Solitude

Albi, lundi après-midi, dans une laverie

Je me sens seul. Entouré de toutes ces machines qui tournent en boucle et en boucle. Je perds la tête, je sais et je m’en rends compte.

Voilà bien des jours que je poireaute ici, dans l’attente d’une main chaude et chaleureuse – du moins, plus que ce stupide banc glacé. J’ai l’espoir qu’une âme charitable me prenne dans ses bras, touche mes yeux et ma bouche, me dorlote et m’embarque chez elle. L’adoption dont tout le monde rêve. C’est mon souhait le plus cher. Et pourtant, je suis encore là, seul et abandonné de tous. Peut-être que je suis trop laid et que je ne donne pas envie ? Fais-je peur aux autres ?

Les seules mains qui m’ont touché sont celles du monsieur du service de réparation, une pauvre machine à laver ne pouvait plus tourner, il m’a décalé pour pouvoir s’asseoir durant sa pause. Ou encore celles d’une dame qui ne voulait pas poser son sac par terre ni sur le banc, pestant que c’est infesté de bactéries et que son Chanel de contrefaçon mérite un peu plus de respect. Contrairement à moi, a priori.

J’aimerais entrer dans une de ces machines, tourner et tourner, rire à en pleurer et ressortir tout propre et tout beau. L’odeur des vêtements fraîchement lavés est la seule chose qui me fait tenir ici, c’est réconfortant. Je me dis qu’un jour, je sentirai cette odeur depuis une jolie maison ou un appartement, qu’importe, tant que quelqu’un prend le temps de me lire.

OqO

Lisa

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