La genèse et le développement du bio

Rudolf Steiner (1861 – 1925)

L’agriculture biologique française est le résultat de trois courants développés au cours du XXe siècle. Le premier est celui de l’agriculture biodynamique de Rudolf Steiner (1952). Il souhaite « une agriculture réconciliant l’homme et la nature » c’est-à-dire une agriculture qui ne met pas en porte-à-faux ces deux éléments qui sont pourtant intrinsèquement liés. Le deuxième courant est celui de l’agriculture organique de Sir Albert Howard. Il développe alors le maintien de la fertilité des sols grâce à des apports en matières organiques compostées. Le dernier courant est celui de H. P. Rush et H. Muller, la méthode organo-biologique qui préconise une meilleure production pour une meilleure alimentation.

 

Les débuts du bio n’ont pas été florissants. D’abord à cause de l’isolement des viticulteurs pratiquant le bio car cette pratique reste confinée à des personnes averties. Cependant, une évolution a été permise suite à la reconnaissance par la France du bio en 1980 même si à ce moment-là les viticulteurs bio ne représentent qu’une infime partie de la viticulture, soit moins de 2 %. L’Union Européenne la reconnaît quant à elle le 24 juin 1991. Cette reconnaissance officielle permet d’avoir des aides financières pour son développement en incitant plus de viticulteurs à se lancer dans l’aventure du vin bio. Une réglementation européenne est mise en place afin d’uniformiser les pratiques de tous les pays membres. Dans ce contexte, la viticulture biologique connut un réel essor en étant très dynamique. Les surfaces du vignoble bio ont connu une augmentation de 21 % entre 2010 et 2012. Les surfaces certifiées et en conversion représentent alors 8,2 % du vignoble français.

Ce phénomène d’attrait pour le bio est profondément sociétal et impulsé par les scandales sanitaires. Les consommateurs sont alors en demande de produits plus sains. Ils souhaitent également un retour aux pratiques respectueuses de l’environnement mais aussi de la santé humaine. De plus, l’agriculture biologique est une des composantes du développement de l’écologie et du développement durable représentant le défi majeur du XXIe siècle.

La viticulture biologique implique des techniques afin de respecter les critères du bio. Elles sont soit nouvelles soit des anciennes remises au goût du jour. Les techniques sont nombreuses et variées.

Pour lutter contre les ravageurs, il existe plusieurs solutions. Celle qui est utilisée actuellement dans le Sud-Ouest de la France est la confusion sexuelle. Grâce aux phéromones synthétiques libérées lors d’un rapprochement entre un papillon mâle et femelle, le mâle a alors du mal à retrouver la femelle. Ainsi, ils se reproduisent moins donc il y a moins de chenilles dans les vignes.

Une vigne bio est encore plus menacée par les maladies contre lesquelles des méthodes prophylactiques sont utilisées. Une de ces pratiques est l’utilisation du cuivre et du soufre à de fortes doses. Des anciens instruments agricoles resurgissent dans les vignes car ils sont plus écologiques comme le labour. Des nouvelles techniques sont mises au point comme le brûleur d’herbes qui se substitue aux désherbants chimiques.

Utilisation de la charrue dans une vigne biodynamique en 2005 dans le domaine de la Romanée-Conti en Bourgogne

Cependant, ces techniques nécessitent du temps et de la main-d’œuvre supplémentaire mais le rendement est aussi moindre par rapport à la viticulture conventionnelle. En outre, une vigne bio est plus vulnérable face aux aléas climatiques.

Néanmoins, la viticulture biologique comporte aussi des limites.

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