Appropriation des techniques

Les amphores à fond plat, une spécificité gauloise

Après la première moitié du Ier siècle, le temps n’est plus à l’imitation des romains et l’on constate l’apparition d’amphores à fond plat sur les routes commerciales: ce fond plat est une spécificité gauloise et permet une plus grande stabilité pour ces urnes de stockage. Le vin gaulois commence dans ce même temps à s’imposer, et à être exporté à Rome et en Italie. Le commerce voit le transport du vin s’effectuer dans des dolia, pouvant contenir plus de trente hectolitres1, puis ce vin était reconditionné en outres de peau ou en amphores plus petites pour une vente au détail et un usage domestique.

Amphore gauloise, sans anses, à fond plat.

Les amphores étaient souvent fabriquées sur place, à proximité ou à l’intérieur même du domaine viticole, et en étudier les inscriptions ou la provenance de l’argile permet aujourd’hui de se faire une idée d’où ces vins étaient produits, et de quels trajets ils ont pu suivre.

L’archéo-site de Montans, dans le Tarn, est un témoignage direct de l’Antiquité à ce sujet : on y retrouve encore aujourd’hui des tessons qui attestent de la présence d’une fabrique d’amphores à partir de la conquête romaine. Proche de Gaillac, on peut suspecter2 que ces amphores étaient destinées au vin produit à quelques kilomètres à peine ; mais les chercheurs de Montans pensent que les premières amphores produites sur le site n’étaient pas destinées à un tel vin, car elles sont antérieures aux premières productions locales. En effet, les routes commerciales romaines empruntaient ce chemin, il semble donc que les amphores tarnaises étaient produites pour transvaser le vin des dolia romaines importées. Ces amphores étaient ensuite consommées sur place, ou revendues.

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1LACHIVER, Vins vignes et vignerons, Histoire du vignoble français, Fayard, Paris, 1988, p. 31.

2LACHIVER, Vins vignes et vignerons, Histoire du vignoble français, Fayard, Paris, 1988, p. 35.

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