Pensées nocturnes

Et je courbe l’échine en allant lâchement

Supporter le fardeau des jours machinalement

Et sans pensée ni réflexion aucune

Je ne fais que rêvasser de chacune.


Naturellement les vers me viennent,

C’est ma seule joie qui ne soit pas vaine

Du moins, ne l’est-elle pas pour moi

Car j’y peux épancher ma peine et mon effroi.


Excédé par l’existence d’être un humain,

Au milieu de cette foultitude, sans autre soutien,

Je me laisse broyer par l’anthropienne hypocrisie

En attendant seulement la finitude de ma vie.

Envoi

Et par ce naufrage abreuvé

Je bois à ma triste santé !

Et par ce naufrage abreuvés

— À ma mort future, trinquez !

Liseron de La Lierrine