et Garonne.

Le rattachement à Cluny

Selon la chronique d’Aymeric de Peyrac, Moissac entre dans l’ordre de Cluny en 1047. Cependant, des historiens comme Jules Marion prétendent que Moissac n’a reçu Cluny qu’en 1052-1053. Comment à été réalisée la remise de Moissac à Cluny ? Plusieurs conditions étaient nécessaires : après la mort de l’abbé Etienne, en 1045, Odilon désigne un nouveau titulaire, l’abbé Durand de Bredons qui commence à restaurer la vie monastique. Le comte de Toulouse et l’abbé séculier donnent leur consentement. Puis il y a une approbation apostolique : elle paraît en 1058 lorsque Etienne IX confirme l’ensemble des biens de Cluny en incluant Moissac. En  1466, l’abbaye obtient la séparation avec l’ordre de Cluny.

Source : Reconstitution de la façade de l’abbaye de Cluny III, OpenEdition Journals. 

L’environnement architectural de l’abbaye

Le cloître de l’abbaye est perçu comme l’un des plus grands projets architecturaux, en particulier grâce aux nombres de chapiteaux et de piliers. De plus, les archéologues et historiens ont pu découvrir que ce sont des sculpteurs et des architectes occitans qui ont conçu le cloître puisque ce sont les mêmes qui sont intervenus auparavant sur le chantier de la basilique Saint-Sernin de Toulouse.

Les chapiteaux 

Les chapiteaux représentent notamment des scènes bibliques, des vies de saints ou encore des sujets contemporains du XIIe siècle comme les Croisés devant Jérusalem notamment. Ces représentations sont d’aspect diverses puisque l’on retrouve parfois des motifs dits « islamisants ». De même, l’ordonnancement des chapiteaux reste un mystère pour les historiens tant il ne respecte aucune logique qu’elle soit narrative ou chronologique. En outre, les chercheurs ont remarqué que certaines scènes, notamment celle du sacrifice d’Isaac, ne respectent pas le récit biblique et qu’elles présentent donc des variantes.

Les piliers

Les piliers du cloître sont tous faits de marbre et majoritairement cylindriques. Mais aux angles ainsi qu’au milieu des ailes est et ouest se trouvent des piliers de formes carrées. Les piliers angulaires représentent sur deux faces chacune une représentation d’apôtres. Cependant, seulement huit apôtres sont représentés et non douze. Là encore, il s’agit d’un mystère pour les chercheurs qui n’arrivent pas à déterminer pourquoi les architectes en ont privilégié certains plus que d’autres. Les piliers angulaires, en revanche, figurent la représentation de deux religieux : Ansquitil (fondateur de l’abbaye) et saint Durand (premier abbé clunisien). 

Source : Photo des piliers prise par Tarn et Garonne Tourisme. 

Le portail 

Le portail est surtout renommé pour son tympan. En effet, il est le plus important témoignage de l’art roman à Moissac. D’une part, son aspect permet d’affirmer la puissance de l’abbaye et d’autre part, le tympan présente un thème répandu au XIIe siècle. En l’occurrence, une représentation d’un Christ glorieux revenant après l’Apocalypse bénissant la foule. Cette scène s’accompagne également de diverses autres représentations bibliques et notamment une de l’enfance du Christ. 

Source : Photo personnelle, prise par Sarah D.

Le rayonnement économique

Les abbayes fonctionnent grâce à une économie de consommation. Elle est divisée en deux besoins : alimentaire (victus) et d’équipement (vesticus), qui se complètent. Le premier consiste à créer ses propres denrées alimentaires via le maraîchage et la viticulture. Ce dernier point diffère selon la lecture des règles de l’ordre de Saint Benoît. Les repas étant ensuite codifiés (rationnement des repas), les surplus sont vendus. Cela permet d’alimenter le second point de l’économie : l’équipement. En vendant ce qui n’est pas consommé, ça leur permet d’acheter des biens meubles ou immeubles pour enrichir les abbayes. Comme à Moissac, ils peuvent aussi acheter des terres pour implanter d’autres églises afin d’élargir leur rayonnement, leur domination. Également, l’abbaye de Moissac possède ses propres terres agricoles à ce miment-là. Le vin qu’ils en tiraient servait à leur consommation, à la messe (lors de la liturgie) mais permettait aussi d’être vendu.

