Les évènements de 1968 et la loi Faure engendrèrent la suppression des chaires et les laboratoires perdirent de ce fait la direction unique qui, bonne ou mauvaise, avait assuré leur pérennité. Ils devinrent les centres de rattachement d’équipes de recherche ayant à leur tête un directeur universitaire ou un chercheur du CNRS. Le « laboratoire de géologie de Toulouse » ne dérogea pas à cette mutation. Dans toutes les équipes, la recherche prit une importance grandissante et le nombre de doctorants aussi. En 1968, il y a 7 doctorants relevant de trois directions différentes : M. Castéras, Y. Gourinard et P. Souquet. La durée des études (DEA + thèse de 3e cycle) était environ de 3 ans.
En 1970, les paillasses des locaux exigus du laboratoire accueillent plus de dix personnes, devant chacune des fenêtres des deux salles de collection. La recherche de place pour y déposer chacun son matériel impacte le bel ordonnancement chronologique. La seule loi qui géra les collections à cette époque fut celle du « bon vouloir » et l’engagement, pour chacun, de déposer dans les collections les pièces de référence ne fut pas toujours respecté.

La salle générale des collections paléontologiques dans les locaux de l’université allées Jules Guesde avant leur déménagement en 2011 – © Patrick Dumas

La gestion des collections ne fut plus une priorité pour les successeurs de M. Castéras. L’excellence dans la recherche était devenue le seul objectif des laboratoires qui briguaient tous une reconnaissance auprès du CNRS et la gestion et la conservation n’entrait pas dans les critères pour y parvenir.
La salle « Pyrénées » des collections paléontologiques dans les locaux de l’université allées Jules Guesde avant leur déménagement en 2011 – © Patrick Dumas
Une action nationale sur la sauvegarde des pièces maîtresses des collections paléontologiques fut bien engagée durant cette période : le programme TYFIPAL, dont le but était de répertorier dans toutes les collections universitaires de France, les pièces ayant le statut de Type ou de Figuré. A Toulouse, au cours des années 1989-1990, 900 fiches papier furent rédigées mais seulement 35 furent saisies en vue d’une consultation par Minitel et, en 1991, le programme était abandonné.
