LES COLLECTIONS ENTRE 1890 ET 1922

Après une période de stagnation liée au passage rapide des occupants de la chaire de géologie minéralogie, dédoublée en 1903, la nomination toulousaine (1912) de Charles Jacob (1878-1962) marque un tournant dans l’évolution des collections. Le caractère encyclopédique est abandonné au profit de la récolte d’un matériel régional. Désormais, ce sont les recherches propres des personnels du laboratoire qui alimentent un fonds pyrénéen du plus grand intérêt.

Il lance les premiers travaux de géologie modernes sur les Pyrénées et dirige les premiers diplômes d’études supérieures qui sortent dès 1913. Dès lors les étudiants déposent systématiquement les roches et fossiles récoltées pendant leurs investigations de terrain dans les collections du laboratoire.

Profitant du déménagement de l’institut de chimie rue Sainte-Catherine, les collections voient leur espace doubler. Un fond Pasteur, puis la taxe d’apprentissage permettent d’acquérir un mobilier d’exposition et de stockage de qualité (Jacob, 1927).

Portrait photographique de Charles Jacob (1878-1962) – CNRS

Louis Mengaud occupe la chaire de 1928 à 1943 et dépose, à son tour, dans le laboratoire dont il est devenu le directeur, de très riches séries de roches et de fossiles provenant aussi bien des régions cantabriques que pyrénéennes et aquitaines.

Portrait photographique de Louis Mengaud (1876-1957)

En 1943, c’est Marcel Casteras qui occupe la chaire. Les très nombreux diplômes qui sont soutenus (DES, thèses de doctorat de spécialité ou d’État) enrichissent considérablement les collections pyrénéennes de roches et de fossiles. Les publications scientifiques qui découlent de ces recherches donnent à une partie de ce matériel un statut particulier : toute pièce décrite et figurée pour la première fois acquiert le statut de « type ». Toute pièce représentée à l’appui d’une attribution stratigraphique ou paléontologique, mais dont le statut spécifique est déjà défini devient une « figuré ».

La collection pyrénéenne de Toulouse devient une référence. Elle regroupe en un lieu unique les témoins d’une histoire qui s’est développé sur plus de 450 millions d’années, du cambrien à l’actuel.

Portrait photographique de Marcel Casteras réalisé par le studio Jean Cousin et transmis par Mme Casteras.