La rayonnement culturel 

Le second rayonnement de l’abbaye est culturel. Placé au patrimoine mondial de l’UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques de Compostelle, ce titre lui permet un rayonnement à travers le monde. Ce ne sont plus seulement des pèlerins qui viennent mais également des touristes. Désormais, les personnes viennent visiter le lieu comme ils iraient visiter Notre-Dame-de-Lourdes ou n’importe quel lieu saint important. Également, cela vient influencer les programmes d’Histoire de l’Art américains. En effet, les étudiants travaillent sur les gravures du tympan. Les représentations religieuses, en parfait état, permettent de s’y appuyer dessus afin d’étudier les relations entre l’Église et les habitants de Moissac. En dernier point, nous pouvons citer le film “Le nom de la Rose”, réalisé par Jean-Jacques Annaud où le tympan apparaît. Le fait que cette scène existe a suscité un surcroît de tourisme à Moissac. Mondialement connu, son rayonnement en est renforcé.

Source : Image tirée du film « Le Nom de la Rose », Jean-Jacques ANNAUD, 1986.

Biliographie pour aller plus loin : https://blogs.univ-jfc.fr/vphn/?page_id=11695in

L’exploitation du granit dans le Sidobre du XIXe siècle à nos jours

Situé au cœur du Parc naturel régional du Haut-Languedoc, le Sidobre est un petit massif granitique qui domine la plaine de Castres. Sa surface granitique avoisine les 120 km². Pour rappel, le granit est une roche dure, formée de différents cristaux de micas, de quartz et de feldspath. Aujourd’hui, considéré comme l’un des pôles d’activité économique les plus importants du Tarn, le Sidobre porte une identité forte avec ses paysages insolites liés au modelé granitique. Dès l’Antiquité, les hommes-sidobriens s’approprient le granit en l’utilisant pour bâtir leur abri ou dans des buts religieux. Mais ce n’est qu’à partir de 1403 qu’ils disposent du droit d’user des terrains sans verser de dîme ni d’impôt, suite à l’accord de Catherine de Vendôme. Ce n’est que dans la seconde moitié du siècle que ces derniers vont faire du granit leur richesse. 

D’un Sidobre agricole à un Sidobre tailleur de pierre

Dans la première moitié du XIXe siècle, l’agriculture est l’activité principale dans le Sidobre. L’essor du travail de la pierre arrive à la fin du XIXe siècle où les paysans se spécialisent: il y a un passage d’agriculteur à artisan pour beaucoup de sidobriens. Ces artisans sont appelés peiraires. C’est à la suite des Guerres mondiales et des évolutions industrielles telles que l’arrivée de l’électricité et du transport dans le Sidobre que les artisans obtiennent un statut « d’artisan-industriel ». Les métiers du granit se diversifient et sont ensuite développés, grâce aux diverses évolutions technologiques, et dans le Sidobre grâce au Centre de Formation d’Apprentis.

Le granit du Sidobre est réputé dans le monde entier de par son prestige et sa qualité. Il constitue un réel essor économique. Il est principalement utilisé pour le domaine funéraire, les aménagements urbains, et dans les intérieurs des habitations. Le Sidobre est la plus grande carrière d’Europe. C’est plus de 200 entreprises et 2000 emplois qui mettent en valeur ce matériau. Dans l’ensemble, leur chiffre d’affaires s’élève à près de 100 000 000€ par an. Pourtant, le milieu connaît une dure concurrence avec l’arrivée de la Chine dans l’industrie minière, puis de l’Espagne et du Portugal qui se lancent sur le marché avec des prix cassés. 

Le Sidobre est aussi un grand centre de transformation granitière. Les professions liées à la pierre offrent beaucoup de choix, de débouchés et de secteurs d’activité. Ce sont cependant les métiers de carrier et de granitier qui sont les plus présents. Au XVIIIe siècle, les ateliers faisant office de “chantiers » sont proches de la pierre exploitée, et ce jusqu’au début du XXe siècle. L’intérêt est d’être au plus proche de la zone d’extraction. Aujourd’hui, avec toutes les innovations techniques, les ateliers n’ont pas nécessairement besoin d’être proche des lieux d’extractions. En ce qui concerne les conditions de travail, autrefois difficiles, elles se sont nettement améliorées grâce à l’évolution de la réglementation et des techniques. La manutention des matériaux est à présent  de plus en plus assurée par des appareils de levage et de nombreuses dispositions sont prises pour empêcher les accidents. 

