Le métier de marchand de vin, définition et formation

Le marchand de vin est une personne qui négocie, il doit donc être habile avec l’art de la négociation. De l’Antiquité à nos jours sa place et ses fonctions n’ont cessé d’évoluer, notamment sa formation. Il en va de même pour le titre de marchand de vin, qui aujourd’hui correspond plutôt au métier de caviste tout en étant passé par le nom de négociant.

Le terme négociant apparaît officiellement au XVIIème siècle, c’est un commerçant dont le domaine est plus axé à l’échelle internationale. Comme le marchand de vin, il peut agir seul ou sous les règles d’une corporation. Il peut également selon les cas avoir recours à un courtier qui permet de créer un lien entre le négociant et un autre professionnel. À la même période, les grandes familles de marchands se spécialisent dans des  domaines de marchandises en particulier.

La transmission du commerce familial

Dans le cas de ces grandes familles, la transmission du métier se fait de génération en génération, il y a donc l’idée que ce sont les pères ou autre, les marchands de vin qui transmettent les règles de fonctionnement du métier aux membres qui vont rejoindre l’affaire familiale. On peut donc voir que la tendance générale chez les marchands ou négociants est de développer le commerce au sein même de cette famille comme le montre l’exemple de Benoît Lacombe (1759-1819) négociant gaillacois qui est allé développer l’entreprise familiale à Bordeaux. L’apprentissage du métier par cette méthode existe depuis l’Antiquité où l’homme pouvait devenir marchand de vin grâce à un contact direct avec le métier. C’est en réalisant ce même travail qu’il apprend la fonction même du marchand et cela jusqu’au bas Moyen Âge. Cette méthode d’apprentissage est très répandue chez le négociant, l’enfant généralement le fils aîné reprend le commerce dont il a observé les savoirs-faire. On retrouve encore une fois le schéma maître et apprenti. En reprenant le commerce, le descendant reprend non seulement le nom mais aussi le prestige qu’a engendré ce nom permettant ainsi de faciliter les ventes pour le descendant. Mais ce n’est pas l’unique moyen pour apprendre le fonctionnement de ce métier il existe aussi l’apprentissage en autonomie.

L’apprentissage en dehors du cercle familial

L’apprentissage en autodidacte est l’un des apprentissages les plus répandus depuis l’Antiquité. De façon générale cet apprentissage passe par la lecture de livres. Dans ce cas là, le novice apprend l’art d’être un marchand. Mais cet apprentissage a dû subir une concurrence rude vis-à-vis des grandes familles de marchands préétablies ou encore des écoles qui se sont développées à partir de l’époque moderne. Cet autodidacte vient surtout de personnes n’ayant aucun lien avec le commerce ou avec des familles de marchands, bien que l’on puisse aussi interpréter le fait que des héritiers puissent vouloir apprendre de leur côté sans intervention extérieure. Les manuels facilitant l’apprentissage en autodidacte sont apparus à partir du Moyen Âge comme le manuel Le commerce et le marchand idéal de Benedetto Cotrugli ou Le Parfait Négociant  de Jacques Savary. Dans cet ouvrage, les attitudes clés du commerce sont délivrées mais également la manière dont on devient un marchand « idéal ». Ici, on peut voir qu’il y a une image bien établie et définie du marchand. En dehors de ces grandes familles, il existe également des écoles de commerce, mais seulement à partir du XIXème siècle. Avant cela la formation permettant de devenir marchand avait plusieurs aspects qui changeaient selon les époques. D’autre part il est possible de nos jours, d’accéder à ces savoirs de différentes façons, la plus connue étant les structures d’enseignement comme les écoles, les universités ou même les institutions privées.

Pourtant cette idée de transmettre les savoirs par ce type d’enseignement n’a pas toujours été acceptée par les grandes familles de marchands de vin. Voyant cela comme une concurrence dans le sens où ces nouveaux marchands pourraient leur nuire en plus des familles déjà établies, cette même idée de transmission est donc perçue comme quelque chose d’innée, déjà présente dans la famille. Néanmoins cette négation vis-à-vis de l’enseignement s’atténue grâce au mouvement des Lumières, mais aussi par la diffusion de la connaissance et des méthodes d’apprentissage. Une majorité d’enfants venant de familles de négociants ont été recensés dans ces écoles. Ayant suivi un apprentissage plus approfondi, ils seraient donc mieux formés comme commerçants et négociants pour le monde du travail dans leur domaine.

La circulation des savoirs

Il est aussi important d’indiquer que la transmission des savoirs-faire dont ceux des marchands de vin s’effectue également par les flux humains comme le montre l’exemple des marchands italiens venant faire du commerce en France. Ici ces marchands proposent de nouvelles techniques de ventes qui ne sont pas forcément connues des marchands français et cela est un fait réciproque où les marchands français délivrent d’autres méthodes aux italiens. Ces mêmes trajets entre la France et l’Italie sont également un moyen diffèrent pour acquérir de nouvelles méthodes. Ce système d’apprentissage par les déplacements est un phénomène datant de l’Antiquité où ils permettent des contacts à l’étranger, un avantage important dans ce secteur.

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