À ce jour, au cœur du Sidobre, on dénombre une vingtaine de carrières de granit, où les blocs de granit sont ensuite commercialisés auprès des chantiers, pour être retravaillés et façonnés. Près de 150 000 tonnes de granit sont extraites annuellement. À noter que l’ouverture des carrières est réglementée, celles-ci font partie des « installations classées pour la protection de l’environnement ». Pour l’exploitation, deux techniques sont utilisées: l’abattage à l’explosif par tir de mine, et la découpe aux fils et aux disques diamantés.

Le granit s’extrait désormais par sciage et perforation hydraulique, à l’aide de machines numériques. Ce développement des techniques s’inscrit dans une démarche environnementale et sociale volontaire. Les entreprises mettent tout en œuvre pour lutter contre la pollution et le gaspillage de l’eau. Apparues depuis peu, les machines à commande numérique présentent un énorme avantage : elles neutralisent la poussière. Depuis les années 1980, plusieurs granitiers ont opté pour l’utilisation d’un grand disque diamanté qui peut débiter des blocs sans interruption.

Le tourisme en Sidobre

Panneau visible à l’entrée du Sentier des Merveilles, dans le Sidobre.

Le Sidobre est un coin de passage qui attire de nombreux touristes chaque saison. C’est à partir du XIXème siècle que la présence  de touristes à été constatée sans laisser de chiffres officiels. La plupart étaient des bourgeois provenant de villes voisines comme Castres venant se ressourcer. Aujourd’hui nous pouvons dire que les amateurs du Sidobre appartiennent généralement à deux catégories bien distinctes : d’un côté, ceux qui n’ont aucune attache avec le pays et qui le visitent sans trop d’idées ni d’images préconçues et de l’autre ceux qui s’y rattachent sentimentalement. 

C’est à partir de 1945 que  le Sidobre constitue un espace vert pour les villes industrielles voisines. C’est un flux touristique populaire et abondant. Cette poussée de l’excursionnisme est favorisée par l’amélioration du réseau routier régional, les piques-niques, le cyclotourisme ainsi que l’apparition des premières automobiles. Le tourisme reste important pour l’activité économique locale. De ce fait, la région s’est organisée afin de veiller au bon fonctionnement de ce dernier. 

Plan disponible sur un panneau l’entrée du Sentier des Merveilles.

Ce site cache de nombreux secrets et légendes : la position et l’emplacement des rochers activent l’imagination de chacun. Les plus anciens partagent les légendes et histoires aux plus jeunes, ce qui assure la transmission. Chaque rocher remarquable prend le nom de sa position, ou de sa forme. Avec la géomorphologie , le géographe Paul Vidal de La Blache, s’intéresse à ces rocher et développe des explications à la forme et emplacement des rochers. En outre, on peut dire que tout le monde peut imaginer ses propres histoires et sa propre vision du paysage, en clair, imaginer son propre Sidobre. 

Liste non exhaustive de rochers remarquable existant dans le Sidobre

L’image du granit a évolué et a su peu à peu s’inscrire dans une démarche de modernisation. Autrefois, le granit évoquait uniquement les monuments funéraires. La filière a su se renouveler en inventant de nouveaux usages au granit, comme celui de glaçons, rendant la pierre plus ludique. L’image de la pierre change, en alliant recherche, esthétique et souci environnemental. Dès à présent, elle fait preuve de responsabilité afin de contourner tout soucis lié à l’écologie. Ce granit est ce que l’on retrouve à perte de vue et constitue une richesse historique pour le territoire.

BIBLIOGRAPHIE:

  • ACUANA-SORRIAUX, Gilberte, Le Métamorphisme de contact du granite du Sidobre (Tarn), 1981, 194 p. 
  • AMALVI, LE POTTIER, PECH, (dir.) Histoire du Tarn, Toulouse, Éditions Privat, 2018, 1018 p.
  • BERTRAND, Claude, BERTRAND, Georges, RAYNAUD Jean, “Le Sidobre (Tarn). Esquisse d’une monographie”, Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest, 1978, t. 49, pp. 259-314
  • COHOU Michel (dir.),  Atlas du Tarn, Edition Cartographie et décision, Albi, 1999
  • DENIS, André, En Sidobre: terre de légende, édition Albi, 1975, 119 p.
  • DENIS, André,  COLRAT, André, Le Sidobre : Guide touristique, édition l’Association “ Les amis du Sidobre”, 1951,  305 p.
  • DURAND, Olivier, Castres et le Sud-Tarnais: hier, aujourd’hui, édition Martelle, Amiens, 1990
  • NAUZIERES, Raymond, Le Sidobre, près de Castres, Castres, 1905, 74 p.

La mosquée-cathédrale de Cordoue

Histoire de la mosquée-cathédrale :

La péninsule ibérique est une région d’Europe qui se situe à la frontière entre les influences chrétiennes et musulmanes, son histoire est profondément marquée par cette dualité. De la conquête musulmane en 711 à la prise de Grenade par les Rois catholiques en 1492, la péninsule ibérique fut sous domination musulmane. Cette domination se retrouve encore dans l’architecture de certains édifices monumentaux tels que l’Alhambra de Grenade . Emblématique de cette dualité entre Islam et Chrétienté la mosquée-cathédrale est une synthése de l’art musulman et chrétien dans la péninsule ibérique.

Vue aérienne de la mosquée-cathédrale de Cordoue, Wikipédia.

La Mosquée-Cathédrale de Cordoue, également connue sous le nom de la Mezquita de Córdoba, est un monument emblématique de l’histoire de l’Espagne.
Ce monument incarne par sa diversité architecturale les différentes influences et cultures qui se sont succédé dans la péninsule ibérique, ce qui en fait un monument majeur du patrimoine andalou. Située dans le cœur historique de la ville de Cordoue, la mosquée-cathédrale est un lieu de culte majeur pour les musulmans et les chrétiens. A l’origine temple romain dédié à Janus, dieu des commencements, celui-ci se voit doté d’un sanctuaire dédié à la Vierge. Les Wisigoths ayant pris la ville en 572 édifièrent en ces lieux un sanctuaire dédié à St Vincent de Saragosse sous le nom de Saint-Vincent Martyr. C’est toujours sous la domination des Wisigoths qu’elle prend de l’importance et acquiert le titre de basilique.

En 711 les Maures traversent le détroit de Gibraltar et conquièrent rapidement la majorité de la péninsule, ils sont musulmans et souhaitent installer durablement leur religion. La conversion de l’espace urbain se fait progressivement, en 714 un accord est conclu entre les musulmans et les Wisigoths qui se voient dépossédée de la moitié des églises de l’intérieur de Cordoue notamment Saint-Vincent Martyr. L’émir (celui qui donne les ordres) de Cordoue Abd al-Rahman Ier ordonne en 787 la destruction de l’édifice pour le remplacer par une mosquée en utilisant les ruines comme matériau.

Carte des conquêtes musulmanes en péninsule ibérique, L’Histoire.

Les successeurs d’Abd-al-Rahman Ier poursuivent l’entreprise de construction et d’agrandissement de la mosquée : Hicham Ier (788-796) réalise des galeries destinées aux femmes, Abd al-Rhaman II (822-852) puis Al-Hakam II (961-976) font agrandir les travées, enfin Al Mansour (978-1002) fait pratiquement doubler la superficie de l’édifice en ajoutant huit nouvelle travées ce qui en fait l’une des plus grandes mosquées du monde avec une capacité de plus de 40 000 personnes.


En 1146, Alphonse VII de Castille dans son projet de conquête et d’accroissement territorial prend Cordoue et consacre la mosquée en cathédrale. Cependant cette “parenthèse” chrétienne ne dure qu’un mois et le pouvoir musulman la reconvertit en mosquée.
Quatre-vingt dix ans plus tard, le morcèlement du pouvoir musulman l’affaiblisse et permette au roi Ferdinand III de Castille de prendre en 1236 Cordoue. A partir de cette date, la ville est définitivement retournée dans le giron catholique. Ferdinand III de fait à nouveau consacrer la mosqué qui redevient une cathédrale, il procède aussi à des réaménagements de l’édifices pour l’adapter à la liturgie chrétienne : fermeture de l’ouverture entre la cours et l’ancienne salle de prière, édification de chapelles le long de la travée de al-Mansur…
La Mosquée-Cathédrale de Cordoue est alors un exemple unique d’architecture religieuse mixte, où les éléments de l’architecture islamique et chrétienne coexistent en harmonie.
Au XVIe siècle, il est décidé de doter la cathédrale d’une chapelle majeure plus importante. Les travaux durèrent jusqu’en 1607 et nécessitent de grands investissements pour abriter au centre de la cathédrale le maître autel et la cathèdre de l’évêque.

La Mosquée-Cathédrale de Cordoue est un site touristique populaire, attirant des visiteurs du monde entier. En 1984, elle a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO pour son importance culturelle et architecturale. Les visiteurs peuvent admirer l’architecture unique de la mosquée-cathédrale, ainsi que les trésors artistiques qu’elle abrite, tels que les fresques, les peintures et les sculptures.

Description artistique : 

Intérieur de la mosquée-cathédrale de Cordoue, Pixabay.

Sa structure imposante est un mélange de styles architecturaux romains, wisigoths et islamiques, qui ont été combinés et remodelés au fil des siècles. À l’extérieur, la mosquée-cathédrale de Cordoue présente une façade imposante, caractérisée par des arcs, des colonnes et des décorations en mosaïque. Le dôme central de la cathédrale est surmonté d’une flèche. Lorsque le visiteur entre dans la mosquée-cathédrale, il est immédiatement frappé par l’immense forêt de colonnes qui soutient les arcs en ogive, les voûtes et les coupoles qui s’étendent sur l’ensemble de l’édifice. Les colonnes sont disposées en doubles rangées, créant ainsi une impression de profondeur.

Chaque colonne est unique, avec son propre motif décoratif et son histoire. Les murs sont ornés de carreaux de faïence colorés, d’arcs festonnés, de motifs géométriques et de calligraphies arabesques. Les chapelles latérales ajoutées à l’intérieur de l’édifice ont été construites dans un style baroque et rococo, offrant un contraste frappant avec l’architecture islamique d’origine. La lumière pénètre à travers des fenêtres en forme d’étoile. La mosquée-cathédrale de Cordoue est donc un joyau artistique et architectural qui témoigne de la richesse et de la diversité de l’histoire et de la culture andalouse.

Colonnes intérieures de la mosquée-cathédrale de Cordoue, Wikipédia.
Dome de la mosquée-cathédrale de Cordoue, Pixabay.

Sa structure imposante est un mélange de styles architecturaux romains, wisigoths et islamiques, qui ont été combinés et remodelés au fil des siècles. À l’extérieur, la mosquée-cathédrale de Cordoue présente une façade imposante, caractérisée par des arcs, des colonnes et des décorations en mosaïque. Le dôme central de la cathédrale est surmonté d’une flèche. Lorsque le visiteur entre dans la mosquée-cathédrale, il est immédiatement frappé par l’immense forêt de colonnes qui soutient les arcs en ogive, les voûtes et les coupoles qui s’étendent sur l’ensemble de l’édifice. Les colonnes sont disposées en doubles rangées, créant ainsi une impression de profondeur.

Chaque colonne est unique, avec son propre motif décoratif et son histoire. Les murs sont ornés de carreaux de faïence colorés, d’arcs festonnés, de motifs géométriques et de calligraphies arabesques. Les chapelles latérales ajoutées à l’intérieur de l’édifice ont été construites dans un style baroque et rococo, offrant un contraste frappant avec l’architecture islamique d’origine. La lumière pénètre à travers des fenêtres en forme d’étoile. La mosquée-cathédrale de Cordoue est donc un joyau artistique et architectural qui témoigne de la richesse et de la diversité de l’histoire et de la culture andalouse.

Mihrab orné de mosaïque de la mosquée-cathédrale de Cordoue, Wikipédia.

Bibliographie :

  • Sourdel D., L’islam médiéval Religion et civilisation, Paris, Presses Universitaires de France, “Quatrige”, 2005.
  • Sénac P., Al-Andalus. Une histoire politique VIIIe-XIe s., Paris, Armand Colin, “Mnémosya”, 2020.
  • Duby G., Art et société au Moyen Âge, Paris, Point, “Histoire”, 1997.
  • Barrucand M., L’Architecture maure en Andalousie, Cologne, Taschen, 1992.
  • Roux J.-P., Dictionnaire des arts de l’islam, Paris, Fayard, 2007.

La Prison de Castres

Introduction :

La Seconde Guerre mondiale est un conflit majeur de l’histoire contemporaine, il a eu un impact considérable sur le monde entier. La France déclare la guerre le 3 septembre 1939 à l’Allemagne et commence la drôle de guerre jusqu’au 10 mai 1940, le début de la campagne de France est l’écrasement du pays par l’armée allemande.

Après la défaite de la France face à l’Allemagne, un armistice a été signé le 22 juin. Cela a entraîné le partage de la France en deux zones : une zone occupée par les forces allemandes et une zone libre, qui a été placée sous le contrôle de l’État français, jusqu’en novembre 1942 avec l’invasion de la zone libre par le Reich. Le département du Tarn faisait partie de la zone libre.

Le Tarn, qui comptait environ 300 000 habitants à l’époque, s’est vu déchiré entre les groupes collaborationnistes, résistants et une majorité dans la population qui s’accommode de la situation.

La prison et les prisonniers:

Intérieur de la Prsion de Castres, 1944.

L’exemple concret de la prise de pouvoir du Maréchal Pétain mais aussi de la collaboration avec l’Axe est la Prison de Castres, aussi appelée Baraque 21. En effet, construite en 1812 pour faire prisonniers les déserteurs de la grande armée de Napoléon Ier, elle sera récupérée vers 1941 par le régime de Vichy pour y mettre des prisonniers politiques et des résistants. La Baraque 21 étant une dépendance du camp de Saint-Sulpice, cette prison est gardée secrète. On y retrouve enfermé un grand nombre de résistants, espions alliés et prisonniers politiques.

La prison de Castres est connue pour être une prison avec des conditions horribles. Les prisonniers sont parqués dans des cellules d’isolements minuscules, ils ne se parlent pas et se voient rarement. Les conditions de vie sont précaires, en effet, il fait extrêmement froid l’hiver et chaud l’été. Ils mangent peu, ont de la torréaline, une sorte de café, et une tranche de pain le matin. Le midi, une soupe bien claire et une tranche de pain et, le soir, la même soupe et une pomme ou une noix. Une fois par semaine, les détenus ont droit à de la viande achetée dans la boucherie du quartier. La bouchère témoignera que le directeur du centre pénitencier lui a acheté de la viande chevaline périmée. L’idée derrière cette malnutrition est d’empêcher toute résistance des détenus par la faim, mais aussi pour économiser l’argent reçu par l’État pour nourrir les prisonniers mis de côté et détournés par le directeur pour acheter de la nourriture et la revendre ou la garder pour lui. Les prisonniers sont tous à l’isolement pendant la journée mais ont le droit chacun à 30 minutes de sortie, soit dans la cour pour faire de l’exercice, soit pour faire leur toilette.

Le directeur du centre, M. Andrier, est un ancien directeur de bagne, mis en retraite mais rappelé pour la Baraque 21, cela explique peut-être pourquoi il gère d’une main de fer la prison. Il va institutionnaliser la violence dans la prison, il va lui-même frapper des détenus qui lui répondent, et ira jusqu’à casser le pied d’un espion anglais. Les autres gardiens de la prison feront de même et passeront à tabac certains prisonniers pour leur détruire le moral ou juste par cruauté.

Les prisonniers sont en grande majorité des étrangers installés en France pour fuir le nazisme ou le fascisme et seront le plus souvent attrapés par la milice ou la police de l’État. Pour prendre un exemple, on retrouve le prisonnier Werner Schwarze : né en 1907, il rejoint dans les années 20 le parti communiste Allemand. L’arrivée du NSDAP au pouvoir en 1933 et l’interdiction des partis politiques communistes va le faire fuir en Tchécoslovaquie. Comme beaucoup de prisonniers, il va rejoindre les brigades internationales lors de la guerre civile d’Espagne. Après la fin de la guerre civile, il part s’installer en Belgique puis en France pour fuir l’avancée des Allemands. Étant communiste et ayant rejoint les brigades internationales, il sera vu comme un danger par le régime de Vichy qui va l’enfermer dans la prison de Castres. C’est un exemple parmi tant d’autres, la prison ayant accueilli plus de 240 prisonniers durant sa période d’activité. Les conditions horribles de détention et l’emprisonnement de certains résistants britanniques feront que le président Franklin Delano Roosevelt, le Pape Pie XII, et une grande partie des parlementaires de la Chambre Basse du Royaume-Uni recevront une pétition faite par l’International Brigade Association pour faire extrader certains prisonniers. En effet, les pays étrangers sont choqués des conditions de détention et des transferts de prisonniers de la prison de Castres aux mains des Allemands ce qui leur promet la mort.

La prison de Castres sera également utile pour les nouveaux occupants de la France. En effet, on sait que les institutions du Reich dans le midi toulousain ont des contacts avec le préfet du Tarn et la prison de Castres. Elles demanderont l’internement de certains résistants ou prisonniers politiques de leurs pays en zone libre avant qu’ils n’occupent le Tarn. Puis, pendant l’occupation, ils demanderont la prise en charge d’un des prisonniers de la Baraque 21, Pilz Richard, le 4 janvier 1943, et aussi transférer des espions anglais dans la prison de Castres comme Blanche Charlet du Special Operation Executive (SOE). Après l’évasion de la prison survenue le 16 septembre 1943, le SS Rudolf Bilifinger, chef de la sûreté de Toulouse et de son département, va donner la liste des personnes, vivant à Castres, ayant aidé à l’évasion au préfet du Tarn.

Les évasions de la prison de Castres :

Comme on vient de voir, il y a eu une évasion le 16 septembre 1943 dans la prison de Castres. Celle-ci précède deux autres évasions et trois tentatives ratées. La plupart des évasions de cette prison seront aidées par la résistance civile de Castres, non affiliée à des mouvements résistants ou des maquis tarnais. De plus, beaucoup seront aidés par certains gardiens de la prison corrompus par les prisonniers. Il faut comprendre que malgré certains gardiens violents, la plupart sont des jeunes hommes qui cherchent du travail ou cherchent à éviter le STO. La plupart des gardiens ne sont donc pas des pétainistes convaincus et encore moins des collaborateurs.

Le 11 février 1943, cinq français, deux belges, un canadien et un américain, aidés par le garde Edmond Robert s’évadent. Le garde fait partie, comme trois des cinq français évadés, du réseau de résistance Pat O’Leary. Le 16 Juin 1943, plusieurs prisonniers s’évaderont dont Gérard Brault, résistant français, encore une fois aidé par un gardien qui va rejoindre l’Angleterre avec lui. Lors de l’évasion du 16 septembre 1943, 36 détenus s’échappent de la prison, aidés par une habitante de Castres et une résistante de Toulouse. Dans cette évasion on retrouve Ernst Buschmann, prisonnier communiste allemand, Guido Nonveiller, prisonnier politique socialiste croate, Heinz Priess, prisonnier politique allemand, Ljubo Ilić, prisonnier politique communiste yougoslave, ou encore Blanche Charlet, une espionne britannique. On peut voir qu’un grand nombre de prisonniers ont une origine allemande, la réussite de l’évasion va sauver leur vie, en effet, la prison va petit à petit transférer les prisonniers d’origine allemande à la Gestapo, comme Siegfried Rädel remis aux allemands par la prison en août 1942 et exécuté en 1943.

Prison de Castres — Wikipédia
Plaque commémorative de l’ancienne prison de Castres.

L1: Blanc Brice, Facque Laurine, Gelis Olga, Teysseyre Lucie,

L2: Oulmiere Quentin, Delon- -Mothes Robin.